LES PONTS-DE-CÉ
(CHEF-LIEU DE CANTON, ARRONDISSEMENT DANGERS
Cette commune est située au sud d'Angers, sur la rive droite de la Loire, entre Sainte-Gemmes-sur-Loire, Angers, Trelazé, la Dague-
….nière, Juigné-sur-Loire et Murs.
(1) D’autres historiens disent que Dimnacus se retira en Armorique.
Flle s’étend plus particulièrement de l’ouest à l’est, depuis Sainte- Gemmes-sur-Loire jusques et compris la paroisse de Sorges, qui en fait partie. Plusieurs îles sur la Loire lui appartiennent égale-
ment ; telles sont l’île de Belle-Poule, l’'Tle-au-Bourg, etc.
La ville des Ponts-de-Cé, qui commence au pont Bourguignon (pont éclusé, situé sur le canal de l'Authion), s'étend sur plusieurs iles de la Loire au moyen de-ponts en pierre qui les traversent et les réunissent en une seule, et ainsi jusqu’au pont du Louet (1).
Cette petite ville, qui est divisée en deux paroisses, Saint-Maurille et Saint-Aubin, est située de la manière la plus heureuse, la plus pittoresque, et en quelque sorte au sein des eaux.
Cetie commune, comme nous l’avons déjà vu, s’étend jusqueet compris la paroisse de Sorges, située vers nord-est, non loin de
(1) Ces ponts, de récente construction, bâtis en pierre de granit et de schiste, et dans une ligne plus directe que les précédents, ont été commencés en 1846 et terminés en 1849. Ils remplacent, avec un immense avantage, les anciens ponts -en bois, étroits, dangereux, sujets à de fréquentes réparations et dont l’origine, bien que contestée par queiques archéologues, est attribuée à César.
Ces nouveaux ponts sont divisés en trois travées. La première, formée de trois arches, constitue le l'ont de Saint-Aubin. La deuxième travée qui présente onze arches, porte le nom de Pont de Saint-Maurille. Toutes les arches composant ces ponts sont surbaissées en anse de panier et d’une parfaite exécution; elles sont construites en pierres d’ardoises cuupées à la scie et bordées par de larges et longues pierres de granit (granit de Bécon).
Les parapets ainsi que les bordures des trottoirs sont également de cette nature de pierre.
Ces nouveaux ponts qui présentent, entre les parapets, une largeur de 10m,50, donnent, à partir du pont Bourguignon jusqu’à la Roche -d’Erigné, une longueur d'environ 3,000 mètres (°).
Enfin, le troisième pont, celui du Louet, de construction déjà ancienne, se compose de chaussées et de travées en bois placées sur le Louet (”), qui se prolongentu en ligne directe, de la Roche d’Erigné aux deux premiers ponts.
Ces divers travaux présentent un ensemble des plus remarquables, et un léger coude qu'il a été impossible d'éviter, 1l faut le croire, est le seul reproche que l’on puisse faire à cet ouvrage admirable, d’ailleurs, et dont le succès, en cou ronnant l’entreprise, devient une gloire pour les hommes qui en ont conçu la pensée et dirigé l’exécution.
Obs. historique. Sur le rapport adressé au conseil général par M. Goury, inspecteur divisionnaire des ponts-et-chaussées, il fut décidé que les nouveaux ponts, dont il est ici question, seraient placés où nous les voyons aujourd’hui et construits en maçonnerie; M. Dupuy, ingénieur en chef des ponts-et-chaussées, ainsi que M. Mahyer, ingénieur ordinaire, redigèrent le projet définitif, et le 4 juin 1846, ane loi affecta deux millions à la construction de ces ponts. L’adjudication des travaux eut lieu le 10 août de ia même année, et le 4 septembre 1847, le président du conseil général posa la première pierre de cet admirable travail.
Le pont Saint-Maurille étant plus avancé dans sa construction que celui de Saint
(*) Sur la grande Loire, ce pont présente quatorze arches de 25 mètres d'ouverture; et les trottoirs ont 1 m. 66 c. de largeur.
(**) Le Louet est le bras de la Loire qui touche la butte d’Erigné et la roche de Mürs, |
Pile de Belle-Poule (i), dont au reste elle est séparée par le canal de PAuthion, la Fosse de Sorges qui la touche, et la levée syadicale (le Belle-Poule, celle-ci de 6 kil. environ de longueur.
Ce canal, qui commence au pont de Sorges, situé sur la levée ou route de Saumur, longe la Loire jusqu’à Sainte-(remmes où il verse ses eaux dans le fieuve (2).
Pour communiquer d’une rive à l’autre de la Loire, un bac est établi aux Grandes Plaines.
