‹ Indications de l'emploi de certains agents physiques dans le traitement des maladies non chirurgicales de la glande mammaireChapitre 9 sur 13 · OBSERVATION IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION IV

(Pierron. Journal de médecine de Paris, 1899).

Mme X..., primipare, après avoir sevré son enfant qu’elle avait allaité, s’aperçut au bout de 15 jours qu’il dépérissait et ne voulait prendre que le sein. L’allaitement ayant été inter-

îompu, la sécrétion lactée s était tarie et les règles avaient

reparu.

Faradisation quotidienne pendant 1/4 d’heure.

Au bout de 4 jours, les seins sont gros, développés comme pendant 1 allaitement, le lait est très abondant et de bonne qualité. L enfant a été remis au sein pendant 2 mois et a augmenté régulièrement de poids.

Remarque. — Pierron prétend, à ce propos, que chez une femme nouvellement accouchée dont la montée de lait ne se fait pas ou est insuffisante, on peut la rendre normale par la faradisation. Bien plus, ajoute-t-il, on pourrait faire sans doute fonctionner la glande mammaire en dehors de la période reproductive, ainsi que cela a été obtenu au moyen d’excitations portant sur le mamelon.

OBSERVATION V (personnelle).

MmeD.., 25 ans, II pare, est d’une bonne constitution.

Elle a pu allaiter son premier enfant; mais comme cet allaitement s’est prolongé pendant les 3 premiers mois de sa seconde

grossesse, il fut décidé, dès le deuxième accouchement, qu’on mettrait ce second enfant en nourrice.

Accouchement le *28 novembre 1902, à terme. Enfant mâle.

Poids de l’enfant à sa naissance, 2,500 grammes.

Les seins de sa mère ont été peu modifiés par cette deuxième grossesse depuis l’epoque où elle a cessé d’allaiter son premier enfant.

29 novembre 1902. — Après avoir été mis une fois au sein maternel, l’enfant est emporté à la campagne chez une mercenaire.

Celle-ci, travaillant beaucoup aux champs, avait peu de lait et donnait à l’enfant des soupes et même de la viande broyée.

Le 10 décembre. — L’enfant est visité par ses parents ; il a delà diarrhée, il vomit, son état est très mauvais. Apprenant que la nourrice lui avait donné à manger pour suppléer à sa sécrétion lactée insuffisante, ils le retirent. La mère effravée par le résultat de cet abandon, prend la résolution d’allaiter elle-même. Mais ses seins sont vides et l’enfant très affaibli, refuse de les prendre.

Les 11 et 12 décembre. — On donne du lait stérilisé, et dans l’intervalle de ces prises de lait, le sein. La diarrhée de l’enfant s’est arrêtée le 1 I décembre.

Le 13 décembre. — La sécrétion lactée ne s’est pas encore produite.

Mme 1)..., nous charge de rétablir cette sécrétion, et nous lui proposons des applications de courant faradique.

Poids de l’enfant 2.600 grammes.

Le 14 décembre. — A 4 heures de l’après-midi, première séance pendant 20 minutes.

Pendant cette séance où des applications sur les deux seins

ont été faites, MmeD... dit éprouver des picotements ; le sein droit a durci et augmenté de volume.

L'enfant ne prend que du lait stérilisé .

Le 15 décembre. — Deux séances de 20 minutes chacune. A la fin de la première séance, on peyt faire sourdre un peu de lait par le mamelon. Les seins sont très augmentés de volume.

Le 16 décembre. — Une seule séance dans la matinée. Pendant cette séance, du lait s’écoule du sein gauche. Dans la soirée, Penfant est remis au sein et s’endort 10 minutes après cette première tétée.

La sécrétion lactée paraissant suffisante, on supprime le lait stérilisé le 17 décembre. L’enfant pèse 2680 grammes.

Revu et pesé le 1er janvier 1903, l’enfant est en bon état. Il pèse 2.900 grammes, est vigoureux, et trouve assez de lait dans le sein de sa mère. *

Franklinisation .

OBSERVATION VI (Bédart. In thèse de Hénau, Lille 1899).

F. D... primipare, accouche prématurément à 7 mois. Montée laiteuse normale.

Un mois après cet accouchement, crevasses du n amelon droit. Cessation de l’allaitement. La sécrétion lactée se tarit complètement. ’ .

Vue le 20 mai 1897. — F. D... a le sein gauche très p 'Lit et le sein droit absolument flasque.

Pas de lait à la pression. La téterelle permet d’extraire un liquide blanchâtre très épais.

Règles reparues le 22 mai. Constipation. L’enfant a la diarrhée.

29 mai 1897. — lro séance. — Franklinisation du sein gauche seul. Après la séance, picotements intenses, mais effet nul.

Le 1er juin. — 2e séance. — Franklinisation du sein gauche seul. Après la séance sensation de gonflement. La malade prétend qu’il lui semble que le lait monte.

Le 3 juin. — 3e séance. — Franklinisation du sein gauche seul. En prenant le mamelon, on fait sourdre du lait. Les seins sont gros et durs.

