‹ Indicateur général de l'Algerie description geographique, historique et statistique de toutes les localitesChapitre 38 sur 123 · COMMUNE DE DELLIS · texte numérisé non relu

COMMUNE DE DELLIS

situation. Dellis est situé sur la côte septentrionale de l'Afrique, par 1<> 35’ de longitude E., et 36° 55’ de latitude N., à 14 lieues marines E. d’Alger, et à 22 lieues O. de Bougie; par terre, à 106 kil. d’Alger, et à 189 kil. d’Aumale.

mouillage. La pointe de Dellis est longue, étroite et couverte de tombeaux que domine un mara-

bout. Elle s’avance comme un môle pour protéger le mouillage de Dellis contre la mer et les vents de la partie de l’0. Quelques rochers peu élevés au-dessus de l’eau et placés dans la même direction que la pointe , la protègent encore d’environ une encâblure et demie. Il n’y a aucun danger dans les environs de Dellis. Les bords de la mer à l’O. sont remarquables par la manière et les soins avec lesquels ils sont cultivés : c’est une suite de jardins d’un aspect fort agréable, qui annonce dans les habitants des campagnes, de l’ordre, une certaine industrie et l’amour du repos.

Lorsqu’on double la pointe de Dellis, on aperçoit , dans l’intérieur des terres, vers le S.-E., une montagne isolée nommée le Pic des Beni-Sliem. Son sommet est facile à reconnaître, parce qu’il montre une excavation semblable au cratère d’un volcan. Bientôt après on découvre le mouillage de Dellis, où les bâtiments peuvent se mettre à l’abri des vents d’O. et de N.-O. On y trouve un bon fond de sable et vase par 13, 14 et 15 brasses. Pendant la belle saison on peut y rester avec les vents d’E. et deN.-E.

aspect extérieur. La nouvelle ville de Dellis est bâtie sur un plateau au bord de la mer, exposé à l'orient. Le vieux Dellis, plus au N., est paralèllement adossé à une montagne. Ses maisons mauresques y sont en mauvais état sous une chemise blanche récemment rafraîchie. Entre les deux villes, et comme moyen de contact habilement échelonnés, on voit la maison du bureau arabe, intermédiaire de relation; l’hôpital neuf.

•ù les deux religions se montrent rapprochées; la nouvelle mosquée, dont le minaret élevé par les Français, prouve leur esprit de tolérance. Des crêtes assez élevées, qui séparent Dellis des Béni Thour et dominent l’oued Nessa, encadrent au S. le paysage.

hôte historique. Les ruines romaines trouvées à Delli* ont démontré qu’il occupait l’emplacement de la colonie désignée par Antonin sous le nom de Rusuccurus . On y voit la trace de murs décrivant un vaste périmètre, principalement à l’O. On a découvert, le 31 décembre 1857, un magnifique sarcophage en marbre blanc, qui est déposé au Musée d’Alger. Le marabout de Sidi Sonssan, remplacé aujourd’hui par un fortin, sur un mamelon élevé de 210 mètres et dominant la ville, marquait l’endroit où se trouvait autrefois une citadelle. Le* antiques constructions semblent avoir été renversées par un tremblement de terre dont l’époque ne nous est pas connue : les Arabes construisirent Dellis avec les décombres. Lorsnu’en 1517, les deux Barberousse se partagèrent la Régence, Knaïred-Din y établit le siège de son autorité.

En 1837, un bateau à vapeur et une gabarre parurent en vue de Dellis pour châtier les habitants, qui avaient pris part à l’insurrection des Kabyles; effrayés de celte démonstration, ils se hâtèrent de faire leur soumission. Au printemps de 1844, I« Gouverneur général voulant porter jusqu’au centre des Plissas un dernier coup à l’ex-émir, en la personne de Sidi Ahmed- Taleb- Ben-Salem, son khalifa, s’empara de Dellis le 7 mai. Les habitants nous reçurent avec empressement, après avoir vu partir leur kaïd, Abd er-Rhaman, oncle de Ben-Salem. Ils nous offrirent leur mosquée pour nos blessés et plusieurs maisons pour y loger une petite garnison qu’ils imploraient. Le 12 mai une action glorieuse pour nos armes eut lieu en avant de la ville; le 17? un succès plus complet encore fut obtenu par nos troupes à Ouarez ed-Din, contre une immense réunion de Kabyles. Ben-Salem ranima leur courage après cette défaite, et obtint le 21 du même mois, quelques avantages contr* le colonel Commun. Le maréchal Bugeaud vint rétablir la tranquillité, qui depuis n’a pas été troublée, du moins aux entours de Dellis.

importance politique. Uu arrêté du ? mars 1846, avait établi à Dellis un centre de population d* 200 familles. La commune y a été constituée par décret impérial du 3t décembre 1856. Ce point est la résidence

d'an Général de brigade commandant la subdivision militaire de Dellys et d’un commissaire civil. Justice de paix. Direction du port. La population est de 486 français, 137 étrangers, 162 juifs, 1892 arabes.

enceinte. Six blokhaus, entourés de redoutes en maçonnerie, et reliés entre eux par une muraille con- 1 linue de 1,800 mètres de développement, forment l'enceinte de Dellis. Il y a cinq portes : les portes d'Alger, d'Isly, des Jardins, d'Aumale, d’Assouaf.

physionomie lo cals. L’intérieur du nouveau Dellis est assez animé. Des petits jardins cultivés par des colons occupent la partie E. du mur d’enceinte, et réjouissent la vue sur ce point où les efflorescences rocheuses du sol ont été courageusement combattues.

