‹ Indicateur général de l'Algerie description geographique, historique et statistique de toutes les localitesChapitre 72 sur 123 · COMMUNE DE BONE · texte numérisé non relu

COMMUNE DE BONE

situation. Bône est située sur la côte septentrionale de l’Afrique, par 5°50’ de longitude E., et par 36°52’ de latitude N., dans le fond d’une baie, à 162 kilom. N.-E. de Constantine, à 84 kilom. E. de Philippeville, à 440 kilom. E. d’Alger.

baie de bone. La baie de Bône est terminée â à Î’E. par le cap Kosa, et h l’O. par le cap de Garde, qui n’est qu’une ramification des monts Edour’. A l’extrémité de ce dernier, on a construit un phare, dans les environs duquel se trouve une carrière de beau marbre statuaire rouge, exploitée de toute anti-

(t) Nous devons une grande partie de ces renseignements à M. Jesp et à M. Dagand, imprimeur à Bône

quitè. Lorsque l’on a doublé le cap de Garde, on arrive à la hauteur du fort Génois, vieille construction qui, depuis le choléra de 1849, sert de lazaret provisoire. Au pied du fort, il y a une rade qui offre aux navires un refuge pendant le gros temps. De là, jusqu'au mouillage des Caroubiers, la côte incline du N. au S. ; elle incline à l’0., et, à partir de celte inflexion, elle change complètement d’aspect. Le paysage s’anime : ce sont des collines couvertes d’une riche végétation, des maisons de campagnes bâties jusqu’au bord de la mer. La côte, à partir de la batterie du Lion, est défendue par des roches presque perpendiculaires ; elle court droit au S.-O. A un demi-mille, elle rentre vers l’O. et forme une petite crique, où se trouve la plage du Caserin.

La rade de Bône s’étend jusqu’à la pointe du fort Cigogne, aujourd’hui remplacé par une forte batterie qui domine à l’O. une jetée en pierres sèches, servant à prolonger le port. Cette baie, d’un excellent abri contre les vents du N., fait face au côté oriental de la ville. De ce côté s’étend une falaise élevée, baignée par la mer: c'est là qu’est le mouillage.

A l’O., de grands jardins étendent leurs tapis aux couleurs variées. Au N., les pentes d’un monticule s’élèvent à 105 mètres par des gradins successifs, et portent au sommet, sur un large plateau la Kasba ou citadelle, qui domine la rade et la plaine de Bône.

plaire de boue. La plaine de Bône, dont le sol est un mélange de sable, d’argile et de marne, et

qui n'a pas moins de 100,000 hect., est bornée au N. et à l’E. par des montagnes, formant des ramifications du mont Edour’ ; à 10., par les collines de Msour, et au S., par la Bou Djema. Celte rivière coule lentement du N.-E., au S.-E., et vient se jeter dans la mer, à peu de distance de Bône. Un autre cours d’eau, le Ruisseau d’Or, ramassant dans son parcours tous les petits ruisseaux, vient alimenter la Bou Djema qui, grossie pendant l’hiver par les pluies torrentielles, et quelquefois aussi par le reflux de la mer, déborde dans la plaine, et laisse, en se retirant, de grandes flaques d’eau croupissantes, dont les émanations morbides ont souvent été la cause de ces épidémies connues sous le nom de fièvres paludéennes. De là cette réputation d’insalubrité que la ville de Bône a conservé si longtemps. Mais, grâce à la sollicitude de l’administration supérieure, le danger n’existe plus. Des travaux sérieux d’assainissement, se résumant dans un vaste système de canalisation, ont été exécutés depuis quelques années, et Bône a repris son aspect riant à la faveur de la salubrité.

Un canal de ceinture, tracé du N. au S. au pied du mont Edour’, réunit toutes les eaux qui en découlent, et joint l’oued Et-Farcha qui formait autrefois un marais, au Ruisseau d’Or, un peu avant qu’il ne se jette dans la Bou Djema. Un large canal remplace également le Ruisseau d’Or, dont les contours marécageux étaient une cause permanente de maladies.

