ARRONDISSEMENT DE SAINTES
Le mal a marché avec le vent de mer, c'est-à-dire de l'ouest à Test, et on a observé, dans les points attaqués les premiers et successivement, sinon simultanément, Montils, Colombiers, la Jarcl, Berneuil, etc. , que les portions envahies d'abord étaient les coteaux regardant l'ouest.
Les terrains du sud et du sud-ouest des environs de Saintes sont crétacés et à couche arable, en général, peu profonde, et ce sont ceux qui ont été envahis les premiers; ce n'est que bien plus tard que le mal paraît au nord, où le sol est argilo-siliceux.
Le mal a suivi les deux rives de la Charente , d'abord sur la rive gauche (Montils, Colombiers, la Jard, Saint-Léger, Pons, etc.), puis, à très-peu d'intervalle, sur la rive droite (Dompierre, Saint- Sauvant, Chérac, etc.). Il semble venir de la Dordogne, avec de
larges intermittences, de préférence sur le terrain crétacé inférieur, et, en même temps qu'il traversait la Charente, être entré dans la Charente-Inférieure vers Montils, point peu éloigné des régions si infectées qui avoisinent Cognac. Saintes produit de l'eau-de-vie moins estimée que celle de Cognac; la rive gauche de la Charente y est comptée comme Borderies, et la rive droite comme Bois. Les localités voisines, très-atteintes du Phylloxéra, sont de Petite Champagne.
J'ai trouvé répandue à Saintes, comme à Bordeaux, cette idée absurde , que l'insecte a été engendré soit par le guano , soit par le fumier de ville.
Canton de Pons. — Les cantons de Pons et de Saintes (partie sud) paraissent avoir été envahis en même temps. Les vignobles de la commune de Montils sont ceux où la présence du Phylloxéra dans le département a été signalée pour la première fois, en octobre 1873. Cette commune est située sur la rive gauche de la Charente et sur la rive droite de son affluent, la Seugne; elle appartient à la Petite Champagne. H y a environ quatre ans que cette localité est atteinte. Ainsi, en octobre 1873, M. Bisseuil, propriétaire et minotier au moulin de Montils, près des ponts de Colombiers, a fait arracher environ 2 hectares de vignes qui ne produisaient rien depuis deux ans, sans qu'on sût par quelle cause, et a mis du froment à la place; tout le reste du vignoble est abandonné et très-malade. Le mal était considérable sur déjeunes plants de trois ans comme sur de vieilles vignes. H y a également beaucoup de mal chez M. Sarrazin. Aux Trois-Ormeaux, chez M. Jules Guy, on voyait plusieurs taches en 1873, une entre autres de 2 5 ceps, qui en comprenait bien 3oo en 187/i., où tout le vignoble était infecté. La commission du Phylloxéra du Comice agricole de Saintes a parcouru le territoire de la commune de Montils dans la première quinzaine de juin 1874, et a vu partout le mal sur une superficie d'environ 200 hectares, soit par taches, soit uniformément. Il y avait des vignes mortes ou mourantes et des
ÉTUDES SUR LA MALADIE DE LA VIGNE. ki vignes arrachées. On a examiné sur ce grand espace environ 60 ceps arrachés, et qui étaient tous phylloxérés, les plus vigoureux plus que les autres, comme offrant à l'insecte destructeur une plus abondante nourriture. On a fait cette remarque au Comice agricole de Saintes, que le mal, qui date à Montils de plusieurs années, indique une marche beaucoup plus lente et une action moins intense que dans le midi de la France, en raison de circonstances locales de terrain et de température; l'insecte semble s'acclimater moins aisément à mesure qu'il remonte vers le Nord. Il est possible que les points d'attaque soient plus lents à s'établir par ces causes, mais le mal peut marcher vite, une fois les premières taches un peu nombreuses, comme le montre l'expérience désastreuse de 187/1. Plusieurs des membres du Comice agricole de Saintes ont cette idée, que le Phylloxéra est un simple effet, qui disparaîtra de lui-même. Cet optimisme, très-répandu dans les Charentes, en rapport avec cette tendance paresseuse de l'esprit humain à prendre ses désirs pour des faits, est le grand obstacle aux tentatives qu'on devrait faire pour détruire la maladie. Un arrachage sévère, avec empoisonnement du sol, à Montils et dans les territoires voisins du canton sud de Saintes, aurait probablement ajourné ou empêché le fléau. Il est beaucoup trop tard maintenant. Il faut chercher à faire vivre la vigne en tolérance avec le Phylloxéra, suivant l'expression si juste de M. Dumas, au moyen des sulfo- carbonates alcalins, suivis d'une application d'engrais. Je n'ai pas eu connaissance d'expériences antiphylloxériques à Montils. H faut ajouter dans ce canton, comme reconnues malades dans l'été de 1 87 !