EN GÉNÉRAL
situation , limites , étendue. La province de Gonstantine comprend, le long de la Méditerranée, au N., l’étendue de côtes profondément accidentées qui serpentent entre le cap Roux, par 6°33’ de longitude orientale, et le capCorbelin, par 2°15\ Elle se prolonge en pointe au S., jusqu’au désert, entre les frontières, à l’E. de la Tunisie, qui s'avancent de la mer jusqu’à la Sebkhra el-R’arnis, pour passer un peu à l'O. de Neft’a; et les limites très-sinueuses, à 1-0. , de la province d’Alger. La superficie totale est de 175,000 kilom. carrés, dont 73,000 dans le Tell, et 102,000 dans le Sahara.
montagnes. Les masses qui dominent les vallées hautes, et s’avancent de l’E. à l’O., sont :
Le Djebel Béni Salah, au S. de Bône, le Mahouna,
près de Guelma, le Guérioun, au S. de Constantine , le Bou Taleb, au S. de Sétif.
Les masses qui bordent le littoral et dominent les vallées basses, sont :
Le Gliora , près de la Cale, FEdough, enlre Bône et Philippeville , leGoufi, enlre Collo et Djidjeli, le Babour, entre Djidjeli et Bougie.
PLAINES et lacs. Les surfaces planes les plus remarquables sont la plaine de Bône, celle du bassin du lac Fezzara et les vastes steppes qui s'étendent enlre Sétif, Constantine au N. et le massif de FAourès au S. Le lac Fezzara, au pied du mont Edough, à 15 mètres au dessus de la mer, occupe une superficie de 12,700 hectares (32 kil. carrés). La profondeur moyenne des eaux, qui sont amères et salées, mais douces au milieu du lac, où l’on voit les ruines de la station romaine Ad Plumbaria , est de 2 mètres. On y trouve des poissons nombreux, et on y voit une grande quantité d'oiseaux aquatiques. La pêche et la chasse, sur le lac Fezzara, ont été concédées par acte du 12 décembre 1850.
Les lacs de la Cale, qui sont : félang de Beaumarchand , ou le lac supérieur (Guera el-Iiohcira ), le lac de Tonègue ( Guera el-Hout), le lac du Bastion, les Sebkha Zerka, et les Chot-Ense ou Meleh, dans le khaîifat des Harachtas, sur le chemin de Biskara , sont aussi à remarquer.
RXVXÈR.ES. Les cours d'eau les plus considérables sont , de i’E. à FO. :
La Sebouse, qui a son embouchure à l'E. de Bône,
dans le golfe de ce nom -, ses principaux affluents sont : les oueds Zenati , El-Mridj , El-Cherf , Bou Mouïa, Maïla, Erquerich et Méboudja.
L’oued El-Kebir, qui a son embouchure à 28 kilom. E. de Djidjeli; ses principaux affluents sont : les oueds Endja, Deaheb; Djemila, Siyan, Roumel et Djira.
L'oued Bou Sellam, appelé aussi oued Adjeb, qui se jeüe dans l'oued Sahel , à 60 kilom. du point où cetle dernière rivière tombe à la mer. L’oued Atif la joint dans cette partie de son cours, où elle s’incline de 1*0. à TE. Avant cette rencontre, elle a reçu les oueds Bachbach, Sebt et Mahadjar.
Les autres cours d’eau de quelque importance, sont encore, de LE. à FO. :
La Mafrag, qui se jette dans le golfe de Bône, l'oued El-Kerk, dans le golfe deStora, à l’O. du cap de Fer*, le Safsaf, ü l’E. de Philippeville; l’oued Guebli, à l'E. de Collo; l’oued Nil , à l’E. de Djidjeli.
L’oued Sahel, qui a son embouchure à l’E. de Bougie, et sépare au S.-E. la province d’Alger de la province de Gonstantine. Les principaux affluents qui le composent sont l’oued Figa et l’oued Tifrit.
rivages, caps et îles. Nous suivrons l’itinéraire de M. Berard , capitaine de corvette , en remontant de TO. à l’E. et à partir du cap Corbelin. Au S. de ce cap est la montagne Azefroun, élevée de 1,360 mètres, qui domine tout le premier plan des terres hautes , dont est bordée la côte depuis Dellis. Le cap Sigli est formé par des terres de moyenne hauteur. Son sommet estremar-
quable par des blocs de roches, disposés d’une manière bizarre, et qui ressemblent beaucoupàdes ruines. Du cap Sigli au cap Carbon, la côte suit à peu près la direction de l’E.-S.-E. L’île Pisan, vis-à-vis une très-belle plage, est un rocher de 500 mètres de longueur. Son sommet tronqué, est incliné vers l’O., à environ 50 mètres d’élévation; ses flancs sont garnis de quelque végétation. L’île peut offrir un abri pour les petits bâtiments. Après elle la côte s’élève et présente à la mer une muraille perpendiculaire de grands rochers , qui règne sans être interrompue jusqu’au cap Carbon, et même dans la baie de Bougie. Au commencement et à peu de distance du rivage, on remarque dans ces rochers plusieurs cavernes très-grandes. Le cap Carbon est formé par la partie O.-E. d’une grande masse de rochers presque nus, et dont le sommet, appelé Gourava, s’élève à 671 mètres au-dessus du niveau de la mer. La partie extrême du cap est perforée de part en part dans une direction N. et S., et, pour cette raison, a été appelée Metskoub (Pierre percée); la mer y pénètre en y conservant une profondeur qui permet aux barques du pays de passer au travers. C’est le fameux Treton Akra ou Tretum pro montorium des écrivains anciens.
' La baie de Bougie sera décrite à l’article consacré à cette localité.
