‹ Inductions sur la valeur des altérations de l'encéphale dans le délire aigu et dans la folieChapitre 17 sur 20 · II. — SynonyYMie · texte numérisé non relu

II. — SynonyYMie

Paralysie générale incomplète. (Delaye.) Méningite chronique. (Baryte.) Paralysie générale des aliénés. (Calmeil.)

Presque tous les anciens auteurs disent que la manie, entre autres terminaisons funestes, donne lieu à apoplexie, à l’épilepsie et à la paralysie. C'est là une désignation évidente de la paralysie des aliénés. C’est peut-être dans le même sens qu’il faut entendre ce passage de Cœlius-Aurelianus : « At si Passio permanserit et corpus tarditate possederit.…...» ( Morb. chronic., I, 5,

de Maniä.)

On comprend maintenant sous le nom de paralysie générale ou incomplète des aliénés, une espèce de paralysie qui leur est réellement particulière , soit à raison de sa cause qui se

trouve la plupart du temps dans l’état maniaque antérieur du cerveau, soit à raison de la marche et de l’ensemble de ses symptômes, soit à raison de la nature des lésions organiques qu’on rencontre le plus ordinairement chez les aliénés qui en sont atteints. Cette paralysie est la paralysie générale incomplète de M. Delaye (1); la paralysie générale de M. Calmeil (2); la méningite chronique de M. Bayle (3). Mais, indépendamment de cette forme réellement spéciale de la lésion de leur motilité, les aliénés sont sujets à toutes les autres formes, à toutes les autres causes de la paralysie la plus ordinaire, et c’est pour cela qu’il me semble convenable d'envisager, d’un point de vue plus général, l’altération des mouvemens dans ses rapports avec celle de la pensée, non-seulement quand elle en a été la suite et comme l’exagération , mais encore lorsqu'elle en aura été là cause ou le point de départ.

Les faits-de paralysie chez les aliénés se divisent donc tout naturellement en deux séries : 1° ceux dans lesquels la folie, le trouble de

(x) Dissertation inaugurale, Paris, 1°" novembre 1824. (2) De la Paralysie considérée chez les aliénés, 1826.

(3) Traité des maladies du cerveau et de ses membranes, 1826.

l'intelligence a été la suite manifeste de la lésion des mouvemens ou de la paralysie, et n’est venue que plus où moins long-temps apres le commencement de cette dernière; 2° ceux dans lesquels, au contraire, la paralysie ne s’est montrée que consécutivement au trouble de l'intelligence , ou , tout au plus, et dans quelques cas exceptionnels, a commencé en même temps quelui, et a marché du même pas, quelquefois, il est vrai, en le dépassant. Ces derniers faits, comme je l'ai déjà dit, constituent à proprement parler, la paralysie des aliénés, et je n'y reviendrai qu'après avoir examiné ceux de là première espèce qui jetteront sur eux plus de lumière.

La paralysie, à la suite de laquelle se décla-

rent la manie et bientôt la démence, est relative elle-même à deux ordres assez distincts de faits, suivant que l’altération des mouvemens s'est faite brusquement, ou bien avec lenteur et progressivement.

Dansle premier cas se trouvent tous les faits dedémenceetde paralysie devenue plusou moins générale à la suite de la lésion d’abord brusque

et locale des mouvemens , déterminée par une hémorragie ou par un ramollissement du cerveau. Lorsque par l'effet d’une de ces deux affections, les facultés intellectuelles diminuent peu à peu dans letype de la démence, l'affection prenant ainsi, autant que cela est possible, le caractere de la paralysie des aliénés, et s’accompagnant même quelquefois de délire ambitieux ; dans ce cas, dis-je, il peut se faire qu’à l’examen du cadavre, on ne trouve d'autre lésion cérébrale que l'épanchement de sang ou le ramollissement tout-à-fait local qui a donné lieu primitivement à la chute apoplectique et à la paralysie partielle. Mais, la plupart du temps, surtout si la démence et la paralysie générale consécutives ont eu une longue durée et ont nécessité un long séjour au lit, on rencontre dans le cerveau et dans ses membranes des lésions plus ou moins nombreuses, venues après celles qui ont donné lieu aux premiers accidens d’apoplexie et de paralysie, et dont on a à peine, ou dont souvent même on n'a pas soupçonné l'existence. On peut même trouver chez ces sujets, sans qu'elle ait donné beaucoup plus de symptômes, une phlegimasie générale et surtout superficielle du cerveau, partagée

par ses membranes ; phlegmasie si fréquente chez les vrais paralytiques aliénés, que M. Calmeil a cru pouvoir la donner comme la condition anatomique de la démence et de la paralysie générale.