Un autre canal de dessèchement part de l’angle N. -O.

de la ville, parcourt toute la partie marécageuse qui s’étend de l’ancien parc aux fourrages à la colonne Randon, et va aboutir à la Bou Djema, au S. Enfin, un dernier canal de dérivation a mis cette rivière en com- / muuication avec la Sebouse. On a construit aussi des exutoires à vannes, destinés à recevoir les eaux de ces canaux pour les jeter à la mer, et empêcher la iner d’entrer dans ces mêmes canaux, dans les moments où elle s’élève au-dessus de leur niveau.

C’est par ces moyens qu’on a circonscrit, loin de la * place, le foyer d’infection, et fait disparaître totalement les fièvres endémiques.

La plage qui borde la ville, tourne au S. après l’avoir dépassée, et correspond, dans cet endroit, ù une vallée dont le sol bas paraît entièrement formé d’alluvions. C’est dans cette petite plaine que se jette la Sebouse, rivière assez large et assez profonde pour que les grosses embarcations puissent la remonter jusqu’à une grande distance. Les ensablements sont arrêtés, de sorte que les navires peuvent accoster par tous les temps.

De l’embouchure de la Sebouse au cap Rosa, la côte est bordée de dunes. Au-delà sont de vastes plaines habitées par des Arabes, vivant des produits de la terre et de leurs troupeaux.

note historique. A environ 2 kilom. au S.-O. de la ville, entre la Sebouse et la Bou Djema, sur une colline couverte d’oliviers et de jujubiers, on trouve quelques vestiges de constructions romaines. Des décombres, — les arches éparses d’un aqueduc, qui amenait de l’eau des monts Edour’ dans de vastes et gigantesques citernes dont les murs sont encore debout, les traces d’un quai sur la rive gauche de la Sebouse, — voilà tout ce qui reste d’une grande cité ; c’est là qu’était Ilipponc.

llippone fat fondée par les Carthaginois, sous le nom d 'Vbbo. Elle était groupée au S.-E. de Bône, sur une étendue de 60 hectares, au pied de deux mamelons désignés par les Indigènes, sous le nom, l’un de Bounah, l’autre de Gharf el-Antr an. Des fouilles faites en cet endroit, à diverses époques, ont amené la découverte de médailles, de mosaïques, ae fragments de monuments funéraires et de débris humains. En s’emparant de cette ville, les Romains changèrent son nom en celui d 'Hipjwfteaius.

L’an de Rome 707, Sittius, lieutenant de César, était dans le port gue formait la Sebouse au pied de la ville, lorsque Scipion, fugitif et battu par la tempête, vint pour y relâcher avec sa Hotte qui fut détruite.

La principale illustration d’Hippone est due à Saint Augustin, né àTagaste,à99 kilom. Converti depuis quatre ans, Augustin fut ordonné prêtre à Hippone, en 390, à l’âge de 36 ans, par Valérius qui le prit pour coadjuteur en 395. L’année suivante, l’évêque d’Hippone étant mort, Augustin lui succéda. Ses confessions datent de 397; c’est de 413 à 4*26 qu’il a écrit sa Cite de Dieu. En 429, Hippone fut assiégée par les Vandales, et le 28 août de la même année mourut saint Augustin, après quarante ans de séjour dans cette ville, gui fut prise en décembre 430. Les Vandales y détruisirent tout, hors l’évêché et la bibliothèque de saint Augustin.

Bélisaire reprit Hippone en 534, et les Arabes s’en étant rendus maîtres en 697, sous le troisième calife Othman, la détruisirent pour toujours, et la transportèrent à 2 kilom. au N.-E. où elle reçut le nom de Aniuîba, à cause de la grande abondance de jujubiers qui croissent aux environs.

