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CHAPITRE II

MUCÉDINÉES

(Fungi imperfecti).

Les Mucédinées (du latin mucedo, moisissure) sont des champignons à thalle filamenteux cloisonné, de taille ordinairement très réduite, dont l’appareil reproducteur consiste en hyphes plus ou moins différenciées et produisant des conidies de formes diverses. Ces plantes ne sont probablement que des formes conidiennes appartenant aux quatre grands ordres des champignons. Toutefois, comme le plus grand nombre se refuse constamment dans les cultures à donner un appareil reproducteur autre que l'appareil conidien, il a fallu créer pour ces champignons un groupe provisoire. Au fur et à mesure des progrès de la Mycologie, on réduira de plus en plus le nombre des genres compris dans ce groupe, pour leur assigner leur véritable place dans les cadres de la classification.

MUCÉDINÉES | (Fungi imperfecti) ESPÈCES SOUMISES A L’AGITATION :

1“ Genre. OIDIUM;: : : Link. Oidium lactis, Fres. NE 2° Genre. ACROSTALAGMUS, Carda. Acrostalagmus roseus, Bainier. 3° Genre. GUEGUENIA, ‘© Bainier, Gueguenia cæspitosa, Bainier.

Genre OIDIUM, Link, 1809.

Mycélium rampant, cloisonné, à filaments isolés. Conidiophores simples dressés, cloisonnés, se dissociant en conidies catenulées ovoides ou cylindroides.

OIDIUM LACTIS, Fres.

Le premier auteur qui mentionne, figure et donne une description de l'Oidium lactis est DEsmaziÈREs (1) qui le nomme Mycoderma Malti Juniperini. En 1852, FRESENIUS (2) décrit, sous le nom d'Oidium lactis, un champignon qu'il croit nouveau et qui n’est autre chose que l'espèce décrite par DESMAZIÈRES six ans plus tôt.

Ce champignon présente des caractères bien définis que nous résumerons ici.

Le thalle est irrégulièrement cloisonné, la longueur des articles diminuant à mesure que l’on se rapproche des extrémités.

Chaque filament se ramifie en branches latérales naissant au-dessous d’une cloison et ne se développant le plus souvent que d’un même côté de l'axe ; les conidies n’apparaissent que lorsque l’accroissement du thalle est terminé. Le mycélium se fragmente et dans les cultures âgées on ne distingue plus que des hyphes mélangées d’un assez grand nombre de conidies. Ces corpuseules sont très variés de formes et de dimensions, parfois rectangulaires, parfois cubiques et même sphériques; l'aspect varie avec la nature du milieu nutritif.

(x) DEsmazièREs. Recherches microscopiques et physiologiques sur le genre Mycoderma. Ann. des Sc. nat., sept. 1826.

(2) Fresenius. Beiträge zur Mykologie, fase. TI, p. 23; t. [, p. 23; t. III, fasc, 41-43, 1852.

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EXPÉRIMENTATION

Les cultures d'Oidium lactis fixes ou agitées sur Raulin gélatiné à 5°/ ont des caractères analogues à ceux que nous résumons ci-dessus. Aussi n’insistons-nous pas sur leur composition.

Culture dans Raulin normal agité (6o secousses à la minute) (semis effectué en profondeur à l’aide d’une parcelle de culture sur Raulin normal). — Premier jour, végétation à peine sensible. Deuxième jour, on trouve en suspension de petits sphéroïdes blanchâtres punctiformes. Troisième jour, végétation plus luxuriante. Quinsième jour, les colonies, nombreuses, se sont réunies entre elles et forment un dépôt abondant. Æxamen microscopique : le premier et le second jour, les filaments mycéliens prédominent ; les jours suivants, le thalle se fragmente et l'examen microscopique ne laisse voir que des articles rectangulaires.

Culture agitée sur Raulin normal {agitation de 60 secousses) (semis réalisé à l’aide d'une culture fixe sur Raulin gélatiné à 5 °/,).— Deuxième jour, de petites colonies d’un diamètre d’un millimètre environ, étoilées et duveteuses, nagent dans le liquide. Cinquième jour, les colonies sont nettement sphériques, denses, à contour lisse. Huitième jour, les sphérules mesurent 3 millimètres de diamètre, et n’augmentent pas de taille, même après une agitation d’un mois et demi.

Examen microscopique. — Le peloton mycélien examiné mesure 4 millimètres de diamètre.En section radiale mince, il présente la structure suivante : Le milieu de la sphère est occupé par une cavité à peine visible à l'œil nu. Le tissu environnant est formé d’une seule sorte d’hyphes disposées radialement. Ces filaments sont très enchevêtrés,

très ramiliés et plus grèles que ceux d’une culture fixe du même âge. La membrane est légèrement épaissie et les cloisons plus rapprochées, le protoplasme est chargé de globules de graisse et de glycogène, surtout dans les filaments les plus rapprochés du centre. Cà et là, le mycélium se renfle en petites sphères et ce même phénomène se montre sur les branches latérales. Nous avions déjà obtenu, au cours d'un travail antérieur, des formes semblables en cultivant l'Oidium lactis dans du Raulin lactosé fixe (1). Nous les retrouvons encore en soumettant à l'agitation pendant un mois, une culture du même organisme demeurée fixe depuis un mois.

Suppression de l'influence de la pesanteur. — L'aspect des cultures est.absolument le mème que dans les expériences précédentes. À noter qu'en aucun Cas nous n'avons constaté, dans les cultures agitées, la présence d’appareils reproducteurs.

1) A. SARTORY. Étude bibliographique et biologique de lOidium lactis FRES (Ag. texte). Bull. Soc. mycol. de France, t. XXHI, 1r°° fase. P- 59.

Genre ACROSTALAGMUS, Corda, 1837.