Les rues principales sont : la rue d’Alger, d’Isly, Mogador et de la Marine , qui a été la première ouverte et construite. Elles mènent à la place de l’Eglise et à celle du Marché; on y voit quelques jolies maisons. - Quanta la ville arabe, elle ressemble à toutes celles de

ia même espèce : maisons entassées, sales, mal bâties et mai distribuées, ayant toutes pour entrée une écurie, et consistant ici en murs de pierre, protégés de tuiles creuses. Les rues sont étroites, tortueuses, boueuses, remplies de fumier.

ÉTABLISSEMENTS MILITAIRES. L’hôpital , très-

vaste, est parfaitement situé. L’ancienne mosquée sert de magasin pour les subsistances et les effets de campement. Des baraques sont encore occupées par tous îes services ; le casernement lui-même, y est établi pour

800 hommes. Il y a un Cercle et une bibliothèque militaire.

établissements civils La jolie mosquée dont nous avons eu lieu de parler, qui a élc bâtie par les Français, en échange de celle que les Musulmans avaient cédée pour y installer nos malades, est un édifice gracieux. Une école pour les jeunes enfants est tenue avec zèle. Les eaux de la monlaqne de Sidi Soussan, qui domine Dellis à l’O., où l'on a trouvé des citernes romaines, ont été amenées dans un grand réservoir situé sur la place, pouvant contenir 400 hectolitres; cependant l'eau vient quelquefois à manquer en été et on a recours aux eaux du Sebaou. Un lavoir a été établi rue ' Mogador. Il y a une station télégraphique. Un phare est établi à la pointe de Dellis; il éclaire à 3 milles en iner. L'hôtel de la Colonie , est le meilleur des établissements de ce genre; on y trouve un café. On fréquente aussi celui de Y Europe et celui de Y Algérie. Un grand nombre de buvettes sont ouvertes aux consora- * maleurs les plus indulgents. L'industrie particulière a îles briqueteries. — ■ Un abattoir fonctionne au pied du fort. Un fondouck donne asile aux arabes qui viennent tous les jours au marché qui se tient à côté du bureau arabe. Cinq à six fois par an, à la porte des Jardins, en un endroit dit Sidi Mousa , les Indigènes se rendent à une sorte de foire, aux pieds de magnifiques oliviers.

environs. Le pays est un des plus sains et des plus pittoresques de l'Algérie; des sites variés et très^

rapprochés les uns des autres, rendent la promenade délicieuse ; le paysage prend un aspect nouveau à chaque instant. A l’E. et au S. de la ville, le sol est couvert de roches, en forme de cailloux, qu’on ne trouve qu’à la surface, sur une étendue de 1 kil.; la culture les écarte tous les jours. Des mosaïques remarquables , au bord de la mer et à 800 mètres môme de la pointe, avaient conservé les vestiges de l’antiquité , dont les médailles et les amphores trouvées en creusant les fondations de l’hôpital et de la mosquée, sont des monuments fidèles. A Î’O., des métairies, au milieu d’ombrages délicieux et de sources abondantes , bordent la mer sur un développement de 6 à 8 kil., et fournissent un sûr moyen de bien-être aux cultivateurs. La route d’Alger à Dellis, qui longe la vallée sur 12 kil., traverse Ben-Nechoud ; on trouve encore les quatre villages arabes de Thouabet, Tekedempt, Assouaf et Beni-Ouazeroual, qui sont placés en face des Issers. Les vallées de l’oued Isser, à 12 kil., et de l’oued Nessa, à 8 kil., sont riches en cultures. Elles sont couvertes d’habitations en pierre, avec toits en tuiles creuses , en chaume ou en roseaux tressés. La population s’élève graduellement sur la rive gauche de l’oued Sebaou, jusqu’aux crêtes sud de la vallée. Des marchés nombreux et fort considérables se tiennent dans un rayon assez rapproché de Dellis. Le marché d’Aïn el-Arba, entre les Beni-Ouaguenoun et les Taourga, à 24 kil., est fréquenté le mercredi par un millier d’Arabes ; le marché des Issers , à 8 kil., le lundi , réunit un pareil nombre d’individus. Celui d’El-Sebt, chez les

Amraouas, le lundi, et celui de Djema-Saharidj , le samedi , sont les deux entrepôts de la Kabylie, et réunissent de 3 à 5,000 marchands et acheteurs. Les Kabyles apportent des grains, de l'huile, des figues sèches, du miel ; ils emportent en retour du sel , du fer, de l'acier, des tissus de coton , de la quincaillerie, des ornements de femme. Leur industrie consiste dans la fabrication des armes à feu , des sabres dits flissas. Ils confectionnent des burnous, des haïcks, gandouras, souliers, poteries, briques et tuiles. Aux environs deDellis, près du cap Bengut , dans le basalte, on rencontre des nodules isolés d'un combustible minéral , présentant l’aspect d’une houille de bonne qualité. Il y a une société pour l'exploitation des salines.

Les chevaux et les mulets sont les seuls moyens de transport aux entours de la place. La seule route entièrement tracée est celle d’Alger.

La durée du voyage par mer n'est que de 7 heures de Dellis à Alger. Voir, pour les transports par cette voie , l'article préliminaire relatif à la navigation.

La seule section communale de Dellis est :

REBEVAL, qui a une population de 75 Français et 15 Etrangers.

Les annexes sont :

Ben N'Choud , à 10 kilom O., — dans la vallée de l’oued Sebaou, au milieu de populations kabyles, formé en 1854. Il y a Tt Français, 13 Etrangers, 71 Musulmans. ,

T/i«n,'où l’on trouve 21 Français.

Béni Teur , où il y a 5,277 Arabes.

Tourya , où l’on en compte 2,061.

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