Vénus, d'après Titien
Copie de la même grandeur que l'original, peinte à Flo-
(1) Cette étude, au crayon et à l'aquarelle, a été dessinée en 1861. Elle fait partie aujourd'hui de la collection de madame la baronne de Rothschild, à qui appartient le tableau original.
rence en 1821 , d'après le célèbre tableau conservé au Musée des Offices.
Cette copie, acquise en 18G7 par Kalil-Bey pour la somme de 10,000 fr. , et remise en vente l'année suivante, appartient aujourd'hui à M. Wandé, de Lille.
1G5. Fresques de Raphaël, au Vatican.
Bien qu'Ingres n'ait pas en réalité mis la main aux copies exécutées d'après les fresques du Vatican, à l'époque où il était directeur de l'Académie de France à Rome, bien qu'il n'ait participé à ces travaux qu'à titre de surveillant ou, comme il le dit dans une de ses lettres, de « régenteur(l) » , — son intervention en ceci a été assez zélée et son influence assez directe pour qu'il soit permis au moins d'en rappeler le souvenir.
C'est à lui d'ailleurs que revient le mérite d'avoir conçu la pensée de cette grande entreprise. Même avant son départ pour Rome, il la signalait à l'Administration des beaux-arts dans notre pays comme un noble effort à tenter, presque comme un devoir, et lorsque, une fois installé dans ses fonctions de directeur, il eut obtenu l'autorisation et les ressources nécessaires, il mena si activement les choses qu'au bout de quelques mois plusieurs copies étaient déjà faites, plusieurs autres en voie d'exécution. Il ne s'agissait encore, il est vrai, de faire reproduire que les peintures des Loges, c'est-à-dire des œuvres couvrant chacune un espace assez restreint; mais, vu le petit nombre des artistes employés par le maître (2) , il avait fallu, outre le
(1) Voir à Y Appendice (C) une lettre à M. Gatteaux en date du 24 novembre 1835.
(2) Il v en eut trois à L'origine, MM. Paul et Raymond Palze et M. Paul Flandrin. Bientôt même ce nombre se trouva réduit par le départ de M. Flandrin, et les deux frères Balze demeurèrent seuls chargés dune tâelie qui, commencée sous les voûtes des Loges, devait, pendant bien des années encore, se continuer dans les Stanze
zèle et le talent de ceux-ci, une grande sûreté dans l'organisation même et dans la direction du travail. Quoiqu'il en soit, les copies des Loges étaient déjà achevées au bout de quatre ans. Restait la destination à leur donner. Ingres réclamait non-seulement une place digne d'elles dans un de nos monuments publics, mais encore une place analogue à celle qu'occupent les peintures originales, sous peine de tout compromettre par de mauvaises conditions d'optique, ou, comme il disait énergiquement, « de livrer en pâture aux bêtes un aliment préparé pour les bons esprits » . Aussi entendait-il bien ne se dessaisir de rien avant l'heure, ne rien aventurer, à la distance où il était de Paris, et il écrivait à M. Gatteaux le 7 juin 1838 : « On me passerait sur le corps plutôt que de me faire consentir à envoyer sans moik Paris les Loges de Raphaël. Ces peintures ont été exécutées par plusieurs mains. Les sujets peints par Jules Romain sont comme ses tableaux à l'huile. En général, les autres peintures, quoique belles d'exécution quelquefois, sont souvent fort négligées, grossièrement faites et pleines d'incorrections : de manière que si des hommes froids, incapables de comprendre le sentiment qui anime tout cela par le style et par la grandeur des idées, prennent leur triste compas, ils ne verront dans ces ouvrages hors de leur place (qui est à vingt-trois pieds de haut) que
du Vatican. Nous n'avons pas à louer ici l'habileté courageuse et la constance avec lesquelles ils s'en acquittèrent. Les éloges qu'Ingres leur adressa dans une lettre qu'on trouvera à Y Appendice (K), nous dispensent certes d'insister sur ce point, et d'ailleurs depuis que les belles copies peintes par MM. Ralze ont pris place à l'Ecole des beaux-arts el sur les murs de Sainte-Geneviève, chacun a pu en apprécier de ses propres yeux les mérites. Il nous suffira de dire que les deux frères ne consacrèrent pas moins de treize années à leur immense travail et qu'ils ne réussirent même à le mener à fin dans cet espace de temps qu'à force de volonté, d'énergie et de méthode, puisque les copies qu'ils avaient à faire représentent en superficie un total de mètres « capable, comme aurait dit Vasari, d'effrayer une légion de peintres. »
des tableaux médiocres, tandis que, dans leur caractère et dans leur ensemble, ils sont sublimes. »
On sait que, grâce aux dispositions prises par l'é minent architecte de l'Ecole des beaux-arts, M. Duban, les vœux d'Ingres furent exaucés, et que les copies des Loges, placées comme elles le sont aujourd'hui à l'École des beauxarts , rappellent autant que possible l'aspect même des originaux dans leurs cadres et leur succession architectoniques(l). Quant aux copies des Stanze, Ingres, qui n'en avait dirigé l'exécution que dans la période des commencements, puisqu'il quitta Rome en 1841, Ingres dut se résigner à les laisser courir les chances d'une hospitalité provisoire; mais, l'abri de hasard qu'elles avaient d'abord rencontré ne fut jamais à ses yeux qu'une sorte de pisaller dont il ne se lassa pas de signaler les inconvénients ou les périls. Bien peu d'années avant sa mort, il insistait encore sur la nécessité de « loger dignement ces nobles indigentes, ces indigentes sans asile », et, dans un long mémoire que nous avons sous les yeux, il demandait pour elles aussi une installation définitive à Y Ecole des beauxarts. Espérons qu'un ancien projet conçu en ce sens par l'architecte de l'Ecole pourra être repris, et que l'espace, actuellement insuffisant, permettra un jour de renouveler quant aux copies des Stanze ce qui a été fait si opportunément pour les copies des Loges.
(1) Ingres avait souhaité d'abord que les copies des Loges fussent placées, en forme de frise, sur les murs de l'ancienne église des Petits- Augustins. Voir à ce sujet la lettre qu'il écrivait de Rome à M. Duban, le 8 octobre 1836. Appendice (E).
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