‹ Industrie des métaux secondaires et des terres raresChapitre 26 sur 56 · BLEU · texte numérisé non relu

BLEU

Platine

lO^XS.S

io2xi.4

io2xi.4

Oxyde de fer . . .

Manchon Auer. . .

Oxyde de thorium .

Oxyde de cérium . .

IIIO

Oxyde d'urane. . .

Oxyde de lanthane .

Enfin, MM. Le Châtelier et Boudouard ont déterminé les variations du pouvoir émissif des manchons Auer, en recouvrant la soudure d'une pâte de même composition et en mesurant le rapport de l'intensité delà radiation superficielle à celle du fond des fissures où le platine est à nu.

Température. Rouge X = 669. Vert X= 546. BleuX = 46o.

En résumé, le pouvoir émissif du mélange, toujours inférieur à celui d'un corps noir, est très grand, voisin

de l'unité pour les radiations bleue, verte et jaune, moindre pour le rouge et sans doute plus faible encore dans rinfra-rouge. Par suite, rénergierayonnéerest surtout à l'état de radiations visibles. Un corps noir de même dimension, placé dans les mêmes conditions de chauffage et de rayonnement, prendrait une température beaucoup plus basse et n'aurait qu'un rendement lumineux très faible.

M. Féry, dans ses recherches, a montré quelecérium avait* un pouvoir émissif extrêmement grand pour la lumière et pour la chaleur. Pour lui permettre d'atteindre la haute température où il devient éblouissant, il doit être mélangé à un corps qui n'émet ni chaleur, ni lumière, comme la thorine. Quand on recouvre la soudure d'un couple avec de la cérite, la température est de 200® plus basse qu'avec la soudure nue ; au contraire, la thorine a un pouvoir émissif très faible. A I 200®, on trouve :

Thorine 38

Gérite 4o4

Ce rapport supérieur à 10 doit s'accroître au fur et à mesure que la température s'élève.

Ces considérations expliquent aussi le pourcentage exact de cérite qu'il faut employer. En agissant sur ce facteur, on déplace le maximum ae l'énergie du spectre d'émission du cérium et à la fois son intensité par la surface d'émission de ce corps.

Beaucoup de cérium fournit un rayonnements total, intense, mais une lumière rougeâtre; trop peu donne une lumière plus bleue, mais moins intense, peut-être à cause de la loi de déplacement du maximum de l'énergie avec la température, mais surtout par suite de la diminution considérable de la surface d'émission.

MÉTAUX UTILISÉS POUR l'ÉCLAIRAGE. 253

Ces proportions devront donc être changées si l'on désire produire en plus ou moins grande abondance telle ou telle radiation. Les becs devant servir aux virages photographiques devront être plus pauvres en cérium que ceux destinés à l'éclairage courant.

II est très probable également que si nous disposions de flammes plus chaudes que celles des brûleurs actuels, il faudrait augmenter les proportions du cérium dans le mélange.

Tel est, très succinct, l'exposé historique de la découverte du Dr Auer, des antécédents qui lui ont été opposés el enfin de la théorie même du manchon. Mais la découverte du D^ Auer a suscité des recherches nouvelles pour obtenir le meilleur rendement lumineux. On a perfectionné les brûleurs; ceux de MM. Denayrouse, Bandsept et surtout celui de M. Méker ont permis d'obtenir un meilleur rendement calorifique. Ces travaux suscités par le besoin d'obtenir le meilleur éclairage ont permis d'améliorer le chauffage. C'est ainsi que M. Méker a pu réaliser des fours pour fondre le platine, en se servant simplement de l'air et du gaz.

L'attention s'est portée aussi sur les globes qui protègent les becs Auer et, sous le nom de globes holophanes, on a vu apparaître, en 1896, des globes qui assurent une distribution uniforme de la lumière. La surface extérieure du globe est formée d'anneaux prismatiques horizontaux et la surface intérieure de prismes verticaux. Pour enlever la teinte blafarde due aux manchons usagés, on a donné au verre des globes une couleur rose, qui malheureusement affaiblit considérablement la lumière.