\ t les communes de Pérignac (assez faiblement), de Meussac, de Marignac, où les vignes ont été arrachées, chez M. Bisseuil, de Rouffiac; de Brives, où le mal existe notamment près de la gare, de Saint-Léger, du chef-lieu Pons, où l'on citait au milieu de l'année 1 874 de 60 à 70 hectares de vignobles atteints. En ce moment, on peut regarder ce canton comme phylloxéré en entier. Aux Quatre-Moulins , un point très-fortement frappé, cultivé en folle, est sur craie tufau à Ostrea vesicularis,
Sav, étrang. t. XXV. — N° A. 6
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Canton de Saintes (sud), — On est amené à porter aujourd'hui le même jugement sur le canton sud de Saintes, où le mal a d'abord envahi les communes de Colombiers et de la Jard, sur la rive gauche de la Charente et la rive gauche de la Seugne, à vignobles de Petite Champagne, communes très-voisines de Montils, de même sol, situées dans une enclave entre les cantons de Pons et de Gémozac. Dans la commune de Colombiers le mal existe depuis 1 87 i , et des taches très-nettes se montraient en 1878, année à la fin de laquelle l'insecte fut constaté sur les racines. Nous avons examiné les vignes de M. Chausserouge, où le sol est de l'étage de la craie grise marneuse , avec mélange de silex en certains endroits; elles sont plantées dans des terres profondes, les racines pénétrant dans une couche de terre arable jusqu'à l\ o centimètres de profondeur. Les cépages cultivés sont la folle blanche et le jurançon, celui-ci, plus vigoureux, attaqué tout comme l'autre.
En avril 187/i, le propriétaire a commencé des essais de substances insecticides ou fertilisantes sur des vignes où le Phylloxéra fut reconnu en novembre 1878, vignes atteintes depuis plus de deux ans, et ayant offert en 1878 tous les symptômes extérieurs de la maladie : feuilles jaunes , rougeâtres sur les bords , et sarments rabougris; elles ont donné un faible rendement. J'ai constaté, le 5 juillet, les résultats obtenus, en même temps que trois membres de la commission du Phylloxéra du Comice agricole de Saintes, M. Izambard, secrétaire du comice, M. Xambeu, rapporteur, et M. Chausserouge, à qui appartient le vignoble Voici ce que nous avons trouvé : i° 200 ceps en trois rangées, traités par l'engrais Joulie , dit superphosphate de chaux (c'est le résidu des préparations du phosphore, avec phosphate acide monobasique de chaux, soluble et assimilable), à 200 grammes par cep, revenant à 870 francs par hectare dans ces conditions; il n'y a pas d'effet contre l'insecte; la substance a agi seulement comme engrais; les vignes sont plus belles que dans les rangées où ont eu lieu d'autres essais j et les
(,) Xambeu, Rapport sur le Phylloxéra au Comice agricole de Saintes, brôch. in-i 1 , Sentes, 187/1.
ÉTUDES SUR LA MALADIE DE LA ViGNE. 43 plantes parasites sont fortes et nombreuses; 2° insecticide Peyrat, 200 ceps traités sur deux rangs; rien contre l'insecte ni comme engrais; 3° guano, 200 ceps traités; effet nul sur l'insecte, ceps ayant conservé leur vigueur, et autour d'eux des herbes puissantes; 4° cendres de sarments, ayant servi à faire des nuages artificiels; 60 ceps traités; rien contre l'insecte ni comme engrais; 5° culture de pois chiches en rangées alternes avec les vignes; rien contre le Phylloxéra. Nous observons que l'insecte existe tout autour sur des vignes très- vigoureuses en apparence, ayant jusqu'à 26 et 3o raisins par pied, ce qui n'empêche pas les racines de présenter tous les caractères morbides connus : nodosités, renflements, pourriture gagnant de proche en proche les racines les plus grosses radicelles entièrement couvertes d'insectes.
