XII CLASSE. — PLANTES PSEUDO-PARASITES
Cette dernière classe renferme une foule de Cryptogames, vivant sur des végétaux morts, comme lichens, mousses, etc.; ou bien des plantes phanérogames croissant sur l'écorce des arbres pleins de vie, mais ayant ceux-ci comme supports et sans que les végétaux en question en absorbent la sève; tels sont le Lierre, les Epidendres, etc.
$ III. — Géographie zoologique.
De même que les plantes sont organisées pour vivre plutôt dans un climat que dans un autre. et à raison de circonstances que nous avons déjà fait connaître ; de mème aussi les animaux , et par des
causes analogues, sont confoïmés pour subir des lois tout aussi,
puissantes. La géographie des animaux présente donc des limites à chaque espèce, en assignant à chacune d’elles le lieu d'habitation qui lui est imposé par la nature, et qu’elle re peut franchir que d’après d’autres lois non moins puissantes que les premières. Telles sont, par exemple, celles qui se rapportent aux migrations périodiques de certaines espèces d'animaux , et particulièrement en ce qui regarde les ciseaux et les poissons.
Si la pérégrination des plantes est due, comme on doit le penser, plutôt à des cas fortuits qu’à toute autre cause, il n’en est pas de même par rapport aux animaux et particulièrement aux oïseaux et aux poissons, dont les voyages périodiques auxquels ils se hvrent, et qui s'effectuent du nord au midi pendant l’hiver et du sud au nord vers le printemps, sont pour les uns comme pour les au— tres un besoin, une nécessité impérieuse dont ils ne peuvent s’affranchir.
La migration des oiseaux ainsi que celle des poissons, bien qu'elle ne soit pas complétement expliquée pour les uns comme pour les autres, tient néanmoins à des causes différentes ; car si l’on admettait cette hypothèse , assez généralement reçue et comme unique cause : que les oiseaux, par exemple, se règlent dans leurs voyages d’après l’abondance ou la disette des aliments qui constituent “leur nourriture, il faudrait abandonner cet autre système tout aussi bien fondé : qu’une température ou un climat convenable, est pour eux une condition d’existence tout aussi essentielle que celle dont il vient d’être question. Il est donc plus convenable d’admettre pour eux ces deux moteurs de leur vie animale, comme devant marcher ensemble et d’un commun accord , en y associant toutefois cette autre cause aussi puissante que les précédentes :
celle de la reproduction de leur espèce, reproduction qui ne peut
avoir lieu que dans des circonstances de climatologie nécessaires , indispensables même pour l’accomplissement de cet acte si impérieux de la nature. |
A ces causes tout aussi palpables qu’évidentes , il faut y joindre encore et en définitive, cette autre, non moins essentielle , 1l faut le croire, qui porte certains oiseaux à changer de place, à voyager, et cela sans qu’on puisse bien apprécier le but, le motif de ces voyages; voyages quelquefois de long cours et qui portent quelques espèces , que l’on peut qualifier d’être erratiques, comme 1l arrive pour certains hérons, à se rendre aussi bien dans quelques parties de l’ancien que du nouveau continent.
Ge que nous venons de dire par rapport à certains oiseaux, pent s'appliquer aussi et jusqu’à un certain point à quelques espèces de poissons. Les voyages périodiques que ceux-ci exécutent pour leur reproduction , ainsi que ceux. de long cours et sans but apparent qu'ils entreprennent à l’instar des oiseaux erratiques , ne les rangent-ils pas dans des catégories semblables? Et pour ce dernier genre de voyages, nous pouvons citer un exemple récent, dans la capture d’un poisson Lune (Tetraodon mola, L.) qui, au mois de
. septembre 1850 , est venu se faire prendre au Pouliguen. Des ca-
chalots aussi (espèces de mammifères marins,) ne viennent-ils pas aussi, et de temps en temps , s’échouer sur quelques points des côtes de France ou autres lieux ?
» Si la géographie zoologique d’un seul département ne peut comprendre toutes les observations qui peuvent se rattacher à eette science, elle peut du moins servir à constater des faits nouveaux, à fixer différents points de stations, qui sans ce moyen resteraient peut-être inconnus. C’est ainsi, par exemple , que la Genette (Vivera genetta, L.), qui se présente au nombre des mammifères de Maine-et-Loire, et dont l’extension des lieux qu’elle parcourt se trouve hornée par la rive gauche de la Loire , fournit aux naturalistes Poccasion par ce seul fait, de rectifier une erreur ; car, d’après ce que dit Cuvier : « La Genette paraît depuis la France méridionale jusqu’au cap de Bonne-Espérance (1). »
Ainsi, l’observation que nous présentons, doit servir à reculer les limites d'habitation de ce curieux animal en les étendant pau point que nous venons d'indiquer. Voy. Faune de Maineet-Loire. |
Le chat sauvage (Felis catus, L.), se trouve dans des conditions à peu près semblables, n’ayant été observé que dans les forêts que limite également la rive gauche de la Loire.
