‹ Indicateur général de l'Algerie description geographique, historique et statistique de toutes les localitesChapitre 36 sur 123 · COMMUNE D’AUMALE · texte numérisé non relu

COMMUNE D’AUMALE

situation. Aumale est situé par 36°09’ de latitude septentrionale, et 1°21' de longitude orientale, dans l’intérieur de l’Algérie, à 105 kilom. S.-E. d’Alger, 136, S.-E. de Blida, 112, E. de Médéa. 180, 0. de Sétif, entre ces deux villes, au point de passage qui donne communication du S. aux plaines du Hamza, avec les montagnes de la Kabylie.

physionomie locale. Aumale, non loin du Djebel Dira, est assis sur un plateau entouré d’une petite plaine, dominée elle-même par de hautes montagnes. L’aspect du pays est aride. Le paysage est rocheux et sec.

note historique. — Les Romains avaient en cet endroit une station sous le nbm d ’Auzia. De nombreux restes antiques, une belle mosaïque, en tout foi. Les Turcs construisirent avec ces débris un fort qu’ils nommèrent Sour R’ozlan. Aumale fut fondé sur son emplacement pour surveiller la Kabylie et influer sur la vaste contrée qui s’étend au S. du Djeurdjeura.

importance politique. La ville est la résidence du Général de brigade commandant la subdivision militaire d’Aumale, — d’un commissaire civil. Le décret impérial du 7 décembre 1853 y a fondé une Justice de Paix. La population civile est de 2,912 individus, dont 870 Français, 204 Étrangers, 219 Juifs, 1,619 Musulmans.

enceinte. La ville est entourée d’un bon mur crénelé, protégé par un ravin escarpé qui la rend

imprenable à des Arabes. Elle ne consiste guère qu'eu une seule grande rue, fort animée, et d'un quart de lieue de longueur. Les plus belles constructions, sont : la maison du commandant de la subdivision, les casernes d’infanterie et de cavalerie, les magasins du Génie et de la manutention, vastes et magnifiques ; un bel hôpital. Il y a une église. La mosquée est en dehors de la ville, à l’endroit où les Arabes tiennent leur marché le dimanche. Quatre portes donnent entrée dans Aumale : les portes d’Alger, de Bou Sada, de Sétif et de Médéa. Il y a une station télégraphique. La place de l’église, celle du marché et un jardin public, s'ouvrent aux promenades des oisifs. Ils ont aussi le Cercle militaire, parfaitement bien tenu ; les cafés Perrault, Sérié, Guiol. Le café chantant de l'Échelle, qui prête ses sujets pour monter la troupe théâtrale, organisée de loin en loin par les amateurs de la garnison. De nombreux hôtels prennent en pension au mois.

environs. Toutes les eaux supérieures de la ville ont été détournées pour son alimentation ; leur produit ne dépasse guère 5 litres par seconde, à l’étiage. Celles qui lui sont inférieures forment, par leur réunion, l’Oued Lekal, sur lequel sont établis quatre moulins à blé, parfaitement installés. A 1 kil. de la ville, on visite une brasserie dans un joli jardin qui ombrage un

jeu de boule et un tir au pistolet. Les promeneurs

aristocratiques préfèrent se rendre à la fontaine dite clic Docteur , ù 8 kilomètres d’Aumale. L’équitation est un exercice qu’il faut avoir pratiqué si l’on veut par-

courir les environs fort abruptes, la voiture étant un moyen presqu’impossible, dont l’ombre est inconnue dans ces cantons montagneux. Toutefoisr la route d’Aumale à Bougie, ouverte en partie par les tribus kabyles, est carrossable dans tout son parcours. Elle longe, sur les versants méridionaux du Djeurdjeura , toute la vallée de l’Oued Sahel, et assure notre domination de ce côté, comme Fort-Napoléon sur les versants septen- Irionaux.