Les cas où la démence et la paralysie générale ont lieu consécutivement à l’altération lente et progressive des mouvemens ou à la lésion chronique du cerveau qui l’occasione; ces cas, dis-je, sont ou des observations d’épilepsie, dans lesquelles la lésion de la motilité, d’abord intermittente, est devenue continue ; ou bien ce sont des cas où unelésion locale des mouvemens a eu lieu et s’est généralisée peu à peu et à la longue par l'effet d’une altération locale du cerveau , qui s’est également développée aveclenteur, telle qu’un acéphalocvyste,un tubercule, un squirrhe,un cancer, un encéphaloïde, ou une altération des os du crâne qui a comprimé et modifié le cerveau. Tous ces cas divers de trouble de l'intelligence venu après la lésion lente ou lentement généralisée des mouvemens , se prêtent aux mêmes remarques étiologiques que les précédens. Quelquefois on n'y trouve, à l’autopsie, malgré l'extension de la

paralysie, et le trouble de l'intelligence qui l’a suivie, que la lésion quiavait déterminé d’abord la paralysie partielle; d’autres fois cette lésion s'est généralisée ou s’est répétée dans divers points du cerveau, sans donner lieu à des symptômes bien appréciables, à moins d’une observation de tous les instans ; dans d’autres cas, enfin, elle s’est compliquée de phlegmasie de la surface du cerveau et de ses membranes, et cette phlegmasie, comme on le sent bien, n’est. qu'une circonstance secondaire, et tout au plus explicative de quelques phénomènes de délire plus aigu ou de convulsions, survenus dans les derniers instans de la vie.

Mais la paralysie générale proprement dite, ou paralysie des aliénés, celle qui mérite exclusivement ce nom, est celle qui, loin de se rattacher à aucune lésion locale ou’ primitive des mouvemens, succède avec plus ou moins de rapidité à la manie aiguë ou à la manie chronique, et quelquefois aussi commence à peu près d'emblée, sans presque qu’on puisse dire lequel des deux ordres de symptômes, la lésion des mouvemens, ou celle de l’intelligence, a précédé l’autre, Cette sorte de para-

lysie simultanée de la pensée et des mouvemens, longtemps confondue avec les autres espèces de paralysie que peuvent offrir les aliénés, mal connue encore par beaucoup de pathologistes étrangers (1), a enfin été signalée par M. Esquirol comme le caractère d’une folie irrémédiable et en général promptement, mortelle. Depuis lors, en France, plusieurs travaux ont été entrepris dans le but de la mieux connaître et surtout d’en rechercher la cause cérébrale. |

L'opinion de M. Bayle à cet égard est que la forme de la folie caractérisée par la lésion des mouvemens et le délire ambitieux est produite essentiellement par la phlegmasie chronique de la pie-mère et de l’arachnoïde cérébrale, et par l’épanchement de sérosité qui en est la suite. Les faits que j'ai observés sont loin de me permettre de partager cette opinion, qui, en général, n’a pas été admise, et que me semblent même combattre plusieurs de ceux contenus dans l'ouvrage de M. Bayle.

(r) Burrows, Commentaries on the causes, forms, symptoms and

treatment moral and medical of insanity; 1828, 1 ol. in-8, pag. 80.

La manière de voir de M. Calmeil sur la paralysie générale des aliénés est, qu’elle est occasionée par une phlegmasie chronique et simultanée du cerveau et de ses membranes, prédominant par conséquent à la surface de l'organe. Cette manière de voir, qui, du reste, a un plus grand degré de vérité que celle de M. Bayle, n’est pas non plus la mienne , ainsi que je le dirai tout à l'heure, et M. Calmeil luimême, si bon observateur des faits, a bien senti qne c’est par les faits qu’elle est attaquable (1).

M. Foville, enfin, ne partage ni l’opinion de M. Bayle, ni même celle de M. Calmeil, sur la nature anatomique de la paralysie des aliénés, et il croit, en substance, que cette dernière période de la folie est due, ou est corrélative à des altérations chroniques et variées des deux substances du cerveau, et surtout de sa sub- ‘stance grise, et, en outre, à l’adhérence morbide des principaux plans fibreux dont il croit avoir constaté l'existence dans sa substance médullaire (2). , |

(r) Ouvrage cité » Pag. 416 et 417.

