‹ Inflation et déflationChapitre 24 sur 74 · AUTRICHE-HONGRIE · texte numérisé non relu

AUTRICHE-HONGRIE

Banque qui réduisit son encaisse métallique en quelquesjours de 70.2iO.000 llorins à3o.023.000 florins. Le -22 mars, l'obligation de remboursement fut suspendue, le cours forcé proclamé^ des billets de 1 et 2 tlorins émis pour remplacer la monnaie disparue. Cette situation fut plusieurs fois renouvelée, mais chaque fois un mauvais génie semblait se complaire à faire naitre, au moment décisif, dos circonstances politiques qui déjouaient les m<?illeures intentions à l'heure même oili elles allaient être mises en pratique (traité de 1857 avec le ZoUverein pour frapper des vereinsthaler, en 1867 avec la France pour la frappe de pièces de 8 florins). L'étalon d'argent et l'étalon d'or furent noyés dans les flots du papier monnaie '.

Dans les vingt-cinq années qui suivirent, grâce au maintien de la paix et au développement économique, le crédit de la monarchie se releva et l'opinion générale fut que le moment était venu de reprendre rang parmi les nations pourvues d'une bonne monnaie. Les bases du plan de la réforme autrichienne sont bien connues : c'est l'adoption de l'étalon d'or, à la suite d'une investigation des plus complètes par une double commission d'enquête, et le vote de la loi monétaire par

1. Ainsi, peu avaat la fin de l'anaée 1838, pour le 1" novembre de laquelle on avait annoncé le retour aux paiements en espèces, lesquels furent réellement repris un instant, le discours de nouvel an de Napoléon III donnait le signal de la guerre d'Italie. En 1866, la Banque croyait le moment veau de supprimer le cours forcé, lorsqu'éclata la guerre avec l'Allemagne.

^0 IM EXPÉRIENCES ÎNPLAtlONNlStÈé

îes Parlements des deux paya. La base sur laquelle le papier monnaie en circulation dut être transformé en or fut fixée d'après la valeur de ce papier, par rapporta la quantité d'or qu'il pouvait acquérir au moment de la promulgation de la loi. Il ne fut tenu aucun compte des fluctuations ni passées ni futures ; on ne considéra que le présent : c'est ce que fit d'ailleurs l'Allemagne en 1871 et, en fait, il ne s'est pas produit une seule circonstance ayant pu justifier la plainte que quelqu'un ait subi de ce chef un dommage positif ^

L'Autriche n'a pas eu à échanger un métal contre un autre — l'Allemagne eut à fixer le taux de la conversion de l'argent en or, — mais du papier contre du métal. L'étalon d'argent ne subsistait plus que de nom et les paiements s'effectuaient au moyen d'un florin de papier inconvertible, mais valant beaucoup plus à ce moment que s'ils avaient été frappés en argent à leur pleine valeur légale. Une poignée de florins autrichiens papier achetait plus d'or à Londres qu'une poignée de monnaie d'argent représentant le même montant nominal, si l'on ne considère que sa valeur métallique. C'est grâce à la suppression de la frappe libre, en 1879, et à la

1. M. Bambergcr, le 11 novembre 1871, disait au Reichstag: « Je suis d'avis que ni des moyennes s'appliquant au passe, ni des calcula de probabilités pour l'avenir, ne doivent servir à établir la proportion dans laquelle la transition doit se l'aire; le moment auquel celte transition se fait est seul déterminant ».

On consultera pour l'histoire de rAutrichc le fascicule laflalionen publié à l'occasion du o« Conférés des banquiers allemands par le Hamburger Weltwirtschafts Archiv,

Aû'i'RtCflB-ËONGmë §i

îiiodération extrême dans les émissions de papier monnaie, que le florin papier d'Autriche vit peu à peu s'augmenter le pouvoir d'achat que lui assurait sa qualité de moyen de paiement légal pour toutes les obligations à l'égard de l'Etat et des nationaux entre eux.

Une série de lois furent votées introduisant l'étalon d"or, substituant la couronne d'une valeur de 1 fr. 05 à l'ancien florin ', constituant un stock d'or pour que l'Etat pût rembourser à la Banque les billets d'Etat qui seraient retirés de la circulation, et le retrait en commença, des emprunts furent contractés pour se procurer l'or nécessaire — ce qui put se faire sans trop de perturbation. — L'Autriche cependant commit une faute qui aurait pu devenir dangereuse : celle de mener ensemble les conversions et la réforme monétaire.

La loi de 1892 autorisa l'Autriche à émettre du •iU/0 jusqu'à concurrence de 181] millions florins or. On émit, en 1893 et 1895, 150 millions au pair ou au-dessus. Ces 150 millions représentaient 3'iG millions de couronnes, dont 125 millions en eagles et 108 millions en lingots. Il y eut encore un crédit d'emprunt de 39 millions 1/2 de florins. La Hongrie fut également pourvue.

En 1894, les deux gouvernements furent autorisés à retirer 200 millions de papier monnaie, à l'aide de 40 millions de florins en couronnes

\. Un kilogramme d'or fia = 3.280 couronnes; frais de frappe 3 0/0.

92 LES EXPÉRIENCES INFLATIONNISTES

d'argent et 160 millions de ^orins en or, qui devaient être déposés à la Banque d"Autriche-Hongrie, ceile-ci donnant en échange des billets à elle et de l'argent frappé. Cette opération substituait la Banque à l'Etat comme garantie de la circulation. En 1893, on se borna à exécuter cette partie de la réforme et à retirer près de 143 millions de papier monnaie; le retrait du surplus dut être achevé avant 1898, on devait s'entendre de même pour retirer 112 millitms de papier monnaie, et l'Autriche dut régler en temps opportun les certificats des salines (dette flottante) ^

A la fin de 1898, la Banque d'Autriche possédait en monnaie d'or 359.400.816 florins en or.

11 existait en outre dans les caisses et offices 26.918.760 — —

Et à la Caisse centrale de Vienne . . . 59.617.720 — —

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