La route impériale d'Angers aux Sables, par Chemillé — dont le trajet, d'Angers aux Ponts-de-Cé, est parcouru de demi-heure en demi-heure par un omnibus, devenu maintenant indispensable —est on ne peut plus fréquentée.
Cette route, qui traverse la ville, reçoit, à la butte d’Erigné, plusieurs embranchements qui la coupent de l’est à l’ouest par la route départementale des Ports-de-Ce à Loudun, par Brissac, laquelle, à son tour, reçoit et donne communication à celle, égale-ment départementale, de Saumur à la Varenne.
… La ville des Ponts-de-Cé est le siége d’une justice de paix, d’un notariat, la résidence d’une brigade de gendarmerie, d’un receveur de l'enregistrement, d’un percepteur pour les communes des Pontsde-Cé, de Saint-Jean-de-la-Croix, de Sainte-(Gremimes-sur-Loire “et de Mürs, d’un receveur des contributions indirectes et de la navigation, de l'octroi et de la déclaration pour l'enlèvement des bois--
Aubin, reçut, le dimanche 6 mai 1849, la première pierre de son premier parapet, et le 2 septembre de la même année eut lieu la bénédiction de ce même pont.
Pour cette solennité, Mgr l’évêque d'Angers, accompagné d’une partie de son
clergé, MM. les membres du conseil général, ainsi qu’une députation de la garde nationale d'Angers (2rülleurs avec leurs pièces), et beaucoup d’autres personnes furent invitées par les autorités des Ponts-de-Cé. — Trois discours furent prononcés, le premier par M. Dupuy, ingénieur en chel des travaux; le deuxième par M. le maire d'Angers, et le troisième par M. le curé des Ponts-de-Cé, et chaque arche, ensuite, reçut la bénédiction épiscopaie. Le Journée se termina par des réjouwissances, qui se prolongèrent fort avant dans la soirée.
À partir de ce jour, ce nouveau pent ayant été livré à la circuiation, il fut décidé que les anciens ponts seraient immédiatement interdits au public et démolis le plus promptement possible.
(1) C’est dans cette île que M. Boutlon-Levèque élève des vaches pur sang
Durham et des chevaux, également pur sang, de diverses races, dont les produits
déjà bien connus sont justement appréciés.
(2) Le pont de Sorges, qui est situé sur le canal de l’Authion, traverse la levée ou route de Saumur. Sa construction, en pierres de taille, remonte à l’année 1832, Ses arches, au nombre de trois, portent des vannes à clapets, fermant à volonté, pour empêcher les grarides crues de la Loire de refluer leurs eaux dans le lit de PAuthion; et le canal, canal de dérivation, terminé en 1833, a élé creusé pour atteindre ce but, depuis le pont en question jusqu’à Sainte-Gemmes; mais au pont
Bourguignon ce canal peut également être fermé à volonté, au moyen d'une ample vanne, lorsque l’on craint l'élévation des eaux de la Loire,
sons, d’une compagnie de sapeurs-pompiers, enfin, de deux médeeins et deux pharmaciens.
La hauteur au dessus du niveau moyen de la mer, prise au pont Saint-Maurille, est de 15",262.
Les crues extraordinaires de la Loire, mesurées à l’échelle des Ponts-de-Cé, ont été : en 1843, de 5m,54 et en 1857, de 5°,56.
Superficie : 1,966 hectares, dont 23 hectares 68 ares en vignes, et 18 hectares 14 ares en bois.
Population : en 1856, 3,814 habitants; en 1861, 3,739 habi- {ants.
Bureau de poste : les Ponts-de-Cé.
Marché : tous les vendredis.
Distances : de Sainte-Gemmes-sur-Loire, 3 kil.; de Trelazé, 4 kil. 3/4; de la Daguenière, 6 kil. 3/4; de Sorges, 3 kil.; de Juigné-sur-Loire, 4 kil. 1/2; de Brissac, 9 kil. 1/2; d'Angers, 6 kil.
… Cette commune, au reste, dont les terres appartiennent, pour la majeure partie, aux alluvions de la Loire, possédant par cela même toutes les conditions que l’on peut désirer pour les bonnes terres arables, jouit aussi des avantages que lui donne sa position géographique, qui d’ailleurs est semblable, pour les produits agricoles, | à quelques modifications près, à toutes les vallées de la Loire.
Enfin, elle doit être visitée par les naturalistes qui rencontreront, surtout aux environs de Sorges, aux buttes de Rivettes ou Petites- Perrières, à la Fosse de Sorges, etc., un grand nombre de plantes et d'animaux, surtout d'insectes des plus intéressants. |