(2) Diction. de méd. et de chirurg. prat., art. Aliénation mentale.

DÉMENCE AVEC PARALYSIE GÉNÉRALE. Q7 Quel que soit, au reste, le degré de vérité de ces diverses manières de voir sur la condition anatomique de la paralysie des aliénés ,» et de celles qu'on pourrait leur rattacher, toujours est-il qu'il en résulte, que c’est une croyance généralement admise, et d’ailleurs iuvariablement fondée sur les faits, que dans la paralysie générale des aliénés, ce n'est pas la moëlle , où l'organe excitateur des mouvemens, qui est altérée, mais bien le cerveau, ou, comme on dit encore, leur organe régulateur ou ordonnateur. Mais cette altération de l’encéphale et de ses membranes, variable, du reste, aux yeux de tel ou tel observateur, cette altération est-elle constante et toujoursappréciable ? Les faits que j'ai observés auront bientôt répondu à cette question. Ils peuvent en effet se diviser en deux classes, l’une composée de faits sans phlegmasie du cerveau.et deses enveloppes, l’autre de faits avec phlegmasie, classes dont la première, il est vrai, est moins étendue que l'autre. Or, cette simple division prouve d’abord, sans qu’il soit besoin de plus amples raisonnemens, que l'opinion de M. Calmeil, prise d’une maniere absolue, n’est pas plus vraie que celle de M. Bayle, pas plus vraie que celle de M. Foville,

pas plus vraie'que celle de tous Les auteurs qui ont attribué la paralysie des aliénés à une phlegmasie constante soit aiguë, soit chronique de l’encéphale et derses membranes; et dans l'ouvrage même de M, Calmeil, dans celui de M. Bayle , ily a des faits que j'ai notés à propos du délire aigu’; et qui sont de nature à infirmer l'opinion de ‘ces auteurs. Et non seulement l'examen: des faits de'ce genre prouve que la paralysie générale des aliénés n’est point due à une phlegmasie constante du cerveau et des méninges ; mais il montre encore que, dans ce dernier degré de la folie, cèt organe, pour le'inoment au moins, peut n'offrir dans quelques cas aucune lésion'explicative, appréciable, de sa substance et de ses enveloppes. Je lis, dans la clinique-de la maison des aliénés de Montpellier pour r829/, trois ou quatre observations de M. Rech, qui confirment de tous points cetle assertion.

11 en'est donc de la démence avec paralysie générale, comme de la démence simple, comme dé la ‘manie chronique, comme:de la manie aiguë, comme du délire aigu lui-même. Elle péutine laisser} après la mort, aucune trace

DÉMENCE AVEG!PARADYSIE GÉNÉRALE. (99 appréciable d'altération du cerveau , ou de ses enveloppes. Mais ce n’est pas le cas le plus ordinaire, et indépendamment deslésions locales variées, et surtout inflammatoires sur lesquelles je reviendrai tout à l'heure, il est vrai de dire que, dans la paralysie générale, comme et plus que dans la démence simple et la manie chronique, on trouve, et sans doute par les mêmes causes, comme altération la plus-constante,et;si l'on peut ainsi dire la plus logique, un: retrait plutôt qu’une atrophie ‘de l’encéphale, qui ne s'accompagne pas constamment d'éendurcissément de sa substance, mais qui nécessite:un épanchément consécutif de sérosité dans:la cavité de l’arachnoiïde, où dans les mailles de la pie-mére, épanchement qu’on a pris mal à propos pour la cause principale de la maladie. Ce retrait, comme dans la manie chronique, ne se fait point:toujours d’une manière égale. En général, il prédomine dans la région frontale du cerveau, et en outre il n'existe pas toujours au même degré dans deux ou dans plusieurs circonvolutions voisines; lesquelles alors n'arrivent pas toutes également à la surface de l'organe, les unes étant restées assez proéminentes, tandis quelesautres sontcomme

enfoncées etcachées entre deux anfractuosités. A-ceretrait, comme atrophique, de lencéphale, se rapportent, comme je lai déjà dit à propos de la manie chronique, des enfoncemens légers, des inégalités, des espèces de godets de la surface des circonvolutions, et plus encore, de celle des ventricules.

