‹ Indicateur général de l'Algerie description geographique, historique et statistique de toutes les localitesChapitre 44 sur 123 · COMMUNE DE SIDI MOUSSA · texte numérisé non relu

COMMUNE DE SIDI MOUSSA

A la jonction des trois routes de Bouffarik, de Rovigo et d’Aumale, à 23 kilom. S.-E. d’Alger, est situé le village de Sidi Moussa, créé par décret du 14 juin 1852. Cette commune est entrée en plein exercice, en vertu du décret du 22 août 1861. — Il y a plusieurs fermes en état de prospérité. Il y a une école et un lavoir et

tous les bâtiments communaux. La population est de 132 Français, 162 Étrangers, 1,221 Arabes.

COMMUNE DE TENÈS.

Tenès est situé sur la côte septentrionale de l'Afrique, par 1° 2’ de longitude 0. el 36° 31' de latitude N., à 34 lieues marines O. d'Alger, à 17 lieues marines O. de Chercliel, à 263 kilom. d'Alger, par Cherchel et Koléa, à 53 kilom. N. d’OrléansviDe.

Le nouveau Tenès est bâti au bord de la mer, sur un plateau élevé de 50 mètres, qui semble isolé de tous côtés. Les pentes de ce mamelon sont en effet presque à pic, au N., où elles descendent rapidement jusqu'au rivage; à l'E., où elles commandent la petite plaine de l’oued Allêla et à l’O. de petits ravins. Un espace d'environ 30 mètres, au S., espèce de contrefort dont le plateau est accosté, relie le nouveau Tenès aux montagnes contre lesquelles le Vieux Tenès est adossé. Vue de la mer, la jeune cité a l'aspect le plus coquet. Ses constructions entièrement neuves sont dominées par l’hôpital militaire, édifice imposant. Dans certaines positions on découvre entièrement l'ancien repaire des pirates, le Vieux Tenès; dans beaucoup d’autres aspects, on reconnaît de loin le Vieux Tenès à son minaret peint en blanc.

On mouille à un mille environ de Tenès, au N. d'une

falaise rouge qui se trouve au S.-O. de deux îlots entourés de rochers au fond de la baie de 1*0., formée par le cap Tenès. On y est sur un bon fond et à l'abri des vents d’E. et de N.-E. Ce mouillage n’est pas tenable avec les vents de la partie de l’O. Un phare de premier ordre a été récemment bâti.

On a établi sur la plage de Tenès un débarcadère en charpente de 28 mètres de longueur, appuyé à une culée de maçonnerie. Une rampe facile mène à la ville. De ce point on ne l’aperçoit plus, bien qu’on soit fort près d’y entrer.

hôte historique. Le nouveau Tenès auquel cet article est spécialement consacré, occupe remplacement dTiue colonie romaine qui portait le nom de Cartennæ. La présence des Romains sur le plateau où est assise la ville française, est suffisamment prouvée par les ruines antiques de toutes sortes qui y ont été trouvées. Un grand nombre de médailles à l’effigie de Constantin, nous font penser qu’elle florissait au temps de cet empereur. Une vaste mosaïque, appartenant sans doute à quelque basilique, a été aussi découverte, et les traces du feu que portent les murs renversés, dont on trouve les débris dans les fouilles, de 2 à 3 mètres de profondeur, induisent à croire

3ue Cartennæ n’aura été ruinée que sous les Vandales, ou lors c l’invasion musulmane.

Dans le but de créer un centre de population et de force militaire entre Miliana et Mostaganem, Orléansvillc dut être fondée et Tenès relevé, pour lui servir de port. Une colonne, sous la conduite du général Changarnier, reconnut la position de Cartennæ, le 27 décembre 1842. Le l#p mai de l’année sui- . vante, le général Bugeaud y installa nos troupes, laissant les Hadars dans leur triste ville qui ne répondait en rien aux nécessités d’un nouvel établissement Le développement du nouveau Tenès fut rapide. Créé sur un champ de fèves et d’orge, il consistait déjà, quelques mois après, en plus de 200 baraques en bois et une enceinte en palanoues. Les soldats nommèrent plaisamment ce singulier séjour Plcinchevillc.

