ORATEURS
, , „ - TNEPUisle milieu environ du xvii'^ siècle, l'Es-
Le théâtre II . , i • , , / •
JL-/ pagne a moins de puissance littéraire que dans les siècles précédents. Cependant elle n'est pas éteinte, c'est surtout au théâtre qu'elle se manifeste. Nous y voyons briller Candamo, Canizarès, Zamora. Candamo s'adonne surtout au drame historique ; son chef-d'œuvre en ce genre est l Esclave aux chaînes d'or ; Canizarès, satirique puissant, a de la verve comique dan» ses comédies de caractère ; Zamora manie la comédie d'intrigue avec une fort remarquable dextérité. Puis vient Vicente de la Huerta, habile à combiner le genre de la tragédie française avec quelque chose de l'ancien génie dramatique national ; puis Leandro Moratin (dit Moratin le jeune pour le distinguer de Nicolas, son père), très imitateur, sans doute, de Molière, mais très bien doué par lui-même et dont on lit encore avec un singulier plaisir le Vieillard et la jeune /îlle, la Comédie nouvelle ou le ca/e\ la
XVII I^ ET XI X^ SIÈCLES : ESPAGNE Femme hypocrite, etc. Il a fait aussi des poésies lyriques et des sonnets. Il vécut longtemps en France où il s'était comme imprégné de notre littérature classique.
Plus forte et plus brillante en ce temps-là === que la poésie, la pensée était représentée par le ^^ P''^" Père Florez, auteur de l'Espagne ecclésiastiqvc, par le marquis de San Philippe, auteur de la Guerre de succession d'Espagne; par Antonio de Solis, auteur de la Conquête du Mexique. Ddns le roman nous trouvons le très intéressant Père Isla, de la Compagnie de Jésus, qui nous donne une imitation très spirituelle du Don Quichotte de Cervantes dans son Histoire du fameux prédicateur Fray Gerundio de Campa^as. Il était lettré et patriote. Il était persuadé que Le Sage avait pris tout son Gil Blas dans divers auteurs espagnols et il publiait une traduction de ce roman sous ce titre : Les aventures de Gil Blas de Santillane volées à V Espagne et adoptées en France par M. Le Sage, restituées à leur patrie et à leur langue native par un Espagnol jaloux qui ne souffre pas quon se moque de lui. Un jésuite aussi et il est à remarquer que les jésuites espagnols du xvn" siècle avaient souvent un esprit très libéral et très moderne, le Père Feijoo a écrit une sorte de dictionnaire philosophique intitulé Du Théâtre critique universel, revue des opinions humaines, très satirique, très humoristique et le plus souvent très sensée. L'historien Antonio de Solis, qui, du reste, fut un auteur dramatique assez estimable, donna en un style châtié, très élégant et trop élégant, une Histoire de la Conquête de VAmé-
Le
romantisme
Le XIX* siècle
rique septentrionale connue sous le nom de Nouvelle Espagne. Jovellanos écrivit beaucoup dans plusieurs genres. Il fit, entre autres, une fort belle tragédie intitulée Pelage, une comédie de beaucoup de relief intitulée le Criminel honorable, une foule d'études sur le passé de l'Espagne et de traités économiques et de satires et de pamphlets. Mêlé à toutes les vicissitudes historiques et politiques de son pays, il mourut misérablement en i8ii après avoir été tantôt exilé, tantôt à la tête des affaires.
Au XIX' siècle, le romantisme espagnol ramène le lyrisme avec Angel Saavedra, José Zorilla, Ventura de la Vega, Ramon Campoamor, Espronceda. Ce dernier surtout, poète et romancier, qui a écrit rEtudiant de Salamanque (Don Juan), le Diable Monde (sorte de Faust), des poésies lyriques, un roman historique, Sancho de Saldane, compte parmi les grands hommes de l'Espagne.
Au théâtre, Quintana donne, lui à son tour, un Pelage, le duc de Rivas un Don Alvaro qui eut un succès immense, Zorilla un Don Juan Tenorio d'une conception toute nouvelle ; Martinez de la Rosa des tragédies tantôt toutes classiques, tantôt dans l'allure moderne et des comédies ; Gutierez par son Trouvère attire l'attention, comme on sait, des faiseurs d'opéras français ; Breton de los Herreros écrit des comédies très piquantes dont la multiplicité l'a fait comparer à notre Scribe. En prose Fernan Caballero est un romancier fécond et du reste un très attentif et très précis peintre de mœurs, Trueba (du reste élégant poète) est un romancier idyl