La commission du Phylloxéra a fait faire un nouvel essai à la fin de juillet, d'après les indications rationnelles émanées de l'Académie des sciences. On a creusé un fossé en demi-lune, tournant sa convexité vers l'est, contenant une tache de 10 ceps malades et plusieurs ceps non phylloxérés, et on a répandu dans ce fossé un mélange de 6 kilogrammes de sulfure de potassium mêlés a 5 kilogrammes de sulfate d'ammoniaque. On a reconnu depuis que l'insecte n'a pas franchi le fossé, mais s'est propagé rapidement sur les ceps voisins dans les directions libres.
Ces substances paraissent d'un prix bien élevé en raison du produit des vignes dans ces localités; il faut remarquer que, prises en petite quantité, elles ont dû être payées fort cher. On se proposait d'essayer une décoction de feuilles de noyer et de brou de noix, avec savon noir, et un engrais de M. Martineau, pharmacien à Saint-Porchaire (arrondissement de Saintes), mélange de soufre et de cendres de varech, du prix de 200 francs les 1,000 kilogrammes. Dans notre visite des racines avec M. Xambeu, je dois rappeler que nous avons trouvé quelques sujets d'un Acarien blanc, allongé, très-agile et courant sur la racine. Il n'est nullement occupé à nuire aux Phylloxéras, mais, comme beaucoup d'Acariens, il doit vivre des tissus décomposés des racines.
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La commune voisine, celle de la Jard, présente le même terrain que Colombiers, un sol calcaire de craie tufau, avec Oslrea vesicularis , un sous- sol argileux et parfois une terre végétale offrant une épaisseur de Go centimètres. Les premières parties atteintes sont les moins profondes. M. Mériot, maire de la coinmune et l'un des principaux propriétaires, a reconnu le mal déjà avancé en 1873 et vu l'insecte à la fin de celte année, ce qui permet d'assigner 1872 pour date de l'invasion. 11 regarde comme certain que, sur une étendue de 5oo hectares autour de la commune , il y en avait bien 3 00 atteints en juillet 1874. Dès le commencement de cette année, M. Mériot, comme M. Chausserouge à Colombiers, a entrepris des essais, suivant les indications diverses qu'il recevait. Dans les deux localités, les substances étaient déposées au pied de chaque cep, après déchaussement. Les cépages chez M. Mériot sont la folle blanche et le jurançon. Les résultats des expériences ont été vérifiés par M. Xambeu, à la fin de juillet et au commencement de novembre 187/i.
Voici le détail :
i° En janvier, sous l'influence sans doute de cette idée qu'il suffit de fortifier la vigne par l'engrais, 3 00 ceps reçurent du fumier de ferme , et en mars on y ajouta de la suie , en arrosant le mélange avec 1 o litres par cep d'un autre mélange formé de 9 litres eau et 1 litre marc de chaudière. Résultats nuls. — 2 0 Fin mars , 3 00 ceps traités par le superphosphate Joulie, à 1 5o grammes par cep. Persistance de l'insecte; les ceps très-phylloxérés restent pareils, ceux faiblement atteints prennent un regain de vigueur. — 3° Fin mars, engrais Fischet, de Vincennes (probablement phosphate avec goudron de gaz), et fumier de ferme placé précédemment; 90 ceps traités, 3o par 3 litres du liquide et 27 litres d'eau ( 1 litre par cep), 3o par 3 litres du liquide et i9 Ut ,5 d'eau (o Ut ,75 par cep), 3o par 3 litres du liquide et 1 2 litres d'eau (o !it ,5o par cep). Le Phylloxéra a disparu sur les radicelles touchées par le liquide, persistant sur les autres; plus tard, il est revenu sur les radicelles abandonnées, et les nouvelles radicelles adventives formées
