CHAPITRE PREMIER. — MÉTÉOROLOGIE
$ 1°. — Préliminaires.
Une grande quantité de faits intéressants se trouve naturellement placée dans ce chapitre; mais un certain nombre de personnes étant peu familiarisées avec les termes et la connaissance des phénomènes qui se rattachent à la météorologie, nous croyons devoir entrer ici dans quelques détails préliminaires devenus indispensables en pareille circonstance.
Tous les phénomènes qui vont nous occuper et qui constituent la météorologie, se montrent ou se manifestent dans l'atmosphère ou fluide ambiant du globe, ce vaste laboratoire, qui reçoit toutes
les émanations que donnent les minéraux, les végétaux et les animaux ou leurs débris, réduites à l’état aériforme par la pénétration du calorique ; et par des affinités ch‘miques, ces corps gazeux se combinent entre eux, se décomposent, se saturent et se condensent pour retomber sur la terre. ;
Ainsi, par cette espèce de circulation, si les êtres de la nature portent leur tribut à l’atmosphère, ils en reçoivent aussi des principes indispensables à leur constitution.
D’après les calculs de M. Biot, la hauteur de l’atmosphère.ne saurait dépasser 40,000 mètres.
ComposiTion DE L'AIR. — L'air atmosphérique, ce véhicule qui constitue la presque totalité de l’atmosphère, lorsqu'il est pur et sans mélange des partie aériformes dont nous venons de parler, est composé de
Gazazôte., hs ass ee, 05 SU RSR Gaz, oxygèness ni unter USSR (az acide carbonique.... quelques millièmes Vapeur d’eau.............. une très-faible partie.
L'air pur est propre à la respiration des animaux : l’une de ses parties constituantes, l’oxygère, est le seul gaz qui soit propre à la respiration des animaux à sang rouge ; l’azote est destiné aux animaux à sang blanc; et le gaz acide carboniquenourrit les végétaux et entre dans leur composition. Lorsque ceux-ci sont exposés à la lumière du soleil, ils jouissent de la propriété de décomposer le gaz acide carbonique et de rendre à Pair atmosphérique une quantité considérable d'oxygène. Aïnsi, un lieu planté d’arbres exposés aux rayons solaires, et placé toutefois dans de certaines conditions hygiéniques indispensables, sera celui qu'il conviendra de regarder comme fournissant l’air salubre par excellence.
PESANTEUR DE L’AIR. — C’est à Galilée qu'est due la découverte de la pesanteur de l’air. Son poids moyen, au niveau de la mer, est égal à celui d’une colonne de mercurelongue de0"762 (28 pouces). C’est d’après cette connaissance que Torricelli parvint à inventer le baromètre, cet instrument employé dans la météorologie ainsi que pour mesurer les hauteurs.
TRANSPARENCE DE L'AIR. — La transparence de l'air varie beaucoup : elle s'accroît considérablement lorsque Patmosphère est chargée de vapeurs aqueuses; et quand l’air occupe un grand volume, 1l réfléchit particulièrement le rayon bleu, ce qui explique la couleur azurée du ciel.
TEMPÉRATURE DE L'AIR. — La température de l’air est modifiée par le soleil, l'électricité et autres causes, non-seulement par rapport au soleil, suivant les saisons, mais encore selon l'heure de la journée.
La température de l’air se mesure au moyen du thermomètre, instrument construit d’après ce principe, que la chaleur dilate tous les corps. Le mercure et l’alcoal sont les seuls véhicules employés pour la confection de cet instrument.
Si les points extrêmes de chaleur ou de froid, d'humidité ou de sécheresse, de même que les irrégularités dans la marche des saisons, sont encore, disent les physiciens, des problèmes à peu près inexpliqués, les observations météorologiques entreprises, et
déjà depuis longtemps, sur un grand nombre de points du globe,
pourront aider peut-être un jour à formuler une théorie sous ces divers rapports.
Plusieurs personnes se sont occupées, et depuis un grand nombre d'années, de consigner sur un registre les observations météorologiques qu’elles ont pu faire dans ce département. De ce nombre, sont à notre connaissance :
. MM. Meriet-de-la-Boulaye, prof. de botan. à l’école centr. d'Angers,
Héron, professeur de physique et de chimie, id. Pilastre, propriétaire à Cheffes.
Desvaux, ancien professeur de botanique, à Angers. Ménière (Auguste).
Raimbault, médecin-vétérinaire, à Thouarcé.
Hunault de la Pelterie, d.-m. à Angers.
Ne pouvant, à raison de leur étendue, consigner ici aucune de ces observations, nous rappellerons seulement que la température moyenne de ce département est :
AE dé...) 41,074129780 Atdessous de glace, de. ......:..,,,:,7 3168 D ER AS 60)
$ 2. — Météores aériens.
Sous la dénomination de météores aériens, l’on comprend les vents et les modifications qui 5 y rattachent.