A partir de l’embouchure de l’oued Sahel (la Summan), la côte s’incline régulièrement vers le S., et remonte ensuite, avec une espèce de symétrie, jusqu'au cap Cavallo. Dans le golfe de Bougie, qu’elle forme, on
arrive à l’île Mansouria, située très-près de terre, et on voit un petit îlot qui s avance à un demi-mille au large, pouvant avoir 20 mètres de haut. Le cap Cavallo est une terre élevée qui s’avance vers leN.-N.-O., en diminuant progressivement de hauteur et formant une pointe aiguë; puis vient cette roche isolée, d’un rouge de feu, que les Arabes ont appelée pour cette raison A fia. Le fond des environs est madréporique; on y trouve du corail rouge. De la roche Alla à Djidjeli, la côte est formée par un cordon de roches basses et uniformément placées comme les pierres d’un quai. De Djidjeli au cap Bougarone, la côte suit à peu près l’E.-N.-O., presqu’en ligne droite, se recourbe et forme la baie Mers el-Zeïtoun (le Port des Oliviers). Puis, commencent les sept caps,
» dont le Bougarone est composé. C’est le point le plus N. de toute l’Algérie. Il est formé par une grande masse de terre, qui occupe une étendue de plus de 16 milles, de TE. à Y 0., et dont le sommet le plus élevé a 1,090 mètres, et se trouve à peu près au centre.
La baiedeCollo offre un abri contre les vents du N.-O. à l’O ; les petits bâtiments qui peuvent s’approcher de la terre et s’amarrer devant la ville sont à l’abri de presque tous les vents; le fond y est d’une très-bonne tenue.
La baie qu’on trouve au N. de Collo porte le nom de Bahar el-Aouâtsek (Bain des Jeunes filles) lie n’est pas à l’abri des vents de cette exposition. La partie occidentale de la baie de Collo se termine par un terrain rocailleux et de moyenne hauteur, qui porte le nom de Ras-
Frao. L’îlede Collo a environ GOmètresde hauteur, son sommet est arrondi et d’une couleur roussàtre; l’on y trouve quelque végétation. Elle est habitée par un grand nombre d’oiseaux d'espèces différentes : des milans, des éperviers ayant leurs nids à côté de ceux des goélands, des hirondelles de mer, des pétrels et même des pigeons; et chaque espèce paraît y vivre dans la plus entière sécurité. Delà au cap Bibi, qui s’avance en pointe droite, il y a une baie assez profonde. Une autre pointe porte le nom Tzour-Hamed-Djerbi. L’îlot Tarsa est un rocher pyramidal entièrement nu, à peine détaché de la côte qui, en cet endroit, tourne rapidement au S. et forme une baie ouverte. L’île Srigina est un seul rocher nu, dont la longueur gît N. et S., et qui est entouré de quelques roches peu élevées. Cette île correspond à un gros cap sans nom, après lequel la côte tourne au S., en conservant le même aspect ; quelques ravins profonds divisent ces masses de terrains, en leur donnant, auprès du portdeStora, des formes pyramidales assez remarquables. Une plage droite, uniforme et longue d’environ six milles, conduit du cap Ràs-Shîkda au cap Fil fila. Celui-ci, du côté de la mer, est un composé de falaises rocailleuses taillées à pic. Le grand enfoncement compris entre le cap Filfila et le cap de Fer, est généralement connu sous le nom de golfe de Slora. Le cap de Fer est formé par une masse étroite de terres élevées et garnies , à leur base et à leur sommet, de rochers gris, entièrement nus. Son contour est assez dentelé; le plus haut sommet du cap a 480 mètres de hau-
leur. La côte court ensuite N.-E. ; elle se courbe peu à peu et va rejoindre le Toukouch. olîrant un aspect assez triste de falaises uniformes, entrecoupées de plusieurs petites plages. Dans le milieu de cet espace, à un mille de terre, se trouve nie Toukouch ; c’est un rocher peu élevé de couleur jaune ou rousse. Vis- à vis cette lie, les terres hautes sont voisines de la mer et forment une ' chaîne qui va jusqu’au cap de Garde. Le Ras-Arksin est une montagne arrondie du côté de la mer; il n’y a aucune végétation. La côte se redresse ensuite, devient extrêmement escarpée et garnie, de grands rochers, qui forment une espèce de muraille jusqu’à la Voile-Noire ; c’est ainsi que les Maures ont appelé une roche triangulaire, ou plutôt cônique, située à l’extrémité d’une pointe très aiguë, qui s’avance en mer, à plus dun demi mille, comme un môle. Tout ce qui avoisine la mer, en cet endroit, est d’un aspect triste, et ne présente plus, jusqu’au cap Garde, qu'un terrain aride et désolé. Le golfe de Bône, profond de 14 kilomètres, s’ouvre entre le cap de Garde et le cap Rose, séparés de 40 kilomètres.