Les rois ae Tunis qui étendirent leur puissance sur ce point, y firent bâtir la Kasba en l’an 1300. Les Génois faisaient la pêche du corail sur la côte ; pour se défendre, ils construisirent près du cap de Garde, le fort qui porte leur nom. Les Catalans leur succédèrent en 1439, et les Barcelonnais en J 446. En 1535 Charles-Quint, maître de Tunis, envoya André Doria, avec 30 galères et 2,000 hommes, à la poursuite de Barberousse, qu’il venait de chasser de cette ville, et qui s’était réfugié à Rêne ; mais l’amiral ne l’y trouva plus. Les troupes espagnoles évacuèrent la position, et les Tunisiens voulurent en vain s’y maintenir à leur place. Les Turcs en devinrent les maîtres.

Le 2 août 1830, l’amiral Rosamel débarqua le général Darnrémonf, qui entra sans combat dans la ville qui comptait a peine 1,500 habitants et venait de refuser hautement d’être défendue par le lieutenant d’Ahmed-Bey. Le 4 août, les tribus attaquèrent; le 6, le général Damrémont les chassa d’Hippone, où elles avaient pris position. Les journées des 7, 10 et îî. furent marquées par de nouveaux combats. Enfin, le 18 août arriva l’ordre d’Alger d’évacuer ce point. Le 13 septembre 1831. le commandant Houdcr et 125 zouaves, sur la demande des

habitants, prirent de nouveau possession de la Kasba', d'où le» intrigues du perfide Ibrahim, ex-bey de Constantine, parvinrent à nous évincer. Le 5 mars 1832, Ben Aïssa, lieutenant d’Abmcd, se présenta devant les murs qui lui furent ouverts et qu’il remplit de carnage et de ruines. Les Français appelés de nouveau, arrivèrent, et les deux capitaines d’Armandy et Jusuf s’étant introduits avec 130 marins dans la Kasba, restée au pouvoir d’ibrahim ennemi d’ Aïssa , ils y aborèrent le drapeau tricolore, qui n’a pas cessé d’y flotter depuis (26 mars 1832). Le général Monk a Uzer, à la tête de troupes suffisantes, vint occuper la ville le 26 juin et battre les Arabes d’ibrahim. En septembre 1833. les Merdâs, tribu voisine, essuyèrent un châtiment qui fut le dernier qu’on ait eu à infliger dans les entours.

Le G juin 1865, l’Empereur venant par mer de Philippe ville, a visité Bône et reçu les compliments du Prince SiTaïeb, ambassadeur de son frère, S. A. le Bey de Tunis.

importance politique. Une organisation civile avait été. donnée à Bône, dès 1832, par l'arrêté du 20 avril, et une Commission provinciale fonctionnait depuis le 5 janvier 1835. Le territoire communal et civil de la ville de Bône a été constitué par l’arrêté du 31 janvier 1848. Bône est aujourd’hui le chef-lieu d’un arrondissement de la province de Constantine. C’est le lieu de la résidence d'un Général de brigade, commairdant la subdivision ; le siège d’un tribunal de première instance, d’une Sous-Préfecture, d’une Justice-de-Paix, d’une Chambre de Commerce, d’un Conseil de guerre. La population est de 3,961 Français, 6,558 Étrangers, 674 Juifs, en bloc 1,419. Il y a aussi 5,229 Arabes.

enceinte. La ville de Bône est un pentagone irrégulier de 16 hectares, qu’enferme un mur haut de 8 mètres, avec tours carrées sans terrassement. Le mur a une longueur totale d’environ 1,600 mètres. Il est entouré d’un fossé sec, peu profond \ du côté delà mer.

il suffît pour protéger la ville. La batterie du fort Cigogne est la seule fortification importante qui soit reliée directement au système général de défense de la ville.

Six portes donnent entrée dans Bône : ce sont les portes Randon, de la Marine, des Karoubiers, de l’Aqueduc, des Karésas, d’Hippone.

Une nouvelle enceinte, donnant à la ville une plus grande étendue, est. achevée. Des travaux de terrassement considérables ont en outre été exécutés, des chemins de ronde avec glacis ont été établis, de nombreuses plantations ont été faites ; enfin, le mamelon de la Kasba a été coupé. Une large voie a été ouverte sur la route des Caroubiers, et les ravins qui bordent la mer ont été comblés avec les déblais.

physionomie locale. Bône est aujourd'hui d'un aspect très-gai ; ses rues sont propres, et pour la plupart bien alignées. Quelques-unes sont assez escarpées, ce qui tient à la position de la ville, bâtie sur un terrain inégal.

