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Ingres père

Ce portrait, peint en 1804 pendant un court séjour de Jean-Marie-Joseph Ingres à Paris, a été exposé au Salon

de 180G et a reparu à l'Exposition universelle de 1855. On le trouve reproduit au trait dans le recueil publié par M. Magimel. (Musée de Montauban.)

121). Ingres (Jean-Auguste-Dominique), à l'âge de vingt-quatre ans.

Ce portrait, signé : Eff. J. A. Ingres Por Fu Pu 1804, a été exposé en 1855. Une gravure d'après ce portrait, par M. Flameng, est aujourd'hui en cours d'exécution.

(Collection Reiset.)

Deux reproductions de ce portrait, exécutées par deux élèves du maître et retouchées par celui-ci dans les dernières années de sa vie, appartiennent à madame Ingres.

Le portrait original, conservé aujourd'hui dans la collection de M. F. Reiset, fut en 1860 cédé par Ingres à S. A. I. le prince Napoléon, en échange d'un tableau (le Bain turc) que le prince lui avait commandé, mais qui, pour des considérations particulières, figura seulement pendant quelques jours dans un des salons du Palais-Royal. Le prince Napoléon chargea M. Reiset de négocier cet échange avec Ingres, et M. Reiset, sans se douter qu'un jour viendrait où il serait lui-même possesseur du chefd'œuvre dont il avait alors mission de demander la cession au nom d'autrui, finit par obtenir le consentement du maître. La lettre suivante prouve ce qu'il en coûta à celui-ci de se dessaisir d'un des plus chers souvenirs de sa jeunesse, en même temps qu'elle témoigne de sa gratitude envers le prince, qui, à la suite de l'Exposition universelle de 1855, avait publiquement sollicité de l'Empereur une récompense exceptionnelle pour le peintre de V Apothéose d'Homère et du Martyre de saint Symphorien (1). Ajou-

(1) Voici ce passage du Rapport présenté à l'Empereur par le prince Napoléon, le jour de la distribution solennelle des récompenses (15 novembre 1855): « Dans les beaux-arts, le rôle du jury a été plus difficile et plus délicat encore. Je me suis abstenu d'y paraître, et je n'ai fait

tons qu'en se résignant au sacrifice qu'on lui demandait, le vieux maître ne put retenir ses larmes : la lettre dont nous transcrivons ici les termes porte en plus d'un endroit les traces matérielles de cette douloureuse émotion :

« Cher Monsieur, écrivait Ingres à M. Reiset , le 7 avril 18G0, si je n'eusse été lié par mon engagement avec vous de donner au prince mon portrait, je n'aurais pu le tenir au moment où je me suis séparé de ce cher portrait qui ne fait plus partie de sa famille. Le sacrifice est grand, je l'avoue, par la pénible émotion dont je suis encore saisi.

« Il n'y a que le prince qui m'honore d'une si haute estime pour lequel je puisse donner pareille preuve de dévouement, et pour vous, cher Monsieur, qui voulez bien vous mêler, en vrai ami, d'une affaire dont le motif si inattendu nous donne à tous deux tant d'ennui.

« Mille remercîments, et croyez-moi en cette occasion Votre bien reconnaissant serviteur,

Ingres. »

Quelques années plus tard (1868), le prince Napoléon s'étant décidé à se défaire d'une partie des tableaux composant sa galerie, M. Reiset put se rendre acquéreur du portrait d'Ingres, et donner ainsi un digne pendant au beau portrait de Madame Devauçay qu'il possédait déjà depuis longtemps.

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