MISE AU POINT. XI
[>arent9 ne s'aperçoivent de la croissance continue, mais imperceptible de leurs enfants.
Et, si nous laissons maintenant de côté les groupes qui nous sont plus ou moins nettement opposés, quels progrès ne constaterons-nous pas alors dans l'état d'esprit de quantité de gens î Souvenez-vous du petit nombre de personnes qui, il y a une vingtaine d'années, professaient ou même seulement connaissaient les doctrines du catholicisme social : aujourd'hui, des centaines et des milliers de jeunes gens, d'hommes et de femmes d'oeuvre, dans les congrès, dans les réunions contradictoires, dans les revues et les journaux, déclarent s'inspirer de ces doctrines. N'oyez le succès croissant des « semaines sociales » et concluez si ce sont là symptômes de décadence et d'abandon.
Nos idées ont donc conquis nombre d'intelligences, mais, fait non moins encourageant, elles ont éveillé et orienté quantité de bonnes volontés.
Là, encore, le progrès a pu passer inaperçu — parce que continu.
Mais choisissez quelques points de repère. Recherchez les œuvres et institutions sociales catholiques de n'importe quelle nature, qui existaient, dans votre région, il y a quelque vingt ans — et comparez avec ce qui existe aujourd'hui. Le développement ne vous paraîtra pas contestable, sauf pour
xn MISE AU POINT.
quelques rares exceptions. En certaines localités et pour certaines catégories, il est même considérable. Et cette constatation que chacun peut faire, s'il sait se dégager de tout préjugé, réfute victorieusement les doléances que l'on formule dans le vague.
Cette recherche, pour mon compte, en vue de cette nouvelle édition, je viens de la faire pour tout ce dont j'avais parlé dans Initiatives féminines. Partout, ou à peu près, j'ai constaté une marche en avant, soit pour les idées, soit pour les organisations.
Le progrès des idées ? Pour le contester, il faudrait nier les faits. Je n'en invoquerai que trois ou quatre.
Au moment où j'écrivais ce volume, on s'étonnait quelque peu de voir des chrétiennes prendre la parole dans des réunions publiques ; maintenant, la chose est fréquente et ne surprend personne : les partis les plus traditionnalistes ont leurs « oratrices w. Bon nombre de revendications féminines ou, pour tout dire, féministes, trouvent des défenseurs dans nos rangs : n'a-t-on pas vu récemment jusqu'au droit de vote pour les femmes soutenu, en Belgique et en Angleterre, par des hommes d'État catholiques ?
En France, des sénateurs, dont les convictions