COMMUNE DE MERS EL-KEBIR
Mers el-Kebir, à 8 kilotn. 0. d’Oran, est un centre maritime et commercial d'une grande activité.
Mers el-Kebir occupe, dit Marmol, l’emplacement d'une forteresse bâtie par les Romains. Les rois de Tlemsèn, vers le XVIe siècle, au rapport de Léon l'Africain, y firent bâtir une petite ville. Les Vénitiens venaient à cette époque s'y réfugier dans les mauvais temps, et transportaient leurs marchandises à Oran, par le moyen d'alléges, comme on le fait encore aujourd’hui. En 1505, Mers el-Kebir fut pris par Don Diégo de Cordoue. Les Maures s'y défendirent vigoureusement avec un canon de fer, jusqu'à ce qu'il creva. Us capitulèrent alors et évacuèrent la position. Hassan Pacha, fils de Barberousse, l'attaqua vainement après. Toujours lié au sort d’Oran, Mers el-Kebir suivit les phases de la fortune espagnole* sur ce point principal. Le 13 décembre 1830, il fut définitivement occupé par les Français. Le village est
bâti en amphithéâtre, sur la pente du Ramerah. Nous avons parlé ailleurs de son port remarquable par sa profondeur. Il y a une église, un phare, un entrepôt réel, un service de Santé, un bureau de Douanes, un quai bien entretenu, une caserne dans le fort construit par les Espagnols, en 1754. Une station télégraphique. Une conduite en tuyaux et en maçonnerie, qui s’embranche â la source de Ras el-^ïn, au-dessus d’Oran, alimente des bornes-fontaines, des abreuvoirs et lavoirs qui servent à l’approvisionnement des navires. Les voyageurs trouvent des cafés à leur débarquement. Des fiacres et des calèches viennent à l'arrivée des courriers pour transporter les voyageurs et leurs malles à Oran. La population, y comprise celle des annexes, est de 260 Français, 1 ,\ 97 Étrangers, 29 Indigènes, en bloc, 38 individus.
Les annexes de Mers el-Kebir sont :
Sainle-Clolilde , — Saint- Jérôme , — Des fermes isolées.
Une ordonnance royale du 23 août 1846 a créé, sous le nom de Village des Pêcheurs , au bord de la rade de Mers el-Kebir, et sur la route qui conduit à Oran, un centre de population maritime, qui fait partie du bourg de Saint-André , qu’il ne faut pas confondre avec le village du môme nom, existant dans la commune de Mascara.
Une fort belle route, taillée dans le roc sur les deux tiers de son parcours, et traversant une percée souterraine de 50 mètres, conduit à Oran, en contournant le golfe, qu’elle domine presque partout à pic et à des hauteurs effrayantes. Une baie d’aloes et un parapet de pierre la bordent sur toute sa longueur du côté de la mer. il y a une source d’eau thermale dans une grotte, au-dessous du chemin et au bord de la mer, connue sous le nom de Bains de la Heine , et entourée d’un petit établissement où les malades viennent chercher quelques soulagements à leurs maux, sur les traces de l’infante Jeanne, ülle d’lsabeile-la- Catholique, qui y fut guérie, dit-on, il y u trois cents ans.
Voici comment un spirituel touriste décrit la station thermale des Bains de la Reine :
« La source qui l'alimente jaillit d’une grotte assez grande « mais très-sombre, à cause de l’étroitesse de son entrée. Elle « est si voisine de la mer que la lame peut la couvrir dans « les gros temps; elle est si perpendiculaire à la montagne du « rivage, que les blocs tombés la dérobèrent quelques années >< aux. recherches, à l’époque où l’on gagna pied à pied et à la « mine, la charmante route de Mers el-kebir.
« On pourrait passer cent fois sur la voûte des Bains de la « Reine sans en soupçonner l’existence, si un hôtel qui porte « son nom n’avertissait le voyageur qu’il les trouvera eu se « laissant glisser par un sentier borde de fleurs, pendu sur la « nappe bleue, éternel fond du tableau dans tous les points de f( vue oranais.
» Les thermes qui ont remplacé les bains d’autrefois, ne sont » pas encore très- fréquentés ni très-brillants, bien que de l’étu- » ve. ou des baignoires en faïence, on ait la vue de la mer » infinie ; cela viendra, j’en suis sûr, avec le temps. Il n’est » pas possible, en effet, d’aller prendre une saison de bains » par un chemin plus agréable, et d’essayer de guérir son » foie, ses démangeaisons ou ses blessures, auprès d’une ville » aussi originale, et dans un site aussi merveilleusement ac » cidenté.
» Leux qui connaissent la célèbre route de la Corniche, sus- » pendue le long de la rivière de Gônes, peuvent seuls se rendre » compte du charme de celle qui conduit au bain de la Reine. » Les rampes escarpées qui descendent de la double corne de » Santa-Cruz, sont couvertes de plantes odorantes et gracieuses :
» le géranium, le narcisse blanc, la scille gigantesque, la la- » vande bleue, diverses espèces de bruyère et 1 inévitable » palmier-nain, dont le bambin indigène et le chacal apprécient » les dattes amères, — y foisonnent à qui mieux mieux. » (Antony Mekày.)
COMMUNE DE MISSERGHIN.
Misserghin est situé à 15 kilom. S.-O. d’Oran, sur la route de Tlemsén, sur le versant méridional d’une colline, au bord de la Sebkha.
Misserghin était le lieu de plaisance des beys d’Oran,
qui y entretenaient autrefois un palais champêtre. Dès 1837, une colonie de spahis réguliers fut établie dans une redoute retranchée, auprès des ruines de celle habitation. L’arrêté du 23 novembre 1844, a créé à Misserghin un village. Le décret du 31 décembre 1856 l’a érigé en commune. Il y a une Justice de paix; un# brigade de gendarmerie. L’Empereur a visité cette localité le 15 mai 1865. — La population est de 579 Français, 532 Etrangers, 793 Arabes, en bloc 254, y compris celle de ses nombreuses annexes.
Le vallon de Misserghin, formé par le voisinage du Djebel-Santo, ou mont Ramerai), est très-sain. Il est arrosé par un ruisseau qui prend sa source à 12 kilom.
N.-O., fait tourner six moulins, et rend fertile une plaine. Le 31 mars 1851, elle a été concédée, avec le domaine de Tailhanel (32 h. 42 a. 70 c.), les bâtiments et terrains affectés à l’ancien camp (6 h. 45 a. 50 c.) , à l’abbé Abram. Cet abandon, en toute propriété, a été fait à condition que cet ecclésiastique élèverait un orphelinat pour 200 sujets; qu’il entretiendrait pendant vingt ans, et exploiterait la Pépinière durant le même espace de temps. Sur ces concessions a aussi été établi un Refuge, connu sous le nom de Bon-Pasteur, principalement destiné aux filles et femmes repenties, et aux filles dites à préserver. v.
Un Orphelinat de 80 jeunes filles est ouvert,- sous la Direction des Dames Trinitaires. Les fleurs et les fruits des jardins de celte demeure méritent l'attention. Il y a aussi un asile des vieillards de 47 lits.
Les annexes de Misscrghin (Village neuf/, sont :
Le Village Vieux , des fermes isolées et les douairs de Bellal Uuarsi Haaj Mohammed, — Bou Abousen Bachir, — Bou Gharès Abd el-Kader, — Bou Saada, — El- Habib bon Bakar.