INDICATEUR I)’A1X-LES-BAINS
distingue, elle appartint en 1787 au docteur Joseph Despine, médecin du roi Victor-Amé III; en 1830, à son fils, le docteur baron Charles-Humbert-x\ntoine, et en 1849, à son petit-fils, le docteur baron Constant Despine, actuellement médecin inspecteur honoraire de rétablissement thermal, établissement auquel il a pu, comme inspecteur des eaux pendant plusieurs années, apporter de nombreux perfectionnements, ayant visité dans ce but les principaux bains d’Europe. L’étrang*er regrette de ne plus trouver dans l’édifice thermal le musée qu’il y avait créé. Ce musée, sur lequel nous donnerons plus loin quelques détails, renfermait, outre plusieurs appareils utiles à la guérison, un intéressant portefeuille de cas pathologiques rares et plus de soixante pièces en cire représentant au naturel les maladies remarquables guéries par l’usage des eaux. Cet Album pathologique ainsi que plusieurs pièces importantes de ce musée continuent à être visibles à Aix, au domicile de M. Despine (1), qui n’a pas voulu en priver MM. les baigneurs.
Tous les médecins domiciliés à Aix ont le droit de diriger les traitements dans l’établissement thermal, et peuvent être indifféremment consultés par les malades.
(I) .M. ncôpine reçoit chaque jour les malades à son domicile, place Centrale, de midi à trois lieures. Il est visible à l’établissement thermal, chaque matin, de sept à neuf heures.
l’AUTIE MEDICALE.
Pharmaciens.
MM. Bocquin (pharmacie impériale), place Centrale et rue des Bains.
PiCHON, rue des Bains.
Thévenon, rue de GenèA'e.
Bocquin neveu, rue de Chambéry.
Des maladies qui sont améliorées par le traitement thermal.
1" Les rhumatismes g-outteux, fibreux et musculaires, la sciatifpie, la g-ontte chronique, et en g-énéral tontes les maladies liées au principe rhumatismal;
2=> Les maladies de la peau, les affections scrofuleuses. les tumeurs blanches, les hydarthroses ;
B” Les ulcères chroniques, fistules, fausses ankylosés, rétractions tendineuses, caries et autres maladies chroniques des os, les suites de luxations, de fractures et de plaies par cause traumatique ;
4° Les affections mercurielles et syphilitiques anciennes ;
5” Les engorg-ements résultant d’une insuffisance des menstrues, les granulations, érosions et ulcères simples du col de l’utérus ;
(5° Les névralgies, l’hystérie et certaines gastralgies, avec ou sans vomissement;
1" Les affections de la moelle épinière, les paraly^
INDlCATEUll D’aIX-LES-BAINS.
sies, spécialement celles qui sont la suite de rhumatisme ou de fièvre typhoïde ;
8° Les affections dites laiteuses, la chlorose, l’aménorrhée, et en g-énéral toutes les maladies dérivant de faiblesse ou d’un vice dans l’innervation;
9° Les calarrhes brondiiques, intestinal et utérin, l’asthme humide, les affections vésicales dues à un état d’atonie ;
10° Enfin, les maladies dues à une suppression ou à une répercussion, certaines surdités, l’ophthalmie chronique, l’amaurose rhumatismale, les fièvres intermittentes rebelles, les cas où la constitution lymphatique des sujets les prédispose à la phthisie étaux eng-orgements abdominaux.
Des maladies qui sont aggravées par le traitement thermal.
Toutes les affections aiguës, celles existant chez les personnes à complexion cachectique, épuisées par de très-longues souffrances ou par des pertes; celles qui ont une tendance au carus et autres affections soporeuses; celles accompagnées d’hémoptysie, de congestion cérébrale, d’anévrisme; enfin la phthisie tuberculeuse et la plupart des dégénérescences squirrheuses ou cancéreuses ; en un mot, dans tous les cas extrêmes où la vitalité a subi de très-profon* des atteintes.
l'AliriK MEDICAU;.
Formalités requises pour prendre les eaux.
1“ Toute personne voulant faire usag’e des douches et bains devra inscrire son nom et sou domicile au bureau de l’administration. Il lui sera délivré une carte avec numéro d’ordre, qui devra être conservée et représentée à toute réquisition des employés de l’Etablissement .
2*’ Les baig-neurs, sur la présentation de leur carte et billets constatant qu’ils ont payé au distributeur le prix des douches et bains ordonnés par le médecin, auront droit de choisir, sur le registre d’inscription, l’heure qu’ils préfèrent pour prendre les douches et bains, entre celles restant disponibles.