Les colons d’Aumale ont cultivé, en céréales, une fcône qui leur a été concédée autour de la ville. On élève dans la banlieue une assez grande quantité de bétail. Des essais de plantation de vigne ont réussi.

Le pays offre des ressources en pierre à chaux, plâtre, terre à briques. On y trouve quelques bois, à 12 kilom. d'Aumale, dans le Kecenna. Le bois de chauffage se rencontre à 2 kilom. d’Aumale. Le voisinage du Djebel Dirah, et l’élévation du plateau de Sour R’ozlan, 850 mètres au-dessus de la mer, y rendent l’hiver assez rigoureux.

Aumale n’a qu’une section communale :

BIR RABALOU — à 19 kilom. d’Aumale, dans la plaine des Azib et sur la route d’Alger; — bien assis au milieu d’un territoire fertile, de vastes prairies et des eaux abondantes. — Population, 327 individus: 91 Européens et le reste Indigènes. Sur le ruisseau de Bir K abalou, les Arabes ont établi par association, un moulin à blé à deux paires de meules, montées à la française.

Bir Rabalou a deux annexes :

Les Trembles . où ?e trouve une population de 64 Européens et de 1,614 Indigènes.

Guelt Zerga, population, — 46 Européens, 77 Indigèues.

COMMUNE DE BIRKHADEM.

Birkhadem est situé à 10 kilom. E. d'Alger, dans un vallon du Sahel, au-dessous d’un ancien camp assis sur un mamelon. Ce canton fertile et bien ombragé, possède des constructions gracieuses. C’est un but de promenade pour les citadins d’Alger.

La localité de Birkhadem fie puits de la Négresse ), ainsi nommé à cause des apparitions fréquentes d’une femme noire, qui sort d’un puits et se promène aux environs, fut couverte, dans les premières années' de l’occupation, p3r un camp qui reliait Dely-Ibrahim à la Maison-Carrée et à la Ferme-Modèle, par Tixeraïn et Kouba, et faisait en ce lieu une position centrale qui fermait l’ancienne route d’Alger à Blida. Il n’est plus aujourd’hui occupé militairement, et a servi successivement d’hôpital et de prison de dépôt. A l’abri de cette défense, un grand nombre de propriétaires et de cultivateurs se sont installés et ont formé le village qui a été reconnu par arrêté du 22 avril 1835, et où l’administration communale est organisée depuis le 16 novembre 1842.

La population est de 214 Français, 344 Etrangers, 605 Indigènes.

Les cultures maraîchères sont une source de prospérité pour Birkhadem. La route de Blida traverse la place de ce village, qui a une jolie église, un café maure,

Ce centre, créé par arrêté du 22 avril 1835, et constitué le 17 décembre 1843, présente une population de 226 Français, 452 Etrangers, 342 Musulmans.

2° SAOULA, centre de population, à 3 kilom. de Birkhadem, à 13 kilom. d’Alger, sur la route de Douéra, au milieu des vallées qui aboutissent à celle de loued Kerma, dans un basfond très-fertile en légumes, et bien arrosé, a été créé par arrêté du 17 février 1843. Il y a trois moulins à 3 et 4 tournants, mis en mouvement par la force hydraulique et constamment occupés par la boulangerie d’Alger et la manutention militaire. Des saules-pleureurs balancent leurs verts panaches et les vi gnes agitent leurs pampres dans cet agréable séjour. Population, 105 Français, 156 Etrangers, 379 Musulmans.

COMMUNE DE CHÉRAGA.

Chéraga est situé à 12 kilom. 0. d'Alger, à l’entrée de la plaine de Staouéli, à 198 mètres au-dessus du niveau de la mer.

L’arrêté du 22 août 1842 le conslitua administrativement. En 1845 eurent lieu des dessèchements qui ont assuré la salubrité sur ce point. Des familles sobres ei laborieuses venues de Grasse (Var), ont apporté la culture des plantes odoriférantes, pour lesquelles des distilleries expédient en France des produits estimés. Chéraga est reconnu commune parle décret impérial du 31 décembre 1856.