En entrant dans Bône, par la porte de la Marine, on arrive sur la place du Commerce. Cette place n’est pas d'une grande étendue, mais elle est bordée d arbres, et ornée d’une jolie fontaine en marbre blanc De toutes les maisons qui l’entourent, la principale est Tliôtel du Généra! commandant la subdivision. En face s’élève un grand corps de bâtiment composé de plusieurs parties. . affectées aux services de la Direction du port, des Domaines et de l’Enregistrement. Sur la gauche, et directement opposée au bureau de la Douane, s’ouvre la rue

de l’Arsenal . On y remarque de jolies maisons. I/hôpilal est en haut de la rue Philippe. Au bas de la rueSuf- Irenest la place d’armes. Elle est plantée d’arbres, en tonne de quinconce ; au milieu s’étend un petit jardin circulaire dont le centre est occupé par une jolie fontaine en pierre, avec jet d'eau et bassin. La place est de forme quadrangulaire, elle est entourée de belles maisons, dont les rez-de-chaussées sont des galeries en arcades.

L'édifice le plus remarquable est la Mosquée. Construite, dès l’origine, des débris de temples d’Hippone, elle a été considérablement augmentée et embellie par une façade, sur le côté E. de la place. Cette façade, composée d’arcades avec galeries, dans le style mauresque, est du meilleur effet.

Les rues de Constantine, Saint-Augustin et Damrémonl, aboutissent à la place. La rue de Constantine est large et bien alignée. Elle est en grande partie habitée par des marchands et des débitants. La rue Neuve-Saint- Auguslin est une suite non interrompue de maisons de belle apparence occupées par de magnifiques magasins, ha rue Damrémont traverse le quartier le mieux fréquenté de la ville. A l’entrée, à droite, est une peiite place du nom de Rovigo, ornée d’un jardin et d’une fontaine. Ces bouquets de verdure, ces jets-d’eau, contribuent à égayer la ville, et à rafraîchir la température.

La ville est pourvue de bornes-fontaines, mises en communication avec un grand réservoir ou château-

d’eau. Des travaux récents et considérables ont triplé le volume d’eau fourni à la ville par les sources de l’Edour.

Tout le côté méridional de la ville est bordé par une charmante promenade, composée de plusieurs avenues plantées d’arbres, et désignées sous le nom de Cours Napoléon . Une plantation d’eucalyptus a doublé l’espace ouvert aux promeneurs. Le cours Napoléon est orné de constructions modernes, parmi lesquelles il faut citer le Théâtre, le Cercle de Bône, l’Hôtel d'Orient.

monuments »u culte. Il y a à Bône deux églises pour le culte catholique, un Temple protestant, une Mosquée principale et une Synagogue complètement

neuve, où les juifs conservent un exemplaire de la Bible

en hébreu auquel se rattachent des faits légendaires et miraculeux.

L’église catholique élève sa masse quadrangulaire à l’extrémité N. du cours Napoléon, près des beaux arbres des allées. Le portail et les côtés appartiennent à l’ordre byzantin, tandis que la coupole, qui termine l'édifice par derrière, est construite dans le style grec. Le portail est surmonté d’une tour carrée, qui s’en détache assez légèrement.

constructions militaires. Bône possède un Hôpital militaire, rue d’Armandy : 400 lits. Le local en est vaste et bien aéré. Deux Casernes servent à loger les troupes de la garnison ; l’une est située rue d’Orléans, l'autreà cent pas de la porte Damrémont; c’est le quartier de cavalerie. L’Intendance a ses bureaux dans la rue

il’Armandy. Au S -0. de la ville, sur un gradin de la montagne, on voit la redoute Damrémont; plus loin, surun plateau élevé de 63 mètres, le fort des Santons, servant de poudrière; plus haut encore, au N.-E., et à 400 mètres de la ville, est la Kasba, affectée à la prison centrale des militaires condamnés aux fers. Les casernes peuvent loger environ 3,000 hommes de toutes armes. Sur les bords de la Bou Djema, tout près du pont, se trouve le Parc aux fourrages, et plus loin, sur une hauteur devant Hippone, un établissement disciplinaire pour les condamnés militaires.

