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Influence Du Séjour Sous Le Sol Sur La Structure Anatomique Des Tiges

la connaissance de l’assemblée. Un confrère qui a rendu d’importants services à notre Société, où il est entouré à bon droit de l’estime et de la sympathie générale, M. Édouard Prillieux, a été

nommé récemment officier de l’ordre de la Légion d’honneur.

M. Costantin fait à la Société la communication suivante :

DES TIGES, par H. COSTAMTIÜ.

Une plante possédant un rhizome, la tige se divise en deux organes ayant des fonctions distinctes : la partie aérienne, destinée à supporter les feuilles et les fleurs; la partie souterraine, destinée à emmagasiner des réserves et à propager l’être. Les rôles de ces organes étant différents, la structure n’est probablement pas la même dans ces deux régions. On sait en effet, par les recherches anatomiques de M. Vaupell (1) et de M. Chatin (2) sur les rhizomes, que leur organisation interne diffère considérablement de celle des tiges aériennes. Ces dissemblances sont telles, que ce dernier auteur en avait conclu que le rhizome n’est pas plus une tige qu’une racine.

Sans adopter celte opinion, on peut se croire autorisé à penser que les différences observées sont morphologiques, indépendantes de l’action immédiate du milieu. Evidemment, on conçoit que le milieu ait une certaine influence ; une tige ne peut pas être enfouie impunément sous le sol : toutes les fonctions doivent être modifiées; le milieu doit donc contribuer à transformer légèrement l’organisation de la tige qui vit sous terre, mais la structure fondamentale reste inaccessible à ces variations. J’ai cherché à déterminer exactement quels changements étaient dus au milieu; pour faire cette détermination, une étude expérimentale était nécessaire.

Partie expérimentale. — J’ai fait pousser sous terre des tiges de plantes sans rhizome ou des tiges aériennes de plantes en possédant ; des individus semblables de la même espèce poussaient à l’air pendant le même temps. En examinant les sections faites dans les deux tiges aérienne et souterraine en des points séparés du sommet par le même nombre d’entrenœuds, on a des coupes comparables. A l’aide de cette

(I) Untersuch. über (las periph. Waclist. (Recherchessur l'accroissement périphérique des faisceaux vasculaires des rhizomes des Dicotylédones). Leipzig, 1855.

('2) Sur les caractères anatomiques des rhizomes(\o\. Rail. Soc. bot. de France, 1858. (. V, p 39).

méthode, on élimine deux causes pouvant modifier la structure des tiges :

1° L’hérédité ; 2° l’âge.

Trois résultats principaux sont à retenir de ces recherches :

1° Les modifications sont uniformes ; elles peuvent être plus ou moins intenses suivant les espèces, elles ne sont pas contradictoires, elles s’opèrent dans le même sens.

2° Elles atteignent tous les tissus.

3° Elles se produisent très rapidement ; quelques jours, une semaine ou deux peuvent suffire.

En résumé, on produit expérimentalement les changements suivants dans les tiges maintenues sous le sol :

1° L’épiderme se subérifie.

2° Une couche subéreuse peut se produire.

3° L’écorce s’accroît par l’augmentation du nombre et du volume des cellules qui la constituent.

4° Le collenchyme disparaît.

5° Les ponctuations endodermiques restent plus longtemps visibles que dans les tiges aériennes.

0° Les fibres libériennes diminuent ou disparaissent.

7° La couche génératrice libéro-ligneuse est retardée dans son développement.

8° Ce dernier retard correspond à un faible développement des faisceaux ligneux.

9° Le développement de la moelle, quand il a lieu, est plus faible que celui de l’écorce.

10° Des matières nutritives peuvent s’emmagasiner dans les tissus parenchymateux.

Ayant ainsi déterminé d’une façon exacte comment le milieu modifie l’organisation des liges, j’ai recherché dans les tiges souterraines naturelles des changements analogues.

Tiges souterraines naturelles. — J’ai retrouvé chez les plantes possédant un rhizome les modifications précédentes avec une intensité plus grande, car le séjour sous le sol est plus prolongé que dans les expériences. Les deux faits les plus saillants qui résultent de la partie expérimentale sont :

1° Diminution ou disparition des éléments fibreux formant l’appareil de soutien (l’expérience justifiant le rôle qu’on lui attribuait).

2° Formation d’une couche subéreuse constituant un appareil de protection.

Les tiges souterraines naturelles permettent toujours d’observer cette disparition d’un tissu et celte production d’un autre. Le système de soutien est très puissant dans un grand nombre de tiges aériennes ( Geum ,

:>. v »2 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE.

Achillea, Thaiictrum, etc.); il englobe les faisceaux libéro-ligneux et forme un anneau li és épais. Cet anneau manque toujours dans les rhizomes. J’ai observé même, dans quelques cas, la production d’un appareil de protection à l’endroit où, dans la tige aérienne, existe un tissu de soutien très important. Cette substitution s’observe chez le Lychnis dioica.

L’ensemble de cette seconde partie de mes recherches montre que les changements dus au milieu sont considérables, et que les modifications morphologiques sont, contrairement à ce qu’il y avait lieu de supposer, peu nombreuses, et ne se montrent assez nettement que dans un petit nombre de cas.

Cette conclusion rapprochée d’un fait bien connu, l’augmentation du nombre des plantes vivaces lorsqu’on s’élève sur les montagnes, peut conduire à penser que l’existence d’un rhizome ou la durée d’une plante sont des caractères moins fixes qu’on ne le suppose. C’est là une conclusion un peu hâtive que quelques observations justifient dans certains cas(l), car une même espèce annuelle dans les plaines peut devenir vivace sur les hautes régions, mais des expériences nouvelles pourraient seules généraliser ce fait.

En laissant de côté cette question intéressante, qui nécessiterait de nouvelles recherches, un point important est établi par le présent travail: c’est que le changement de milieu amène des transformations considérables dans tous les tissus de la tige, et qu’elles dominent en nombre les modifications héréditaires, qui sont souvent indiscernables.

M. Mangin demande à M. Costanlin s’il a eu l’occasion d’observer le développement des racines adventives sur les rhizomes.

M. Coslantin répond qu’il a vérifié, ainsi que l’avait déjà indiqué M. Kamiensky, chez les Primulacées, la présence du réseau radicifère décrit par M. Mangin. Ce réseau est situé en dehors du liber, comme chez les Monocotylédones.

LES SOMWS SC AND IC A Fries, FALLAC/NA ET LATIFOUA Pers

DANS LA COTE-D’OR, par M. Ch. ROYER

En 1882, j’ai trouvé dans les bois de Quincy, près Montbard, quelques individus de Sortons scandica Fries; Gren. Fl. Jur. Voici les principaux caractères que j’ai relevés sur mes échantillons. Feuilles ovales en leur pourtour, à base ordinairement arrondie, à face supérieure lisse, non

(1) C. Bonnieret Ch. Flahault, Observ. sur les modif. des végél. suivant, les conditions physiques du milieu (Ann. des sc. nat. Bot. fi e série, t. VII, p. 104). — Cosson, Dull. île la Snc. bot. de France , 2 a série, 1882, t. IV, p. W.

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