La population est de 488 Français, 123 Etrangers, 448 Indigènes. L’église fort jolie est ornée de plusieurs statues données par les habitants.

Le territoire de Chéraga est celui où les cultures sont le plus avancées dans le Sahel. Elles consistent en

hic, orge, fèves, maïs, tabac, coton, vignes dont le vin est estimé, et plantes à huiles essentielles. La route d’Alger à Koléa traverse le village. On y trouve un jardin public, un lavoir et abreuvoir. Sur la place est une fontaine surmontée du buste du duc de Malakofï.

Il y a un moulin à farine, mu par la force hydraulique, et un moulin à manège pour les huiles. On fabrique en grand le crin végétal provenant du palmier-nain. L'éducation des bestiaux est favorisée par des eaux abondantes et des prairies étendues. Deux briqueteries sont en pleine activité. Les produits des laiteries et les fromages sont renommés. Il y a des hôtels et des auberges dans ce très-joli village.

L'Empereur a parcouru celte commune lorsque, le \ mai 1865, il fut visiter Sidi-Ferruch, Staouëli et le monastère de la Trappe qui y est situé.

Les sections communales de Ghéraga sont :

1* AIN B UNI AN, ou GUYOTVILLE, ainsi nommé parce que ce centre de population fut fondé sous l’administration de M. le compte Guyot, directeur de l’intérieur, par arrêté du 19 avril 1845, à 2 kiiom., à l’E. du cap El-K’nateur, — à 9 kilom. d’Alger, par Ghéraga et 14 par la nouvelle route Malakoff, au bord de la mer, qui est une des plus pittoresques et des plus belles de la province d’Alger. Un chemin vicinal d’une longueur de 7 kil. conduit de Ghéraga à Guyotville, à travers un sol mamelonné que coupe le ravin des Bcni Messous, où se trouvent plusieurs belles fermes. Un canal amène les eaux dans une fontaine construite au milieu de la place du village : il y a un lavoir et un abreuvoir. Des plantations nombreuses de vignes ont été laites.

Sur le plateau d’Aïn Benian, qui sépare Guyotville de Ghéraga, ou recueille de belles moissons. On voit par les champs une centaine de dolmens, pareils à ceux de Bretagne, que l’on croit être les tombeaux d une légion armoricaine, qui aurait campé aux environs de cette position élevée. 11 y aussi des ruiHes romaines au cap El-K’nateur.

Population, lai Français, 190 Etrangers.

5* SIDI-FERRUCH, est une pointe, à 25 kilom. 0. d’Alger, s'avançant de t ,100 mètres dans la mer. C'est dans la baie 0. que débarquèrent les Français, le 14 juin 1830. Ils y trouvèrent une mosquée renfermant lés restes du marabout qui donne son nom a la localité, et une petite tour carrée, bâtie par les Espagnols et nommée par eux Tome chica. 11 y a six puits dans les lignes du camp, qui fut tracé sur un développement de 800 mètres pour isoler complètement la presqu’île, offrant une étendue de 80 hectares. Des sources, obstruées par les sables, se trouvent aussi sur la plage. De juin à septenfbre, il se forme de fort beau sel sur les rochers du rivage. Sur les bords de l’oued el- Bridja, qui coule à l’O., il y a une excellente terre plastique, propre à la confection de la poterie.

L arrêté du 13 septembre 1844, a créé sur ce point un village qui a prospéré quelque temps au moyen de la pèche des huîtres et des sardines, mais qui a été presqu’entièrement abandonné en 1853. L’érection d'une belle caserne, qui peut contenir 2,000 hommes dans un fort garni de formidables batteries, ramène sur ce point les efforts des colons et des pécheurs. La porte monumentale de cet édifice, frontispice orné de quatre eolonnes engagées et de trophées de la paix et de la guerre, est surmontée d’une large table de marbre, où les premiers pas de la conquête algérienne sur ces bords sont commémorés en style lapidaire. On y lit ;

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