‹ Indicateur général de l'Algerie description geographique, historique et statistique de toutes les localitesChapitre 48 sur 123 · COMMUNE DE MÉDÉA · texte numérisé non relu

COMMUNE DE MÉDÉA

situation . Médéa est située par 0°05 (le longitude orientale , et 36°16 de latitude septentrionale dans l'intérieur de l’Algérie, à 35 kilom. S. de Blida, à 80 kilom. E. de Miliana , à 84 kil. S. d’Alger.

aspect extérieur. A u revers méridional du Nador, au-delà de la première chaîne de l’Atlas, à l’extrémité d’un contrefort d’un accès difficile , Médéa est assise sur un plateau incliné au S.-E. Ses maisons, couvertes en tuiles, comme les habitations du midi de la France, s’échelonnent sur cette pente et jusqu’à son sommet, qui s’élève à 940 mètres au-dessus du niveau de la mer. Quelques minarets élé-

gants dominent la masse des constructions de la ville, détachée des abords de la campagne par le redressement graduel du sol, sur quatre des côtés du pentagone qu'elle décrit; un aqueduc à deux rangs d’arceaux, monument hardi et prolongé, qui la jointàl’E., forme le caractère distinctif de sa silhouette.

note historique. La ville que nous désignons aujourd'hui sous le nom de Médéa, occupe remplacement de lrancienne Mediæ ou ad Médias , ainsi appelée de ce qu’elle était à égale distance entre Tirimadis (Berouaguia) et Svfasar (A'moura) sur le Chélif. Au V* siècle elle était la résidence d’un évêque. La séparation de la citadelle romaine d’avec la ville numide, pouvait encore être étudiée sur les ruines de la muraille antique qui régnait jadis à mi-côte. Le khalife, schismatique EL Mahydi prit et ruina ce centre dépopulation, éleva un château et donna à la ville le nom d’El-Meneaia, peu différent de celui

Îu’elle portait autrefois. Elle fut la capitale de la province de iteri. au temps des pachas d’Alger, qui la considéraient comme une de leurs principales forteresses, et y entretenaient 800 Turcs.

Le 21 novembre 1830, le Général Clauzel passa le col de Alouzaïa, et, après un combat glorieux, fit une entrée pacifique le lendemain à Médéa, où il venait remplacer par Omar. Fex-bey Bou-Mezrag, qui nous avait trahis. Les troupes qu’il laissa sur ce point furent attaquées les 27, 28 et 29 novembre, et rentrèrent â Alger le 4 janvier 1831. Le fils de Bou-Mezrag, après que son père eut été pardonné, revint à Médéa, et s’employa a tracasser l’administration du nouveau bey que nous y avions installé. Le 25 juin, le Général Bertliezène, successeur du Général Clauzel, vint visiter le bey Omar que, sur ses instances, il ramena à Alger le 2 juillet. Ce fut au retour que l’armée, qui avait passé le col sans combattre, eut à essuyer toute la fureur des Arabes, et éprouva des perles fort exagérées en ce temps. Médéa, abandonnée à elle-même, refusa pourtant d’entrer dans la coalisation que Si Saadi avait formée contre notre domination. Le bey de Constantinc parvint plus tard à lui imposer un bey à son choix. L’anarchie régnait dans la ville ; pour y échapper, les habitants se jetèrent dans les bras * d’Abd el-Kadcr. Mohammed ben Hussein, nommé bey par la France, s’introduisit dans la ville, et fut assez habile pour s’y faire reconnaître en sa nouvelle dignité, que le Maréchal Clauzel, chef suprême de l’armée pour la seconde fois, vint confirmer de tout le poids de ses armes, le 4 avril 1836; Mais Berkanf, marabout de Cherchel, son compétiteur, parvint à le prendre

par trahison, et l’envoya enchaîné à Abd el-Kadcr, qui parut lui-même au commencement de 1837. Berkani, en 1840, fut confirmé par l’ex-émir en sa qualité de bey de Médéa, ce qui ne lui donna pas la confiance de nous y attendre lorsque le 17 mai 1840, le duc d’Orléans, ayant forcé glorieusement le passage du col, arriva sous les murs de la ville qu’il trouva déserte. Abd el-Kader dirigea de vives attaques sur cette place, qui fut ravitaillée en août 1840 et mai 1841. Le duc d'Aumale y commanda la subdivision, et y maintint la puissance de la France, qui n’y a plus été compromise. Le decret présidentiel du 14 août 1852 en délimita la circonscription. Erigé en commune le 17 juin 1854, ce pays a cessé d’étrc administré par un Commissaire-civil, aux termes du décret du 31 décembre 1846. L’Empereur est venu visiter Médéah le 1 1 mai 1865. Grand nombre de maisons ont été lézardées par le tremblement de terre du 2 janvier 1867 et il y a eu deux écroulements.

