‹ Indicateur général de l'Algerie description geographique, historique et statistique de toutes les localitesChapitre 23 sur 123 · HT · texte numérisé non relu

HT

voie qui conduit à la porte monumentale de Constantine. La statue, placée sur un piédestal de granit gris de mer, provenant du cap de Fer, d’après le dessin de M. Blouel, de l’Institut, est défendue par un grillage octogone en fonte, formé de flèches, de javelots et de piques en faisceaux à chaque angle. En revenant vers le centre de la ville et avant d’entrer dans la rue Napoléon, est la place de la Lyre, située au-dessus de l’ escalier dit monumental, s’élevant derrière le théâtre. C’est le lieu de station des revendeurs et marchands de ferrailles.

passages. Il existe à Alger, plusieurs passages :

Le passage Gaillot, qui met la rue des Consuls en communication avec la rue d’Orléans.

Le passage Duchassaing, qui communique avec la rue Bab-Azoun et le Boulevard de l’Impératrice, est couvert de vitres.

Le passage Mantout, communiquant avec la place de Chartres et la rue du même nom, — avec la rue et l’impasse Scipion. Il est habité par des Israélites tailleurs, et traverse une cour carrée.

Le passage Narboni. Des maures, marchands de tabac et de menus objets, ont établi leur commerce dans ce passage, à ciel ouvert, qui forme i’Y, — aboutissant aux rues Bab-Azoun, de Chartres et du Caftan.

Le passage Malakoiï, entre les rues du Vieux Palais, Bab-el-Oued, Jénina, Neuve-Mahon, au centre duquel M. Picori a fait placer un buste en bronze du maréchal Pelissier, sur un cippe de marbre blanc.

Le passage Martinetli, qui n'a rien de remarquablet fait communiquer la rue Bab-el-Oued avec celle des Trois-Couleurs.

Le passage du Commerce, mettant en communication la rue de Chartres et la place du Gouvernement, traverse la maison de la compagnie Liaou Chîch. Il est couvert de vitres.

Le passage Napoléon , parallèle au précédent , est recouvert d’un splendide vitrage; il est orné de sculptures, dallé de marbre, éclairé au gaz avec un superbe

éclat; v bordé de magnifiques magasins, c'est un des plus beaux ornements de la ville d’Alger. Le Cercle du Commerce y prend entrée.

marchés. Le marché pour les objets de consommation journalière, est tenu sur la place de Chartres. Il y en a un autre presqu’aussi important, sur la place d’Isty, où viennent les Arabes, qui y apportent des denrées de toute espèce ; c’est là que les touristes trouveront en tout temps des oranges succulentes et à très- /

bas prix.

Le marché aux poissons est à la Pêcherie , près de la place du Gouvernement , dans les- constructions du boulevard de l’Impératrice.

Le marché pour les fruits, le gibier et la volaille se tient au bas de la rampe de la Pêcherie.

Le marché aux bestiaux , établi à Mustapha , est fré-

quenté par 250 à 300 Arabes. Ce marché fournit, terme

moyen , 80 taureaux, bœufs, vaches, veaux, et Î00 moutons par jour.

Le marché aux grains et aux huiles, où les indigènes apportent leurs produits, est établi dans des baraques, rued'Isly, non loin de la porte de ce nom.

Le bazar Parcifico, rue de Chartres, cour ronde, couverte d’un loît en verre, une grille en fer à la porte, est occupé par des Arabes qui y font des burnous, y vendent des poteries du pays et de grossiers ouvrages de sellerie.

industrie. Il n’y a de spécial à Alger, sous le rapport de l'industrie, que des confections isolées de broderies sur cuir, en or et en argent pour selles mauresques, portefeuilles, gibernes, pantoufles. On fait aussi des ceintures de soie brochées d’or, des essences de rose et de jasmin. Les Européens, et surtout les Maltais, se consacrent avec un entrain que le succès justifie , à desservir des débits de comestibles sous toutes les formes. Les tailleurs et les marchands d’habillements, d’étoffes et d'objets de luxe, ont aussi trouvé à placer avantageusement les produits dont la vente les fait vivre dans les grandes villes.

De nombreuses usines existent dans les environs d’Alger; quelques-unes sont très-importantes. Il y a des minoteries à vapeur, des fonderies de métaux , une verrerie, des savonneries, des tanneries, des usines opérant sur le palmier-nain pour on obtenir de la pâte ii papier et du crin végétal, — des brasseries, des distilleries de sorgho, de figues, de caroubes et de fleurs odoriférantes, etc.

monuments publics. Alger est trop nouveau

encore entre nos mains pour que nous ayioris pu y routier beaucoup de monuments publics On y remarque cependant : .

La cathédrale, sous le vocable de St-Philippe, sur la place Malakolï, n’est point achevée, bien que les fidèles puissent jouir de toute son enceinte. Le portail est décoré de quatre colonnes de marbre noir veiné de blanc, au-dessus de 23 marches de granit; il est accosté de deux tours mesquines et d’un style étrange. La voûte en stuc de la nef, sculptée par Fulconis et Latour, est soutenue par des colonnes de marbre blanc , dans le goût mauresque. Ces appuis soutenaient le dôme d’une charmante mosquée située au même endroit , la Djema Ketchaoua , qui a servi de cathédrale pendant plusieurs années. Sous un nouveau dôme s’élève le grand autel au milieu d'un chœur décoré de quatre grandes colonnes en marbre gris avec bases en porphyre et chapiteaux en albâtre. Au chevet de l’église sont la chapelle de la Ste-Yierge, où est une statue de bois

délicatement travaillée et couronnée d’un diadème d‘ar-

gent repoussé , rapporté de Sébastopol par M. le chanoine G Stalter, On trouve encore en celte partie du vaisseau les chapelles de St-Joseph, Ste-Anne, St-Auguslin, St-Louis, toutes possédant un bel autel en marbre blanc et des vitraux habilement peints. 11 y a aussi des vitraux représentant les apôtres et des saints de l'Algérie et éclairant les bas côtés.

Quelques autres chapelles se trouvent à l’entrée do l'édifice. Dans une d’entre elles s’élève le tombeau

en marbre blanc du vénérable Géronimo. On y lit

cette inscription en lettres d’or:

Page 1