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L'INDUSTRIE DU RAFFINAGE DES SUCRES

Il existe quatre raffineries bien montées dans les provinces maritimes, — une à Moncton, N. B., une à Dartmouth, N. E., une dans la cité d'Halifax, et une autre en dehors de ses limites, sur la rive ouest du bras de mer nord-ouest. Cette dernière est plus petite en dimensions et en moyens de production que les autres. Ces quatre établissements étaient tous en opération lorsque je les ai visités, quoique, à cette époque, les sucres raffinés fussent à plus bas prix qu'ils ne l'avaient été depuis nombre d'années. Les gérants de ces établissements ne m'ont paru nullement découragés de l'état où se trouve cette branche de commerce. Ils sont contents et pleins d'espoir, confiants en apparence que les embarras qui ont surgi sous un nouvel ordre de choses ne sont pas insurmontables. Les bas p*ix des sucres pendant une grande partie de l'année sont attribués à une baisse constante sur les marchés au sucre de l'univers ; et cette baisse est imputable à une variété de causes, au nombre desquelles il faut mettre l'augmentation de la production du sucre sur le continent européen et le système de prime que le gouvernement a établi en Allemagne. Cet état de choses a nui aux raffineurs pendant quelque temps, mais ils sont sans doute encouragés par la perspective d'un changement prochain pour le mieux. La production des sucres dans le monde entier, dépasse beaucoup aujourd'hui celle d'aucune époque antérieure ; mais il est également vrai que la consommation en a grandement augmenté depuis quelques années, s'élevant, en Angleterre, de 15 livres par tête qu'elle était en 1840 à (36 livres par tête en 1880, et davantage encore ces années dernières, or, on a tout lieu de présumer que la consommation continuera de s'accroître. On affirme, sur l'autorité d'une personne qui prétend avoir étudié le sujet à fond, que pour la production du sucre de betterave, les procédés du raffinage sont arrivés à un point qui n'est plus susceptible de perfectionnement ; tandis que pour la plus forte partie des sucres de canne, on n'a pas atteint ce haut degré d'excellence. S'il en est ainsi, il y a encore de la marge pour l'exercice du talent et de l'industrie dans la production des sucres de canne; et le résultat de cette exercice

joint au fait que le sucre de canne coûte moins cher à produire que le sucre de betterave doit tourner dans une certaine mesure à l'avantage de ceux qui exploitent la première de ces industries, cela, sans préjudice aux consommateurs.

La liste suivante des articles qu'on fa;t maintenant en Canada, et qui ne l'étaient pas en IMS, montrera le développement industriel : construction. des ponts de fer, sucre raffiné, coton imprimé, riz séché, et la manufacture de la coutellerie, les roues d'émeri, les épingles, les horloges, tissus de crin, jute, feutres, tuyaux d'orgues, papiers à écrire, ustensiles d'argent, clavier de pianos et d'orgues, cashmere et autres marchandises de toilette, colles, acier, toiles, etc.

Une autre remarque importante c'est qu'en 1881, pas moins de 85 pour cent des articles demandés par la compagnie du Pacifique Canadien étaient achetés dans les Etats-Unis ; en 1884, elle n'en acheta pas plus que pour 7 ou 8 pour cent en dehors du Canada, cela est dû à l'établissement des manufactures. Les quatre-cinquièmes de tous les effets en usage, à part les chars-dortoirs, sont maintenant manufacturés en Canada, et bientôt on les fabriquera ici.

Concluons en disant que le progrès dépend des hommes d'affaires du Canada et des promoteurs des entreprises industrielles. Il est nécessaire qu'en Canada certaines industries soient poussés avec prudence, de manière que la capacité produc-, tive du pays ne soit pas étendue au-delà des limites, les manufacturiers du Canada peuvent réprimer la production excessive et empêcher les conséquences de dépression qui en résultent. Le Canada demande une plus grande diversité des buts industriels ; mais les hommes d'affaires du Canada et les capitalistes peuvent exercer quelque influence de manière à les rendre capable de rencontrer largement ces différents buts. Le pays demande de l'excellence dans la qualité de ses manufactures, et la modicité du prix, modération qui sera tout un succès dans la compétition à faire avec les pays étrangers. Les manufacturiers du Canada sont en position de rencontrer les exigences et de mériter la récompense qui en résulte, ou bien de les éloigner et de souffrir les conséquences désastreuses.

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