établissements civils. Les établissements civils sont tous réunis dans l'intérieur de la ville. Indépendamment des services administratifs qui y sont tous représentés, on y trouve un hôpital civil pour les femmes, un télégraphe électrique communiquant avec les localitis de l’Algérie et avec la France par le moyen du câble sous-marin. La prison civile est placée près du Tribunal. On en construit une plus vaste ù gauche de l’église. Une Société de recherches scientifiques et d’acclimatation a pris le litre dJ Académie d'Hippone. L’eriseignement primaire et l’enseignement secondaire sont donnés à la jeunesse. Un Collège communal prépare les élèves à des cours plus élevés. Une Maîtrise donne aux enfants les connaissances nécessaires pour entrer au Petit-Séminaire d’Alger. Une école presbytérale réunit les enfants du culte réformé. Citons encore l’école israélite et l’école arabe-française. Il existe trois Zaouïas. Un établissement dirigé par les Sœurs de la Doctrine

chrétienne, comprend un pensionnat pour l'éducation des jeunes filles, des classes communales gratuites et une Salle d'asile. L'institution d'un Bureau de bienfaisance a été confirmée par arrêté du 13 juillet 1853. Il y a aussi une Caisse d’épargne. Un Journal, sous le titre de la S ey bouse, paraît tous les huit jours. Il existe un Cercle et une Loge maçonnique, ainsi qu'un Bureau de charité.

Le Théâtre est une jolie salle, décorée avec goût par M. Abel de Pujol. Ce bâtiment, construit d’après le meilleur modèle, peut contenir 800 spectateurs. Une troupe vient y donner des représentations pendant trois mois de l'année.

commerce et xndustrie. Les principaux hôtels sont :

L’hôtel (T Orient ; de France, place d'Armes ; Mayer, rue Bélisaire; de Paris, place d’Armes. — On remarque aussi le café de Paris et le café chantant de la Renaissance, rue Neuve-Saint-Augustin.

Les principales productions du pays consistent en céréales. Les autres articles d’exportation sont : les huiles, les cuirs, les laines, la cire, le miel, les bestiaux, et les minerais de fer, d’une richesse égale au moins à ceux de la Suède, dont la France a jusqu'à ce jour été tributaire. Le Marché aux grains, où se font à peu près toutes les transactions commerciales, est à l’extrémité de la ville, près de la route de Gonstantine. 11 a lieu tous les jours, dans un vaste enclos, et présente l’aspect le plus animé.

Le Marché aux légumes se tient, tous les matins, sur la place Eugénie, derrière le Théâtre. Le Marché aux poissons et le Marché arabe, pour les produits indigènes, les fruits, etc., se tiennent au même lieu. Ces marchés sont suffisamment approvisionnés d'objets de • première nécessité, en raison des besoins de la population. Le poisson est excellent ; la qualité des fruits et des légumes s’améliore de jour en jour.

Un moulin à vapeur et une dizaine de moulins à manège, convertissent le blé en farine. A part la fabrication des pâtes, la sellerie, la pelleterie et la confection des vêtements et des chaussures, l'industrie manufacturière est encore peu développée à Bône. On tire de l’intérieur quelques étoffes à l’usage des Arabes, des burnous et des tapis. Les Indigènes fabriquent également, au moyen de l’argile et du bois de frêne, des ustensiles de ménage de première nécessité. Ils font, avec le palmier-nain et le jonc maritime, de jolis paniers, des nattes et des chapeaux imperméables. Le palmier-nain a servi également à des essais de crin végétai.

