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VII. — La cyclothymie

Il est évident que les thérapeutiques par Chocs ne peuvent rompre l’évolution cyclique de la psychose maniaco-dépressive, même dans ses formes mineures. En effet, le cycle de ces sujets est un cycle biologique, fortement ancré dans la personnalité. Sil y a guérison de tels accidents après application d’une thérapeutique de Chocs, on peut craindre qu’elle ne soit due qu’à une simple coïncidence. Le traitement aurait été fait au voisinage du terme ignoré de l’accès périodique. Cependant, pour quelques cas particuliers de formes mineures conscientes, les Electro-Chocs peuvent rendre service.

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O8s. 28. — « Forme mineure de cyclothymie à court terme ».

Monsieur B.…. né en 1914, père alcoolique, excité psychomoteur, ayant fait des crises d’épilepsie espacées, mort d’ictus à 70 ans, mère inquiète, soucieuse, rabacheuse.

Son enfance et son adolescence sont sans incident. Il se marie à 27 ans (deux enfants, l’un mort).

Depuis Avril 1946, il est sujet à des phases d’excitation de trois semaines alternant régulièrement avec une phase de dépression à peine un peu plus longue. L’entourage estime qu’il ne reste pas plus de deux ou trois jours à un étiage normal, mais il se soucie toujours de ses affaires et fait preuve d’une activité professionnelle dont les résultats sont heureux car il est encadré, d’une part, par sa femme, d’autre part, par un associé qui le connaît bien.

Mais ce sont cependant ceux-ci qui lui M eteent de recourir au médecin lorsqu'une fois ou deux par an la phase d’excitation passe les bornes. Sur leur insistance, on entreprend une série de Chocs ambulatoires (deux séries de quatre pour deux phases d’excitation). Le traitement n’a pas été poursuivi. Le sommeil a été rétabli tout au moins pour quelques heures. L’entourage affirme que l’activité a été réduite et que surtout l’irritabilité du caractère a diminué.

Dans la suite, on institue chez ce sujet, parfaitement sobre et aussi bien docile, une cure médicamenteuse à base de Phénergan (6 comprimés) et de Calcibronat qui atténue considérablement l'intensité des périodes d’excitation et permet un sommeil assez régulier de 6 à 7 heures.

En 1953, cet état se maintient ainsi depuis Mars 1947.

Dans ce cas, les Chocs ont calmé l'excitation et l’irritabilité, et facilite la reprise du sommeil.

Dans le cadre de l’utilisation de la Convulsivothérapie au . cours des névroses, nous signalerons qu’elle peut offrir un certain intérêt dans des cas d’impuissance névropathique (non périodique), et de tics ayant résisté aux autres traitements. Les Electro-Chocs ont également rendu service à certains Psychiatres au cours de cures de désintoxication pour alcoolisme, ou pour toute autre toxicomanie (Lopez-IBoR). Ceci est compréhensible du fait que la plupart de ces malades ont un terrain anxieux qui peut être favorablement influencé par les Chocs.

Ainsi, l’on se rend compte qu’il est bien difficile de poser, après précision, les indications ou les contre-indications d’Electro-Chocs au cours des divers syndromes névropathiques. En matière de névrose, il n’y a que des cas d’espèces. La Convulsivothérapie à l’aide des courants électriques ne constitue certes

pas le traitement de choix de ces états, mais dans certains cas, elle peut rendre d’appréciables services. C’est souvent en présence de troubles durables, graves, rendant à ces malades leur vie sociale, familiale, morale pénible et même impossible que l’on est conduit à envisager son opportunité.

Mais c’est avant tout l’expérience clinique et l'intérêt du malade qui permettront de poser l'indication. L’angoisse névropathique surtout, sous toutes ses formes, pure ou associée à d’autres syndromes, peut tirer un grand bénéfice des Chocs. De même, les accidents dépressifs, plus ou moins apparentés aux mélancolies, mais demeurant toujours conscients, qu’ils soient endogènes ou réactionnels, guérissent très bien grâce à cette thérapeutique.

Par contre, les troubles qui relèvent d’un tempérament pe paraissent pas modifiés, ni dans un sens ni dans un autre, par les Chocs. Le psychasthénique, lhypocondriaque, l’anxieux constitutionnel, l’obsédé (qui n’est au fond qu’un psychasthénique où qu’un anxieux) ne sont pratiquement pas influencés par la Convulsivothérapie. Cependant, de tels sujets font avec facilité des accidents : états’ dépressifs, crises d’angoisse, anxiété surajoutée, obsessions interdisant toute activité, qui eux pourront nécessiter une cure par Chocs. De même, ces derniers qui semblent n’avoir que peu ou pas d'action dans les formes mineures conscientes de cyclothymie, peuvent dans quelques-uns de ces cas rendre service.

Enfin, l’hystérie et le pithiatisme, purs ou associés à une épine organique, ne paraissent pas devoir bénéficier des Electro-Chocs. Ce n’est que lorsqu'ils seraient pratiqués rapidement après la frustration affective, cause déclenchante des manifestations, qu’ils auraient une certaine utilité. Sinon ils semblent n’agir que comme une psychothérapie armée.

En ce qui concerne les contre-indications, il n’y a également rien d’absolu. Certes, les Chocs peuvent faire naître ou accentuer un sentiment de dépersonnalisation chez un psychasthénique ou un anxieux. Une ébauche de ce sentiment, son apparition au réveil d’un Choc, doivent faire craindre une aggravation particulièrement redoutable, car rebelle. On ne peut toutefois pas, là encore, parler d’une contre-indication formelle; nous avons en effet rapporté des observations de malades qui, bien que présentant ce sentiment, ont été traités

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