‹ Influence des Climats: Localités, Races sur les Épidémies et EndémiesChapitre 18 sur 27 · ROUGEOLE · texte numérisé non relu

ROUGEOLE

On peut faire pour la rougeole les mêmes considérations que pour la variole. Nous citerons le fait des Feroë, où les octogénaires seuls fu. rent préservés, parce qu'ils avaient vu une épidémie. Heureusement, elle est moins meurtrière que la variole; pourtant elle a ses suites broncho-pulmonaires; celles-ci sont exceptionnelles aux Antilles, d’après Saint-Vel, qui fait remarquer, avec Rufy, que les enfants nés entre les épidémies décennales 1831, 41, 51, 61 furent seuls atteints.

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SCARLATINE ET DIPHTHÉRIE

Ce sont de proches parents et qui s’accompagnert comme deu branches d’un même tronc.

Climat. — Ces deux maladies se rencontrent surtout dans le nord (Collin), et là, les cas malins sont beaucoup plus fréquents que dans le midi de la France. Elles sont rares dans les pays tropicaux. On a vu cependant de nombreux cas de diphthérie à la Guadeloupe.

Localités. — Rien de particulier pour les localités. Cependant l’Angleterre serait leur pays de prédilection, à cause de ses brumes, d’après quelques auteurs.

Races.— D'après Guersant, la scarlatine et la diphthérie se rencontreraient surtout chez les races du Nord. Cette opinion n’est pas partagée par tout le monde; cependant, ce qui est généralement admis, c’est que ces deux maladies sont plus graves là que dans le Midi; et alors n’est-on pas fondé à croire que la gravité des cas, au Nord, proviendrai un peu de la race ?

DENGUE

Climat.— La dengue se rencontre dans la zone tropicale avec des exceptions ; elle est peu observée, en effet, en Cochinchine, beaucoup au contraire à Bourbon, au Sénégal, à Maurice. (Thaly, Rey.)

Localités. — Rien de particulier pour les localités.

Races. — Dans les pays oùelle règne, ce sont surtout les individus

PSE NRE

de race européenne qui sont frappés; quelques cas ont cependant été signalés chez les noirs de Bourbon.

ENDÉMIES MIASMATIQUES. — FIEVRE INTERMITTENTE

Climat. — D'abord, parions de la saison, puis de la météorologie; l’automne et le printemps, c’est-à-dire de la chaleur et de l'humidité, celle-ci modérée, sont les conditions de l'apparition de la fièvre. Or,pour le climat, c’est la même chose; il nous faut de Ja chaleur et de l'humidité modérées; et, en effet, la saison des pluies et la saison sèche sontles moins dangereuses, mais à humidité égale, c’est la température qui agit le plus. Remarquons aussi l'absence de fièvre intermittente à l'extrême Nord et à l’extrême Sud, et l’intensité croissante de cette affection à mesure qu’on se rapproche de l'Equateur. Mais le climat est une composante, météorologie et sol; or, à température égale, l'hémisphère sud est moins palustre que le nord.

Localités. —1II est évident que la nature géologique du sol influence en bien ou en mal le climat physique, ainsi que l’altitude, l’état de la surface, l'exposition. L'influence nuisible des terrains ferrugineux a été bien établie par sir Renold Martin, qui a analysé le sol des régions malsaines de la côte ouest d'Afrique, de Hong-Kong. En 1834, Viilemé remarquait la coïncidence des maladies palustres avec la présence de l'argile dans le sol. En 1826, la Hollande voit une épidémie sévir dans toutes les localités argileuses et épargner les régions limitrophes dont le sol est sablonneux, quoiqu’elles eussent été exposées aux inondations. La Bresse, le Forey, la Sologne, ont un terrain argileux. Dansla Charente-Inférieure, les fièvres intermittentes cessent partout où le calcaire remplace accidentellement l'argile pour reparaître avec elle. Brocchi, sur tout le lerriloire romain, a remarqué que l'argile superposée à un

TS) de RES sol volcanique renforce les fièvres intermittentes. Au point de vue des modifications de la fièvre intermittente, Hirsch fait remarquer qu’on peut prédire une semblable différence entre les côtes occidentales et orientales de l'Amérique, et affirmer, sans crainte d'erreur, la rareté des fièvres miasmatiques aux embouchures granitiques de l'Orégon.

Les fièvres miasmatiques varient sous le rapport de l'intensité dans des pays différents, et parfois dans les différentes parties d’un même pays. Dans les Antilles, sur le continent américain, depuis Boston jusqu’à Rio, les localités basses sont frappées soit par la fièvre jaune, soit par des fièvres rémittentes graves, alors que dans les lieux élevés du voisinage, on ne trouve qu'un type intermittent ou rémittent d’une bénignité relative.

Colin a remarqué que dans la campagne de Rome, une altitude de quelques mètres suffit pour mettre à l’abri de la malaria; mêmes observations de Fonssagrives dans les étangs de l'Hérault. Cependant les montagnes ne sont pas touiours à l'abri. (Valéry Meunier, au Guadoramo.) C’est, sans doute, dit Hirch, à une température excessive que des lieux escarpés comme Gibraltar et les îles Toniennes doivent d’être ravagés par la fièvre. Les sources jaillissant au sommet de ces rochers, on conçoit que la moindre gelée produise des fissures dans lesquelles des matières végétales putréfiées viennent à s’insinuer et répandent leurs miasmes quand la température s’élève.

C’est aussi aux crevasses, cuvettes remplies d’humus et de détritus de roches et de végétaux, que Valéry Meunier attribue la fièvre des montagnes. Rappelons que Humbolt, en remontant l'Orénoque, trouva le poste de la grande cataracte dépeuplé par la fièvre, ce qui, d’après les indigènes, était dû à Ja chaleur des roches.

Races. — Des statistiques fournies, en Amérique, par le docteur Towushend justifient la préférence accordée aux serviteurs noirs dans les pays chauds. Elles établissent que dans le golfe du Mexique, où les blancs et les noirs servent ensemble et sont également exposés aux

RCA AETR mêmes influences miasmatiques, la proportion des malades atteints de dyssenterie, de fièvres intermittentes et rémittentes a été trouvée de 10 p. 100 parmi les premiers, tandis que les noirs ne comptent que pour une minime proportion 0,8 p. cent. r

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