1° Le venr n’est autre chose que l'air mis en mouvement par le déplacement des particules qui le composent; l'équilibre alors étant rompu ne se rétablit que par la cessation des causes qui l’ont occasionné. Ces causes sont produites par un changement dans la température, la pression d'une colonne d’air, la transformation d’une partie des gaz atmosphériques en eau par la détonation électrique, et par conséquent l'électricité de l'air, l’action du soleil, celle de la lune, etc. Enfin tout ce qui cause un vide, une condensation, une dilatation qui en rompant l’équilibre des diverses parties
de l’atmosphère, y produit nécessairement un déplacement rapide d’une masse d’air.
Viresse DES vEnTs. — Tous les vents ainsi produits, n'ayant pas le même Cegré de vitesse, ont été distingués en :
Vent à peine sensible, celui qui parcourt en une seconde 2 pieds.
Léphir, — — 5 pieds.
Vent doux ou modéré, — — de 10 à 16 pieds.
Vent fort ou grand vent, — — de 16 à 24 pieds.
Vent impétueux (coup de vent), — — de 24 à 35 pieds. petite, — — de 35 à 45 pieds.
Tempête ; moyenne, — — de 45 à 50 pieds.
ue — — de ne à 60 pieds.
san 4 Des zônes tempérées, — — e 60 à 100 pieds. Ouragan De la zône de — de 100 à 300 pieds.
Direcrion pes vENTs. — Les mouvements les plus fréquents des vents sont parallèles à la surface de la terre, et on les désigne suivant les points de l'horizon d’où ils viennent. Les quatre principaux qui sont : le nord, le sud, l’est et l’ouest, désignent les quatre points cardinaux du monde.
Tous les vents ayant recu des noms, on se sert, pour les distinguer, d’une étoile des vents, autrement dite rose des vents. Gette étoile présente 8, 16 ou 32 rayons; mais ordinairement elle n’est divisée qu’en huit parties : nord (N), nord-est (N-E), est (E), sudest (S-E), sud (S), sud-ouest (S-0), ouest (0), nord-ouest (N-0).
L’on peut diviser ces huit dénominations par des combinaisons tertiaires et quaternaires, et arriver ainsi à la formation complète de la rose des vents.
Haureur DES VENTS. — Le même vent ne règne pas dans toute la hauteur de Patmosphère ; et l’on voit très souvent des nuages rester immobiles, ou bien aller en sens contraire du vent qui se fait sentir près de la surface de la terre.
Les vents, à raison de la hauteur à laquelle ils se trouvent, sont désignés en vents inférieurs et en vents élevés. Les premiers sont indiqués par les girouettes ou le mouvement des arbres, et les seconds par la direction des nuages.
Force pu ver. — Les météorologistes admettent pour la force du vent quatre degrés qu’ils énoncent ainsi :
1°" degré : lorsque le vent agite seulement les feuilles des arbres;
2° id. lorsqu'il courbe les petites branches ;
3e id. lorsqu'il fait fléchir les grosses branches ;
4° id. lorsqu'il brise les grosses branches ou qu’il déracine les arbres.
Et la vitesse des courants élevés peut s’estimer par la rapidité avec laquelle ombre d’un nuage court sur le sol.
Par rapport aux vents, dans ce département, ce qu’il importe le plus à constater, ce sont leurs directions. Ici leur direction n’a rien de bien constant; cependant, l’on peut dire que pendant la saison d'hiver les vents sont plus à l’ouest et au nord-ouest qu’au nord ; en mars et avril, ce sont les vents d’ouest, est et nord qui se manifestent le plus ordinairement, mais le premier est encore le vent dominant; pendant l'été, Les quatre vents cardinaux se font sentir, mais les vents d’ouest et du nord sont les plus constants ; à l’automne, ils viennent ou du nord, ou du sud, ou de l’ouest, et sur la fin de cette saison ils passent alternativement de l’ouest au nord.
Ainsi, les vents d’est et du sud sont les plus rares en Anjou, tandis que les vents d’ouest, se présentant à chaque instant, doivent être regardés comme étant les vents dominants.
2° Trombes. — La trombe ou siphon est considérée par les uns comme étant formée par des tourbillons de vent; tandis que d’autres physiciens, comme M. Peltier, par exemple, voient dans ce phénomène un effet de nuage fortement électrisé; les trombes alors pourraient être classées au nombre des météores aqueux.
La trombe est distinguée en trombe marine et en trombe terrestre.
La trombe marine se compose d’une colonne d’eau qui unit un nuage avec la mer ou les eaux d’un lac.
La trombe terrestre se présente sous la forme d’une immense colonne d’air, de poussière ou de vapeur aqueuse, tournant sur eilemême avec une grande vitesse, en parcourant des espaces plus ou moins considérables. Ce météore détruit, renverse ou brise dans sa course rapide tout ce qui se trouve sur son passage, dessèche les étangs, enlève le toit des maisons et les entraîne dans son tourbillon, déracine les arbres, etc., et varie ses effets à l’infini.
Dans ce département, la trombe terrestre se présente quelquefois sous la forme d’une colonne de poussière qui s'élève à une certaine hauteur; rarement se montre-t-elle, dans sa course, destructive, soit en déracinant les arbres, soit en enlevant les toits, etc.
$S 3. — Météores aqueux.
