‹ Injections D'Extraits De Glandes À Sécrétion Interne Dans Les Ventricules CérébrauxChapitre 9 sur 17 · ES · texte numérisé non relu

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L'étude des glandes à sécrétion interne a pris, au point de vue physiologique et au point de vue clinique, dans les derniers cinquante ans, une place de plus en plus importante.

C'est Brown-Séquard qui, le premier, par des expériences célèbres, a attiré l'attention sur les fonctions des glandes dont les produits de sécrétion se déverseraient directement (dans le sang.

À la suite de ces expériences une foule de travaux sur les glandes à sécrétion interne virent le jour. Ces travaux fournirent la certitude que certaines glandes produisaient, en effet, des substances pouvant provoquer dans l'organisme des modifications considérables.

C’est à Takamine que revient le mérite d’avoir isolé et identifié Ja substance active de la partie médullaire de la capsule surrénale : l’adrénaline.

La première hormone était ainsi trouvée :

La recherche de l'hormone, dans les autres glandes à sécrétion interne, ne donna malheureusement pas d'aussi brillants résultats et la constitution chimique de presque toutes les hormones est encore à trouver à l'heure actuelle. Il a fallu se contenter de rechercher dans la mesure du possible, les propriétés physiologiques de ces produits. \

Parmi les procédés employés dans l'étude des agents spécifiques des glandes endecrines, il convient de citer en premier lieu la suppression totale ou partielle de la glande en question, provoquant ainsi des troubles de déficience.

Un autre procédé d

étude, très en vogue à l'heure ac-

tuelle, consiste dans l’administration des divers extraits des glandes à sécrétion interne soit par voie buccale, soit | par voie parentérale (injection sous-cutanée intra-veineuse, etc.).

On trouve aussi dans la littérature quelques exemples d'injection en pleine substance cérébrale, exemples fort peu nombreux d’ailleurs.

Mais à notré connaissance, il n’existe point de travail systématique ayant trait à l’action des extraits de glandes à sécrétion interne introduits directement dans le liquide céphalo rachidien.

C'est ce procédé d'introduction directe dans le liquide qui permet, comme l’ont montré Stern et Gautier, de mettre Ja substance active largement en contact avec les divers éléments nerveux de l’axe cérébro-spinal.

D'après ces auteurs il existerait entre la circulation sanguine d’une part et le liquide C. R. et les éléments nerveux cérébro-spinaux d'autre part, une sorte de barrière, qu'ils appellent barrière hémato-encéphalique, ayant pour fonction de protéger les éléments nerveux contre l'invasion par des substances étrangères dont le contact tdirect pourrait troubler le fonctionnement normal des centres nerveux.

Dans ces conditions normales cette barrière ferait une sorte de choix parmi les substances contenues dans le sang en arrêtant quelques-unes et en laissant pénétrer les autres dans le liquide C. R. et dans la masse nerveuse.‘

Il nous à paru intéressant d'examiner les effets que pourraient produire les extraits de certaines glandes lorsqu'ils sont mis en contact immédiat avec les centres nerveux cérébro-spinaux. C’est dans ce but que dans le présent travail, nous avons étudié particulièrement les effets des extraits d’hypophyse, de thyroïde, de rate et de capsules surrénales.

Ce A DE

1J. Méthode expérimentale

Stern et Gautier avaient constaté que l'injection d’une substance pratiquée dans l’espace sous-arachnoïdien (sac lombaire ou sous la dure-mère cérébrale), restait souvent sans résultat, alors que l'injection intra-ventriculaire de la même substance donnait lieu à l’apparition de diverses manifestations dûes à l'excitation des centres basilaires et aussi des centres corticaux.

Aussi dans nos recherches, avons-nous injecté directement les extraits des glandes à sécrétion interne dans les ventricules latéraux du cerveau, en nous servant essenticllernent de la méthode élaborée par Stern et Gautier : lanimal étant anesthésié par l’éther, on applique une petite couronne de trépan immédiatement en arrière de la suture fronto-pariétale, place de choix pour pratiquer l'injection dans le ventricule latéral, et lorsque l'animal est complètement remis de sa narcose et du choc opératoire, on injecte à l’aide d’une fine aiguille de Pravaz la solution à examiner.

Dans la plupart de nos expériences l'extrait glandulaire est injecté en solution saline isotonique. Immédiatement après l'injection, l’animal est détaché et on note les diverses manifestations, nerveuses et autres.

