CHAPITRE II. — INDUSTRIE
Le calcaire jurassique, d’une puissance considérable, est exploité entre le bourg et le village de Bastais, pour être converti en chaux - hydraulique ; et l'argile du terrain d’alluvions est employée comme celle de la commune de Montigné pour faire des briques et des carreaux.
Engraissement des poulardes,
Le commerce des poulardes, improprement appelées poulardes du Mans, puisque l’arrondissement de la Flèche est le seul dans la Sarthe à posséder ce genre d'industrie, en dépassant les limites de
ce département, s’est étendu jusqu’à Huillé, commune rurale de Maine et Loire, qui nous occupe en ce moment.
La manière d’engraisser les poulardes n'étant pas bien connue, nous croyons devoir reproduire ici le résumé seulement d’un travail spécial, fait à ce sujet par M. Letrone, mais suflisant pour en donner l’idée. — Voy. Bulletin de la Société d'Agriculture, Sciences et Arts de la Sarthe, année 1856. — Voici ce résumé :
« 1° Choisir l’espèce la plus belle parmi les jeunes coqs et les poulettes nés dans l’année, et annonçant toutes les qualités requises en pareille circonstance ;
» 2° Ne leur faire subir aucune mutilation, comme cela se pratique pour les chapons et même les poules que l’on engraisse ailleurs ;
» 30 Préparer un local obscur, où l’air soit le moins renouvelé, et où les poules soient parquées dans des loges étroites et sans y être {trop gènées ;
» 4° Ne pas nettoyer ni enlever les fumiers pendant toute la durée de lengraissement ;
» 5° Préparer les poules à la nourriture forcée pendant huit à dix Jours avant le régime des pâtures;
» 6° Pratiquer avec adresse et promptitude la manière de leur faire avaler les pâtons ;
. » 7° Leur donner deux repas dans les vingt-quatre heures, et à des heures régulières ;
» 8° Ne pas tenir à leur faire avaler absolument un égal nombre de pâtons; s’en tenir pour cela à l’examen de capacité de la poche qui, dans les premiers jours, doit être modérément garnie, et plus tard, complétement, sans excès ;
» 9° S’en tenir à la seule nourriture indiquée, sans y apporter le moindre changement, sauf, dès Le principe, à modifier le dosage des mêmes ingrédients, si on le juge convenable;
» 10° Savoir discerner le point de maturité de l’engraissement, et surveiller celles des volailles qui doivent être retirées avant ce terme, lorsqu'elles menacent de mal faire ou de périr.
» La composition des pätons se fait de différentes espèces de farines et ordinairement dans les proportions suivantes :
» Moitié de blé noir, un üers d’orge et un sixième d’avoine, mais dont on retire le gros son.
» Tous les jours on détrempe cette farine dans du lait doux ou tourné, la quantité nécessaire pour deux repas, celui du soir et celui du lendemain. Cette pâte, qui ne doit être ni trop ferme, ni trop molle, est roulée de suite en pâtons ayant la forme d’une olive
d’un centimètre et dem; de diamètre, et d’une longueur de six centimètres.
» Pour la quantité de pâtons, l’on commence par quelques-uns, et l’on finit par douze et même quinze à chaque repas. »
MONTIGNE (ARRONDISSEMENT DE BAUGÉ, CANTON DE DURTAL
La commune de Montigné est située au sud-est de Durtal, entre cette ville, Cheviré-le-Rouge, Fougeré et la forêt de Chambiers qui la borde à l’ouest ; elle est séparée de cette forêt par un ruisseau qui se jette dans le Loir en decà de Durtal.
Elle est traversée par la route qui conduit de Baugé à la Flèche.
Cette commune se compose de deux paroïsses : Montigné et la Rairie, toutes deux remarquables par leur industrie. La Rairie exploite le calcaire jurassique (pierre de Raïrie), comme pierre de taille et pour en faire de la chaux ; et Montigné se livre en grand à la fabrication des briques et des carreaux, comme nous le verrons plus loin.
Superficie 1,740 hectares, dont 78 hectares 58 ares en vignes, et 198 hectares 24 ares en bois.
Population : en 1856, 1,962 habitants; en 1861, 1,882 habitants.
Bureau de poste : Durtal.
Distances : de Fougeré, 4 kil. ; de Cheviré-le-Rouge, 3 kil. 1/2 ; de Lézigné, 8 kil. ; de Durtal, 6 kil.; de Baugé, 12 kil; d’Angers, 38 kil.