(74). Eclairage électrique. — Grâce à ces nombreux perfectionnements, l'éclairage au gaz par

Les Métaux secondairer ^ i5

incandescence avait complètement supplanté l'éclairage électrique. Les industriels, convaincus de l'économie obtenue avec le manchon Auer, n'hésitaient pas à abandonner leurs coûteuses installations électriques pour munir de manchons les anciens becs à gaz.

Mais la lutte de l'éclairage électrique contre l'incandescence au gaz semble devoir reprendre et pourrait peut-être se terminer en faveur du premier, par suite du remplacement du filament de carbone par des filaments plus réfractaires.

Il est, en effet, d'observation courante qu'un corps est d'autant plus lumineux que sa température est plus élevée ; et, en même temps que la température s'élève, la longueur des ondes émises diminue. C'est ainsi qu'un métal paraît d'abord rouge sombre, rouge cerise, avant d'atteindre le rouge blanc et enfin le blanc éblouissant. Or, M. Lummer a tracé la courbe de l'énergie émise par un filament de carbone ordinaire. Dans la fig. 24 ci-contre, on voit le maximum de cette courbe correspondre à la partie infra-rouge du spectre à I \L, 5. ; or, les radiations visibles ont des longueurs variant de 0[i., 8 (rouge) à 0[j. 4 (violet). Il en résulte qu'une part très faible seulement de l'énergie électrique dépensée se trouve transformée en énergie lumineuse. On voit, en outre, que si l'on pouvait élever la température à laquelle est portée le filament, il en résulterait un déplacement de la courbe vers la gauche et, par suite, un accroissement considérable de l'énergie lumineuse. Malheureusement, il est impossible de pousser davantage la température des filaments de carbone, parce que la lampe est bientôt hors d'usage.

Le carbone, qui est un des corps les plus réfractaires

METAUX UTILISES POUR L EGLAIRA.GE.

et que Ton ii*est pas encore arrivé à fondre, se volatilise avec une grande facilité à haute température. Au fur et à mesure, se forme sur la lampe un dépôt noir opaque, qui diminue encore la puissance éclairante.

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Le filament devenu plus mince est plus fragile, sa conductibilité ne diminue pas, parce que le coefficient de température du carbone est négatif, c'est-à-dire que sa résistance décroît au fur et à mesure que la température s'élève.

On a donc cherché à remplacer le carbone. Le corps qui conviendrait le ïnieux serait celui qui répondrait

aux conditions suivantes : posséder une surface rayonnante aussi peu noire que possible; être transparent, afin que le dépôt produit sur les ampoules ne soit pas trop opaque ; ne pas se modifier avec le temps et avoir un coefficient de température positif.

M. Nernst a le premier fourni une solution heureuse. Laissant de côté les métaux qu'il ne croyait pas assez réfractaires, il s*est adressé aux oxydes qu'il a appelés conducteurs de la seconde classe. Les oxydes blancs de zirconium, de magnésium, etc., ne sont pas conducteurs à froid, mais le deviennent lorsqu'ils sont chauffés. Tel est le principe de la lampe de M. Nernst que nous décrirons plus loin en détail et dont le succès fut considérable au moment de son apparition, malgré l'inconvénient présenté par la lenteur de l'allumage. Presque en même temps, le D' Auer lançait sa lampe à l'osmium, qui montra tout le parti que l'on pouvait tirer des métaux réfractaires- Alors commencèrent les recherches exécutées pendant de longues années aux Etablissements Siemens et Halske par MM. Von Bolton et Feuerlein, et qui conduisirent à la lampe au tantale. Ges patientes et belles recherches étaient couronnées d'un magnifique succès; elles avaient fait plus, elles avaient créé une chimie nouvelle, celle des métaux rares entre les rares, le colombium et le tantale ; bien mieux, elles ont peutêtre préparé une métallurgie nouvelle.

Après la lampe au tantale, on a eu les lampes au tungstène, au molybdène, etc., dont nous avons parlé à propos de ces métaux. Nons allons maintenant aborder l'étude des terres rares et des métaux, qui ont surtout servi à l'éclairage.

La plupart d'entre eux peuvent être portés à une

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