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Industrie des métaux secondaires et des terres rares

Pi'ufcsscur agrégé des Sciences Physiques au Gullège GhapUl. Inspecteur des Etablissements classés.

Le développement des industries chimiques est l'un des facteurs économiques les plus importants de la société moderne, et les progrès réalisés par ces industries ont souvent amené de véritables révolutions commerciales. La soude, par exemple, qui, préparée on 1860 par le procédé Leblanc, valait 65o francs, tomba subitement à a8o francs la tonne quand apparut le procédé Solvay. De même le kilogramme d'aluminium qui, préparé par Henri Sainte- Claire De ville,' valait, en i854, 3 000 francs, se vend aujourd'hui environ 3 francs, grâce aux méthodes nouvelles de l'électrochimie. Enfin est-il besoin de rappeler que la découverte de Talizarine, par Grœbe et Libermann a profondément troublé le commerce des départements français producteurs de garance? Les procédés les plus classiques eux-mêmes se transforment, et les vieilles chambres de plomb de Tacide sulfurique risquent de disparaître pour faire place au procédé dit de contact.

Ce u*est pas toujours sans luttes que se font ces transformations: le four électrique semblait appelé, il y a quelques années, à remplacer très rapidement, en métallurgie, môme le haut fourneau, et déjà Ton entrevoyait Tépoque où les grosses usines métallurgiques déserteraient, dans une certaine mesure, les pays de houille noire pour ceux de houille blanche ; mais voici que de nouvelles études apprennent à mieux utiliser l'énergie calorifique des hauts four*

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neaux, voici que la productioQ économique de l'oxygène industriel semble pouvoir permettre bientôt de réduire le volume de ces colosses de la métallurgie, et, mettant mieux leurs services à la portée de l'industrie de moyenne puissance, parait devoir retarder la transformation entrevue.

Mettre au point l'état actuel des procédés utilisés dans les diverses branches de l'industrie chimique, tel est le but de cette Bibliothèque. Elle s'adresse, en tout premier lieu, aux industriels, qui plus que jamais, ont besoin de véritables connaissances encyclopédiques pour s'assurer le succès. La clientèle, de plus en plus gâtée par les conquêtes de la science, a des désirs de plus en plus impérieux : pour les comprendre, les réaliser, les développer, il ne faut pas seulement connaître une industrie, il faut être familiarisé avec les méthodes et les progrès des industries voisines. Pour gagner du temps, il faut savoir choisir, parmi les procédés d'analyse, ceux qui sont les plus rapides et les plus sûrs. Pour créer, enfin, il faut avoir des vues d'ensemble sur l'enchaînement naturel et logique des différentes industries.

Souvent aussi il est utile de se souvenir des choses momentanément tombées presque dans l'oubli, et que tout à coup le perfectionnement d'un détail ramène au premier plan : n'est-ce pas le cas de cette préparation de l'acide sulfurique par le procédé de contact que nous citions plus haut? Dès i83i, Philips l'entreprend, mais il y renonce parce que la mousse de platine qu'il emploie se trouve rapidement hors d'usage; en i838, Kuhlmann u^est pas plus heureux ; ce n'est qu'en 1875 que M. Winckler réalise avec succès celte préparation industrielle ; il lui avait suffi de commencer par purifier les gaz, air et anhydride sulfureux, avant leur passage sur la mousse de platine !

C'est aux divers desiderata précédents c^uc répondront les livres de cette Bibliothèque : les différentes méthodes de transformation des matières premières, dont l'origine aura été soigneusement indiquée, y seront l'objet d'une critique scientifique serrée, tous les brevets dignes d'intérêt y seront analysés, les conditions économiques y seront discutées; une très complète étude bibliographique terminera tous les ouvrages.

Nous espérons qu'ils ne seront pas lus seulement par les industriels, et que tous les chimistes, quelles que soient leur origine et leurs attaches, s'y intéresseront. N'y a-t-il pas nécessairement un

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étroit lien entre la chimie pure et la chimie appliquée? Que de perfectionnements furent amenés par les études de chimie pure ! Boussingault, par exemple, pour extraire l'oxygène de l'air, transformait au contact de l'air, à 6oo<*, de la baryte en bioxyde de baryum, qu'il ramenait ensuite à l'état de baryte en le portant à 8oo<*ï mais la baryte résiste mal à cgs alternatives de température, et s'effrite : les frères Brin, utilisanlun autre résultat de l'étude faite, en chimie pure, des lois de la dissociation, ont transformé le procédé Boussingault, qui ne donnait pas un bon rendement, en un procédé vraiment industriel, en faisant intervenir les variations de pression de l'oxygène au-dessus de la baryte maintenue à température consr tante..

Par contre coml^ien souvent les besoins de la chimie industrielle n'ont-ils pas orienté le courant des études théoriques? N'est-ce pas l'espoir de produire soit de nouvelles matières colorantes, soit de nouveaux parfums, qui a conduit tant de chercheurs vers la chimie organique?

L'abîme que l'on dit quelquefois exister entre l'usine et le laboratoire de chimie pure n'est donc qu'un fossé artificiel. C'est pour travailler à le combler un peu que nous avons tenu à choisir nos auteurs à la fois parmi les industriels directement spécialisés et parmi les chimistes de laboratoire que leurs études rendent particulièrement compétents dans le domaine de la chimie appliquée.

On verra dans la liste ci-dessous que chacun des grands chapitres de l'industrie chimique constitue, dans notre publication, un volume; cela permettra, par des réimpressions opportunes, de toujours maintenir cette Bibliothèque au niveau des derniers progrès de la Science.

J. DERÔME.

Les volumes seront publiés dans le format in-i8 jésus cartonné; ils formeront chaain 35o pages environ avec ou sans figures dans le texte. Le prix marqué de chacun d'eux, quel que soit le nombre de pages, est fixé à 5 francs. Chaque volume se vendra séparément.

Voir, à la fin du volume, la notice sur l'ENCYGLOPÉDIE SCIENTIFIQUE, pour les conditions générales de publication.

ENCYCLOPEDIE SCIENTIFIQUE

punr.iéii sous la direction du D' TOULOUSE, Directeur de Laboratoire à l'École do« Hautes-Étudei Secrétaire général : H. PlÉRON, Agrégé de l'Université.

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