Le cap Rose est formé par des terres peu élevées. Le mamelon de l’intérieur, qui en fait la principale masse, a 330 mètres de hauteur. Le cap lui-même composé de . roches coupées à pic, n’a que90mètres. C’est le point de la côte d’Afrique où l’on pêche le plus de corail, et c’est aussi l’endroit où il est le plus abondant. La profondeur ordinaire de laquelle on le retire, est entre 40 et 50 brasses. A 4 milles du cap, on remarque une coupée dans le terrain. C’est par là que la mer communique à un
élang très-poissonneux, dans lequel les eorailleurs entraient souvent autrefois, et qui était connu parmi eux sous le nom d 'Étang du Bastion. La côte remonte ensuite vers l’E.-N.-O. avec des terrains qui s'élèvent davantage. C’est à un peu moins de 2 milles de l’embouchure de ce lac que se trouvent, sur un escarpement rougeâtre, les ruines d’une tour qui appartenait à l’ancien bastion de France, un des premiers établissements des Français en Afrique, et qui a précédé la domination des Turcs. Al mille du bastion il y aune pointe formée par un terrain de moyenne hauteur. La côte, après elle, tourne à l’E., en se courbant un peu, et vient former le cap Gros. On y voit, dans la partie occidentale, une saillie assez remarquable, qui a été appelée Bec-de-1’ Aigle. La Cale est à 2 ‘milles du cap Gros. A l’E. de La Cale la côte continue à être formée par des falaises rocailleuses. On découvre de ce côté, à 4 millesde distance, une montagne cônique, au sommet un peu arrondi : c’est le Monte-Rotondo. Une petite rivière, qui coule à son pied, du côté del’O., etvientse jeter à la mer iout près de lui, a longtemps servi de limite aux deux régences de Tunis et d’Alger.
passage. Il est un formidable passage à l’O., à quatre jours de marche d’Alger, connu sous le nom deBibans ou Portes-de-Fer. L‘oued bou Ketheun l’a creusé à travers l’Ouannour’a. Une vallée assez large se rétrécit toutà coup, en plongeant au pied d’immenses murailles de granit dont les crêtes, pressées les unes contre les autres, découpent sur l’horizon leurs silhouettes fantastiques.
' On gravit un âpre sentier sur la rive gauche d’un torrent et, après des montées et des descentes pénibles, on se trouve emprisonné au milieu de celte gigantesque formation de roches escarpées. Ces masses calcaires de 8 à 900 pieds, orientées de i'E. 10° N., à FO. 10° S., se succèdent, séparées par des intervalles de 40 à 100 pieds, qu’occupent des parties marneuses détruites par le temps, et vont s'appuyer à des sommets qu’elles brisent en ressauts infranchissables. Une dernière descente, presque à pic, conduit au milieu du site le plus sauvage où, après avoir marché pendant plus de dix minutes, à travers des rochers dont le surplomb s’exhausse de plus en plus, et après avoir tourné à droite, à angle droit, dans le torrent, on arrive dans une espèce d'entonnoir où se trouve la première porte. C’est une tranchée large de 8 pieds, pratiquée perpendiculairement dans une de ces grandes murailles, rouges dans le haut et grises dans le bas. Des ruelles latérales, produites par la destruction des terres légères, se succèdent jusqu'à la seconde porte, où un mulet chargé peut à peine passer. La Jroisième est à quinze pas plus loin, en tournant à droite. La quatrième porte, plus large que les autres, est à cinquante pas de la troisième; puis, le défilé, toujours étroit, s’élargit un peu et ne dure guère plus de trois cents pas; il débouche dans une riante vallée.
température. La température de la province de Constantine présente de grandes différences sur son vaste périmètre, qui est celui des trois divisions de l'Algérie, s'étendant le plus au N. et se prolongeant
«{avantage au midi. — La situation des montagnes que
l’on trouve de plus en plus hautes à mesure qu’on
plonge dans l’intérieur, y met en présence de variations qui n’attendent point la démarcation des saisons pour faire éprouver les ressauts les plus vifs du froid à la chaleur. Aussi l’on y ressent tour-à-tour les plus grandes ardeurs de l’été et les rigueurs de l'hiver les plus sensibles. Ces observations ne sont point relatives aux cotes où la température est douce, et plus en rapport avec les Européens que sur tous les autres rivages de l’Afrique septentrionale.
culture. En 1864, une population européenne de 26,570 âmes, cultivait une superficie de 191,004 hectares. La valeur de son matériel agricole était de 1 ,003,725 fr., — elle habitait 4,898 maisons, avait 142 moulins appliqués à diverses industries, qui valaient ensemble 31,395,652 fr. Elle possédait 100,332 têtes de bétail, 894,311 arbres fruitiers et 938,895 arbres forestiers, résineux et économiques. Le rendement en blé tendre était de 14,910 hect., en blé dur, de 289,787.’
La population indigène des centres colonisés, de 199,853 âmes, cultivait une superficie de 669,727 hectares. La valeur de son matériel était de 226,368 fr. Elle habitait 37,629 tentes, 680 maisons, avait 18 moulins et 157 puits ou norias. Toutes ces dépendances avaient la valeur de 2,782,087 fr. Elle possédait 678,266 têtes de bétail, 147,888 arbres fruitiers et 8,393 de di- * verses autres essences. Le rendement en blé dur avait été de 651,406 hectolitres.
La production cotonnière en cette année 1864 a été de 103,134 kilog., — celle du tabac, 1,357,646 kilog.,- — celle de la vigne, 15,747 hectolitres en vins rouges et 1,304 en vins blancs. Le lin donnait 36 kil. 135 gr. en grains et 907 kil. 150 gr. en paille. 24,500 pieds d’orangers et citronniers étaient en rapport, 522,000 fruits avaient été exportés.
Sur les 7,300,000 hectares du Tell, 900,000 environ
sont en culture. La province de Constantine, entière-
ment dénudée en de certains cantons, est cependant presqu’autant boisée que la province d’Alger, et beaucoup plus que celle d’Oran.
Le relevé ci-après donnera une idée de l’importance de ses forêts :
Cercle de Constantine. . . » . .
— d’Ain Beïda
— de Tebessa
— de Djidjeli
— de Philippeviüe
— de Batna
— de Biskra
— de Séfif
— de Bordj Bou Areridj
— de Boucada
— de Bougie
— de Bône
— de Souk H’ârras
— de Guelma
— de la Cale
50,790 hect. boisés.
