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INSTRUMENTS ARATOIRES

Cette classe comprend la fabrication des lieuses automatiques, moissonneuses, faucheuses, râteaux, semoirs, herses, charrues, grattoirs, rouleaux, instruments appelés cultivator, tarares, machines à battre, et généralement toutes les machines servant aux moissons.

Il y a de norabreuses manufactures dans différentes parties du pays; quelquesunes sur une très-grande échelle. Dans une contrée nouvelle, où la main-d'œuvre est rare, l'emploi des machines devient un besoin impératif, et aucun pays du monde ne peut rivaliser avec ce continent dans la manufacture des instruments qui font l'ouvrage fait à la main en Europe. L'ingénuité américaine qui s’est largement développée s’est répandue au Canada et les instruments exhibés aux expositions de comtés et aux expositions de la Puissance, ainsi que ceux envoyés aux Expositions Internationales montrent que le Canada peut compter sur ses propres manufactures,

Par suite de l'augmentation de la demande, il a fallu se procurer de plus grandes facilités pour la production, et de cette façon un homme inexpérimenté fait aujourd’hui avec la machine ce qu’il fallait faire faire avant par un homme du métier. La production a augmenté de plus de 106 pour cent, ou $157 par homme, ce qui démontre à l'évidence que le travail à la machine a en grande partie remplacé celui ‘ qui se faisait autrefois par l’ouvrier. La forte augmentation du capital tend aussi à prouver ce fait.

Dans les anciennes provinces c’est le fabricant canadien qui monopolise le marché, mais dans le Nord-Ouest, les Etats-Unis font encore un peu de concurrence pour la vente de ces instruments, malgré l'augmentation recents des droits. Cette concurrence s'explique de plusieurs manières. En premier lieu on est encore sous l'impression en certains quartiers que les instruments fabriqaés aux Etats-Unis conviennent mieux pour la culture des prairies que ceux du pays, cependant cette idée disparait graduellement à la vue des admirables machines que produit maintenant le fabricant canadien, et qui, sous le rapport de la forme, de la qualité et des facüités qu'ils offrent pour les travaux auxquels ils sont destinés, ne le cèdent en rien à ce que produit toute autre nation de l’univers. La.question des prix de transport y est aussi pour quelque chose, car ces prix ont été par le passé plus avantageux aux fabricants des Etats de l'Ouest qu’à ceux du Canada. Mais il n’en est plus ainsi maintenant, car les prix de transport pour le Nord-Ouest ont été grandement réduits pendant la dernière saison. Un fabricant qui a dû payer en 1883 $300 par chaque

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wagon se rendant au Manitoba. n’a payé cette année que $150. Par suite de cette réduction il lui a été possible de vendre les instruments 15 par cent moins cher que l’année précédente—c'est l'habitude au Nord-Ouest de vendre les marchandises au même prix que dans Ontario, les frais de transport ajoutés. Mais il y a de plus une autre raison qui permet aux fobricants des Etats-Unis de vendre des instruments dans le Nord-Ouest canadien et qui est toute au désavantage du fabriéant canadien, et c'est celle-ci: Comine on le sait, les moissons dans les Etats du Sud-Ouest se font beaucoup plus à bonne heure que dans les territoires plus au Nord, et dès qu'elles commencent le fabricant a déjà sur les lieux tout un fonds d'instruments qu’il vend en aussi grand nombre que possible au prix du marché—prix qui lui permet de faire un gain raisonnable. A mesure que la saison s'ouvre au nord et à l’ouest, ce dernier s’y rend avec ce qu’il lui reste d'instruments, et il en vend autant qu'il peut dans chaque Etat et Territoire, jusqu'a ce qu’il soit parvenu en septembre dans le Nord- Ouest, Ayant retiré des profits des ventes qu’il a faites jusque-là, il est én état de vendre, même à sacrifice, ce qui lui reste en mains plutôt que de remporter ces instruments x la manufacture, De plus comme ces instruments sont perfectionnés d'année en année, les machines fabriquées pendant l’année ne se vendent pas aussi cher l'année suivante. En présence de ce fait, et vu qu'il faudrait payer une assez forte somme pour importer les instruments à la fabrique, il arrive que le marché est

‘inondé à cette époque de l’année, de machines qu'on peut acheter, pour ainsi dire, à

n'importe quel prix.

Les fabricants s'accordent à dire que les prix des instruments qui ont été vendus pendant les derniers six ans ont été réduits de 15 à 25 pour cent. Dans certains cas on a mentionné des chiffres, et je puis en citer quelques-uns : Un manufacturier qui vendait autrefois la moissonneuse qu’il fabrique moyennant $100, la vend maintenant pour $80, un autre qui la vendait en 1878, 898, demande maintenant $80, et il ne vend que $50 les faucheuses pour lesquelles il exigeait autrefois $63 ; les semoirs qui rapportaient alors de $70 à $72, ne se vendent maintenant que $060., Un troisième fabricant qui vendait, en 1878, les moissonneuses $105, n’en demande maintenant que $90 ; un autre vend pour $60, les faucheuses qui lui rapportaient $75 en 1878. Un autre qui, il y a six ans, vendait ses moissonneuses $120, n'en reçoit plus que $80; un autre ne vend plus qué $475 les machines à battre pour lesquelles il recevait

8025 ; un autre dit qu'il a réduit cette année le prix de ses lieuses de 25 pour 100;

un dernier qui vendait, l’année derniète, les lieuses de $300 à $340, ne les vend cette année que $275 à $300. Les exemples pourraient être multipliés, mais il en a été dit suffisamment pour indiquer la diminution pour cent qui a eu lieu pendant les derniers six ans.

En terminant, on peut dire que les fabricants d'instruments aratoires sont dans un état très-prospères, et qu’ils comptent sur une excellente saison d’affaires en 1885.

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