M. Kœæmtz comprend sous le nom collectif de météores aqueux tous les phénomènes atmosphériques dans lesquels l'eau joue un rôle quelconque, qu’elle soit à l’état liquide, solide ou aériforme.
… L'eau, en se vaporisant, s’unit à l’air, et lorsque celui-ci en est
saturé, les particules aqueuses, qui ne cessent de s'élever en se condensant, se transforment en nuages et donnent en général naissance à tous les météores aqueux.
Les nuages et les brouillards restent suspendus dans Pair ; tandis
que la pluie, la neige, la grêle, la rosée, le serein, la gelée blanche, le givre retombent sur la terre.
1° Brouwullards et givres. — La vapeur d’eau , en se condensant, devient visible ; elle prend le nom de brouillard à la surface de la terre, et de nuage lorsqu’elle est à une certaine élévation dans l’atmosphère. Les brouillards ne sont donc que de légers nuages à la surface de la terre; iis n’ont rien de bien régulier dans leur apparition en ce département ; néanmoins ils se montrent plutôt à l’automne et pendant l'hiver que dans tout autre temps.
L'aspect qu’ils présentent alors n’a rien que de très-ordinaire; mais lorsqu'un froid assez vif vient à les saisir, à congeler toutes les particules dont ils sont formés, il en résulte ces givres d’un blanc éclatant, que l’on remarque alors sur tous les arbres, les buissons et autres plantes, et qui présentent ces paysages blancs, s1 étranges, et auxquels l'œil n’est nullement accoutumé.
2° Nuages. — Les nuages, comme nous venons de le voir, sont des brouillards élevés. Nous avons vu aussi comment ils se formaient.
Ils ont recu différents noms d’après la forme qu’ils présentent.
Le stratus désigne une couche de nuages limitée par deux plans horizontaux. Ils paraissent souvent au coucher du soleil et près de l'horizon.
Les cumulus sont ces gros nuages ordinairement d'été, plus ou moins arrondis et sinulant des montagnes. |
Les cirrhus (queue-de- chat) se composent de filaments tenus et ressemblant à des plumes légères répandues sur l’azur du ciel. Ils sont les plus élevés de tous les nuages.
En combinant ces trois noms deux à deux, l’on exprime tous les états intermédiaux comme suit :
Les cirrho-cumulus sont ces petits nuages arrondis qui occupent souvent le zénith. Ils présentent ce que l’on désigne sous le nom de ciel-moutonné, et annoncent en général la chaleur;
Les cirrho-stratus, les cumulus-stratus, les cumulus-cirrhus, les strato-cumulus, les strato-cirrhus.
Hauteur des nuages. — La hauteur des nuages est on ne peut plus variable. Les nuages se présentent depuis la surface de la terre jusqu’au delà du sommet des montagnes les plus élevées; et de tous, les cirrhus sont les plus haut placés.
: La hauteur moyenne des nuages, selon M. Kæmtz, est de 6,500 mètres au-dessus du niveau de la mer; et celle des nuages orageux, suivant les calculs de M. Arago, varie entre 214 et 8,080 mètres.
3° Pruies. — Les parties aqueuses qui par leur réunion forment les nuages, se réunissent en gouttes, par différentes causes, pour
tomber ensuite sur la terre. Autrement dit : quand les vésicules des nuages grossissent, elles deviennent plus lourdes et tombent.
Dans l'état ordinaire des choses, ces gouttes d’eau peuvent avoir 8 à 10 millimètres de diamètre; tandis que par un temps d’orage, elles acquièrent, comme dans les pays les plus chauds, une dimension de 20 à 30 millimètres.
La répartition de l’eau, dans ce département, n’a rien de fixe et varie d’une année à l’autre. Cependant , on peut dire que les mois de novembre à février sont regardés comme pluvieux, et que les vents d'ouest, qui règnent une partie de l’année, sont aussi ceux qui nous amènent ces nuages fournis par l'Océan, mais que la Bretagne essuie en partie avant qu’ils n’arrivent jusqu’à nous.
Vers le mois de mars, et quelquefois en avril, se présente une sorte de nuages dont l’étendue est crdinairement peu considérable, et qui, par suite, donnent des pluies de courte durée, connues sous le nom de giboulées. Ces giboulées, d’ailleurs, présagent ordinairement le beau temps.
Indépendamment de ces pluies, plus ou moins périodiques, dont nous venons de parler, les orages répétés que l’on éprouve en Maineet-Loire donnent aussi des pluies abondantes, et il est bien rare qu’il ne sen trouve pas de la sorte ordinairement vers la fin de juin, époque à laquelle l’on commence la récolte des foins.
Quant à la quantité de pluie tombée chaque année en Maine-et- Loire, la moyenne, d’après certaines observations, peut être assimilée, à quelque chose près, à la moyenne de Paris.
M: Arago a constaté que la moyenne, depuis 1773 jusqu'à 1822, donne pour Paris 139 jours de pluie et 12 jours de neige; et par rapport à la quantité d’eau tombée, la moyenne, de 1805 à 1814, donne également pour Paris 17,8 pouces, et de 1815 à 1822, 19,7,
4° La Rosie. — Les molécules aqueuses qui sont volatilisées pendant la nuit, et devenues liquides par l’abaissement de la température, se résolvent en gouttelettes arrondies et comme autant de perles brillantes répandues sur les plantes et non sur la terre.