importance poeitique La ville est aujourd'hui la résidence d’un Général de brigade qui commande la subdivision militaire de Médéa. Un Juge de paix y lient aussi son prétoire. La population de Médéa et de sa banlieue est de 1,408 Français, 505 Étrangers, 1,042 Juifs, 6,289 Arabes.

enceinte. Médéa , dont la position est assez formidable par elle-même, au-dessus de talus naturels, dans un circuit d’une demi-heure, avait pour ceinture une assez mauvaise muraille antique sur tout son pourtour, que les habitants détruisirent en partie lorsqu’ils évacuèrent la ville. Les troupes d’occupation durent réparer ces brèches et ajouter des fortifications mieux entendues pour se maintenir dans la place. Tous ces travaux signalés par de brillants faits d’armes, sont délaissés depuis la paix dont jouit ce point, et en conséquence de projets plus larges de défense. On voit avec intérêt le bastion de l’aqueduc , l’enceinte en terre du front de

TE., la tour défensive au S.; l’enceinte refaite à neuf au S.-O.; les redans qui défendent la fontaine; le poste du marabout et la grande batterie de l’O. qui couronne la ville. Cinq redoutes t'entourent. Médéa s'ouvre par cinq portes: les portes d’Alger, du Nador, de Miliana; la porte S’ah’araoui et celle des Jardins.

physionomie locale. On a utilisé, autant qu’on a pu, les anciennes constructions mauresques, en sorte que l’intérieur de la ville présente un assemblage assez bizarre , qui n’est racheté par rien de gracieux ni de pittoresque. Vue de loin , elle promet mieux. Toutefois , la rue de la Casba et la rue Hanefi sont presque entièrement reconstruites à neuf. Les rues de la Pépinière, de la Smala, de l’Esplanade, des Cyprès, des Aqueducs, du Gouvernement, de Mascara; les ruesS’ah’araoui et Méred, sont de belles voies de communications. La place d’Armes est complantée de platanes d’une belle venue ; la place Napoléon, la place Méred, celles du Marché Européen , du Marché Arabe, du Marché aux bestiaux , réunissent les oisifs et les acheteurs de ce qu’on y étale; le jour de la plus grande affluence est le vendredi. Tout est peu cher sur ces marchés. Sidi Ahmed ben Youssef, de Miliana, a dit: « Médéa est une ville d’abondance; si le mal y entre le matin, il en sort le soir. » Au N. de la ville , les Arabes viennent aussi en grand nombre apporter leurs produits; ils y échangent des laines contre des tissus. Ils se livrent à la fabrication du savon et sont, pour la plupart, teinturiers et tanneurs. Ils fréquentent aussi les bazars de

Laghouat , les caravansérails de Ben Giiicao, de Berouâghia, de Boghar, de Aïn O usera , de Gueltestel et du Rocher de Sel.

établissements wilttaires Une belle caserne peut donner abri à 1,500 hommes; un quartier de cavalerie à 200 chevaux, et la ferme des Spahis à un escadron de ces cavaliers. L’administration a utilisé les caves qui sont sous la caserne, pour magasins de vivres. Le bâtiment de la manutention est vaste. Six maisons dans dans la rue Méred sont occupées par le service des subsistances. Le campement a aussi son entrepôt, et le Génie, deux ateliers. L'hôpital peut contenir 500 lits; c’est une dépendance de la caserne. Quelques volumes composent la bibliothèque du cercle militaire, où les employés civils sont admis. Il y a un télégraphe électrique en communication avec Alger, et une station d’étalons.

établissements civils. Sur six mosquées que l’on comptait à Médéa, il n’en reste plus qu’une au culte musulman. La mosquée Méred , la plus belle , a été consacrée au culte catholique. Son minaret est surmontéd’une haute croix de fer. 11 y a deux écoles chrétiennes : l’une pour les filles, l’autre pour les garçons, — et aussi une école musulmane. L’institution d’un bureau de bienfaisance a été confirmée le 31 juillet 1853. La ville a de nombreuses fontaines alimentées par un long aqueduc, dont nous avons déjà parlé. L’élévation de la position la privait d’ailleurs du secours de l’eau. Les Romains n’avaient que deux puits fort profonds dans le haut de la ville, et pour joindre une source obon-

danlcdans la partie basse delà cité, ils avaient pratiqué une rampe fortifiée le long de la pente 0., qui est fort rapide. La principale fontaine prend sa source au Daklda, à 3 kilom. de Médéa, et coule auprès de l'abattoir, qui est à 25 mètres en dehors de la ville. Une salle très-mesquine est agencée pour un théâtre, qui manque souvent d’acteurs.