.‘3'’ Ces inscriptions seront reçues de dix heures du matin à midi et de deux heures à quatre heures du soir.
4° La durée de la douche ne pourra excéder vingt minutes. Les malades voulant faire usage des eaux un temps plus long devront payer deux billets. Ils ne pourront d’ailleurs être admis avant neuf heures.
5'' L’heure est réglée sur l’horloge de l’Établissement. Les huissiers feront évacuer les cabinets et feront l’appel des baigneurs d’après l’ordre de l’inscription dont un double reste affiché dans chaque division.
INDICATEUR D’aIX-LES-KAINS.
6° Le malade devra arriver cinq minutes avant l’heure qui lui est assignée. S’il ne répond pas à l’appel, l’huissier attendra cinq minutes et introduira la personne inscrite sous le numéro suivant. Le malade n’ayant pas répondu à l’appel perdra son tour d’inscription et devra attendre un cabinet vacant ou la fin du service.
7° Le service des douches est divisé en deux séries. La première commence à quatre heures du matin et finit à dix heures ; la deuxième commence à deux heures et finit à cinq heures du soir.
8° Le service des bains et piscines commence à quatre heures du matin et finit à onze heures; il recommence à une heure après midi, jusqu’à une heure avant la clôture de l’Etablissement .
9° Les doucheurs, sécheurs et autres préposés au service des bains reçoivent de MM. les médecins les ordres nécessaires pour administrer les eaux.
Tarif de rétablissement thermal.
A partir du 1<=‘' janvirr 1801.
Douches des Princes, à deux doucheurs ou doucheuses, exceptionnelles, données en dehors du service ordinaire, . . 2 fr. 50
Douches à un doucheur, Albertins, Centre et Enfer . .
l’.ViniK MLÜ1ÜAI.K.
\’apcur Bertliollet et douches locales avec
un sécheur 1 fr. oO
Douche locale sans doucheur 1 25
Salle d’inhalation 1 »
Douche ascendante, a})pareils non compris. • 75
Douche ascendante avec appareils 1 25
Bains ou Piscine avec ling-e 1 25
Appareils spéciaux dans les bains. . . . • » 50
Les porteurs sont payés directement par les haig-neurs à raison de 50 centimes pour portage simple et de 75 centimes pour portage double, au bureau qui est dans rEtablissement, au moment où ils reçoivent leur billet.
Dans les piscines, une leçon de natation se paye 50 centimes en sus du prix du bain.
L’administration ne reprend point les billets non utilisés. La gratuité des bains et douches est accordée aux habitants de la ville d’Aix et aux médecins.
Elle est accordée en tout ou en partie aux membres des ordres religieux, aux gendarmes, aux sousofficiers et aux soldats des troupes de terre et de mer, aux préposés des douanes, aux gardes forestiers, aux cantonniers des routes impériales et départementales et des chemins vicinaux, ainsi qu’aux iudificiils iiorlcurs d’une autorisation du ]>rèfel de leur département, et d’un certificat de médecin attestant que l’usage des eaux d’Aix leur est nécessaire.
INDICATEUU D’aIX-IÆS-BAINS.
Service de rbôpital.
Cet hospice, fondé en 1813 par Sa Majesté la reine Hortense, augmenté par M. W. Haldiman, s’est enrichi des dons du roi Charles-Félix, du marquis Costa de Beauregard, et de Sa Majesté l’empereur Napoléon 111.
Pour y être admis, il fout, outre le certificat d’indigence, consigner entre les mains du caissier la somme de 35 francs. Le prix des places payantes est de 1 fr. 50 c. par jour. Les malades qui reviennent de la douche en chaise à porteur, payent en outre 30 centimes par port.
Emploi médical des eaux.
