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COMMERCE À L'ÉTRANGER

Le tableau suivant indique le commerce avec les divers pays de l'Europe en 18834.

Pays. Importé de. Exporté à.

Grande-Bretagne .$43,418,015 $37,410,870

France 1,769,849 390,955

Allemagne 1,975,771 195,5(5

Hollande -. 318,477 15,500

Belgique 459,150 287,318

Espagne 504,477 144,092

Portugal 67,983 172,252

Suisse 242,380

Autriche 82,595 412

Italie 75,348 247,151

Turquie 128,662 700

Grèce 160,820

Danemark 7,878 19,850

Norvège et Suède 28,100 117,229

Russie 4,318 59

Comme les industries d'un pav s sont la meilleure évidence de sa prospérité et de son progrès, on peut donc se former la meilleure idée de l'état actuel du commerce et les branches d'industries les mieux adaptées à des placements de capitaux en examinant les notes officielles. L'expérience de ceux qui sont engagés dans des entreprises manufacturières montrera au capitaliste et au manufacturier étranger laquelle de ces manufactures rapportera plus de profits.

Les extraits suivants du discours sur le budget fait par le ministre des Finances au Parlement, dans le printemps de la présente année (1885) sur les manufactures, sont de. grande importance, et venant d'autorité officielle leur exactitude est incontestable :

"Je puis dire que pendant les cinq dernières années, il y a eu une forte augmentation dans le commerce de la Confédération. Le surplus de production de nos manufactures, ainsi qu'il est démontré par les rapports qui ont été faits au Gouvernement et qui ont été déposés sur le bureau du greffier ont dû diminuer d'au moins $100,000,000 la valeur des importations des marchandises manufacturées, pendant les cinq ans. Lorsque je dis que le salaire seul, payé aux hommes et aux femmes dans les manufactures du pays, a été de $15,000,000, vous pouvez sans crainte en conclure que les intérêts, la mise de fonds pour les édifices, et les profits des manufacturiers, s'élèvent à une moyenne de $20,000,000 par année ou $100,000,000 poulies cinq ans. L'adoption de cette politique a nécessairement diminué les importations, et la balance du commerce serait contre nous de toute cette somme en plus, si ces manufactures n'avaient pas été construires et ces industries introduites dans le pays, si telle avait été notre situation les conséquences en auraient été bien déplorables. Voilà pour la balance du commerce. Je ne désire pas voir diminuer la consommation, mais ce que le gouvernement préfère, c'est que le peuple consomme des articles produits et manufacturés dans le pays, par le travail du pays, au lieu de le voir les importer de l'étranger, ce qui a pour effet de faire sortir notre argent du pays afin de payer ces marchandises. Maintenant je désire donner quelques nouvelles preuves du succès de cette politique en augmentant les industries du pays, il ^y a rien, peut-être, qui indique plus clairement l'augmentation de ces industries, que l'augmentation dans les demandes d'outillages et rie machines. Il est parfaitement connu que ceux qui s'occupent de la fabrication des machines que les commandes qu'ils ont reçues et remplies depuis 1879 dépassent de beaucoup les commandes de 1874 à 1879.

A cette augmentation de demande à l'intérieur on peut ajouter que les machines importées de 1874 à. 1879 se sont élevées à $3,100,018, tandis qu'elles ont atteint $8,597,300 de 1879 à 1884. Je crois que c'est là un indice de la vitalité et de l'activité nouvelle donnée à ces industries, qui ont besoin d'une telle augmentation de machines. Prenons maintenant l'importation des peaux vertes pour faire voir le développement de l'industrie du cuir. Les peaux vertes importées de 1874 à 1871» étaient évaluées à $6,419,294, et de 1879 à 1884 à $9,517,744. C'est une preuve de l'augmentation de la demande sur les peaux vertes pour la fabrication du cuir, des chaussures, et autres articles en cuir.

En 1878, 6 pour cent seulement du sucre consommé dans la Confédération venaient du pays de production ; l'an dernier 89 pour cent sont venus directement des pays de production et 11 pour Cent seulement venaient de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis. Voilà ce que j'ai à répondre au député qui disait qu'un droit sur le sucre signifiait une perte considérable de revenu et une augmentation du prix pour le consommateur. Le revenu de l'an dernier, vu l'augmentation dans la quantité du sucre brut importé, bien que les prix fussent bas, a été plus considérable que le revenu des années précédentes. Tout cela fait voir que nous n'avons pas seulement retiré du sucre le revenu ordinaire, mais que nous avons donné de l'emploi à un grand nombre de personnes. Nous avons rétabli une industrie importante. Notre commerce avec les Indes Occidentales a augmenté de 40 à 50 pour cent, et notre politique à l'égard du sucre a été avantageuse à toute la population du Canada.