50 LE SEREIN. —- Produit par ies mêmes causes que la rosée, il diffère de celle-ci en ce que les particules aqueuses volatilisées pendant la chaleur du jour, sont déposées sur les corps quelques instauts après le coucher du soleil. Et c’est d’après cette observation qu'il convient à certaines personnes de ne pas se livrer à la promenade après le coucher du soleil,
6° La GELÉE BLANCHE n’est qu’une rosée congelée sur le sol, dont la température est descendue au-dessous de zéro. Ce pliénomène se
fait remarquer plus particulièrement à l'automne ainsi que vers la fin de l’hiver,
La gelée blanche se forme le matin, au moment où la rosée vient à perdre une partie de son calorique par les premiers rayonnements du jour.
7° La Ne n’est autre chose que les molécules aqueuses formant les nuages, qui, saisies par un froid vif, se cristallisent au lieu de se transformer en gouttes d’eau. En tombant sur la terre, ces molécules ainsi cristallisées prennent une forme circulaire ou lamellaire, et se réunissent en étoiles à 6 ou 12 rayons. Fort souvent ces étoiles, lorsqu'elles sont poussées et ballottées par le vent, s’agglomèrent en flocons plus ou moins aplatis et plus ou moins volumineux.
Quand l'air est à une température voisine de zéro, la pluie se transforme à l’état de neige; et plus le thermomètre descend audessous du point de congélation, moins elle est abondante, la vapeur d’eau dans l’air diminuant en proportion.
La neige, en Maine-et-Loire, se présente sans aucune fixité dans ses apparitions comme dans la quantité tombée sur le sol, la cause de sa formation, comme nous venons de le voir, étant subordonnée à l'intensité du froid, qui varie de telle sorte, que l’on peut compter des années sans neige, comme aussi il s’en présente où ce météore tombe avec modération ou bien avec une abondance extrême. Dans ce dernier cas, la neige n’est qu’un bienfait, qu’une chose salutaire pour les céréales, qu’elle recouvre d’un toit protecteur en les préservant du gel. Mais lorsque la neige se montre à contre-saisen, c’est-à-dire tardivement, comme en l’année 1850, où, le 10 mars, elle est tombée abondamment, elle devient nuisible, tous les arbres
fruitiers étant en fleur à cette époque, aussi alors ne produisent-ils pas de fruits.
La neige reste plus ou moins longtemps sur la terre; ordinairement elle fond immédiatement après être tombée; mais l’on cite des cas où elle y est restée plus de 15 jours.
La GRÈLE est regardée comme un météore produit par l’électricité, et ses grains anguleux présentent la forme de secteurs sphériques à trois côtés. Ces grains , qui varient en grosseur depuis une
demi-ligne (grésil) jusqu'à plusieurs pouces, se forment ordinairement au moment où la foudre éclate.
Volta a fait la remarque qu'il y avait toujours deux couches de nuages lorsque la grêle se formait.
. Comme les orages, dont elle est une dépendance, la grêle appa-
raît plus particulièrement pendant l’été et le commencement de l’automne que dans toute autre saison. Le grésil tombe au printemps et en hiver. |
Bien que les orages soient fréquents en Anjou, néanmoins la grêle s’y montre assez rarement, et plus rarement encore dans des pro=
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portions de grosseur telles que ce météore devienne un fléau dévastateur; mais alors, malheur à la portion de territoire qui a recu la nuée de grêlons : tout est mutilé, broyé ou détruit; c’est une véritable calamité.
$ 4 — Météores lumineux.
Ces météores, produits par la réfraction et la réflexion de la lumière, présentent toujours aux yeux de l’observateur des sujets d’admiration.
1° L’Ause, L’Aurore £T LE CrépuscuLe. L’aube, l'aube du jour, West autre chose que la pointe du jour, clarté qui précède le lever du soleil, ou l’aurore.
L’aurore est la lumière qui paraît au ciel avant que le soleil éclaire lhémisphère, et lorsqu'il est arrivé à 18 degrés au-dessous de l’horizOn.
Le crépuscule est cette clarté qu'on aperçoit après ie coucher du soleil.
En d’autres termes, l'aube, qui précède l'aurore ou le lever du soleil, et le coucher du soleil qui précède le crépuscule, sont des météores lumineux dus à la réfraction de la lumière.
Dans un mème lieu, les apparences de l'aurore et du crépuscule varient d’une saison et même d’un jour à l’autre. L’aurore se présente quelquefois avec une teinte d’un rouge orangé tellement brillant et éblouissant, que son éclat alors se rapproche de celui que produit l'aurore boréale.