Boisson. — 11 existe en ville des fontaines publiques d’eau thermale; mais c'est ordinairement dan.s l’Etablissement qu’on va boire les eaux. — Quant h la source ferrugineuse de Grézy, celle alcaline de Saint-Simon, celles de Marlioz, se trouvant placées à peu de distance de la ville, elles deviennent le but d’une excursion à la fois agréable et salutaire. — L’eau de Soufre de l’Établissement et celles de Marlioz sont surtout employées dans les dartres rebelles, les affections lymphatiques, les amygdalites, les irritations de la gorge ou du poumon ; l’eau (VAlun l’est
l’AirriE MKDicAi.i:.
spécialement dans les vomissements nerveux et certaines dyspepsies; l’eau fern((j ineiise, pour comhaitre les g-astrites chroniques, les pâles couleurs, l’anémie, la leucorrhée, le catarrhe vésical, et en lotions dans les ophthalmies. Quant à l’eau de Challes, dont l’action est si variée et si puissante, on peut dire avec certitude qu’ajoutée aux bains d’Aix et recevant des eaux d’Aix la thermalité qui lui manque, elle acquiert ici uue activité qu’elle ne possède pas à sa source même.
Bains. — Les eaux d’alun et de soufre, pures ou mélangées, servent à composer les bains qu’on prend quelquefois pour plus de commodité à domicile. Le médecin prescrit aussi, le plus souvent, les bains de l’Établissemeut, l’abondance des sources permettant d’y renouveler l’eau, en conservant sa température uniforme.
Douches. — La chaleur, la disjiosition des sources
iJuiicliL' ücussaisi'.
1 N I) I C AT KUU n’ A IX-LES- 1! A 1 NS .
et leur élévation naturelle ont perniis de donner aux douches d’Aix une perfection qu’on ne trouve pas ailleurs. — H y a des douches mitigées pour les personnes délicates; des douches de toute espèce, générales ou locales, pour le menton, le nez, les yeux, les oreilles, etc . ; enfin, des douches écossaises, alternativement chaudes et froides, si utiles pour combattre les affections nerveuses, la faiblesse générale, le rhumatisme et la paralysie.
Cuvette perfectionnée pour le mélange des cauv.
Aucun établissement thermal n’est, sous le rapport des douches, aussi complètement outillé.
La différente densité des trois espèces d’eaux; usitées dans les douches, provenant surtout de leur
l'AUTIE MEDICALE.
teaipérature diverse, fut long-temps un obstacle à leur parfait inélaug-e, lequel s’obtient aujourd’hui à l’aide d’un ingénieux appareil dù à M. l’ing-énieur François, et dont nous donnons ici le dessin.
Salles d’aspiratio.v. — Utiles dans les laryng-ites et bronchites chroniques, l’aphonie, les bronchorrhées, l’asthme humide, certaines névroses pulmonaires, ainsi que dans la phthisie laryng-ée.
L’eau de Challes, pulvérisée convenablement, pure ou mêlée à l’eau thermale, est employée dans les salles d’inhalation d’Aix dans certains cas d’ozène et d’affections chroniques des muqueuses.
^'APEUI^ — Plusieurs pièces voûtées servent à con-
Vaporariiiin.
centrer les vapeurs d’eau minérale. Pendant que dure le baiu de vapeur, le malade a les pieds ploug-és dans l’eau chaude ou reçoit la douche sur les extré-
20 INDICATEUR D’aIX-LES- BAINS.
mités inférieures, afin de prévenir toute congestion cérébrale. — Outre l’activité qu’ils impriment au.x. organes, ces bains communiquent au teint plus de finesse et de fraîcheur, et à la peau plus de souplesse.
Salle d’inhalation de l’etablissement thermal.
De la sndaiion . — Soit après le bain de vapeur, soit après la douche, le malade est communément enve-
PAKTIli MEniCAI.li.
loppé dans un drap de toile, ou mieux dans un peignoir de flanelle (1), 'puis CDunailloté dans une couverture de laine et transporté jusque dans son lit, qu’on a eu soin de cliaufFer. La sudation se prolonge environ une heure, pendant laquelle le sécheur (*2) essuie le visage, administre la boisson prescrite, jusqu’au moment où il ôte le maillot et vous change de linge.
D’autres fois, dans le but d’éviter la sueur, il ter mine la douche par un bain ou quelques affusions fraîches et s’en retourne à pied ou eu chaise.
Bains de natation munis d’appareils gy.mn.as- TiQUES. — Ainsi que l’ont signalé de célèbres ortho-
pédistes, l’exercice de la natation dans un milieu
(1) Lo drap seul et les serviettes néeessaires pour cette opération sont fournis gratuitement par les logeurs.
(■2) Les sécheurs et séelieuses sont des pei'souues de coufiauce attaeliées il eliaiiue liùtel, pension, maison à louer, spécialement chargées d’aceoiii|)agner les malades aux bains et des soins domestiiiues (|ui les concenient dans l'usage, des eaux. Leur rélrilmtion ne saurait être moindi'c de GO centimes par jour.