Mais ce rapetissement du cerveau dans la paralysie générale des aliénés n’étant point'encore une lésion constante et exclusive dans cette forme de la folie, ne‘saurait en être considéré comme la cause organique. Comme telle existe sûrement une modification plus intime du tissu de l’encéphale, modification sur laquelle nous ne savons absolument rien ; mais qui dispose sans doute cet organe’ à toutes ces altérations locales, plus nombreuses et plus fréquentes dans la paralysie générale des aliénés que dans toute autre affection du cerveau, et qui ont cela de remarquable qu’elles se produisent, la plupart du temps, sans donner lieu d’une manière ostensible-aux symptômes qui leur sont habituels: C'est là, au moins, ce qui me parait être arrivé dans le plus grand nombre des cas de ramollissemens que j'ai observés dans

DÉMENCE AVEC PARALYSIE GÉNÉRALE. 101 la démence et la paralysie générale, ramollissemens qui ne sont évidemment survenus qu’à la longue, après plusieurs années . même de cette affection, et par conséquent lorsque le cerveau était déjà depuis long-temps malade.

De même, l’'induüration du cerveau, soit générale, soit locale, son ulcération, les granulations, les productions nacrées de ses ventricules ; toutes ces altérations locales, dis-je, et d’autres du même genre ne sont, dans la plupart des cas, que le résultat de l’état général et intime du cerveau qui donne lieu à la paralysie générale, et qui se traduit le plus souvent, comme je l'ai dit, par un retrait, une atrophie comme sénile de cet organe, accompagnée la plupart du temps d’un certain endurcissement de sa substance.

Quant à la cartilaginification et à la pétrification des petits vaisseaux, sinon des vaisseaux capillaires de l’encéphale , telle que je l'ai observée plusieurs fois, elle pourrait sans doute aussi n'être survenue que consécutivement à l'altération soit locale; -soit générale, qui à donné lieu chez eux, à la première atteinte de paralysie. Mais il serait possible aussi qu'elle eut

précédé ces altérations, et que, dans ce cas, les lésions de’ la substance nerveuse füssent dués aux lésions du système vasculaire de Pen céphale et au trouble, à la diminution de son action.

Je passe sur quelques autres altérations locales da cerveau ét de ses enveloppes, telles que la lésion des os du crâne , les adhérences de la dure-mère à sa voûte, celles de la piemére et de l’arachnoïde à la surface de l'organe, leur épaississement, leuropacité, l'accumulation de sérosité dans leur cavité , ou dansles mailles de leur tissu, etc... soit parce que ces altérations n’ont rien de spécial à la paralysie des aliénés, soit parce que jeu ai apprécié la valeur dans l’examen des faits relatifs au délire aigu ét à la manie aiguë et chronique, soit enfin pärce qu'elles rentrent dans ce que je vais dire de la lésion peut-être ‘la plus importante’ et la plus commune dans la paralysie des aliénés, je veux parler de, la plilegmasie du cervéau et de ses enveloppes. | |

La plupart du temps Paliéné paralytique n’arrive pas au terme de sa vie, et d’une vié d’ailleurs ‘très courte, sans subir une inflammation

DÉMENCE AVEC PARALYSIE GÉNÉRALE. 103 de l’encéphale et desesmembranes, qu’on peut au moins regarder comméétant,; dans bien des cas, la cause déterminante ou accélératrice de la mort. Gette phlegmasie: n’est point, comme on l’a dit; bornée aux enveloppes:dé l'organe, ou à la surface de ses circonvolutions: Elle -peutenvahir;ét/envähit:même le plûs drdinairement toute l'épaisseur du cerveau, depuis sa base jusqu'aux circonvolütions, du ,vertex en passant-pariles cornes d’ämmon;; les couchés optiques;vet les: corps striés, donnant encore aciunonouveau démenti;à da: pathologie wulgaire ;:. lorsqu'elle prétend, d'après des considératiôns a priori, que l’inflammation!de la 10talité du ‘cerveau n'est. pas-compatible avec, la vie; car ici, non seulement. laliéné vit, mais il pense ; puisqu'il délire; mais il marche, tout en tremblant sur:ses jambes; il mange, digère, engraisse, et vit assez long-temps dans cet état de phlegmasie de la totalité de l’encéphale, qui peut ‘même offrir ‘des rémissionis assez, mar- AN EX. 01) MÉOENG'X ÉRUÉE À Si