Pronostic. Lorsqu'après le coucher du soleil le ciel est couvert
d’une teinte pourprée , on peut prédire le beau temps pour le len-
demain ; il en est autrement et le mauvais temps peut être annoncé lorsque la teinte est blanchâtre et jaunâtre, surtout lorsque cette teinte est assez forte pour que le soleil ait paru blanchâtre avant son coucher. |
2° Haros er Couronnes. Lorsque la lumière, provenant du soleil, de la lune, ou de tout autre astre, est réfléchie par des particules d’eau ou de glace, il en résulte des halos : ceux-ci se distinguent en couronnes et en halos proprement dits,
Les couronnes se montrent lorsque des nuages légers ou des brouillards passent devant le soleil, la lune, etc. Ces couronnes se composent de plusieurs cereles concentriques de différentes couleurs par rapport au soleil, et blanchâtres par rapport à la lune. Ces derhières se présentent assez fréquemment (1).
(1) Nous croyons devoir rapporter ici un de ces effets de couronnes, rare d’ailleurs dans ce pays, et qui a été observé le 7 janvier 4852, par M. Courtois, curé
Le halo proprement dit est formé d’un grand cercle vertical, dont le soleil est le centre. Ce cercle est coupé par un autre cercle horizontal blanc qui passe par le centre du premier; au point d’intersection des deux cercles sont des surfaces irrégulières lumineuses, appelées parhélies.
3° ParnËLIES ET PARASÉLÈNES. Les parhélies, pour le soleil, et les parasélènes pour la lune, sont les apparences d’un ou de plusieurs soleils ou d’une ou plusieurs lunes autour ou à côté des véritables.
4° L’ARC-EN-CIEL , dont la forme est donnée par le soleil, paraît lorsque les rayons de cet astre à l’horizon viennent se réfracter dans des gouttelettes de pluie suspendues dans l'air et se réfléchir sur un nuage sombre qui lui sert de fond.
Ce météore se reproduit assez fréquemment après une pluie d’orage, bien qu’il se montre dans tout autre temps; mais toujours avec ces deux conditions sine quà non : que l'air tienne de l’eau en suspension, ce qui arrive toujours après la pluie, et que le soleil soit à l’horizon.
5° Le Mirace, cette illusion d’optique qui s’est montrée plus particulièrement sur mer et dans les plaines sableuses àe la Basse-
gypte, est due à la différence de température qui existe entre les couches d'air qui se trouvent en contact avec le sol et celles qui se trouvent au-dessus.
Par un temps chaud, sec, sur un terrain sablonneux et trèséchauffé, l’on aperçoit dans l’air des oscillations, tous les objets paraissent alors réfléchis dans une eau tranquille. Ce phénomène singulier a trompé plus d’un voyageur, particulièrement en Afrique, en lui faisant voir des lacs, des rivières, etc., là où il n’y avait rien de tout cela. |
Si la terre est plus froide que l’atmosphère, les objets paraissent élevés au-dessus de leur position.
Dans notre pays, l’on ne voit qu’un commencement de mirage; c’est-à-dire que, par un temps très-chaud, l’on aperçoit seulement des oscillations dans l’air, mais sans qu'aucun objet vienne s’y ré-
fléchir.
de la paroisse du Tremblay, arrondissement de Segré, La lune était alors environnée de trois cercles parfaitement décrits; et malgré le brouillard fort épais qui régnait dans ce moment, cet astre paraissait très clair. Le premier cercle autour de son disque ne semblait être éloigné que de 6 décimètres, et tout l'intervalle de ces 6 décimètres ressemblait à une vapeur jaune-d’or, transparente. Le second cercle, distant du premier de 3 décimètres, offrait une couleur verte bien tranchée et vraiment admirable, couronnée en dehors par une bordure rouge de 2 centimètres et également belle. Enfin, le troisième cercle, deux fois plus grand que chacun des deux autres, présentait aussi une couleur verte plus belle que la première, qui paraissait et disparaissait à chaque instant, selon la densité ou la ténuité du brouillard, venant rapidement du nord-ouest.
$ D. — Météores ignés.
Dans cette catégorie, nous n’aurons pas un grand nombre de météores à présenter, mais tous sont du plus haut intérêt.
1° Lx Tonnerre. Ce météore, comme chacun sait, est le produit de l'électricité.
Nous n’entreprendrons point de rappeler ici tout ce qui peut concerner le fluide électrique ; seulement, nous dirons que sa présence se manifeste d’une manière bien sensible dans l’air que nous respirons, dans les nuages, la pluie, la neige et la grêle.
Formation des orages. Avant l’orage, le temps est ordinairement calme , le ciel d’un bleu pâle, la chaleur étouffante; des cumulus s'élèvent de quelques points de l'horizon, puis, sans changer de place, se gonflent ou augmentent de volume et finissent par se rassembler. Des cumulus-siratus fort épais semblent les réunir à la terre; en même temps des cirrus légers couvrent le ciel pour faire partie bientôt d’un nuage principal; mais il est rare qu’un seul nuage engendre à lui seul un orage.
Lorsque le tonnerre doit se faire entendre, l’air s’agite, et le vent, alors, devenant précurseur de l’orage, tourbillonne et donne lieu quelquefois à de petites {rombes de terre qui enlèvent les feuilles,
la poussière et autres corps légers, ordinairement à des hauteurs considérables. |
La pluie qui se forme, ainsi que la grèle, au moment de la détonation, présente aussi des modifications : ses gouttes sont plus larges et forment ordinairement des bulles lorsqu’elles tombent sur des réservoirs ou autres eaux.