industrie particulière. Deux minoteries importantes fonctionnent au moyen des eaux. Le meil* leur hôtel est celui de la Régence, c est l’ancien hôtel du Gastronome. Les cafés sont nombreux ; les principaux sont ceux du Commerce, de la place d’ Armes, de France, de C Esplanade. U y a aussi de bonnes brasseries trèsfréquentées.

environs. Lorsqu'on arriveauxenvironsde Médéa, après avoir suivi la route qui parcourt la vallée étroite de la Ghilîa et gravi le Nador, ou après avoir franchi le col de Mouzaïa, et traversé le bois des Oliviers, qui s’étend au versant S. de la montagne que contourne le défilé , on est surpris et charmé de se trouver au milieu d'un pays boisé et couvert d’habitations comme l’une des plus riches contrées de France. De nombreux cours d’eau, afîluents du Chélif, et principalement l'oued Baroura, répandent la fraîcheur dans des éites délicieux, où la température est toujours saine, bien que très-chaude en été et tiès-froide en hiver. Il tombe beaucoup de neige dans ces cantons. Les oliviers ni les orangers ne se montrent plus dans celte vallée que Médéa domine sur son mamelon escarpé. Le mûrier, le poirier, le

peuplier, la vigne, dont on fait un excellent vin , remplacent avantageusement les produits d’un climat plus ardent et ombragent le gourbi habité ici de préférence à la tente, par l'Arabe grand et robuste. Il y a une pépinière.

transports. Les moyens les plus usuels pour les excursions sont les mulets, et parfois les chevaux. Les routes ne permettent guère de se servir de voitures. Des services de diligences sont cependant organisés avec Blida, et fonctionnent autant que la saison le permet.

routes. Les routes qui rayonnent sont : au N. la route de Blida, à FO. la route d’Orlôansville , à TE. la route qui va à Damiette, et contournant au S., atteint Bôghar.

Les sections communales de Médéa sont :

tü DAMIETTE, colonie agricole de 1848, éparse sur l'endroit dit Aïn-Chélala , à 3 kilom. E. de Médéa, qui a été remis à l'administration civile, vers la fin de 1852. Il y a une église. — La conduite d’eau d’Aïn-Deheb alimente les fontaines, lavoirs et abreuvoirs, couverts de hangars en tuiles, qui desservent le village. On parvient par deux rampes à ce centre de population qui est de 337 Français, 23 Etrangers, 11 Arabes. Une de ses rues a des trottoirs 'pavés avec bordures en moellons et caniveaux. Les cultures sont en céréales, fruits et vignobles de la plus belle espérance,

2° LODI, colonie dans les mêmes conditions d’origine que Damiette, à 5 kilom. 0. de Médéa, fondée au lieu dit Drasma , sur la route de Mouzaïa-les-Mines, fait les mêmes cultures. Son territoire pierreux convient peut-être mieux encore à la vigne. Le village est situé à 760 mètres d’altitude. La rue du Rempart S. est longée de trottoirs en caniveaux, avec bordure en moellons. L’aménagement des eaux est le même qu’à Damiette. Une église, une maison commune, des écoles de garçons et de filles, et une salle d’asile dirigées par des Sœurs, ont été installées dans des maisons de colons appropriées à ces usages. La population est de 238 Français, 30 Etrangers, Il Arabes.

3° MOUZAÏA-LES-MINES, est un village fondé dès 1845. par

la compagnie concessionnaire des mines de cuivre, à 300 mètres d’altitude, sur le plateau des Oliviers, à 10 kilom. N. 0. de Médéa, à 45 kilom. S. O. de Blida, sur la route muletière qui relie ces deux villes, par le col de Mouzaïa, au cœur du petit Atias. Les constructions de l’usine pour l’extraction du cuivre gris, enclavé dans des filons de fer carbonaté, forment une enceinte continue, disposée pour la défense. Elles offrent un développement de 535 mètres. La compagnie a de plus établi deux bloknaus aux exploitations d’Aumale et de Nemours. Une usine de préparation mécanique des minerais, et une autre pour leur fusion, ont eu tous les engins nécessaires, devant être mis en mouvement par les eaux de l’oued el-Reah, amenées par un aqueduc de 232 môt. La colonisation agricole s’est exercée sur les jardins et les vignobles. Les concessions comprenant 10,000 oliviers, un millier de pieds ont été greffés. Une quantité de chênes-lièges ombrage aussi ce point qui est privé des vents du N. et de l’E., et reste exposé aux fâcheuses influences qui procèdent des autres aspects. Il n’y a plus qu’un habitant, gardien de l’usine.

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