Mycélium rampant, cloisonné. Conidiophores dressés, ramifiés, verticillés à plusieurs degrés. Conidies mucilagineuses, nées successivement à la pointe de chaque rameau, où elles restent agglomérées en une sphérule guttuliforme bientôt diffluente.

ACROSTALAGMUS ROSEUS, Bainier.

Cette plante a été trouvée à maintes reprises par BaiNIER (1) sur des grains de milletque des oiseaux avaient projetés sur de la terre humide .Au début le mycélium incolore, cloisonné, rampant et largement étalé, donne des appareils fructifères qui se rapprochent beaucoup plus des Penicillium que de l’Acrostalagmus cinnabarinus, mais il s'en produit de complètement différents : ce sont des conidiophores portant deux à quatre rameaux courts verticaux, très rapprochés les uns des autres et surmontés chacun de 3 à 5 stérigmates longs de 16 à 20 uv. Ces stérigmates se renflent un peu à leur sommet pour former une conidie, à laquelle s’en ajoutent successivement plusieurs autres.

Les conidies sont très petites, de forme irrégulière, le plus souvent ovoides, quelquefois sphériques. Elles mesurent ordinairement de 2 à 3 # de long sur 2 à 6 de large. Elles conservent leur faculté germinative pendant près d’une année.

EXPÉRIMENTATION

Culture fixe et culture agitée sur Raulin neutre gélatiné à 5°/,. — Aucune différenciation apparente à signaler dans l’un et dans l’autre cas.

(1) Baixrer (G.). Bulletin de la Socielé mycologique, &. XXI, p. 225, 1905. Planche I.

Culture fixe émergée sur Raulin liquide normal (semis en surface, avec conidies provenant d'une culture pure fixe sur Raulin gélatiné). — Troisième jour, début de germination. Cinquième jour, voile-léger couvrant la moitié environ du substratum. {luitième jour, voile rose avec début d'appareils reproducteurs. Caractères microscopiques analogues à ceux décrits plus haut.

Culture fixe immergée dans liquide de Raulin normal (semis profond, avec conidies provenant d'une culture fixe sur Raulin gélatiné à 5 °/,.— Troisième jour, petites colonies blanches, à peine perceptibles, en suspension au milieu du liquide. Huitième jour, dépôt demi-floconneux, jaune clair. Du douzième au trentième jour, l'aspect de la culture se modifie peu; seule la coloration s’accentue et

passe au Jaune orange.

À l'examen microscopique. — Les filaments sont enchevêtrés, ramifiés, à cloisons régulièrement espacées. Le protoplasme renferme quelques guttules grasses, la membrane est régulièrement épaissie sur toute la longueur des filaments. Nous ne constatons aucune forme de souffrance bien caractéristique. Les appareils reproducteurs font

défaut.

Culture agitée dans Raulin normal {agitation de 6o secousses par minute). — Troisième jour, petites colonies blanchâtres nageant dans le liquide, et affectant l'aspect de petites pommes épineuses. Le Auitième jour, elles mesurent de 3 à 4 millimètres de diamètre. Vers le dixième jour, la surface de ces sphérules devient absolument lisse et d’un jaune clair. Dans le liquide surnageant baignent des éléments dissociés. Au bout d'un mois, les sphères ont atteint un diamètre de 7 à 8 millimètres, leur coloration restant la même. |

Structure d'une sphère mycélienne d'un mois. — Le centre de ce corpuscule est occupé par une cavité d’environ 2 millimètres de diamètre. Le tissu est formé d’élé-

ments radialement orientés, consistant en filaments enchevêtrés. L'ensemble constitue un véritable stroma. Vers le centre de la sphère, il y a des formes toruleuses présentant de grandes analogies avec celles signalées précédemment, à propos des Penicillium et des Aspergillus.

Cet Acrostalagmus parait être une espèce bien fixée, difficile à transformer sous l'influence de phénomènes physiques.

— né —

Genre GUEGUENIA, Bainier.

Champignons dont les hyphes stériles sont rampantes, les hyphes fertiles sont dressées, cloisonnées, à ramifications inégales et apiculées. Ces derniers ramuscules sont digités et groupés en corymbes.

Les conidies sont colorées, solitaires, bicellulaires, ovoïdes vers la cloison médiane, hémisphériques au sommet. Ils différent des Amblyosporium par les ramifications non verticillées, les conidies solitaires et cloisonnées.

GUEGUENIA CÆSPITOSA, Bainier.

Cette Mucédinée a été trouvée par BAINIER (1) sur des champignons et notamment sur des Agaricinées. Son système végétatif présente une grande analogie avec celui des Amblyosporium. « Les filaments stériles sont d’abord rampants, et donnent une première poussée de fructifications; puis le mycélium prend un développement considérable et forme un épais feutrage de filaments. Il produit alors un très grand nombre de nouveaux appareils conidiens à sa partie inférieure. Les appareils conidiens se forment à l'extrémité de longs filaments plus ou moins rampants, et se dressent sur les objets voisins au moyen d'une rosette de crampons. Chacun d'eux débute sous forme d’une hyphe, émergeant plus où moins à angle droit de la rosette fixatrice, pour former un support large de 22 p, haut d'environ 1"",40, plusieurs fois cloisonné. Le sommet donne bientôt naissance à des ramifications irrégulières arborescentes, dont chaque extrémité porte une petite rosette globuleuse de conidies. À maturité, les conidies se détachent individuellement, chacune entrainant

(1) Bainter (G.). Mycothèque de l'École supérieure de Pharmacie, XN. — Gueguenia cæspilosa, n. g.n. sp. (Bull. de la Soc. mycol. de France, t. XXII, 2° fasc.. p. 106. Planche XIII.)

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