Enfin , les nuages qui se montrent après l’orage présentent des formes toutes nouvelles et différentes de ce qu’elles étaient précédemment.
Ces faits, on ne peut plus remarquables, que plus d’une fois, et surtout à l'automne, nous avons pu constater, nous engagent à les consigner ici.
En Pabsence des éclairs et du bruit du tonnerre, l’inspection seule des nuages suflit pour indiquer la présence de l’orage. En eftet, lorsque l'électricité s’est fait Jour sur quelque point, même à des distances telles qu'il n’a pas été possible d'entendre de détonation, les nuages ne se présentent pas dans leur état normal, ils ne sont plus ce qu'ils étaient précédemment : les formes insolites sous lesquelles ils se produisent offrent à l’œil, saisi d’admiration, des tableaux mobiles des plus variés. |
Ce sont ordinairement de longues traînées de nuages qui, en se I. L
modelant sous mille formes diverses, font naître ou détruisent ces paysages fugitifs, ces palais enchantés ornés de feux étincelants, ces ondulations, ces êtres fantastiques auxquels l'imagination prête des ressemblances; ou bien ces montagnes aériennes, comme floconneuses ou neigeuses (cumulus), souvent festonnées et plus ou moins vivement éclairées dans leurs contours par les feux du soleil. Et si ces jeux brillants de la nature se produisent vers le coucher de cet astre, et surtout à l’automne, alors c’est un foyer d’où s’échappent des flots éblouissants de lumière, des rayons divergents des plus splendides : le soleil se couche dans l’or et dans la pourpre, dans un lit sans pareil et qui ne peut appartenir qu’au grand dispensateur de la lumière et de la chaleur !
En présence d’un tel phéomène, il est impossible de ne pas comprendre ces nuages enfantés par l'orage : ils sont significatifs et indiquent indubitablement que l'électricité seule a pu les modifier ainsi dans les formes, les contours et le coloris qu’ils affectent.
Le réservoir commun du fluide électrique étant la terre, Lavoisier et Laplace ont avancé que les corps terrestres, en s’évaporant, lui enlèvent une partie du fluide électrique qui lui est propre. EtFranklin, avec son cerf-volant électrique, est venu prouver que l’électricité était aussi dans l’atmosphère.
Il est rare qu’un seul nuage engendre un orage, et l’éclair est une étincelle électrique qui met deux ou un seul nuage et la terre en communication. Ainsi, le tonnerre ne tombe sur la terre qu’autant que le fluide électrique se trouve dans cette dernière condition.
La foudre, en tombant, produit les effets les plus variés, les plus bizarres. Quelquefois elle excite des flammes qui portent avec elle
l’incendie, tandis qu'habituellement elle renverse ou brise seule-
ment tout ce qui se rencontre sur son passage,
Paratonnerres. — Les pointes métalliques jouissant de la pro- .priété de soutirer le fluide électrique sars détonation. Cette connaissance donna l’occasion à Franklin d'inventer les paratonnerres. Mais en 1862, des expériences concluantes, faites par M. Perrot, out démontré l'utilité qu'il y a deremplacer les paratounerres à pointe unique par des paratonnerres à pointes multiples. Ces moyens, et surtout ce dernier, de garantir de la foudre les édifices souinis à son action, quoique très-bons, très-recommandables, malgré leur efficacité ne peuvent pas toujours être employés à raison de la dépense qu’ils occasionnent; aussi, dans le département de Maineet-Loire, comme dans beaucoup d’autres départements, ne voit-on garnis de paratonnerres que les édifices publics et quelques maisons particulières; tout le reste, y compris les constructions rurales, rse trouvant dans l'impossibilité de recevoir ce préservatif de la foudre, est exposé à en subir toutes les conséquences,
. Comme moyen préservatif, et afin surtout d’annihiler les détonations, au moment desquelles se forme la grêle, les Suisses inventèrent des paragrèle ou paratonnerres en paille. Mais ce moyen, quoique peu dispendieux, ne répondant pas à ce qu'il promettait, n’eut que quelques années d’existence.
Par les motifs que nous venons d'indiquer, les constructions rurales, ne pouvant être munies de paratonnerres, seraient néanmoins préservées de la foudre, si l’on prenait la précaution de planter dans leur voisinage un ou plusieurs arbres de grande espèce, et autant que possible le peuplier d’Italie, qui, plus rapide . dans son accroissement et plus élevé que tout autre arbre, présenterait, par cela même, à l'électricité, un moyen facile et plus prompt de se rendre au réservoir commun.
Le bruit du tonnerre effraie un grand nombre de personnes ; cependant, il en serait autrement si l’on faisait attention à ce qui se passe ordinairement dans cette circonstance ; en effet, l’éclair, qui paraît précéder la détonation, est quasi instantané avec elle (1) ; et si on le voit paraître à des temps plus ou moins éloignés de celui qui le sépare du bruit du tonnerre, cela tient à la différence que le son et la lumière mettent à parcourir le même espace : le bruit du tonnerre succède d’autant plus promptement à l’éclair que le spectateur est plus rapproché (2); ainsi, quand on voit l’éclair, le coup étant déjà porté, la détonation qui suit et que l’on entend plus tard, en raison de son éloignement, ne doit nullement inquiéter.
