SOINS
L'état de la denture est subordonné dans une large mesure aux soins qui lui sont accordés par Pindividu d'une part, par les praticiens d'autre part.
Les soins que l'individu pourra prendre sont de deux ordres :
Soins actifs.
Soins passifs.
Nous entendons par soins actifs ceux qui sont dirigés vers un risque de lésion de la denture, brossage des dents, usage d’antiseptiques, soins de gencives, etc...
Par soins passifs, ceux qui tendent à épargner à la denture des traumatismes mécaniques ou chimiques,
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Le praticien interviendra chaque fois qu’une lésion de la dent sera constituée, et dès le début, s’il veut voir ses soins réellement efficaces.
Or, par quoi est conditionnée l'intervention du praticien ?
Il faut que le malade vienne à lui, soit à l’hôpital, soit à son cabinet.
À l’hôpital, la consultation n’est pas outillée pour autre chose que des avulsions, par conséquent les malades n’y viennent que pour faire éliminer des dents inutilisables, infectées ou profondément cariées.
En cabinet, la visite au praticien est provoquée dans la grande majorité des cas par des mobiles d'ordre spécial :
1° L’esthétique.
2° La douleur .
3° L’infection étendue.
Elle est retardée par la crainte plus ou moins justifiée de l'intervention et par des considérations d'ordre matériel.
Nous sommes malheureusement obligés d'aborder un point délicat, la profession de chirurgien dentiste a été pendant longtemps ouverte largement à bien des candidats qui l’envisageaient trop souvent beaucoup plus comme un commerce que comme une branche de la médecine.
L'expression « menteur comme un arracheur de dents » n’a pas perdu toute sa signification depuis que l’on n’arrache plus les dents, mais qu’on en pra-
tique l’avulsion à l'abri d’un diplôme, même si on l'a acquis par correspondance ou si, comme c’est trop souvent l’habitude, c’est celui d’un autre.
Les chirurgiens dentistes ont trop souvent transformé leur profession en un commerce de prothèse; à leur sens, il faut avant tout placer de la marchandise et tous les moyens sont bons pour ceux-là qui y arrivent.
Ce n’est malheureusement pas dans une clientèle limitée qu’ils opèrent dans ce sens, mais bien au contraire dans la masse qui est plus sensible à la publicité des boîtes aux lettres et de la cinquième page des journaux.
La clientèle ouvrière a toujours eu beaucoup d’attraits pour ceux qui pensent que la médecine ou ses dérivés sont un moyen de faire fortune et pas autre chose.
Les malades ne sont tout de même pas aussi stupides que ces:industriels l’ont:pensé et pour quelques ‘praticiens malpropres, une corporation tout entière a une réputation fàcheuse.
Signalons en passant les efforts que nous avons faits pendant trois ans à la Corporative des Etudiants en Médecine de Paris avec quélques-uns de nos camarades pour demander que le titre de docteur en médecine soit nécessaire pour exercer la profession de dentiste, tendant ainsi à limiter un peu les abus de ‘cette corporation et à absorber l'excédent de médecins.
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Quoiqu’il en soit, les malades de la rue, ceux qui constituent l’essentiel de la clientèle sont prévenus contre le dentiste et cette prévention s'ajoute aux raisons qui lui font retarder les soins.
Influence de la gestation
Analysons maintenant ce qui se passe dans la bouche au moment de la gestation et voyons $i quelques éléments d’aggravation de la carie nouveaux expliquent sa fréquence plus grande pendant la grossesse.
Reprenons successivement tous les points que nous avons envisagés au cours de notre étude de la carie chez un malade normal.
CAUSES LOCALES
Dent
Situation de la carie
Nous ne pensons pas que l’état de grossesse modifie en quoi que ce soit la distribution des caries sur les arcades dentaires ; d’ailleurs, les statistiques faites par les auteurs à ce sujet montrent une répartition parallèle à celle des cas indépendants de l’état de gestation.
Forme de la cavité
De même, rien dans la grossesse ne semble expliquer une tendance à la modification de la forme générale des cavités, sauf, peut-être, la résistance moins grande des tissus de la dent qui permettrait une extension plus rapide de la carie, et par consé-
re
quent, la fréquence plus grande de caries où les germes pathogènes abrités vivraient en cavité à peu près close.
Milieu
La flore microbienne de la bouche est absolument la même pendant la grossesse qu’en périodes normales.
Peut-être la résistance des tissus à l’infection estelle moins grande pendant la gestation, c’est l’avis en particulier de LEMELAND qui considère la grossesse comme une diathèse modifiant l’organisme de la femme et diminuant sa résistance à l’infection. Pour lui, les modifications endocriniennes joueraient un rôle de premier plan dans cet affaiblissement.
Acidité
Le pH salivaire n’est pas modifié par la gestation pendant cette période, il oscille entre 6,50 et 7,10.
Cependant, il nous est permis de penser que, si la moyenne des mesures pratiquées donne un chiffre analogue à celui de Ia moyenne des mesures pratiquées sur des sujets indifférents, il peut se faire chez chaque sujet pris isolément une variation qui ne dépasse pas les limites normales et ne fausse pas la statistique dans son ensemble, mais n’en entraîne : pas moins une modification particulière.
Or, le pH traduit non seulement une acidité libre mais encore la présence de sels tampons dont le rôle