Glascow. Méd. journ. Avril 1883, t. IX, n
3. Journal de sages-femmes, Paris 1894, t. XXII, p. 43. E. M. 3
a Sn
souvent: persistance de règles chez la femme enceinte. et recommande d'autre part de rechercher, lorsque les règles existent pendant la grossesse, s’il n’y à pas un utérus double. Cependant d’autres auteurs ne sont pas du même avis.
Dans la variété très importante au point de vue clinique. dite vagin borgne latéral (atresiæ vaginæ lateralis) et due à l’existence le plus souvent méconnue, d’une oblitération d’un des côtés du conduit utéro-vaginal, la rétention des règles au moment de la puberté peut donner naissance à la
formation d’une poche distendue par l’agglomération du sang
menstruel.
Ainsi prennent naissance les collections assez bizarres au point de vue du diagnostic, appellées hématocolpos où pyocolpos latéraux ; cette dernière en cas de collection de pus à la suite d’une infection communiquée à la poche par un point faible de la cloison.
En effet, dans une observation ‘très remarquable de Décès citée par Lefort,on voit que cette anomalie n’ait été reconnue qu’à l’autopsie.
11 s'agissait d’une jeune fille, entrée à l'hôpital Lariboisière.
âgée de 16 ans, et réglée depuis un an environ. Toutefois, la
menstruation s’esé difficilement élablie, et, à chaque époque menstruelle, la malade ressent des douleurs très vives dans les lombes ainsi qu'au niveau de la symphyse pubienne, en même temps qu'une sensation de chaleur très incommode vers l'utérus; les règles sont très peu abondantes et ne durent en général qu'un jour et demi à deux jours,
Îl y a huit mois, la malade s’est aperçue qu'une tumeur légérement mobile se développait dans la région iliaque gauche. Cette tumeur est du volume du poing, à peine douloureuse à la pression ; on peut constater par le toucher rectal qu’elle se prolonge entre le rectum et le vagin. Bientôt la fluctuation fut aperçue à travers les parois abdominales. On ponctionna par le vagin, et il ne s’écoula qu’une petite quantité de liquide brun chocolat, épais, ayant toute l’apparence de sang décomposé.
Des symptômes de péritonite suraiguë se manifestèrent le soir même de la ponction et emportèrent la malade en trois jours.
A l’autopsie, on constate peu de traces de péritonite.
La cavité péritonéale renferme cependant environ 200 grammes d’un liquide semblable à celui qui, pendant la vie, s’écoulait par l'ouverture de la ponction, mais moins épais.
Ce liquide provient d’une poche située dans le flanc gauche, munie de parois molles, peu épaisses, et de cloisons plus ou moins complètes.
Quant aux organes génitaux, on constate, en somme, qu’on a affaire à une malformation consistant dans un cloisonnement complet de l'utérus et du vagin; il y avait, par conséquent, deux utérus et deux vagins parfaitement indépendants. Du reste, en aucun point, l'utérus et le vagin droits ne communiquent avec l’utérus et le vagin gauche. Tandis que les règles s’écoulèrent normalement par l'utérus et le vagin droits, il s’accumulait dans l'utérus et le vagin gauches un sang qui s’altérait et formait le liquide dont nous avons parlé. Après la mort, le Vagin gauche ne contenait presque plus de liquide.
Dans cette observation très importante à plusieurs points
OL
de vue, on remarque entre autres que l’établissement de la fonction menstruelle — comme cela s’observe d’ailleurs constamment dans presque toutes les observations de malformations — se fait assez tardivement; et que, une fois établie, elle est plus ou moins irrégulière et accompagnée quelquefois de douleurs irradiées dans différentes régions.
L'utérus unicorne n'altère en rien la fonction menstruelle.
Tout ce qui a trait à l’uférus bicorne relativativement à la menstruation et aux autres fonctions même, comme nous le verrons plus tard, s'applique également à l’utérus biloculaire.
Quant à la variété d’utérus didelphe, son histoire clinique paraît du reste toujours se confondre — autant qu’on en peut juger par le peu d'observations existantes — avec la variété d’utérus bicorne. En effet, il est tres difficile en clinique de décider s’il s’agit d’un utérus bicorne complet ou d’un utérus didelphe.
Dans tout ce premier groupe de malformations, le canal génital peut se trouver fermé par des atrésies siégeant dans divers points de son trajet depuis l’hymen jusqu’à la portion rétrécie d’une corne rudimentaire.
Cette occlusion peut, comme nous venons de voir, obstruer complètement une des moitiés provenant du dédoublement, ou bien créer un espace clos, une sorte de diverticule provenant de la mauvaise conformation des parties.
Quoiqu'il en soit, si l’exhalation du sang menstruel a lieu, et si ce sang ne trouve pas d’issue au dehors, il s’ac-
SAP à
cumule et constitue les diverses tumeurs connues . sous la nom d’hématocolpos et d’hématométrie mème.
Dans le premier cas, la tumeur peut comprimer le rectum et la vessie; refouler l'utérus en haut ou faire saillie du côté de la vulve.
Quant au deuxième, et pour que l’hématométrie proprement dite se produise, il faut que la cavité de l’utérus soit la seule place où le sang puisse s’accumuler, C’est ce qui arrive en Cas d'absence complète du vagin par exemple, ou en cas d’atrésie de l’orifice du col — quoique cela ait été observé exceptionnellement par Gebke (1) dans un cas d’imperforation. de l'hymen ; — nous en parlerons par conséquent plus loin, à propos des faits relatifs aux malformations du 3° groupe.
Cependant, il existe beaucoup d’observations d’hématométrie uni-latérale dans les cas de dédoublement du canal génital. |
Ainsi, dans un cas observé par Schroder, et publié par Frendenberg (2), il y avait aménorrhée du côté perméable de l'utérus didelphe; la malade âgée de 16 ans, n'avait vu que trois fois ses règles apparaître, l’année d’auparavant, et cependant la moitié imperforée de la matrice, était le siège d’une abondante accumulation de sang.
Tout récemment encore Lauwers (3), cite un cas très in-
1. Soc. gynecol. de Dresde, 6 avril 1891 (Gentr. f. Gynec. 1898. pg. 106).