La grêle occasionne rarement de très-grands ravages dans ce département; mais la foudre, qui y tombe assez fréquemment, cause quelquefois des -accidents plus ou moins graves, des pertes plus ou moins considérables; l’un des plus mémorables effets de la foudre est celui qui se rapporte à l’incendie des flèches de la cathédrale d'Angers, le 4 août 1831.
Les orages nous arrivent le plus souvent du sud-ouest. Ils suivent souvent le cours des rivières et sont aussi attirés par Îles forêts en futaie, les arbres qui les composent leur présentant des points d'attraction assez rapprochés. Les grands arbres isolés jouissant aussi de cette propriété attractive ; 1l est donc prudent pendant l’o-
(1) L'intervalle qui s'écoule entre l'éclair et la détonation varie de 0,5 à 72 secondes.
(2) La vitesse du son est de 173 toises par seconde; tandis que la lumière se propage, on pourrait dire, au moment même de son émission, puisqu'il ne lui faut que huit minutes environ pour venir du soleil à la terre, dont la moyenne distance est de 34,761,680 lieues, de 25 au degré chacun : la distance du soleil à la terre étant, dans l'apogée, de 35,347,414 lieues, et, dans le périgée, seulement de 84,179,946 lieues. D’après ces indications la lumière doit donc parcourir plus de 12,400 lieues par seconde de temps.
rage de ne pas se mettre à couvert sous leur ombrage : grande vérité, qui n’est pas assez connue des gens de la campagne.
2° L’AurorE BorÉALE. L'origine de ce météore n’est expliquée que par des hypothèses, mais l'observation a donné les moyens de constater que ce phénomène, que l’on regarde et avec juste raison
comme le plus admirable des météores ignés, ne se présente que
rarement dans nos régions tempérées, et nullement dans Îa zône torride ; tandis que le véritable point où 1l se fait remarquer est le nord, et que c’est vers le 60e degré de latitude boréale qu'il se produit le plus fréquemment.
L’aurore boréale se présente sous des formes très-variées, tantôt
sous l’apparence de poutres, souvent en portions d’arcs lumineux que parcourent des gerbes de feu, et dont l'éclat brillant ne présente aucun objet qui puisse lui être assirailé.
Le département de Maine-et-Loire a été témoin de plusieurs apparitions dans ce genre de phénomène. Nous citerons particulièrement l'aurore boréale de 1831, la dernière qui ait été remarquée en Anjou, comme à Paris et autres lieux sans doute, car il est à penser que ce météore a dü être vu sur tous les points de la France à la fois.
Voici, au reste, les détails donnés à l’Institut, par M. de Briauté, sur cette aurore boréale, qui a paru le 7 janvier 1831, vers neuf heures du soir, et qu’un grand nombre de personnes d’Angers a parfaitement remarqué.
« Vers la fin du jour, le couchant était rouge; au nord, on voyait une large bande de nuages noirs. Lorsque les étoiles de 4° et de 5e grandeur brillaient déjà, l’on aperçut une lumière blanche qui s’étendit jusqu'au zénith, et un arc rouge de sang, formé de sranulations variant d'intensité. »
Les observations de ce genre, antérieures à l’année 1831, sont celles qui se rapportent aux aurores boréales du 12 septembre 1621, 19 octobre 1726, 18 janvier 1770.
3° ErorcesriLanTes. Ces feux clairs et brillants, qui s’allument subitement, filenten ligne droite avec rapidité dansditférentes directions vers la terre, semblent autant d’étoiles qui se détachent du firmament. Ils sont désignés sous les noms d'étoiles tilantes, d’étoiles tombantes et d'étoiles volantes; ils prennent le nom de bolides, lorsqu'ils présentent un diamètre assez considérable pour offrir l'apparence d’un globe de feu.
Ces étoiles, en filant, laissent toujours après elles une traînée lumineuse bien connue. Les météorologistes ont été longtemps sans pouvoir rien préciser à leur égard; maintenant la périodicité de certaines apparitions d'étoiles filantes est bien constatée,
Les principales époques de l’année oùelles se montrent sont : aux approches du 10 août et du 7 septembre, et du 10 au 15novembre. Dans les nuits des 10, 11 et 12 du mois d’août on compte les étoiles filantes par centaines. On attribue généralement aux étoiles filantes la même cause que celle qui produit les astéroïdes. (Voy. Particle suivant.)
4° ASTÉROÏDES OU GLOBES DE FEU. Ce météore, dont la grandeur varie considérablement, présente une lumière ordinairement blanche, éblouissante et analogue en quelque sorte à celle que désignent les artificiers sous le nom de flammes de Bengale ; rarement elle est rougeûtre. |
Ce météore parcourt des espaces plus ou moins considérables en se mouvant avec rapidité, ensuite éclate,. détonne comme ferait un feu d'artifice, et donne alors naissance aux aérolithes, connus aussi sous les noms de uranolithes, météorolithes, céramithes, pierres de foudre ou de tonnerre et pierres de la lune.