* Total 765,973 hect. boisés.
minéralogie. Au 31 décembre 1864, les mines en exploitation étaient celles des Kharezas et d’Ain Mokra (fer), celle du Kef Oum et-Theboul (plomb argentifère), et celle d’Ain Barbar (cuivre).
Il \ a encore d’autres mines de fer à Bou Hamra , â Méboudja, du Filfila, à El-M’kimen, à Toued el-Ksab, aux Béni Four’al , au Djebel bou Ksaïba; un gîte de plomb argentifère au cap Roux; un gisement de même métal, de zinc, de mercure avec cinabre au Djebel Sayefa; du plomb, du zinc, de l'antimoine, du mercure, du cuivre, de l’arsenic au Fezoudj et au Bou Zeïtoun ; de l’antimoine au Taa, à El-Hamimate; du cinabre auprès de l’oued Noukhal et du Djebel Nakhsen; des pyrites de cuivre et de fer oligiste le long de l’oued Meçadjet.
Il reste à explorer 35 gisements reconnus ou signalés: les mines de plomb des Ouled Chélia, près de Batna, de Kliandek-Chaou, du Djebel Kalâa, du Djebel Halia, à l’E. de Philippeville. Les mines de cuivre et de zinc de Mers el-Mellaha; de cuivre et de plomb du Djebel Chéraïa; d’antimoine du Ferdjioua; d’antimoine et de mercure du Djebel Sousâ; de fer de Bou el-Maden et de l'oued Imna, d’Adrar en Kabylie; de l’oued el- Aroug, auprès du lac Mella; de calamine d’Hamimate- Arko. Les gisements de fer oligiste de l’oued el-Arraka, d’Aïn Arraoun ; de fer oxydulé de Slémal et d’Aïn Tsourba, dans l’Edour’, de rainerai de fer du Djebel Soma, au N. de Sétif, et des deux rives de l’oued Tammanerts, à l’O. de Collo; les gisements de galène de Kliavbet. Merroucha et de Bou Grioua, dans les montagnes qui bornent au S. la plaine des Béni Sala (Kabylie); des Béni Marmi, dans la vallée supérieure de l'oued Djinjen; de Bodjeur, à 32 kilom. au S. de Sétif; du
Djebel Gueddil, de l’oued Abdi, de Beccaria, près de Tcbessa ; de galène antimoniale des Nbails Nador, à l'E. de Guelma; de cuivre et de galène antimoniale d’El- Garsa; de cuivre carbonaté de Sidi Rer’eiss; de cuivre pyriteux de Kheneg el-Djemaa, au S.-O. de Collo; de pyrite de cuivre d’Ain Raalet, en Kabylie; d’antimoine sulfuré de l’oued el-Aouza, dans l’Edour’; et, enfin, de plomb, au Djebel Halia, à l’E. de Philippeville. On a extrait, au Smendou, quelques tonnes de lignite. Il y a des mines de sel à LO. de Mila.
Les marbres blancs de Filfila sont de toute beauté. Ceux de i’Oum ed-Doueb et de Sidi Abd er-Rebou, les marbres saccharoïdes de i’Oum el-Adeïd et du Kef Sirséad, sont de même couleur; le marbre albâtre blanc du Djebel Hallouf a des reflets nacrés. Les marbres de l’Hadjar el-Bid et de l’oued el-Haneb sont d’un gris bleuâtre.
Depuis 1854, on exploite des carrières de pierre à bâtir, de pierre à plâtre et à chaux. — De nombreux ateliers façonnent l’argile à briques.
De Sôtif à la Cale, les sources minérales sont fréquentes, et nous rappellerons ici les eaux thermales d’Hammam Meskhoutine, déjà indiquées dans l'introduction (p. 16). A 50 kilom. S.-E. de Constantine, existe la source sulfureuse dite M’sïr M’keberta. L’eau d’Aïn
M’keberta exhale une odeur prononcée d’œufs pourris
et noircit promptement les pièces d’argent que l’on y plonge. Exposée à l’air, elle perd à la longue son odeur et laisse un dépôt de soufre. Sa température a été
trouvée (le 16 degrés — celle de l’air extérieur étant de 24°. C’est une eau sulfurée calcique froide. Parmi les eaux minérales de France, celles auxquelles on pourrait le mieux rapporter l’eau d’Aïn M’keberta sonl celles d’Enghien. Son état thérapeutique serait salutaire contre les maladies des poumons et contre les maladies intestinales. En un mot, saline par les sels calcaires en meme temps que sulfureuse, cette eau serait employée avec succès dans les cas où l’on aurait à agir sur l’appareil digestif. Moyennant quelques soins il serait facile de la transporter et de la garder en bouteilles. Pour l’employer en bains, il faudrait la chauffer dans des appareils combinés de manière à lui conserver tous ses éléments.
zoox.ogxe. Les scorpions sont fort communs ; les serpents ne sont pas rares, mais on n’en rencontre plus de la taille de celui que Régulus combattit avec toute son armée dans cette province, au bord du fleuve Bagrada (le Medjerda), et dont il envoya à Rome la peau de 120 • pieds de long, que Pline dit avoir vue.
Les poules de Constanline, qui n’ont pas de crêtes, sont connues par les naturalistes et appréciées par les gourmets.