Pour faire voir quelle impulsion a été donnée au commerce du coton depuis 1879, je vais citer d'après les rapports du commerce, les importations du coton brut pendant les cinq années, de 1874 à 1879, comparées aux importations des cinq années suivantes, de 1879 à 1884. Dans la première période les importations du coton brut ont été 31,847,880 lbs. De 1879 à 1884 elles ont été de 94,038,219 lbs. En valeur l'augmentation a été de $3,508,185 à $10,531,532. Cela prouve, je crois, qu'une forte impulsion a été donnée à cette industrie, qu'il y a eu une grande quantité de coton fabriqué dans le pays, qu'il a été acheté à bas prix par le consommateur canadien, et que, si on considère le nombre de fuseaux en opération au Canada et la demande qui doit nécessairement exister pour ces produits, le jour n'est pas éloigné où ces manufactures seront exploitées avec profit.

Il y a ensuite la question de l'effet que la politique générale a produit sur les industries du pays. Je crois avoir donné les preuves du développement de ces in-

dustries en montrant l'augmentation des demandes île machines dans le pays, la grande augmentation dans l'importation du coton, l'importation de peaux, la, consommation du charbon pour faire mouvoir les machines dans le pays, et divers autres faits qui ont été exposés ici ; mais il a été déposé sur le bureau de la Chambre un rapport, qui sera prochainement distribué à tous les députés, rapport fait par deux messieurs qui ont été chargés par le Gouvernement de visiter les principales manufactures du Canada, afin de montrer leur développement depuis 1878. Je donnerai simplement le résultat de leur examen pour une période de six mois, dans les villes et dans les villages importants du Canada. Ils estiment qu'ils ont visité des manufactures employant environ les deux tiers des personnes engagées dans les diverses industries manufacturières, et voici le résultat de leur examen:

dïmanii- Nombre Salaires payés Produits Capital

toctures d'employés, annuellement. rrocuuts. placé

Augmentation en

cinq ans 595 34,552 $10 562,432 $52,906,884 $29,473,442

Si nous ajoutons à cela 50 pour 100, en supposant que leur calcul soit exact et que les résultats le soient également, il ressort que l'adoption de cette politique en 1879 a eu pour effet d'augmenter de 892 le nombre des manufactures au Canada, le nombre d'employés de 51,828, le chiffre des salaires payés aux employés, de $15,843,- 648, les produits, de $79,360,626, et le capital placé, de $44,210,163.

Venant aux dépôts du peuple dans les Banques nous trouvons ce qui suit :

De 1874 à 1879. De 1879 à 1884.

Dépôts dans les banques au- Dépôts dans les banques au-

risées $8,499,942 risées $25,903,354

Dépôts dans les banques d'é- Dépôts dans les banques d'épargnes 1)997,422 pargnes 20,009,853

Compagnies de chemins de Compagnies de chemins de

fer et de prêts 5,787.576 1er et de prêts 9,512,731

On peut dire que l'augmentation des dépôts dans les banques d'épargnes n'est pas une preuve de la prospérité du pays. Mais je considère comme une preuve de la prospérité du pays et de la bonne position financière du peuple, le fait que celui-ci a augmenté ses dépôts de $16,000,000 à $55,000,000. Le capital dépensé dans les manufactures depuis 1878-79, ainsi que le montre le rapport présenté, est d'environ $44,000,000. De sorte que, depuis 1879 jusqu'à la fin de juin dernier la population du pays a placé, selon l'énumération que j'ai faite, environ $100,000,000 comme dépôts dans les banques autorisées, les banques d'épargnes, les sociétés de prêts. Je pourrais aller plus loin et signaler l'augmentation de la longueur du parcours des chemins de fer qui ont été construits, augmentation qui nous a entraînés dans des dépenses considérables. Je pourrais signaler les différentes villes du Canada où l'on a dépensé des millions dans la construction de maisons qui ont trouvé des locataires depuis 1879, pendant que les bâtiments voisins étaient à louer aujjaravant, mais ne trouvaient pas de locataires. Nous pourrions aussi parler des placements de différentes espèces qui ont été effectués depuis 1879, et qui montrent que la population du Canada, et spécialement la masse du peuple, doit avoir fait de jolis profits à même le produit de son travail pendant ces périodes, et doit avoir mis ces économies de côté pour les mauvais jours.

Nous arrivons maintenant au parcours des chemins de fer, pour démontrer ce qui a a été fait pendant les dix dernières années. Le tableau suivant indique le nombre de milles de chemin de fer construits et ouverts au trafic depuis 1875 jusqu'à 1884:

Milles Milles ouverts

construits. au trafic.

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