‹ Indications, Contre-Indications De La Convulsivothérapie Par Électro-Chocs Dans Les Syndromes NéropathiquesChapitre 34 sur 44 · EN NE · texte numérisé non relu

EN NE

Diagnostie : Syndrome anxieux à forme hypocondriaque.

Une cure par E. C. apporte une rémission complète de l’anxiété, quelques préoccupations hypocondriaques peu marquées persistent encore. La malade peut regagner ses foyers le 10 septembre 1948.

O8s 24. - (6.740 F). Coq. Antoinette, 51 ans. Hospitalisée le 4 février 1944 à Grange-Blanche.

Opérée récemment pour une subocclusion, elle a fait ensuite une phlébite. En fait les troubles hypocondriaques remontent à plusieurs années. Elle se plaint de douleurs siégeant à la base de l’hémithorax gauche, irradiant à tout le corps, et qui persistent souvent plusieurs jours. Tous les examens pratiqués demeurent négatifs. La malade croit ètre atteinte d'un cancer.

Mise en observation dans un service de Chirurgie, nullement rassurée, elle entraîne de grosses perturbations dans la vie de ce Servicé, ennuyant tous ceux qui l'approchent. Elle demande qu'on lui fasse une piqûre pour la tuer, et vérifier ensuite l'exactitude de ses dires.

Les E, C. pratiqués se soldent par un échec complet.

OBs. 25. — (8.509 F). Lom.. Jeanne, 50 ans, entrée le 18 mai 1947 à Grange-Blanche. à

Malade sans antécédents pathologiques, qui depuis Décembre 1946 se plaint de vagues douleurs épigastriques à irradiation en haut, qui se fixent à la gorge avec picotements pharyngés et sensation d’étouffement. Elle est persuadée avoir un cancer et craint de mourir sous peu; à plusieurs reprises, elle a fait demander un prêtre. En plus, des idées. délirantes de préjudice s'installent; l'anxiété est importante.

Diagnostic : Délire hypocondriaque avec idées de préjudice. Grosse charge anxieuse.

Après 4 E. C., la malade est très améliorée, l'anxiété et les idées de préjudice ont disparu. Le 13 juin, la malade peut quitter l'Hôpital en voie de guérison.

O8s. 26. — (11.594 F). Pou.… Fernande. Célibataire, 49 ans, entrée à Grange-Blanche le 11 septembre 1950.

Dans les antécédents, on remarque : un père éthylique, deux sœurs qui auraient fait à la ménopause des accidents psychiques: elle même est ménopausée depuis deux ans.

En 1943, un fibrome est découvert chez cette malade, mais il n’y a pas d'intervention. Depuis environ six mois, elle craint d’avoir un cancer, et elle accuse des troubles fonctionnels divers : douleurs vagues dans la région sacrée, cystite… Elle s’est toujours inquiétée pour sa santé, bien qu'elle n'ait jamais eu de maladie grave. Actuellement, elle se fait beaucoup de souci pour ce fibrome qui pourrait être un cancer, constamment elle s’examine la vulve, analyse ses urines, ses fèces, veut les comparer à celles de ses parents. Elle ne parle que de sa santé, et consulte en permanence un Larousse Médical. Elle aurait maigri.

Diagnostic : Algies obsédantes génitales sans aucun substratum anatomique. Appoint anxieux considérable.

Après 4 E.C., la malade paraît améliorée, certainement moins anxieuse, [1 n’est pas sûr que son algie génitale ait disparu, cependant la malade n’en parle pas, vraisemblablement pour qu’on la laisse rentrer chez elle (le 5 octobre 1950).

Ces observations montre la faible efficacité des Electro- Chocs dans lhypocondrie. Ce n’est que lorsqu'il existe un appoint anxieux considérable, qu’ils peuvent être indiqués. Par contre, l’anxiété qui, par sa fixation sur un point de l’organisme, réalise un syndrome hypocondriaque, est favorablement influencée par les Chocs. En dehors de ces cas, « ces malades ont leur vie coupée en deux, la vie douloureuse d'avant l'Electro-Choc et celle d’après >» (DELMAS-MARSALET).

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