Cette phipitnaste, dont j'ai énuméré plus haut les caractères anatomiques; qui ont engénéral tiné apparénce:d'acuité, biensque la marche

de la maladie soit chronique, cette phlegmasie, dans un certain nombre de cas, paraît pouvoir être regardée comme l’occasion ‘de quelques symptômes particuliers, tels que des chutes apoplectiformes , ou des accès épileptiformes, un accroissement de la paralysie, et surtout un état de délire aigu‘ou d’encéphalite, dans lequel meurent en effet un grand nombre d’aliénés paralytiques. Mais d’un autre côté, dans beaucoup de cas'il n’en est point ainsi. Un aliéné paralytique peut mourir avec une inflammation anatomique très vive du cerveau ou deses membranes, sans avoir jamais offert autre’ chose que de‘la démence et de la paralysie générale, et sans avoir présenté ni convulsions apoplectiformes ou épileptiformes ;:ni surtout de délire'aigu ou encéphalique. Les cas de ce genre sont trop nombreux pour que

J'insiste davantagesur ce point.

Les adhérences des méninges au cerveau sont le signe caractéristique de leur phlegmasie; mais pas plus que la phlogose du tissu seul de lencéphale , elles n’expliquent aucun des symptômes particuliers de la paralysie générale, pas mémeles convulsions épileptiformes,

ou les chutes apoplectiques, puisqu'on ne les rencontre pas chez des individus qui ont éprouvé les unes et les autres, et qu’on les trouve au contraire chez des aliénés qui n’ont éprouvé ni les unes ni les autres.

La sérosité contenue dans l’arachnoïdeet audessous d'elle ne saurait être donnée, je n'ai plus besoin de le répéter, comme le résultat proportionnel de l’inflammation de cette membrane, puisque le simple mouvement de retrait du cerveau y donne lieu de toute nécessité.

Quant aux fausses-membrares (ou coagulum) soit sanguines, soit fibrineuses, trouvées dans la cavité de l'arachnpide d’un grand nombre d’aliénés paralytiques, elle ne constituent point une altération exclusive à ce genre de maladie, puisqu'on en rencontre de pareilles chez des ‘individus atteints de manie soit chronique, soit aiguë. En outre, l'existence de ces fausses-membranes ne saurait expliquer plus particulièrement aucun des phénomènes de la paralysie générale, pas même ceux d’une compression plus grande , ainsi qu'’ilrésulte de l'examen des cas

où se moptraient ces produits pseudo-membraneux (1).

Au résumé, les altérations trouvées dans le crâne des aliénés: paralytiques, envisagées. dans ce qu'elles ont de plus prochainement lié à la cause anatomique de ce degré de la folie |; me semblent donner les résultats suivañs 1

Les altérations locales du cerveau, telles que indurations, atrophièes partielles ,abcès, ramollissemens, tubercules ;:acéphalecystes,, squirrbes, cancers, encéphaloïdes, locules cellulo œdémateuses, peuvent donner lieu dtne manière.soit brusque, soit progressive;;à une paralysie locale qui;:en! se généralisant:et en.se -compliquant du: ‘trovble ‘de : intelligence , prenne, jusqu’à un certain point,-vers/la! fin , lés:caractères:de la paralysie des:aliénés.. : 1:

Mais dans-la vraie paralysie des,aliénés ;.ou dans la paralysie généraleetincomplète quisuc- -cède ordinairément à la manie soit aigué;:s0it chronique, ces altérations ne-sont que la loca-

(x) Voyez mon f/eémoire sur les fausses membranes de l'arathnoïde cérébrale, Gazette médicale‘de Paris, jahivier. 1836,hn° r.

lisation de l’état général et intime du cerveau, qui, de maniaque qu'il était, est, en quelque sorte, devenu paralytique de pensée et de mouvement; et cet état est surtout disposé à se révéler par un retrait, une atrophie, comme sénile, de la presque totalité de l'encéphale, retrait et atrophie qui entraînent, de toute nécessité, l’'épanchement de sérosité dans la cavité de l’arachnoïde, ou dans les mailles de la piemére , et su’ lesquéls vient S’énter, en quelque sorte, la phlegmasie méningo-encéphalique , plus ou moins aiguë, soit par ses caractères anatomiques, soit pas ses symptômes, qui termine les jours de la plus grande partie des aliénés paralytiques, après avoir produit d'ordinaire, ou, au moins, avoir augmenté les accidens animes ou épileptiformes, auxquels ces malades sont si exposés.

Qüant à l’état intime spécial et constant qui donne lieu à la paralysie pénérale, sa Ciuse véritablement prochaine, en un môt, nous échappe, et peut-être nous échappera toujours, cominé célui qui donne lieu à la démence simple’, à la manie chronique, à la manie aiguë et même au délire aigu. |

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