MANUFACTURES DE TISSUS DE LAINE
Avant 1879, on importait une quantité très-considérable de cette sorte de marchandises d'Angleterre, et ce pays fait encore au nôtre une certaine concurrence, mais les fabricants canadiens, grâce à l'expérience qu'ils acquièrent feront bientôt un article qui l'emportera sur celui de fabrication anglaise. Le commerce est dans un état très-satisfaisant.
(pliant à ce qui regarde les manufactures des tissus de laine dans la Puissance, voici ce qu'on trouve dans le recensement de 1881 :
Nombre.
Capital.
Employés.
Production.
Moulins à carder et à fouler
Manufactures de bonneteries
Fabrication des étoffes de laine
Un grand nombre des entreprises qu'on trouve mentionnées dans ce sommaire, sont de la plus petite espèce et n'offrent, malheureusement, aucune indication distincte de la valeur des affaires de ce genre.
Voici un résumé de l'information détaillée fournie spécialement pour donner une idée de Ce qui concerne dix en 1879, et onze en 1883 des plus granees manufactures de tissus de laine comprises dans les énumérations précédentes :
Capital engagé $1,644,000 $2,388,000
Assortiment de Cardes en usage No. 60 72
Laine employée chaque année Ifes. 3,212,000 4,079,250
Quantité de drap fabriqué vgs. 1,995,000 2,593,500
Couvertes paires. ' 30,000 39,000
Valeur des produits d'une année $1,571,300 $2,042,740
Chimiques et teintures $160/X)Q $210,000
Nombre de métiers .^ o4") - 39J
Employés 1,306 1,697
Total des gages par année ." $297,400 $386,600
Marchandises manufacturées: — Tweeds, Casimirs, Etoffes,
Flanelles, Couvertes, Serges, Draps de Castor, Tissus de
poil, Drap pour chaussures, Drap de pilote.
[Note Le nombre de métiers en 1879 était de 102 larges et 24o étroits; en
1 883 il y en avait 122 larges et 269 étroits.]
L'industrie du Canada provenant des plantes textiles a été la cause du progrès du dernier demi siècle. Dès 1830, il y avait deux ou trois manufactures de lame faisant un grand commerce provincial dans la Province d'Ontario, et plusieurs dans la Province de Québec tandis que, d'un autre côté, la population rurale pourvoyait ellemême à ses propres besoins. Pendant les vingt-cinq dernières années, on s'est servi de métiers et de machines perfectionnées pour les étoffes de laines épaisses dans toutes les anciennes Provinces de la Puissance ; la production domestique avait déjà atteint une certaine perfection quand les marchandises importées purent être reçues sans droits d'importation ou seulement avec des droits nominaux.
Ce n'est que depuis la Confédération que les effets de la protection 'ont été appliqués à ce genre de commerce ; durant les dix dernières années, les produits domestiques ont à peu près doublé ;. on peut maintenant compter 450 moulins à carder et à fouler, 90 manufactures de bas et 1300 manufactures de tweeds et d'autres étoffes de laine, employant 10,000 personnes et produisant des marchandises pour une valeur d'environ $11,000,000. Ces chiffres ne renferment pas d'autres produits qui entrent régulièrement dans la bonneterie et autres articles semblables qui se font sur les machines domestiques ; dont le bon marché et l'emploi menacent sérieusement l'existence des petits établissements de bonneteries.
Les Canadiens aiment beaucoup ia force et la durée dans le drap «'t le manufacturier d'ici a l'avantage moral. Très peu de tissus sont fabriqués avec les chiffons de laine dans ce pays • dans la bonneterie et les tweeds, les marchandises canadiennes auront une durée double de celles qui sont importées ; dans les meilleures qualités, dont on fait maintenant peu d'échantillons, le seul défaut remarquable est dans la teinture et non dans la fabrication.