D’après Chiadni, les savants de cette époque s’accordent avec cet astronome pour regarder « comme de petites planètes, des astéroïdes qui circulent dans l’espace, rencontrent l'atmosphère, y pénètrent et viennent tomber sur la terre. »
L'apparition des astéroïdes est fort rare en Anjou, et. nous ne pouvons citer que cinq faits bien constatés; néanmoins il est à penser que d’autres cas semblables se sont présentés, et que faute d'observations 1ls sont restés ignorés. |
Le 3 juin 1822, à huit heures du soir, un aérolithe est tombé à Angers, dans le faubourg Gauvin, près de Phôtel de la Tête-Noire. Sa forme, dans le principe, devait être sphéroïdale, si l’on en juge parla dépression qui existe sur le seul fragment qui ait été conservé, bien que plusieurs autres aient été trouvés dans les environs de la Tête-Noire (1).
Cette pierre curieuse, de trois pouces et plus de diamètre et parfaitement caractérisée, fait partie de la collection minéralogique du cabinet d'histoire naturelle d'Angers.
Le second fait se rapporte à un astéroïde ou globe de feu, qui a été observé à Angers, le 22 mars 1833, vers sept heures du soir. Sa vitesse était très-srande, sa direction de l’est à Pouest, et sa lumière, d'abord rougeûtre, passa au blanc verdâtre éclatant. La rapidité de la marche de ce météore le fit bientôt perdre de vue.
La troisième observation se rattache également à l’apparition d’un astéroïde, dont cette fois nous avons été témoin, et qui s’est montré ie 1° juin 1841, à 7 heures et demie du soir.
. (1) Cette dépression indique suffisamment qu’elle a dû être occupée dans le principe, par un ou plusieurs fragments de même nature.
Ce météore, de forme globuleuse, d’un blanc légèrement bleuâtre et d’un vif éclat, paraissait avoir plus d’un mètre d’étendue, et venait du sud-ouest. Il se dirigea sur Angers dans la même direction et en parcourant une ligne droite, horizontale et avec la vitesse que peut donner l’hirondelle qui file sur le rivage. Son élévation approxinative paraissait être tout au plus de 100 mètres au-dessus du sol. On le perdit bientôt de vue et sans l’avoir entendu éclater.
Dans la nuit du 26 au 27 décembre 1853, entre dix et onze heures, un globe de feu, une espèce de boïide, dont la course vive, horizontale, était dirigée dans la direction du sud-est au nord-ouest, s’est montré sur Angers. Ce météore, qui paraissait très-rapproché de la terre, n’a donné lieu à aucune détonation.
Enfin, à Candé, le 28 novembre 1862, vers six heures du soir, un bolide est apparu dans la direction du nord-est au sud-ouest. Il représentait un globe enflammé, du volume apparent de la lune et laissait après lui, dans sa course, une trainée lumineuse trèsintense. La durée de son trajet n’a été que de 20 secondes, et il a disparu, après avoir lancé quelques faisceaux lumineux, paraissant être alors dans le voisinage de la Grande-Ourse.
5° LEs FEeux-FoLLETS sont des flammes légères et de courte durée, qui voltigent et qu’on aperçoit pendant la nuit. Ce phénomène est produit par les gaz hydrocarboné, hydrosulfuré ou hydrophosphoré qui se dégagent des substances animales en décomposition, et s’enflamment par le contact de l’air ou du fluide électrique.
Les lieux où l’on rencontre les feux-follets sont particulièrement les cimetières, leschamps de bataille, ceux où les équarrisseurs déposent les animaux qu’ils ont dépouillés, etc. |
Le gaz hydrogène mêlé avec l’azote et connu sous le nom d’air inflammable, qui se dégage des lieux marécageux pendant l’été, produit des effets analogues.
Ce phénomène peut être imité en enflammant au moyen d’une bougie, les émanations d'huile essentielle qui se dégagent des fleurs de fraxinelles (dictamus fraxinella, L. et D. albus, L.); toutefois, en agissant ainsi le soir, par un temps calme et une température élevée.
6° LE maGnérisME ayant des analogies plus ou moins directes avec l'électricité, la lumière et Île calorique, les météorologistes ont cru convenable de le placer au nombre des météores ignés. Ses principaux phénomènes : la direction, la déclinaison et l'inclinaison sont donnés par l’aimant ou mine de fer oxidulé, connu aussi sous la dénomination de fer magnétique (1), qui jouit de la propriété d’aiti-
(1) M. Dove de Berlin a constaté la propriété magnétique dans tous les métaux par un mode nouveau d’expérimentation.
rer le fer, l'acier, le nikel, le kobalt, ete. On trouve du fer magnétique dans les environs de Segré.
La boussole, indispensable aux navigateurs, et dont les voyageurs sur terre se servent également pour se diriger et ne pas s’égarer, ainsi que les géomètres pour lever des plans, est fondée sur la propriété dont jouit l’aiguille aimantée suspendue librement, d’avoir une direction constante dans un même lieu en se dirigeant
vers le nord.