C’est ici le lieu de parler de l’espèce de zoophyte qui attire tous les ans une population industrieuse sur les côtes. Le polypier, que nous nommons corail, et dont l’extraction fait la principale richesse de ces parages, est abondant sous les eaux de La Cale, de Bône et même de Stora. Il a été recherché en 1864 par 327 bateaux, dont
186 Français, 118 Napolitains et 23 Espagnols; — en 1855, par 73 bateaux seulement, dont 9 Français et 30 Napolitains. La raison de cette diminution pouvait être attribuée aux nombreux transports pour la guerre d’Orienl, qui avaient distrait les navires d’un commerce peu fructueux à cette époque, où la mode des ornements de corail semblait être passée. Depuis, la bijouterie a remis en faveur le corail, et l’industrie de la* pêche s’est relevée.
ruines solitaires. Beaucoup de ruines solitaires sont disséminées dans cette province, qui a été le pays de l’Algérie le plus fréquenté par les Romains.
Le monument le plus curieux est le sépulcre des Rois de Numidie, nommée Medr’asen par les Arabes, et tombeau de Syphax par les Européens, assez loin de la route de Batna à Constantine, au pied du Djebel Bou Arif, contrefort de l’Aourès. C’est peut-être le seul édifice encore debout, qui marque la transition entre lart égyptien et l’art grec. Sa forme, qui est celle d’un cône tronqué, se retrouve dans les plus anciens monui ments de la haute Asie, de l’Indoustan et de l'Amérique. Sa base a 55 mètres 08 centimètres de diamètre, sa hauteur 18 mètres 60 centimètres. Soixante colonnes côniques, sans piédestaux, ayant, avec leurs chapiteaux, 2 mètres 60 centimètres de hauteur, sont engagées dans un mur circulaire. Au-dessus d’une corniche d’ordre pœstum, 24 degrés de 58 centimètres chacun de hauteur et 98 centimètres de large, s’élèvent, en
diminuant de circonférence progressivement jusqu’au sommet, qui présente une plate-forme de 11 mètres 70 centimètres de diamètre. Elle s’est fortement affaissée en son centre et il s’y est formé un entonnoir de 1 mètre 25 centimètres de profondeur. Le pourtour du soubassement est divisé en trois parties égales, par des fausses portes. En 1850, on a trouvé à LE., l’entrée du monument. Les pierres qui formaient le quatrième gradin, à partir de l’entablement, et la contre-marche, dérobaient la porte de ce passage, qui a donné accès dans le bâtiment. On a déblayé un escalier de 6 marches de 0 mètre 50 cent, de hauteur sur 0 mètre 37 cent, de largeur, descendant dans un couloir de 2 mètres 40 cent, de hauteur, sur 1 mètre 19 cent, de largeur, dont les parois sont revêtues de pierres de taille, et dont le plafond est formé de longues pierres portant sur les deux parois. Une fouille de 1 mètre de profondeur a fait découvrir des ossements humains et un fragment de lampe en métal. En 1866 on a découvert d’autres marches de l’escalier jusqu’à la douzième. La caveau placé après le couloir est détruit par suite de l’affaissement de la plate-forme, et de l'éboulement intérieur. Des fouilles opérées entre des colonnes du pourtour, à une profondeur de 2 mètres 15 cent, au-dessous du socle inférieur, ont amené à trouver une cavité en forme de galerie grossièrement taillée dans le tuf. Cette galerie a d'abord 0 mètre 80 cent, de hauteur et 0 mètre 80 centimètres de largeur, sur line longueur de 7 mètres, puis elle a 1 mètre 30 cent.
de largeur, sur 2 mètres 50 cent, de hauteur. Elle se dirige en ligne tortueuse vers le centre du monument. Malheureusement, à 14 mètres de rentrée on a rencontré encore des éboulements qui n’ont pas permis d’aller plus loin.
M. Carelte, dans son travail sur l’Algérie, publié dans Y Univers pittoresque (Afrique. T. vu, p. 97), signale dans un pli de terrain non loin de la route qui conduit de Constantine àSétif, parla plaine des Ouîad Abd en- Nour, un ensemble de cryptes troglodytiques, sorte de ville souterraine, dont l’origine se rattache aux premiers âges de l’histoire. Une de ces cryptes à reçu le nom de Ksar Bou Malek; c’est un amas de pierres de taille, dont quelques-unes seulement sont demeurées sur leur lit de pose. Les eaux du Bou Aça traversent la dépression du terrain qui les entoure en amphithéâtre. Tout près de là s'offre une série d’excavations nombreuses, de formes et de grandeurs diverses, pratiquées dans le roc vif. On a trouvé la figure d’un triangle, profondément incrustée sur la face d une de ces demeures mystérieuses.
A 38 kilom. de la route de Sétif, dans la région du Cheltaba, on trouve encore une grotte (R’ar ez-Zemma), pleine d'inscriptions romaines, en l’honneurdn Géniede la maison d’Auguste.
Dans le golfe de Bougie, à 45 kilom. environ de cette ville, et à une distance à peu près égale de Djidjeli, on trouve, sur un petit promontoire élevé de 10 à 15 mètres au-dessus de l'embouchure de la rivière Djer-
mouna, des ruines romaines assez remarquables : les restes d’un mur d’enceinte, haut de 4 mètres, avec tourelles, encadrant une superficie de 16 hectares, où se dressent des colonnes à chapiteaux corinthiens et les débris d’un édifice. Ce lieu nommé Zîama représente l’ancien municipe de Choba.
A 4 kilom. environ et à l’E., on voit un autre amas de ruines assez considérables qui est le Muslubium de l’itinéraire d’Anlonin: l’endroit porte aujourd'hui le nom de Mansouria.