INDlCATEUli D’.\I';-IÆ£-1!A1NS.
tonique tel que l’eau thermale d’Aix est un des meilleurs remèdes à opposer à la faiblesse du système osseux. Ce moyen, parfaitement approprié aux jeunes personnes, sert à les fortifier, à leur donner plus d’aisance, de souplesse, et à prévenir ou à corriger les imperfections de la taille. Il produit souvent des guérisons remarquables chez les scrofuleux, les rachitiques, et chez ceux qui sont affaiblis par des excès ou une trop rapide croissance.
Boues MINÉRALES. — Ces boues, qui sont aujourd’hui moins usitées, faute d’un agencement convenable pour les recueillir, se composent en grande partie de glairine ou matière azotée des eaux. Je les ai employées plus d’une fois avec grand avantage, soit sur des malades de l’hôpital d’Aix, soit dans la pratique civile, pour combattre des ulcères gangréneux, les rétractions suite de brûlure, et quelques maladies circonscrites de la peau et des articulations.
Des sources minérales environnantes!
Ainsi qu’on l’a vu plus haut, indépendamment des eaux thermales d’Aix, plusieurs autres sources minérales des environs forment un accessoire utile au traitement, et produisent des résultats qu’on aurait peine à obtenir d’une autre combinaison. Ce sont celles de :
INDICATEUR D’a1X-LES-1!AINS.
Marlioz, — à vingt minutes de la ville, minéralisées par le sulfure sodique, l’iode, le brome et le gaz sulfhydrique libre , marquant de 24 à 30 degrés au sulfhydromètre, placées au milieu de charmants bosquets, très-fréquentées , et spécialement utiles dans les affections de la peau et des voies respiratoires. Les salles d’inhalation gazeuse froide, inaugurées en 1861, sont pourvues d’appareils pour la vérisaiion de l’eau, qui est ainsi aspirée sans efforts et sans décomposition de ses principes minéralisatCLirs. L’eau destinée à la boisson est chauffée par serpentinage, ce qui prévient sa décomposition.
Une partie de l’établissement est spécialement affectée aux douches dites pharyngiennes. Elles sont à jets directs ou à gouttelettes réfléchies, agissant sous une pression qui varie, suivant la prescription du médecin, de une à cinq atmosphères.
L’amygdalite chronique, l’angine glanduleuse, l’asthme, la phthisie laryngée trouvent à Marlioz un remède efficace. L’hémoptysie y est quelquefois soulagée. Ces effets sont dus autant à l’action sédative et stupéfiante du gaz sulfhydrique sur la circulation qu’aux modifications constitutionnelles qui accompagment constamment l’usage de cette eau.
(1) Service d’omnibus, p. Marlioz, plusieurs fois par jour. Pri.x : 00 cent. Départ de la place Centrale.
l’ARTlli MEDICALE.
Saint-Simon. — Source alcaline magnésienne, employée avantageusement dans les névroses de l’estomac, la goutte, les affections vésicales, etc.
Chaules, près de Chambéry. Ce sont les plus riches connues pour la sulfuration et l’ioduration. Elles renferment 559 milligrammes de sulfure hydraté de sodium et de Ü,U1 d’iodurede potassium par 1 ,000 grammes d’eau . — D’après M. Calloud, (5 litres d’eau de Challcs dans un bain des eaux d’Aix le rendent plus soufré que la plus sulfureuse des eaux des Pyrénées.
Gkésy. — Source ferrugineuse crénatée , à dix minutes d’Aix, par le chemin de fer, formant une boisson tonique agréable et d’une digestion facile et utile, dans la leucorrhée et l’anémie.
CoisE. — Cette source est la plus alcaline de la Savoie. Comme élément caractéristique, elle contient du bicarbonate ammonûjup, et en outre du gaz protocarburé d’hydrogène, de la glairine et de l’iodure de potassium à la dose de 5 centigrammes par litre, qui lui communique à la longue l’odeur safranée de l'iüde. Cette eau, d’après l’exjiérience de notre regretté et savant confrère M. le docteur Kiliiet de Genève^ et ce que nous avons constaté nous-même
INDICATEUU d’aIX-IÆS-BAINS.
jouit de propriétés fondantes énergiques. On l’emploie avec succès pour combattre l’induration du foie, le g’oître et les engorg-ements parenchymateux.
