‹ Indicateur général de l'Algerie description geographique, historique et statistique de toutes les localitesChapitre 53 sur 123 · COMMUNE D’ORLÉANSVILLE · texte numérisé non relu

COMMUNE D’ORLÉANSVILLE

situation. Orléansville est située à 1° de longitude O. et à 36°Î0’ de latitude N. dans l’intérieur de l'Algérie, ù 210 kilom. 0. d’Alger, 53 kilom. S. de Ténès , à 92 kilom. 0. de Miliana.

aspect extérieur. Orléansville , de construction toute française, est située sur la rive gauche du Chélif, à son confluent avec leTsir’août, dans une vaste plaine; des montagnes abruptes et dénudées l’entourent dans un rayon très-restreint. De belles constructions, vues de loin , lui donnent l'aspect d’une grande ville de France.

note historique. Orléansville est fondée sur l’emplacement de l’ancienne ville romaine nommée par l’Itinéraire d’Antonin Castellum Tingiianum. Les ruines y sont nombreuses. Les Indigènes avaient donné à <*e lieu le nom d’El-Esnam (les Idoles), à cause des ouvrages de sculpture chrétienne qu’on y trouvait habituellement en y faisant des fouilles. Les travaux entrepris par les Français, pour la fondation de bâtiments militaires, ont amené la' découverte d’une belle mosaïque qui était le pavé d’une ancienne basilique. Elle n’a pas moins de 33 m. de longueur sur 14 de largeur, ornée de cinq inscriptions, parmi lesquelles est celle de l’évôque Réparalus, mort le 22 juillet 476.

Indépendamment de cette basilique, l’archéologue pourra visiter l’emplacement et les ruines d une seconde église au lieu même où s’élève l’hôpital militaire, et à 1 kilom. environ, les restes de deux chapelles ou oratoires.

Orléansville a été occupée définitivement par l’armée le 29 avril 1843. Une ordonnance royale du 14 août 1845 a décidé qu’un centre de population de 2,000 âmes y serait formé, et que 2,000 hect. de terres autour de la ville seraient livrés à la colonisation.

importance POLITIQUE. La commune a été

établie, à Orlëansville , par le décret du 22 septembre 1852, qui en a fait un district du département d’Alger, sous l’administrrlion d’un commissaire civil, et le décret du 31 décembre 1856 l’a définitivement constituée. Ce point, qui est aussi le chef-lieu d’une subdivision, est la résidence d’un Général de brigade. La population est de 689 Français, 233 Étrangers, 174 Juifs, 476 Arabes.

enceinte. Orléansville a, pour enceinte, un mur bastionné, défendu d’un large fossé. Des boulevards intérieurs et extérieurs, complantés d’arbres, se relient à une esplanade qui s’étend au Sud. La ville s’ouvre par quatre portes, qui sont les portes de Ténès , de Miliana, de Mostagariem et de l'Ouarensenis.

physionomie locale. Aucune des constructions anciennes n'a été conservée. La réédification de la ville a été opérée sur un plan magnifique : rues larges et bien percées, dont les plus belles sont les rues de Rome, d’Illens, d’Isly, de l’Hôpital , de l’Etourneau, de Réparatus, du Commandeur, deMiliana. La place d’Armes est spacieuse. Au milieu jaillit un jet d'eau dans un large bassin, entouré de saules pleureurs et d’orangers; des maisons à arcades l’environnent. Les places de la Mosaïque et du Marché sont pareillement plantées d'arbres. Les maisons sont d’architecture française, et l'ensemble offre un caractère imposant. Les plus belles sont celles du Général commandant la subdivision, qui peut être prise pour un véritahie monument; l’hôtel de la Justice de paix , du Trésor, la maison des chefs indigènes , près

de la porle de Miliana, où se tient, le' dimanche, un marché fréquenté par plus de 11,000 Arabes, apportant des quantités de grains très-considérables, des coton^ nades, des miels excellents et amenant des chevaux et des bestiaux de toute espèce* L’apport de chaque marché peut être estimé à 200,000 francs. Les Indigènes ont deux fondouks pour les recevoir, et des bains maures d une construction riante et très-développée.

Les eaux ne manquent pas à Orlèansville, si ce nesl dans les grandes chaleurs où elles baissent sensiblement. Un aqueduc couvert, de construction romaine, apporte 344 hectolitres , en été, dans une citerne antique, qui a été réparée. Un conduit à ciel-ouvert de 3,500 mètres de longueur, amène les eaux de Tsir’aoûl, que débitent de nombreuses fontaines. Toutes ces eaux, bonnes pour irriguer et rafraîchir la cité, ne peuvent servir pour l’alimentalion , chargées qu’elles sont de sels de magnésie. <« Point d’eau potable dans la ville : la population se sert généralement de l’eau du Chélif , mais cette eau , la plupart du temps bourbeuse, a besoin d’être filtrée. Des espèces de puisards, creusés dans les grèves du Chélif, donnent une eau à peu près claire ; on la porte à dos d’âne et dans de petits tonneaux : partout il faut l’acheter, et les familles pauvres en sont ainsi privées. Cet état de choses va prochainement changer : le Génie militaire travaille en ce moment à 'amener en ville les eaux potables d’une source ( Lalla Aouda) dont la conduite aura près de cinq kilomètres. » (Fillias — Géographie de V Algérie.)