A 40 kilom. N.-E. de Sétif, on trouve Djemila, qui est fancienne Gemellæ des Romains, située sur un plateau d’un accès difficile, entourée d’un horizon triste et resserré. Les ruines romaines y sont importantes. Le duc d’Orléans, à son passage sur ce point, en octobre 1839, y remarqua un théâtre, un temple quadrilatère à G colonnes, les restes d’une basilique chrétienne avec une mosaïque, des bas-reliefs, des inscriptions en grand nombre, le forum où s’élève un temple dédié à la Victoire, et surtout un arc-de-triomphe qui y mène. Sa hauteur totale est de 12 m. 65 cent., sur une largeur de 10 m. 60 cent. Il est d’une seule arcade de 7 m. 32 cent, de hauteur, et de 4 m. 35 cent, de largeur. Deux pilastres de chaque côté reposent sur un stylobate commun, et encadrent les trumeaux creusés chacun d’une niche destinée, sans aucun doute, à des statues. On lit sur Pallique une grande inscription, qui prouve que cet arc-de-triomphe a été élevé à l’empereur Caracalla, vainqueur des Parthes, des Bretons, des Germains,*
père de la patrie, proconsul, — à sa mère Julia Domna
et à son père Septime Sévère.
note historique. Le célèbre corsaire Barberousse mit à profit la décadence des Hafsites de Tunis pour s’emparer de Jjjidjeli, qui fut sa première possession. En 1520, il effraya par des menaces si terribles les gens de Collo, port ou les produits de Gonstantine trouvaient un exutoire, que cette dernière ville se soumit aussi. Mais huit ans après, sa puissance y fut renversée par le caïd Abou ’l-Hassan Ali ben Farat, qui commanda la province au nom des souverains de Tunis. Le pacha Mohammed ben Salah, vint punir cette révolte en 1567 ; mais le pouvoir des Turcs ne fut définitivement établi qu’en 1640 . Ses successeurs au trône d’Alger établirent à Constantine un bey, qui gouverna la province en leur nom. Le moindre indice de désobéissance de la part de ces hauts fonctionnaires était promptement puui du cordon ou du poignard. Les guerres avec Tunis et les tribus indociles, furent les évènements les plus graves de cette période. Dès 1520, plusieurs négociants provençaux avaient traité directement avec les tribus qui habitent le long des côtes, entre Tabarqua et Bône, pour y faire exclusivement la pêche du corail. Le sultan Sélirn régularisa cette concession en faveur des Français, avec le privilège de faire seuls le commerce des ports et havres de La Gale, Gollo, du cap Rose et de Bône; souvent ces titres furent éludés. Le Bastion de France, élevé pour protéger nos commercants, fut détruit plus d’une fois. Le châtiment infligé à Djidjeli par les navires de Louis XIV, fut trop faible pour punir les Arabes de leur manque de foi. La destruction de nos établissements était toujours le premier acte par lequel ils déclaraient la reprise de leurs hostilités barbares. En 1827, le comptoir de La Cale fut de nouveau détruit.
La France vint en 1830 venger les injures anciennes et récentes qu’elle avait reçues sur ce rivage. Bône fut occupée, mais le bey de Gonstantine Hadj Ahmed, déclaré déchu, n’en continua pas moins l’exercice de sa tyrannie, malgré la nomination du prince tunisien Sidi Mustafa en sa place (15 décembre 1830). Le gouvernement français désapprouva cette combinaison politique du maréchal Clauzel, général en chef, et le rappela. Bône. mal gardée., d’où nos troupes venaient d’être chassées (29 février 1833) par suite des intrigues d’ibrahim, ex- bey de Gonstantine, réfugié dans ses murs, fut aussi évacuée par ce dernier. Hadj Ahmed y vint apporter le carnage, et fut évincé à son tour par l'admirable résolution des capitaines Armandy et Jusuf. Dès-lors la place est restée française ; mais la présence, dans un pays qui appartenait à la France, d’un homme comme Ahmed qui se maintenait au pouvoir avec les attributs de la souveraineté, était intolérable. La province de Constantine avait été, sous les Turcs, comme un royaume dans
le royaume d’Alger même ; sa richesse l’avait placée la première de tout temps. Les monuments des Romains, plus nombreux ici que dans les autres parties de l’Afrique ; les routes de l’antiquité, les souvenirs de l’histoire revivant à chacun de nos pas, tout en était la preuve. Le pays demeurait dans un état complet de stagnation, eu égard aux progrès de la civilisation : la prise de Gonstantine fut donc résolue. Nos armes essuyèrent un mémorable échec devant cette place (1836), et l’année suivante, vers la même époque, la ville fut prise- Cette victoire, qui fut achetée au prix de la vie du général Damrémont, gouverneur-général, porta au même poste le lieutenantgénéral Valée, commandant supérieur de l’artillerie du siège. Ce gouverneur reparut dans la province pour y fonder Philippeville, sur les ruines de Rusicada. Djidjeli fut pccupée. Le prince royal, duc d’Orléans, voulut visiter le pays^et revint à Alger par le fameux passage des Portes de Fer (28 septembre 1839). Abd el-Kader, que cette expédition faite dans une intention toute pacifique, avait froissé dans ses susceptibilités de souverain, tel qu’on l’avait établi par le traité de la Tafna, déclara la guerre, mais ne put rien obtenir sur les Arabes de la province de Gonstantine. qui repoussèrent eux seuls ses émissaires et ses soldats. Mila, où quelques influences hostiles agitaient les masses, fut occupée ; les tribus du mont Edour’ furent châtiées et les populations de Collo soumises.