Une ordonnance du 14 janvier 1848 a fait de Tenès un district de l’arrondissement d’Alger, sous l’administration d’un Commissaire civil. Le décret du 9 juillet

1849 lui a donné un Juge-de-paix. La population est de 653 Français, 870 Étrangers 64 Juifs, 54 Maures.

Tenès, sur un plateau de 700 mètres de longueur sur 400 de largeur, s'étend au Nord sur un développement de 150 mètres; à l'Est sur un parcours d’environ 600 mètres. Un bon mur crénelé, avec bastion battant les abords, le protège sur une ligne sinueuse de 100 mètres du côté du S.-E. et du S. -O. La place n'est accessible à l’ennemi qu'au Sud, par l’espace de 30 mètres dont nous avons parlé, qui lui donne communication avec le vieux Tenès, distant de 600 mètres, et avec les montagnes du S., le séparant des plaines de l’intérieur. Un ravin qui débouche à la mer, couvre du côté de 10. la ville, qui a 650 mètres de développement sur ce point. Cette enceinte est faite pour une population de 5,000 âmes et une garnison de 1,300 hommes. 11 y a quatre portes, deux à 10., dites de France et de Mostaganem, une au S , dite d’Orléansville, une à FE., dite de Cherchel.

La ville,, qui est toute de construction neuve , est fort riante. Elle est divisée en trois parties, du N. au S., par trois belles rues de 18 mètres de largeur, plantées d'arbres de chaque côté; ce sont les rues de la Colonie, vers FE., d’Orléansville, vers FO., de France, au milieu.

La rue d’Orléansville , partant de la porte de ce nom, ouverte au S., a en perspective le bel hôpital militaire, situé au N. -O., s’élevant à pic au-dessus de la mer.

La rue de France aboutit à une place, occupée par une caserne située au S. Une fontaine, entourée d’une

double ceinture de mûriers, décore le milieu de ceth place, où se tient, tous les jours, un marché aux légumes. Un autre, pour les grains, est ouvert dans un vaste hangar. Il y en a un autre fréquenté par les Arabes, surtout le jeudi , entre les deux villes. La place de l’Eglise est complantée d’arbres. Un puits romain,

nouvellement restauré, contribue abondamment à sa-

tisfaire la consommation journalière.

L’eau qui alimente la fontaine a été prise par un canal romain restauré , à 5,000 mètres au-dessus de l’embouchure de l’oued Allèla, qui longe la ville à l’E. Un réservoir, servant de châleau-d’eau , a été ménagé, et des bornes-fontaines répandent l’eau dans tous les quartiers de la ville; elles débitent une quantité de 30,000 hectolitres par 24 heures. Indépendamment de cet avantage public, chaque établissement à sa fontaine particulière.

L’hôpital contient 300 lits. Une belle caserne loge G00 hommes. Le service du campement et celui des subsistances ont leurs bâtiments sur la place de l’Eglise. Le Cercle militaire a une bibliothèque qui est fréquentée par les officiers et les fonctionnaires civils.

Une école de garçons , — une école de jeunes demoiselles et une salle d’asile, auxquelles président des dames de Saint-Vincent, sont en voie, de prospérité. Au pied de la ville, au N., sur le rivage, existe un entrepôt de la douane. A l’O. et à 100 mètres au bord de la mer et d'un fort courant d’eau, on voit l'abattoir civil Les Arabes ont, auprès du marché aux

grains, un fondouk où ils peuvent emmagasiner leurs produits.

La place a un mouvement commercial de 30,000 tonnes de marchandises par année, représentant une valeur de 10,000,000 de francs. Tenès est le débouché naturel et forcé de toute cette partie de la vallée du Chélif dont Orléansville est le centre d’action. Il va un marché aux bestiaux tous les jeudis. Les voyageurs trouvent à Tenès les hôtels de la Poste , de France zi du Commerce; des Cafés et débits de boissons de toute espèce. Un théâtre agencé dans une ancienne baraque du train des équipages, donne le vaudeville pendant

les trois mois d’été.