ÉTUDES SUR LA MALADIE DE LA VIGNE. 46 après les pluies ont présenté tout de suite des renflements et des insectes. — 4° Au commencement de mai, 800 ceps traités par l'engrais noir de Léon Ducasse, de Bordeaux, à 2Ôo grammes par cep; la vigne traitée moins atteinte que les autres et ayant une belle végétation. Rien contre l'insecte; la vigne se maintient par les nouvelles radicelles formées autour du collet du cep par l'action de l'engrais. — 5° Pouzzolane ou cendre pulvérulente du Vésuve, recommandée par le Journal d'agriculture pratique, 1 3o grammes par cep, sur 600 ceps nouvellement atteints. Résultats nuls, l'insecte vivant entouré de la cendre ; la vigne a repris pendant quelque temps de la vigueur, les nouvelles radicelles formées depuis la pluie sont couvertes de renflements et de Phylloxéras. — 6° Sulfure de carbone en vapeur, i5 ceps traités; un flacon débouché, contenant Go grammes de sulfure de carbone, a été enterré à 2 5 centimètres de profondeur, de manière que le flacon incliné ne laissât pas répandre de liquide. Disparition de l'insecte à 3o centimètres tout autour du flacon, persistance sur les racines plus éloignées; sur trois ceps, la terre, non tassée autour du flacon, a laissé échapper des vapeurs de sulfure de carbone, qui ont produit sur les tiges et les feuilles du cep le même effet qu'une brûlure de soleil. — 7 0 Marc de bière. Résultats nuls; les ceps sont restés phylloxérés. — 8° En septembre 1874, ô ceps traités par 5o litres de résidu de distillation de vin avec 1 litre de chaux vive. L'insecte a disparu seulement sur les points touchés. M. Xambeu a recherché les rendements obtenus après la vendange de 1874 : 100 ceps non atteints ont donné 125 litres de moût; 100 ceps phylloxérés depuis peu de temps, 95 litres; 100 ceps phylloxérés et traités par les divers engrais, 80 litres; 100 ceps phylloxérés non traités, 65 litres.
Les engrais ont produit, comme toujours, un supplément de vigueur, mais la présence de l'insecte, toute théorie réservée, atteste la persistance du mal. En octobre, M. Mériot, de même que plusieurs personnes près de Cognac, a employé la râpe ou résidu de la cuve de vendange. Enfin il s'est servi aussi, comme plantes intercalaires, de chanvre et de sarrasin, qui éloignent fortement les
kô MAURICE GIRARD.
Àltises, Coléoptères aériens, et dont M. le docteur Ménudier avait eu beaucoup à se louer pour un champ de raves.
On peut citer près de la Jard, comme points envahis, Rouillaud, la Brande, Lausandière, Vaumandois, présentant des vignes à ceps morts, ce qui permet d'assigner 1872 comme première attaque.
Près de la ville de Saintes, à 2 kilomètres, au hameau des Rabanières, le vignoble offrait trois taches en 1878; le reste a été pris en 187/i., avec de nombreux ceps en pleine vigueur présentant des cas foudroyants. Le mal est venu, comme partout aux environs de Saintes, de l'ouest à l'est , et d'un vignoble situé plus haut, où le mal remonte à 1 872 , car là tous les ceps sont rabougris. Quand j'ai visité les Rabanières, je voyais des taches dans toutes les directions sur les coteaux voisins. La commission du Comice agricole de Saintes a établi un champ d'expériences dans une vigne des Rabanières, en octobre 1874 : i° 5o ceps ont été traités par le sulfure de potassium et le sulfate d'ammoniaque; 2 0 5o ceps par l'engrais de ferme, le sel et le soufre; 3° 5o ceps ont eu leurs racines entourées de fumier et de sable; 4° 100 ceps ont été traités par les râpes et le soufre; 5° 20 ceps par la limaille de fer et le soufre (un volcan de Lémery); 6° 20 ceps ont eu leurs racines entourées de feuilles et de tiges de tomates; 7 0 5o ceps seront traités par le sulfocarbonate de potassium. La commission compte vérifier les résultats en mai 1876, avant le concours régional qui se tiendra à Saintes à la fin de ce mois. Citons encore, près de Saintes, Bellevue, où le mal est récent, Paban, etc.
Canton de Saintes [nord). — Le mal est beaucoup moins prononcé que dans le canton sud, en raison de la nature différente du sol, où il y a beaucoup de terres de brizard, c'est-à-dire argileuses avec rognons de silex. Nous devons citer comme atteintes les communes de Chaniers et de la Chapelle-des-Pots.