* Dès l’annép 1838, divers arrêtés du Gouverneur Général, en date du 30 septembre, avaient défini les pouvoirs des autorités françaises civiles et militaires; la position de divers chefs arabes sur la partie de la province dont la France ne se réservait pas l’administration directe; suivant la hiérarchie des dignités en usage depuis un temps immémorial, des khalifas, des hakems, des cheikhs et des kaïds avaient été institués. Ges derniers percevaient, chacun dans leur arrondissement et pour le compte de la France, les impôts de l’achour (produits de la culture), du hokor (location du terrain), et de la lczma (redevance convenue par tribu). A la fin de 1842, Si Zerdoud fut repoussé du camp d’El-H’arrouch qu’il attaqua, suivi d’une multitude fanatisée, et Assenaoui, aussi bien qu’Ahmed, échouèrent dans leurs tentatives hostiles. La paix était assurée dans la plus grande étendue de la province en 1844, et les contributions rentraient avec exactitude. En vain des agitateurs parcouraient la province, ils ne pouvaient exciter que des assassinats individuels contre les fonctionnaires indigènes établis par nous. Quelques maraudeurs tunisiens tentèrent aussi une excursion sans succès, que leur souverain désavoua et promit d’empêcher à l’avenir. Un convoi de blessés ayant été massacré en traversant le territoire de la tribu des Üuled Sidi Yahia ben Thaleb, ces Arabes furent punis d’une razzia et d’une amende , et quelques lointains refuges de rebelles furent aussi visités et ranges à l’obéissance.
Au milieu de la tranquillité générale, une attaque contre Djidjeli (3 octobre 1847) parut un fait inexplicable.
La ville de Temasin, clans l’oasis de l’Oued Rir’, à 30 kilom. de Tougourt, s’étant remuée en 1848, notre cheikli Bou Lifa hen Amou ben Djellal se chargea de la punir en notre nom. Quelque temps après, Hadj Ahmed, le dernier bey de Constantine, cerné par les troupes de Batua et de Biskra, se rendait à discrétion; les frères Ben Azzedin, le 10 septembre, furent battüs, et l’année suivante (1849) agitèrent le kaïdat de Hodna. On les poursuivit dans le Zouar’a. Mais les Béni Mahera, aux entours de Philippeville se soulevèrent aussi à la voix du chérif Ben Yamina, dont la tête fut portée à Constantine. Cet exemple n’arrêta pas les Ouled Salinoun que l’on surprit près de Batna, le 8 juin. Le 16 juillet, nos attaques étaient sans succès contre le chérif Bouzian, dans l’oasis de Zaatcha , au Ziban. L’insurrection que les bruits de France semblaient amener, gagnait dans les Ouled Daoud, les Béni Oudjana, les Béni bou Sliman, à l’Instigation du marabout Si Abd el-Hafiz, et portaient leurs tentes à 20 kilom. de Biskra. Le 17 septembre elles étaient chassées des rives de l’oued Braz, près de Sériana. Le 6 octobre on attaqua infructueusement Zaatcha, qu’il fallut assiéger par 51 jours de tranchée. Des combats sérieux eurent lieu les 23, 30, 31 octobre et le 16 novembre. On monta à l’assaut le 20 octobre et le 20 novembre; enfin la ville fut prise. D’autre part, dès le 13 novembre, le marabout Ben Chabira avait fortifie Bouçada contre notre approche, et s’était rendu le 15. Le 29 on pesa sur les tribus du Djebel Massa, et le centre de Bou Sada fut constitué. Le 5 janvier 1850, la destruction du repaire des habitants de Nara, dans la vallée de l’oued Abdi, aux gorges de l’Aourès, près de Batna, frappait de terreur les populations turbulentes de la province, qui le 10 avril, en la personne des Maadid, osent attaquer le commandant de Sétif qui marchait contre eux. Le 21 mai, les Béni Imel , près de Trouna, tuaient le général de Barrai, et recevaient la peine de leur rébellion. Enfin le 8 juillet était finie la route de Sétif à Bougie. Les mouvements qui agitaient toute la partie Nord de la province, occupèrent les forces de l’armée durant toute l’année 1851. Dès le 26 janvier on châtiait les Kabyles des entours de Sétif. Le général de Saint-Arnaud parcourut les bords de l’oued Kebir avec les plus grandes difficultés, repoussant Bou Bar’la, écrasant 26 fois les Kabyles, brûlant leur pays durant 80 jours sur un parcours de 640 kil., de Bougie à Sétif. Cette glorieuse expédition finit le 15 juillet. Gollo fut rassurée et les tribus voisines soumises pendant quelque temps. Bou Bar’la, reparut le 14 janvier 1852 chez les Aït Arameur, au Sud du Djeurdjeura, attaqua le territoire de Bougie, et le 25 fut chassé par les troupes de Sétif qui com- • mencèrent la route de Bougie à Alger. Une tempête affreuse l’interrompit le 22 février; elle fut reprise le 3 mars. Le chérif
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vie Bou-Sa’ada manqua d’obéissance au commandant de Sétif, et le sud de Guelma se mit en révolte. Cependant les Béni Salah tuaient nos bûcherons le 12 juin à Fedj el-Foulet se réfugiaient en Tunisie où ils étaient poursuivis. Le chérif d’Ouargla attirait aussi notre sévérité le 22 mai. Ce ne fut que le 23 décembre 1853 que notre khalifa Si Hamza se fit ouvrir les portes de la ville, où s’exerça son influence. Le 2 décembre 1854, Tougourt était abandonné après un court engagement. L’insurrection des monts Babor au 31 mai 1856, nous obligea à faire la route de Sétif à ces montagnes. Elle fut terminée le 22 juin, et le 18 juillet les Nemenchas furent soumis. Les Ouled Moumen qui avaient assassiné leur cheikh et fui vers Tunis, éprouvèrent le même sort vers la fin de l’année.
Depuis ce moment où la révolte avait été vaincue partout, et depuis le formidable armement, qui avait eu raison ènfin, de la Grande Kabvlie, la paix semblait être fondée pour toujours parmi ces tribus.