En revanche, l’art de bâtir a fait des progrès remarquables; outre la pierre dure et le marbre, on trouve abondamment sur les lieux , la chaux, la brique et la tuile. Les nouvelles constructions sont faites avec solidité, et ne manquent pas d'élégance.

Le chêne-liége est exploité sur une grande échelle par la Société des Béni Salah.

mines. Les minerais de fer sont appelés à former une source de richesse inépuisable pour le pays.

Les gisements de la Bélélita, des Kharezas, et principalement ceux deMokta-el-Hadid, à 33 kilom. de Bône, sont d’une puissance remarquable, et ses produits ont obtenu une médaille d’or à l’exposition universelle de 1855. Les trois concessions des mines de fer d’Aïn Mokhta, des Kharezas et du Bouhamza, ont été réunies par décret du 11 février 1865. Elles fournissent à la France des éléments de fonte d’une qualité supérieure. Une voie ferrée, partant de Mokta el-Hadid, après avoir longé les Kharezas, vient aboutir à la Sebouse et assure désormais l’exploitation des mines. Ainsi Bône, avec ses mines de fer, est appelée à occuper un des premiers rangs dans la colonie. Le port, dont les travaux sont poussés avec vigueur, sera terminé dans un

avenir prochain et servira d’escale pour la ligne de

Suez. Il est déjà très-fréquenté. On y fait des chargements importants de minerais.

routes. Trois roules partent de Bône, savoir :

1° La route du cap de Garde, au N.; 2° la route de Gueima, au S., qui se bifurque au sortir de la ville, et pousse vers LE. un rameau sinueux qui contourne la plage et atteint le port de la Cale; 3° la route de Philippeville au S.-O., qui se déroule sur les bords du lac Fezzara.

transports. Des voitures journalières font le service de Guelina, de Souk H’arras et de Philippeville.

environs. Les environs de Bône sont charmants. Le hameau de Sainte-Anne, Hippone, la vallée dos Kermiches, celle des Caroubiers, celle de l’oued Kouba,

puis la forêt de l’Edour’, si sauvage et si majestueuse , avec ses cascades, ses sources glacées, ses sentiers perdus, et son aqueduc romain, offrent des promenades très-agréables.

Hippone, dont nous avons donné la situation dans la note historique de cet article, est l’endroit où le plus illustre docteur de l’Eglise latine, Augustin, le saint évêque, fit entendre sa voix éloquente. Un peu au-dessus des ruines, sur un tertre verdoyant, on a élevé un monument simple et sans ornement. C’est un petit autel de marbre blanc, surmonté de la statue en bronze de saint Augustin, et environné d’une grille de fer. Le 28 octobre 1842, Mgr Dupuch, Évêque d’Alger, accompagné de six Évêques députés de l’épiscopat français, transporta en grande pompe sur cet autel, des reliques du saint docteur (le cubitus du bras droit). Depuis cette époque, chaque année, le clergé suivi de la population se rend en procession solennelle au mamelon d’Hippone, pour y célébrer une messe commémorative. Ce lieu digne d’un pèlerinage a été visité par S. M. l’Empereur le 6 juin 1865.

Alelik est un village de la banlieue de Bône, à 6 kilom., dont la création remonte au 30 juillet 1851. C’est là qu’est le dépôt des étalons dn Gouvernement, pour la province de Constantine, et que se trouve l’établissement de la Société anonyme des hauts fourneaux de TAlélik fondée en 1847, et visité par l’Empereur en 1865. De nombreuses fermes sont exploitées sur ce territoire.

Le pays était autrefois riche en chasse. Le gibier tend à disparaître. Cependant en hiver, les oiseaux de passage, et surtout les oiseaux aquatiques, s’y rencontrent en abondance, notamment sur les bords du lac Fezzara (vaste étendue d’eau, de 40 kilom. carrés, située à 18 kilom. S.-O. de Bône), où la chasse est louée, et qui fourmille de cygnes et de grèbes, dont les peaux préparées fournissent de fort belles fourrures. On y trouve encore des poissons en grande quantité.

A 3 kilom. de Bône, existe un Orphelinat de cent jeunes filles, élevées par une Religieuse.

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