Canton de Gémozac. — Ce canton, qu'on peut regarder comme
ÉTUDES SUR LA MALADIE DE LA VIGNE. 47 atteint en entier en ce moment, bien entendu par places, comme cela est l'ordinaire dans les Charentes, offrait, au milieu de 187/1autour de Gémozac, des vignes détruites par le Phylloxéra sur plusieurs kilomètres d'étendue, ce qui autorise à faire remonter l'invasion à 1872. A Berneuil, sur la rive gauche de la Charente, avec sol de craie tufau et cépage de folle, la maladie, plus récente d'une année, date de 1873. La commune limitrophe de Tesson a été atteinte en 1 874, et l'on a prétendu dans le pays que l'infection est due à l'emploi d'une charrue portée d'un vignoble infecté dépendant de Berneuil et séparé par un cours d'eau d'un vignoble encore sain. H y a près de Tesson des terrains argileux trés-mouillés en hiver, en raison d'un sous-sol imperméable ; on a mis en vignes beaucoup de terrains de prairie, à cause du prix énorme des eauxde-vie en 1 855 ; ces circonstances géologiques expliquent l'immunité première de ces vignobles, dont la sécheresse de 1 8 7 4 a fini par amener l'infection.
Canton de Burie. — On peut encore regarder, de même que le canton de Pons, comme phylloxéré dans son ensemble, mais par places, ce canton, qui est limitrophe de la partie nord-ouest du canton de Cognac, et sur la rive droite de la Charente, tandis que celui de Pons l'est de la partie sud-ouest, sur la rive gauche du fleuve. On a de justes motifs de soupçonner que le Phylloxéra a été introduit dans le canton de Burie par suite d'une importation de plants d'aramon, venant de l'Hérault, et qui devinrent ensuite malades. La commune atteinte d'abord est celle de Dompierre, où l'on arrachait en 1874. des vignes mortes après trois ans de dépérissement, ce qui donne quatre à cinq ans pour la première attaque de l'insecte. Il faut y joindre ensuite la commune de Chérac (Borderies) , où j'ai vu les traces de la maladie de la vigne chez M. Sicard (domaine de la Coinche), avec une grande tache sur le coteau, pleine.de ceps à feuilles jaunies et rougies, et avec des ceps morts, ce qui atteste un mal remontant à l'été de 1872 au moins; les vignes du bas avaient été gelées. Un autre coteau offrait, chez
M. Larret, une trentaine d'ares, perdus au milieu d'un grand vignoble. La commune de Saint-Sauvant est pareillement fort éprouvée. C'est sous l'influence du désastre qui atteint le canton de Burie, et en prévision d'un avenir redoutable, que M. le docteur À. Aubert, de Saint-Sauvant, a fondé une Société séricicole des Charentes, pour introduire dans ces départements la culture du mûrier et l'élevage du ver à soie de cet arbre et de celui du chêne (Attacus yama-maï, G. Mén.), qui réussit bien dans le climat des Charentes. Je cite ces faits pour montrer que je n'exagère nullement la gravité du mal en certains points, puisqu'il a provoqué de pareilles craintes dans le pays. Ajoutons, comme attaques bien vérifiées, les communes de Migron etduSeure.
Canton de Cozes. — Le canton de Cozes, qui dans son étendue confine au fleuve de la Gironde, n'était que très-partiellement atteint au milieu de l'année 187^. Dans la commune d'Arces, terrain de craie tufau, le mal remonte à 1 873 ; il existe également chez M. Ard et chez plusieurs propriétaires voisins. Les territoires de ces communes occupent la partie médiane du canton.
Cantons de Saint-P or chaire et de Saujon. — Ces deux cantons occupent la partie nord-ouest de l'arrondissement de Saintes, celui de Saint-Porchaire au nord de l'autre. Je n'ai pas eu d'indications relatives à l'état de leurs vignobles en 1 8 7 4-. On soupçonnait toutefois la maladie à Pont-l'Abbé, du canton de Saint-Porchaire. Les vérifications en 1875 sont indiquées avec urgence pour ces deux cantons, en raison de leur situation.