Au Nord, c’est la mer, — ù l’Est, la petite plaine de l’oued Allèla, toute fertile et terminée par les montagnes qui forment le cap Tenès. Au midi, on voit le Vieux Tenès et de hautes montagnes couvertes de thuyas et de lentisques. A l’Ouest se déroule une plaine Ion- ! gue et étroite , où plus de 300 hectares sont en pleine culture; on y remarque quelques jolis jardins. Le lieu

le plus fréquenté des promeneurs est la route de Montenotte sur les bords sinueux de l'Allèla, dans un co! entre deux hautes qiontagnes, dont l’une, à pic, est hérissée de rochers abruptes, où les vautours et les milans font leurs nids. ‘ I

La route d’Orléansville s’ouvre sur la berge gauche de l'oued Allèla , lequel forme à son embouchure une baie où le port de Tenès pourrait avoir 22 hectares de super- j ficie, avec des fonds de 12 à 15 mètres. Cette route, sur

un parcours de 3,300 mètres, traverse un sol de rochers déblayés à la mine. Elle a pu s'élever ainsi, par des pentes presquinsensibles, jusqu’au point de partage de la chaîne du Dahra d'où, à la faveur de la vallée de l’oued Ouaran, elle gagne, par des rampes également avantageuses, le pont d’Orléansviîle Déjà ouverte sur tout son tracé définitif, elle présente partout une viabilité facile. Les autres routes vers Cherche! ou Moslaganem, ne sont guère que des sentiers frayés par les Arabes.

Les moyens de transport pour les particuliers , dans toutes ces directions, sont des chevaux et des mulets.

Voir, pour les transports par voie de mer, l’article* préliminaire relatif à la navigation.

L’annexe de Tenès est le Vieux Ténès, fondé, au rapport de Marmot, par les gens du pays. Ptoléméele nomme Lagnouton. Les habitants faisaient la piraterie avec une audace et une cruauté célèbres. Sidi Ahmed ben Yousef, de Miliana, qui a laissé des adages sur toutes les villes voisines existant a son époque, n’a guère fait l’éloge de Tenès, lorsqu’il a dit: « Elle est bâtie sur du cuivre, son eau est comme du sang, son air est empoisonné » Ce triste séjour était pourtant la capitale d’un royaume, au temps des Barberousse. Kliaïr ed-Din s’en empara en 1518, en chassa le roi, qui se sauva auprès de Cbarles-Quint, et se fit Chrétien. Nous voyons qu’en w55, les habitants de Tenès, révoltés, donnèrent fort à faire au dey Baba Ali pour les soumettre.

Le vieux Tenès, situé à 1 kil. de la mer, et au S. de la nouvelle ville, est entouré de remparts construits en larges pierres. Nous avons réparé la mosquée et le caravansérail, qui menaçaient ruine, et la conduite d’eau française l’a doté d’une fontaine, dont les eaux sont venues au secours du faible courant de l’oued Allèla, baignant ses pieds à l’E. On y voit quelques jolies petites maisons mauresques encore assez bien entretenues. La population est de 887 Arabes, qui ont un muphti. Le décret du 31 juillet 1851, a constitué ce point en le reliant à la nouvelle ville.

La commune de Tenès a pour section communale :

MOiNTENOTTE. Le plan de ce village a été fixé par l arrèté du 17 novembre 1851. — Il est assis, à 8 kil. deTenès, sur un plateau couvert de céréales , d’oliviers, d’amandiers , de figuiers, de vignes, et traversé par la route d’Orléansville. L’oued Allèla le baigne.

La population est de 762 Français, 46 Etrangers et 56 Indigènes.

Les mines de cuivre le long de l’oued Allèla, sont une annexe de Montenotte, aussi bien que les Arabes de Mouza'ia, au nombre de 5.043.

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