Eau de la JJaucItc, récemment découverte, la plus riche en bicarbonate et crénate de fer qui soit connue, recommandée dans l’aménliorrée, la chloroanémie, la gastralgie, la migraine et les névroses. Elle coiiiienl IIQ milligrammes de peroxyde de fer par litre. Chauffée à 32 degrés, elle conserve encore la moitié de son fer et supporte le transport parfaitement.
En jetant un coup d’œil sur le tableau ci-joint des analyses chimiques de sources aussi variées que celles qui précèdent, on concevra quelle peut être leur puissance thérapeutique, si elles sont habilement combinées par un médecin expérimenté. Aussi ce dernier obtient-il, par la seule action des moyens que la nature met ici à sa disposition, les trois sortes de médications ; excitante, déprimante et perturba- Irice. Telle est la raison du cadre, proportionnellement plus étendu qu’ailleurs, des maladies que nos eaux embrassent dans leur sphère d’activité.
De la saison des eaux.
Bien qu’on puisse, à la rigueur, prendre les eaux en toute saison, l’expérience m a appris que les ma-
l’AUTIli MliDlCALi;.
Indes rlmmntisnnts doivent préférer la saison printanière, les g-outteux l’été, les paralytiques le printemps et l’automne. J’ai vu aussi des individus atteints de scrofules, de carie osseuse, de toplius articulaiies, prolonger avec un avantage marqué leur cure thermale pendant tout l’iiiver. Les sujets à poitrine délicate dont l’état s’aggrave par un air sec et froid se Irouvent bien de passer l’hiver à Aix.
Durée du traitement.
La durée du traitement est généralement de vingtcinq à trente jours pour une saison. Lorsque le mal a quelque intensité ou qu’il dure depuis longtemps, il est souA'ent préférable d’administrer les eaux d’une manière plus douce, mais d’en prolonger l’usage, en faisant, après quelques jours de repos, une deuxième et même une troisième cr.re.
Précautions avant la cuie.
Toutes les fois qu’il existe des symjjtômcs d’embarras gastrique, il faut, avant de prendre les eaux, les faire disparaître par quelque laxatif : l’huile de ricin, la limonade de Rogé, etc. S’il y a prédisposition aux congestions sanguines, surtout du côté du cer-
IN ÜICATEUri I>’ AIX-LE^BAINS .
veau, dans les cas d’évacuation sanguine supprimée et d’une habitude dès longtemps contractée de ce moyen, la saignée devient nécessaire.
Les personnes atteintes de rhumatisme, syphilis, maladies cutanées chroniques, se prépareront au traitement thermal par les boissons sudorifiques ; les malades nerveux, à fibre sèche et irritable, par des bains d’eau douce amidonnée. Ces moyens préparatoires, non indispensables, mais toujours utiles, seront employés pendant un temps plus ou moins long, d’après la connaissance qu’a le médecin ordinaire de la constitution du malade.
Précautions pendant la cure.
1° L’action des eaux étant énergique, les malades doivent se conformer très-strictement aux proscriptions qu’un médecin prudent leur laisse ordinairement par ccril, afin d’éviter toute cause d’erreur qui leur serait préjudiciable.
2° Pendant que le malade est soumis à l'action des eaux, on dirait que l’économie tout entière a besoin de plus de repos et d’un peu de recueülemenl, ce qui lui fait un devoir d’éviter toute impression morale ou physique trop vive.
3° Se défier du surcroît d’appétit que donne l’air nouveau et très-oxygéné de nos montagnes.
l'.UlTIl' JIKniCALI' .
4" Accorder la préférence aux aliments de facile dig-estion. Ne se baigmer que trois ou quatre heures après avoir mang-é, et mieux étant à jeun.
5° Éviter la fraîcheur du soir, surtout en stationnant dans les cours ou les rues, et rarement se promener dans la plaine après le coucher du soleil.
()^ .\dopter des vêtements chauds et lég-ers, et de ])référence ceux de laine.
Ne pas rechercher de trop fortes transpirations, car, suivant la jinste observation du docteur Herpin (de Metz), bien que les eaux d’Aix débilitent relativement moins que d’autres eaux, la sueur ne devient utile qu’autant (pi’elle est mise par le médecin en rapport avec les forces individuelles. Du reste, le malade fera mieux de compter pour sa g-uérison sur la modification constitutionnelle, lente et prog-ressive qui survient constamment à la suite d’un traitement thermal sag-ement dirig-é. En ceci, comme en tonte antre chose, il faut se g-arder des donneurs d’avis, qui, .sans être médecins, et sans avoir ég-ard à l’àg’c, au tempérament et aux complications morbides, prolong'ent la maladie par des conseils intempestifs.