Les nombreux cours d’eau qui traversent la plaine du Chélif fournissent du poisson en quantité : les Arabes le pêchent avec leur burnous.

établissements MILITAIRES. Tous les établissements militaires sont aménagés pour une garnison de 3,000 hommes. Il y a un quartier de cavalerie pour 1,000 chevaux. Un très-bel et vaste hôpital contient 500 lits. Le cercle militaire conserve une bibliothèque de 2,000 volumes. D’anciens caveaux romains servent de prison.

établissements civils. Il existe une station télégraphique. Un abattoir a été construit dans la presqu’île formée au confluent du Chélif et du Tsir’aout. 11 y a un cercle civil,— un théâtre. Les Sœurs de charité tiennent une classe pour les jeunes filles et une salle d’asile. Les garçons ont une école communale qui s’ouvre aussi aux adultes. Les Indigènes ont des lieux où ils apprennent à lire en leur langue.

industrie particulière. Les hôtels de l 'Europe, des Bains el le restaurant Lecomte , prennent en pension. Le café Gracieuse , du Cercle militaire , de la Colonie , de la Porte de Ténès , des Amis, de Sébastopol , d'Isly, et la brasserie hors ville, sont des lieux fréquentés. Comme centre de réunion, nous noterons ici la loge maçonnique, sous le titre distinctif des Frères unis du Chélif, sous l’obédience du Suprême Conseil.

. environs. Les environs d’Ürléansville présentent des tableaux agrestes. La vue est circonscrite par des montagnes rudes et dépouillées, bornant la plaine du

- ns -

Chèlif. Du côté du Sud, au dernier plan, on voit surgir les pics boisés du Temdrara et de l’Ouarensenis. La pépinière du service des forêts, de 8 hectares 50 centiares, créée en 1852, renferme 90 essences diverses d’arbres de haute futaie, et des carrés pour semis et plantations. Le môme service a meublé encore 400 hectares aux Montagnes rouges , vers le N. Le Camp des Plan - , teurs, au S.-E., présente une superficie de 482 hectares, en cinq parcelles, toutes consacrées à l’éducation forestière. De nombreuses plantations d’arbres de toute espèce, ont été faites sur une grande échelle, autour de la ville, aussi bien que dans son enceinte, et sur les boulevards, où elles forment une ceinture verdoyante. Elles ont complètement réussi. La Smala des spahis est cantonnée, à 14 kilom. de la ville, sur la route de Mostaganem, sur les bords de l’oued Isly. r

transports. On trouve des chevaux et vpitures de louage. Un service quotidien de messageries est dirigé sur Ténès, — une voiture pour Miliana.

routes. La route de Miliana à Sidi Bel-Hacel, cou- • rant de l’E à l'O., croise à Orléansville la route de Ténès, qui, du N., remonte au S. vers Tiaret.

Les sections communales d 'Orléansville sont :

!• LA FERME. Sur la rive droite du Chèlif, qu’on traverse sur un pont américain, de 200 mètres de longueur, on a établi une ferme militaire, auprès de laquelle s’est assis, en 1848, un village en face d’Orléansville et à 600 mètres de la place. L’arrêté du 9 juillet 1852 l’a complètement constitué. Les terres sont, de bonne qualité. Les colons suppléent, en été, au défaut des eaux d’irrigation, par des Duits a norias.

Habitants : 169 Français, 95 Etrangers, 246 Arabes.

•2* PONTÉBA. Cette colonie agricole, créée par le décret du

Il février 1851, à 7 kilom. E. N.-E. d’Orléansville, est placée sur nue élévation propice aux prairies, bien que privée d’eau dans la chaude saison. Des puits alimentent deux bassins d’arrosage. Cette localité, très-salubre, échappe aux influences fâcheuses du Chélif, dont un Arabe appréciait naïvement les effets en ces termes : a Le pays est sain auprès du Chélif, quand l'hiver n’a pas été pluvieux ; mais alors il n’est pas fertile. Il est fertile quand l’hiver a été pluvieux ; mais alors il n’est pas sain. » — Des vignes donnent un vin délicieux. En descendant la rive gauche du Chélif. à 4 kilom. de la ville, on trouve les ruines d’une grande villa romaine, principalement un tombeau romain avec mosaïque.

Il y a une église et une école mixte, abreuvoir et lavoir -publics.

Population : 146 Français, 43 Arabes.

Page 1