L’enfant ne s’éveille plus que deux fois par nuit. Après avoir tété, il lui arrive parfois de régurgiter du lait.

Le 5 juin. — 4e séance. — Le lait a reparu dans le sein droit bien qu’il n’ait pas été électrisé. Le sein gauche secrète abondamment. *.

Le 7 juin. — 5e séance. — Le lait sort des deux seins quand on excite l’un d’entre eux. Les règles sont revenues chez cette femme. Son enfant va bien et s’accroît.

Massage.

OBSERVATION VII (inédite).

(Due à l’obligeance de M. le Professeur Arnozan (de Bordeaux) et de M. Donnadieu (de Bordeaux).

Mme A... D... est une jeune femme dont les seins peu développés, n’ont subi aucune modification appréciable au cours d’une première grossesse. Dans ces conditions, l’allaitement

maternel a été tout à fait impossible.

Aucune des deux sœurs de cette personne n’a d’ailleurs pu nourrir ses enfants.

Malgré cette hérédité peu favorable indiquant sans doute un

état rudimentaire familial de la glande mammaire, et malgré des

antécédents personnels mauvais, lors d’une 3e grossesse,

Mme A... D... manifesta le désir d’allaiter elle- même son

enfant ; bien que la montée de lait ne se fut pas faite.

Trois séances de massage centripète, avec de la mousse de /

savon furent pratiquées chaque jour.

Du galega fut donné à l’intérieur.

Au bout d'une dizaine de jours, la montée laiteuse, qui s’était faite progressivement, était suffisante.

Au 5« mois de l’allaitement, grippe et poussée de pyélite. La sécrétion lactée' diminue notablement; elle est presque inappréciable. Le massage est repris comme précédemment, et au bout de 5 à 6 séances, la sécrétion est suffisante pour que l’allaitement suspendu puisse être repris.

Après chaque séance de massage, la patiente dit éprouver du

côté des seins, des picotements, des tiraillements qu’elle compare à ceux que produit la succion de 1 enfant.

A sa 3e grossesse, Mme-A... D... n’a pas de lait au moment de ses couches. Dès 1 accouchement, le massage est entrepris. 3 séances par jour, de 10 minutes chacune. Pas de galéga. La montée de lait se fit normalement 3jours après 1 accouchement. Elle était très abondante et n’eut pas de défaillance pendant toute la durée de l’allaitement. L enfant, vorace et vigoureux, trouva toujours suffisamment de lait.

Pendant ces dernières séances de massage, la patiente dit

éprouver des coliques utérines.

Le massage et les grossesses avaient sans doute donné à la glande mammaire un développement normal.

OBSERVATION VIII (inédite).

(Due à M. le Professeur Arnozan et à M. le Dr Donnadieu,

de Bordeaux).

Appelé auprès d’une nourrice mercenaire dont la sécrétion

lactée était tarie, M. le I)r Donnadieu conseilla de pratiquer le massage des seins (trois séances par jour de 10 minutes chacune). Les séances furent pratiquées par une sage-femme. Dès la dixième séance, la sécrétion lactée était rétablie. L’enlant, remis au sein, cessa de crier et augmentait régulièrement de poids.

On cessa le massage. Au bout de quatre jours, malgré les

succions de l’enfant, la sécrétion lactée avait beaucoup dimi-

nué. On reprit le massage; le résultat fut encore excellent. Quand on cessa, la sécrétion lactée diminua de nouveau.

La nourrice fut alors renvoyée ; mais l’impression de la sagefemme et du médecin, était que, si*on avait continué à pratiquer le massage pendant toute la durée de l’allaitement, celui-ci aurait été possible.

OBSERVATION IX (personnelle)

Mme Berthe F..., primipare, couturière, accouche le 5 janvier 1903 à la maternité de Boucicaut.

La montée de lait ne s’est pas faite ; ses seins peu développés, n’ont pas été sensiblement modifiés par la grossesse.

L’enfant, mis au lait stérilisé pèse 3.000 grammes. Sortie de

l’hôpital le 15 janvier, Mme F..., dont les ressources sont médiocres, veut entreprendre de nourrir son enfant au sein.

Le 15 janvier. — 3 séances de massage, pendant 1 /4 d’heure. La malade dit que ses seins sont sensibles à la fin de chaque séance.

Le 17 janvier. — 3 séances. — Pendant la 3e séance, la patiente dit éprouver des tiraillements, des picotements, il lui semble qu’un liquide circule dans sa glande mammaire. Les seins sont augmentés de volume.

Le 18 janvier. — A la fin delà lre séance de massage, il est possible de faire sourdre du lait par le mamelon. Deux séances sont pratiquées dans la journée. L’enfant est mis au sein après la 3e séance.

Le 19 janvier. — Les seins sont gorgés, des veines bleues se sont dessinées sous la peau ; l’enfant prend bien le sein et ne crie pas après les tétées.

Le 20 janvier. — Le lait stérilisé est suppprimé, le sein est exclusivement donné.

Réfrigération dans les phlegmasies mammaires.

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