V. — Contre-indications
Tirées de l’état organique du malade. Du fait de Ta possibilité d’accidents, il faut, l’indication psychiatrique posée, envi-
sager dans quelles conditions la constitution physique du malade permet la sismothérapie. La décision thérapeutique sera prise en fonction de l’état mental et des risques à courir. Elle sera plus aisée lorsque l’affection mentale sera grave et rebelle aux autres thérapeutiques (sitiophobie, raptus anxieux, tentative de suicide...). Toutefois, on évitera la convulsivothérapie dans différents cas (DESHAIES) :
A) Affections ostéo-articulaires. En dehors de cas graves et évidents : fractures récentes, luxations récidiventes, maladie de Lobstein, on pourra utiliser sans crainte la convulsivothérapie.
B) Affections cardio-vasculäires. Elles ne sont plus redoutées aujourd’hui. Cependant, on conservera une certaine méfiance en cas de: myocardite, coronarite, fibrillation et insuffisance cardiaque. La thérapeutique cardiaque pourra encore diminuer les dangers.
En ce qui concerne l'hypertension artérielle et l’artérioclérose, les idées diffèrent selon les auteurs, certains restant très prudents. Toutefois, récemment, LEROY a fait des Electro- Chocs chez des hémiplégiques, même récents, et a constaté de plus des améliorations motrices.
L’à-coup hypertensif, dû probablement à lat du courant sur les centres neuro-végétatifs, neuro-diencéphaliques, faisait écarter cette thérapeutique dans les cas de maladie hypertensive. LABOUCARIE et BENAZET ont montré qu’en pratiquant des Chocs simples sous narcose barbiturique, on évitait la brutale élévation de la tension artérielle.
C) Affections respiratoires. La question se pose surtout pour la tuberculose pulmonaire. La forme caséeuse et fébrile est toujours tenue par certains, pour une contre-indication formelle, alors que d’autres n’en tiennent pas compte. Les hémoptysies font surseoir à la convulsivothérapie qui a une action congestive. Mais avec les thérapeutiques actuelles, actives sur la tuberculose, la phtisie ne semble plus devoir être une contre-indication formelle.
D) Affections endocriniennes. Seule l’hyperthyroïdie est encore discutable.
E) Affections nerveuses. L’épilepsie et la maladie de Parkinson ne paraissent pas constituer des contre-indications. Il ne semble pas que des tumeurs aient été particulièrement
aggravées; parfois même elles purent être découvertes à la suite de Chocs.
F) Causes générales. Les affections intercurrentes, les grossesses proches du terme, l’âge, les états cachectiques, peuvent faire discuter de l’opportunité de la sismothérapie. On les pratiquera s’ils sont indispensables, en prenant toutes les précautions nécessaires.
En définitive, actuellement, il semble qu’il n’y ait pas de contre-indications absolues, mais des contre-indications relatives ou temporaires. D'ailleurs, toute thérapeutique active comporte certains risques bénins ou graves, et s’abstenir peut être aussi néfaste qu’agir mal à propos. Il faut prendre une responsabilité et un risque légitimé par la situation pathologique, les chances d’amélioration ou de guérison.