Indicateur medical et topographique d'Aix-les-Bains
La ville d’Aix (.[([uæ Graliumv) est située à l’est de la vallée de ce nom, sur le penchant d’une riante colline. Son établissement thermal est à ‘i58 mètres au-dessus de l’Océan, à 32 mètres au-dessus du lac du Bourg-et, qui occupe le fond de la vallée, et se dirig-e comme elle du nord au sud, sur une longmeur d’environ 14 kilomètres.
Sa population, de 4,116 habitants, est plus que doublée en été par l’affluence des baig’neurs. Son importance a plus que triplé depuis 1814, et tend à aug-menter parle mouvement qui y rayonne aujourd'hui, la restauration qui s’y fait, sa jonction avec les principales voies ferrées de l'Europe.
La latitude d’Aix est 45'’ 38' 58’' ; sa long-itude, ii l'est du méridien de Paris, est 3° 34' 40". La florodcs nivirons est celle des contrées ])lus méridionales, car le figuier, le grenadier, le jujubier, y prospèrent en
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pleine terre. L’air qu’on y respire jouit de propriétés calmantes, ainsi que l’expérimentent chaque jour les malades qui, avant leur arrivée, étaient sujets aux insomnies, névralg-ies, tension nerveuse. L’atmosphère douce et peu variable d’Aix convient admirablement aux personnes rhumatisantes et à celles qui ont la poitrine délicate.
Quant à la constitution géologique du sol, Aix est assis sur le terrain néocomien, dans le groupe crétacé. Le néocomien repose sur les terrains jurassiques; ceux-ci n’apparaissent que sur le penchant des montagnes latérales. Il est recouvert par la mollasse tertiaire, qui forme la plupart des collines environnantes (1).
Son climat est tellement sain, qn’en 1435 et en 1564, lorsque la peste étendait ses ravages sur les vallées environnantes, Aix fut préservé de ce fléau. Cette salubrité et l'efficacité des eaux étaient connues des Romains, qui y ont laissé des thermes, un temple, un arc votif admirés des antiquaires.
Aix faisait partie de l’ancienne Allobrogie. — Après avoir appartenu à Rodolphe 111, roi de Bour-
(1) CansuUcr, pour plus de détails, l’intéressant travail de M. Louis Pillet, secrétaire adjoint de l’Académie royale de Savoie et conservateur du musée de géologie, travail intitulé : Descriplion géolorjiquc des environs d’Aix el de Cl.ambânj, e.vtrait des Mémoires de l’Académie de Savoie^ dS5S.
IIlSTOinK PR I.\ VIU.E D’AIX.
gng’ne, et avoir été un objet de contestation entre les maisons des ducs de Savoie et des comtes de Genève, il demeura enfin, par un traité conclu eu 1295, sous la domination des premiers, qui l’érigèrent en baronnie, puis en marquisat.
Au xiii“ siècle, la ville fut réduite en cendres. Au xvG siècle fut construit le château d’Ai.x, dans lequel on observe trois époques distinctes qui rappellent les phases ou changements qu’a éprouvés la ville. Il est antique par le temple de Diane, qui a servi de base à sa grande tour, et où fut longtemps un théâtre. Il est gothique-arabe par son remarquable escalier, et moderne par sa salle de bal. — Cet édifice appartient à M. le marquis d’Aix-Sommariva. — 11 a servi de cercle pour MM. les étrangers de 1824 à 1849.
Aix a produit un homme illustre, Claude de Seyssel, l’historien de Louis XII, évêque de Marseille en 1515, grand diplomate et philologue distingué. C’est là un titre nobiliaire que les révolutions n’infirmeront point.
Deux établissements principaux contribuent à la prospérité de la ville : l’établissement thermal, bâti en 1773 par le roi Victor-Amé III, et le Casino, élevé en 1848 par une société d’actionnaires, sur les dessins de l’architecte savoisicn Pelle^Tini.
En 1857, le roi Victor-Emmanuel II a inauguré
INblCATF.UIl D’aIX-LES-B.VINS.
le percement gigantescpie du mont Cenis et jeté les fondements du pont-viaduc de Culoz, où se raccordent les chemins de fer de France, de Suisse et d’Italie.