Mais, vers le mois d’août 1858, Si Saddok bel Hadi, fanatique marabout de l’Ahmar Khaddou, parcourait l’Aourès-et tentait d’agiter le pays. Au commencement de novembre, une grave perturbation s’étant produite à Sidi Okba et dans les montagnes comprises entre Djiajeli, Collo et El-Miliah, le 13 novembre et le 14, les rebelles attaquèrent notre kaïd. Le 19 une expédition considérable fut dirigée contre eux, dans l’Oued Kebir, et le 26, El-Miliah, dans la Kabylie orientale, fut occupée. Si Saddok continuant sa révolte dans l’Aourès, y fut attaqué le 13 janvier 1859, — le 14 sa zaouïa située à El-K’Sar, était incendiée, et peu après il était livré avec toute sa famille par ses adhérents qui se soumirent.
Au mois de mars 1860, un agitateur, se faisant passer pour le khalifa du Chérif que les indigènes désignent et attendent sous le nom de Sahab el-Ouokt, paraissait dans le Hodna, et un grand nombre de tentes appartenant à cette partie de la subdivision de Batna, persuadées que le jour de la délivrance était enfin venu, se trouvaient réunies le 19 mars, à la smala du Chérif, à Khanguet cl- Hammam. L’entraînement devenait général et menaçait de se propager dans la subdivision de Sétif. Le 25 mars,* les révoltés qui comptaient plus de 11,000 tentes, furent dispersés et nous étions maîtres de la Smala du Chérif qui fut pris lui-même avec ses plus fanatiques partisans. Depuis quelque temps, plusieurs fractions des tribus de la Kabylie Orientale avaient refusé le paiement de l’impôt et s’étaient livré à des actes de pillage, qui les avaient placées dans un état de rébellion. Le 23 mai, une colonne formée à Milah, se porta sur Fedj et-Arba, où les affaires furent promptement réglées. Mais les Béni Khettab ayant attaqué nos postes pendant la nuit, on se porta chez eux ; ils furent repoussés avec perte et ces rebelles se jetèrent alors sur la concession Bock et De Lacroix, dans la basse vallée de l’oued el-Kebir, où ils massacrèrent les
colons, pillèrent et incendièrent les bâtiments. A la suite de cette trahison, la révolte s’étendit. La colonne s’avança au milieu des tribus qui avaient pris part à ces crimes et rétablit l’ordre partout. Les Arb Tesquif, de la tribu des üulad Aïdoun, habitant des grottes et gardant un délilé très-difficile, d’où ils tenaient, depuis un an, tout le pays en échec, se rendirent entre nos mains, et le pays étaut définitivement pacifié, la colonne expéditionnaire rentrait à Constantine à la fin d’août.
Vers la fin de juillet 1862, un faux chérif, le marocain Elit adj Aaoussin ben Mohammed bon Dra, parut dans la tribu tunisienne des béni Mazen, excitant à la guerre sainte. Il groupa autour de lui quelques cheiks et un assez grand nombre de tentes. Quand il s’est, vu à la tête de 2,000 combattants, il a traversé la frontière et s’est présenté en face de Roum el- Souk, dans le cercle de La Gale. Reçu vigoureusement par notre caïd, les Reni Mezen se sont dispersés et ont livré l’instigateur de leur agression à l’autorité française. De retour en Tunisie, leur tribu a reçu de son souverain la punition qui lui était dûe.
En mars 1864 — des mouvements eurent lieu dans la Kabylie Orientale, le Bordj de Zraïa fut incendié. — Quelques soumissions eurent lieu, mais, le 8 août, la colonne de Bou Sa’ada fut vivement assaillie par les Ouled Mahdi révoltés. Des avantages furent remportés à Teniet el-Rih (30 septembre), et à Aïn Dermel (2 octobre). Les Ouled Madliy apres le combat du 7, près d’Aïn Malakoff, firent leur soumission en se séparant des insurgés, qui se portèrent vers l’Ouest. En novembre, les populations des Babors qui avaient commis des actes de rébellion qui sont énoncés «à la page 334 ci-dessus, furent écrasés en avril 1864, à Sidi Tallout. Cependant S. M. l’Empereur poursuivant de sérieuses études sur l’Algérie, arrivait à Stora le 28 mai, visitait Constantine, Batna, Biskra, et revenant vers Bônc et Bougie, s’embarquait pour France, le 7 juin.
population. La population de la province de Constantine se compose ainsi qu’il suit :
En territoire civil
En bloc
En territoire militaire.
Tribus Indigènes
Total.... 1,339,428
télégraphie. Ii existe dans la province de Constantine 18 stations télégraphiques : Constantine,- Aïn Beïda, Batna, Biskra, Bône, Bordj Bou Areridj,
Bouçada, Bougie, El-Arrouch, El-Mila, Guelma,
Jemmapes, La Cale, Phiiippeviile, Sétif, Souk H’arras, Takitoun, Tebessa..
gouvernement. L’administration générale du territoire civil et du territoire militaire de la province de Constantine est confiée au Général Commandant la Division, qui prend le titre de Général Commandant la province . Le territoire civil est administré par un Préfet , sous l’autorité de ce Général.
RÉPARTITION DU TERRITOIRE. La province
se divise en territoire civil et en territoire militaire.
Le territoire civil , formant le département de Constantine, se subdivise en cinq arrondissements, I Constantine, II Bône, III Guelma, IV Phiiippeviile, Y Sétif, — comprenant 31 communes, 44 sections et 13 hameaux.
Le territoire militaire forme une Division proprement dite, qui comprend quatre subdivisions savoir : I Constantine, Il Batna, III Bône, IY Sétif. — comprenant 19 communes et 16 cercles ou annexes.