(1) Le Règne animal, etc., t. I, p. 157.
Nous citerons encore un mammifère assez rare en Anjou , nous voulons parler du Menck (Mustelo lutreola, L.), cet habitant du Nord, qui se rapproche des loutres par ses pieds semi-palmés ainsi que ses habitudes nautiques, et que l’on rencontre dans ce département au bord des petites rivières , des étangs et des marais.
Les oiseaux présentent aussi des faits non moirs remarquables sous le rapport de leur présence en Anjou. Nous indiquerons d’abord : lAigle Jean-le-Blanc et l'Autour qui, l’un et l’autre ont niché dans la forêt de Chandelais, ensuite la Pie grièche à poitrine rose , qui tous les ans vient établir son nid sur les grands peupliers des bords de la Loire; les Fauvettes verderolle et gorge-bleue , qui chaque année viennent habiter les oseraies qui bordent la Loire ; puis, la Fauvette cocustelle, les Powllols natterer et siffleur, l’AUlouette calandrelle, les Bergeronnettes citrine et lugubre, les Mésanges huppée et moustache , l'Ortolan , les Bécasseaux temmia et échasse, etc.
Parmi les reptiles, nous signalerons la Vipère à trois plaques (Vipera trilamina , Millet), nouvelle espèce ; les couleuvres dEsculape et verte et jaune, le Triton marbré, les Grenouilles ponctuée et a ventre jaune, etc.
Les poissons nous montrent l’Esturgeon , qui vient de temps en temps faire des excursions dans la Loire, ainsi que la Salmore rule.
Ici se présente encore l’Able rivulaire, petit poisson que l’on ne soupconnait pas en France avant la publication de la Faune de Maine-et-Loire (1) ; et que Pailas, dans son Voyage en Russie, avait indiqué dans les ruisseaux des montagnes de l’Altaïque.
Quant aux autres classes de la zoologie, nous pouvons citer un assez grand nombre d’espèces d'animaux, d’insectes plus particulièrement , qui appartiennent à un climat plus méridional que le nôtre, comme serait par exemple le midi de la France. Et si ces insectes vivent etse reproduisent dans notre département, c’est que cette localité présente certains points vraiment méridionaux , nonseulement par rapport aux animaux qu’on y rencontre, mais encore pour les plantes qui y croissent naturellement.
Les choses étant ainsi, et pour mieux préciser des lieux de résidence aussi remarquables, et que nous qualifions de Stations méridionales du département de Maine-et-Loire , nous aïlons les faire connaître en indiquant leur position géographique , la nature du sol qui entre dans leur composition, de même que les insectes, méridionaux pour la plupart, qu’on y rencontre.
Voici, du reste, indication des principales localités méridionales
(1) Faune de Maine et Loire, par M. Millet, 2 vol. in-80, Angers, 1828.
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- de ce département, et qui fournissent à elles seules les animaux
compris dans la première classe des stations zoologiques de Maineet-Loire, tels sont :
1° Les rochers (rochers schisteux) de la rive gauche de l'étang de
Saint-Nicolas, près Angers.
2° Les rochers de Dieuzieet ceux du Pied-Martin (ferrain de porphyre et lerrains schisteux), situés commune de Rochefort-sur- Loire. |
3° Les rochers de Servières (terrain devonien, marbre et terrain anthraxifère) , situés près le Pont-Barré, commune de Beaulieu.
4° Les coteaux de Mâchelle, commune de Faveraye, ceux des Noyers, et la Guerouais de Martigné qui les touche (Molasse coquahère.)
5° La partie calcaire (Molasse coquillière) , de la commune d’Aubigné.
6° Les environs de Saumur (éage turonien du terrain crétacé.)
7° La forêt de Fontevrault et ses environs (étage sénonien du
terrain crétacé ; et Grès tertiaire et calcaire d’eau douce.). Cette vaste localité recèle à elle seule La moitié de la flore de Maine-et-
Loire, ainsi qu’un grand nombre d'insectes des plus remarquables.
8° Les environs de Montreuil-Bellay (errain crétacé au sud, terrain jurassique vers les autres points cardinaux.)
9° Enfin, le Puy-Notre-Dame et ses environs (Étage turonien dn terrain crétacé, recouvert sur quelques points de l'étage sénonien. |
Obs. D’autres localités, également méridionales, auraient pu irouver encore place ici, mais celles que nous indiquons sont suffisantes pour justifier le fait que nous venons d’énoncer. Voyez,
au reste, pour les animaux qu’on y rencontre, la 1"° classe des sta-
tions suivantes.