Le 2 septembre de la même année, il a posé solennellement la pierre de la façade monumentale de l’établissement thermal, pour l’agrandissement duquel une somme de 900,000 fr. avait été votée, en 1856, par le parlement sarde.
Depuis l’annexion de la Savoie à la France, l’établissement thermal d’Aix est devenu propriété de l’État. S. M. l’Empereur, le 4 septembre 1860, a approuvé une dépense de 700,000 fr. pour l’achèvement et l’agrandissement des bains d’Aix, et pour la reconstruction de l’hospice de la reine Hortense.
Ces bains ont reçu, dès lors, un développement considérable : quatre piscines aux formes élégantes, dont deux ont chacune 77 mètres de superficie, quatorze douches nouvelles, une salle d’inhalation pour l’eau de Soufre, de vastes salles d’attente pavées de mosaïques, et partout on y trouve uni aux appareils de la science hydrologique moderne le luxe et le confortable des thermes antiques.
Le Casino d’Aix, par sa situation, ses salons nombreux, ses fêtes splendides, passe pour le plus bel établissement, en ce genre, de toutes les stations thermales de France.
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Des eaux et de l’établissement thermal.
Les eaux thermales d’Aix forment deux sources distinctes; celle de Soufre (chaleur 45° c.); la seconde, dite d'Aliiu ou de Saint-Faul (40°, 5). Toutes deux jaillissent eu volume énorme sur la hauteur à l’est de la ville, près Fune de l’autre, mais à des niveaux différents. Elles sont sulfureuses, et renferment, eu outre, un g-raud nombre d’autres substances, des sels de fer, de mag'uésie et d’alumine. La première marque 4 deg-rés sulfhydrométriques, et l’autre 3 degrés au réservoir de l’établissement. Cette dernière contient plus de fer et de carbonate calcaire, ainsi que du sulfate d’alumine, sel appelé autrefois Alun. Elle est plus âpre à la peau, d’où sans doute le sobriquet traditionnel d’eau d'Alun qu’elle porte aujourd’hui.
D’après un récent jaugeage, ces eaux fournissent par minute : l’eau de Soufre, 1,550 litres; la source d'Aliin, 3,342 litres. L’établissement d’Aix est le seul qui utilise plus de 0,000,000 de litres d’eau minérale par vingt-quatre heures. D après leur température élevée, un savant géologue, M. Mousson, estime
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qu’elles doivent venir d’une profondeur de 1,000 à 1,200 mètres.
Le gTand établissement, qui a pour annexes les Vapeurs Berthollet, où sont des bains et des doucdies de vapeur exaltée, et l’ancien Bain royal (1\ divisé en douches et piscines réservées auxindig-ents, possède le privilég-e inestimable d'un excellent service thermal.
On y trouve cinq piscines à natation, deux vaporariums, deux salles d’inhalation. — Des douches de vapeur locales, des bains de vapeur par encaissement, plus de soixante pièces propres à administrer la douche générale ou locale en cercle, en colonne, etc. , des bains avec douche moyenne, et des bains simples * avec douche locale mobile. La pression des douches de Soufre, autrefois de 2 mètres, peut s’élever aujourd’hui jusqu’à 6 m. 80 c.; celle d’.-lhm et d’eau froide, à 20 mètres.
(Ij « Ce bain (écrivait le docteur Cabias, en 1688) se nomme le l>ain du prince, tant à cause des délices qu’anciennement les sérénissimes princes de Savoyc y prenoient qu’à cause de sa beauté et bonne température : on l’appelle maintenant le Bain royal, depuis que les rois de Franco s’y sont baignez. Et c’a été le Grand Henry, de glorieuse mémoire, lequel étant venu en Savoye, visita ce lieu, et ayant veu les bains, les uns après les autres, il descendit de cheval vers le grand bain, auquel, avec plusieurs princes de sa cour, il se baigna et lava l’cspare d’une heure avec autant de plaisir et de contentement comme s’il eust joui du plus gi-and plaisir du monde. Ce qu’il témoigna, disant que tous les bains et étuves des baigneurs de Paris et de France et mi ino de l'Europe ne valoyent rien au regard do ceux-ci. J)