<S‘’ Après la douche, le séjour au ))millolne dépassera pas une demi-heure, pour peu que le malade ait à ménager ses forces.
Les dames interrompront la cure thermale à certaiiK' époque.
INDICA I KUH 1)’aiX-LF>-:-BAIN'S.
MO
10'’ User (le tout modérémenl, mais éviter spécialement l’excès (les choses dont l’action est diamétralement opposée à celle des eaux, qui est de pousser du centre à la périjdiérie : tel est l’usage immodéré des boissons glacées, des sorbets, des acides, des viandes salées, qui, par leur action stimulante sur le tube digestif, tendent à diminuer ou à suspendre la transpiration habituelle.
11° L’éruption cutanée connue sous le nom de pousücc (les vaux ne nécessite d’interruption que lorsqu’elle s’accompagne de symptômes fébriles.
12° Les personnes délicates et maladives feront toujours bien de ne pas se mouiller les cheveux dans le bain ; elles éviteront des (humes, des fluxions aux oreilles et des maux de dent.'.
13° On évitera de se laisser aller au sommeil tant qu’on sera dans le bain ; mais si plus tard on s’y sent porté, on doit le considérer comme un symptôme du calme produit sur le système nerveux et comme un signe du retour de l’harmonie dans les fonctions animales, base de toute action restauratrice.
14° Bien qu’il soit quelquefois utile de recourir à des médicaments, nous ne les conseillons que lorsqu’il y a urgence, par la considération qu’à Aix-les- Eaux le changement de vie et de climat suffisent pour agir d’une manière curative. Ceci a lieu surtout
l’AUTIK MKDICAU:.
lorsque le malade y arrive avec des organes digestifs déjà fatigués et très-impressionnables.
Précautions après la cure.
1° Le traitement une fois terminé, le baigneur se rappellera que les pores restent plus ouverts, l’exhalation de la peau plus active. Ce qui doit l’eng-ager à rentrer paisiblement dans son pays et à éviter toutes les causes de refroidissement. — De là découle aussi la nécessité, lorsqu’on a des excursions à faire dans les montagnes, de les faire avant de commencer la cure ou de choisir l’intervalle entre deux saisons thermales.
’i" J'insisterai auprès du malade pour que, de retour chez lui, il mette un repos de huit à dix jours avant de reprendre ses occupations habituelles, surtout si elles exigent une certaine tension d’esprit ou des fatigues énervantes.
3° 11 favorisera la transpiration, pendant quelques jours encore, par des boissons sudorifiques, suivant en ceci, toutefois, les recommandations de son médecin, ou eu prolongeant son séjour au lit à l’heure où il revenait de la douche. L’observation nous a appris que ces sueurs critiques, si elles sont modérées, peuvent avoir une influence heureuse sur la guérison.
1M)I0,\TEUU I)’a1X-LES-BAINS.
Du mode d’action des eaux et de leur e£Fet consécutif.
Les eaux ont pour effet d’agir primitivement sur la diathèse ou vice général entachant l’économie. Elles exercent :
1° Une action spécifique, par l’absorption des principes chimiques minéralisateurs;
2° Une action dépurative générale, en augmentant l’action des vaisseaux absorbants et le jeu de toutes les sécrétions;
3° Une action locale sur la peau ainsi que les tissus sous-jacents, et spécialement une action révulsive, au moyen des douches localisées sur les parties éloignées du mal.
Tel est le secret de l’influence des eaux dans le plus grand nombre des maladies. Cet effet est d’autant plus sûr qu’il s’est produit d’une manière graduelle, comme toutes les améliorations lentes, mais durables.
Je terminerai par une remarque importante, savoir, que souvent, pendant le traitement thermal, les souffrances sont augmentées. — Mais que les malades, loin de se décourager, se rassurent ; qu’ils continuent leur cure aussi longtemps que les docteurs de la localité le leur conseillent : dans la majorité des
l’AIlTIE VEOICAI.E.
cas, ils seront amplement récompensés de leur persévérance, car, si les eaux semblent d’abord avoir exaspéré quelques symptômes, c’est afin d’arriver plus sûrement à en débarrasser l’org-anisme.
Nombre proportionnel des maladies observées à Aix,