La préparation des extraits a été faite dans la presque totalité de nos expériences de la manière suivante

La glande prise aussi vite que possible après la mort de l'animal est débarrassée de graisse et de tissu conjonc-

tif, broyée dans un mortier avec du sable ou du verre pi'é, additionnée d'eau salée et filtrée.

Les extraits ainsi obtenus sont désignés comme extraits frais, pour les distinguer des extraits bouillis employés par nous dans un certain nombre d'expériences.

Dans.ncs expériences, nous ayons remplacé la couronne du trépan par une vrille mince de dimension très petite.

L'orifice pratiqué ainsi est de dimension minime et par conséquent les déviations latérales de l'aiguille peuvent être facilement évitées. | Des points de repaire établis sur l'aiguille de Pravaz indiquent pour les différentes espèces animales la profondeur à laquelle devait pénétrer notre aiguille pour atteindre les ventricules latéraux du cerveau.

Effets produits par l’Injection

d'Extrait pituitaire dans les Ventricules latéraux

L'hypophyse est une glande à sécrétion interne située en pleine selle turcique et pesant de 6c à 80 centigrammes. chez l'homme normal.

Macrostopiquement, on distingue dans l’hypophyse deux parties : un lobe antérieur et un lobe postérieur. Ce

dernier est relié au moyen d’un pédoncule avec le tubèr-

cinérum. Entre les deux lobes, existe une cavité close, la fente hypophysaire.

Les connaissances concernant le rôle physiologique de Jhypophyse sont basées en partie sur des observations cliniques ayant trait à des malades présentant des alté-

rations (tumeurs, atrophie, hypertrophie, dégénéres-

cence, etc. de l’hypophyse), en partie sur l'observation es phénomènes produits soit par la suppression, la diminution de l’activité normale de cette glande, soit par l'administration de divers extraits à des individus nor-

maux ou préalablement privés de cet organe qui nous à

fourni des indications intéressantes sur la fonction de cet organe.

L'hypophysectomie totale a été pratiquée pour la première fois par Paulesco. Les effets produits sont les suivants : cachexie assez rapide, apathie, asthénie, tremblements, secousses musculaires, hypothermie pouvant aller jusqu'à la température bianie, ralentissement du pouls et de la respiration, scmnolence, rigidité du

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train postérieur, abaissement de la pression sanguine. Il va de soi qu’une partie des symptômes peut être attribuée à des traumatismes des centres nerveux (du voisinage, l’ablation du lobe antérieur seul produirait les phénomènes suivants : glycosurie transitoire avec polyurie, adiposité, diminution de l'appétit sexuel, perte des menstruations, atrophie des organes génitaux.

Quant au lobe postérieur son ablation aurait des conséquences bien moins visibles : diminution de la tolérance vis-à-vis des hydrates de carbone, trouble de ta diurèse, troubles génitaux et immédiatement après l’onsralisn glycosurie et polyurie.

En ce qui concerne les propriétés des extraits hypophysaires, Olivier et Schäffer ont montré que l'injection intra-veineuse de- l'extrait glyceriné d’hypophyse de bœuf produit une augmentation de la pression artérielle düe à une vaso-constriction périphérique.

Cette action serait dûe au lobe postérieur, une seconde injection faite de suite donnerait un abaissement de pression de faible durée, abaissement dû à une substance hypotensive renfermée dans l'extrait hypophysaire

l'injection (d’une petite dose d'extrait acqueux du iobe postérieur d’hypohyse de bœuf occasionne chez le lapin une légère hypertension. L’injection de dose moyenne produit d’abord un abaissement de la pression avec ralentissement du pouls, suivi d’une éva:uation de la pression avec renforcement du pouls (Syl #strani).

L'action hypertensive avec ralentissement et am ification du pouls a été démontrée pour l'extrait du lobe postérieur ide l’hypophyse de tous les vertébrés par plusieurs auteurs (Osborne, Vincent, Schäffer, Herii:y, Candler, Sikes, Halliburton).

D’après Biedl, ce serait le feuillet para-nerveux qui donnerait l'hypertension la plus caractéristique.

L\ vaso-Consiriction à pu être démontrée directement, par l’ischémie de certains territoires artériels.

Falta, Iscovesco, Hamburger et Bield trouvent que contrairement au lobe postérieur, l'extrait du lobe inté-

rieur produit une action hypotensive. En effet, d’après

Lewis, Matthews et Muller, des substances hypertensives

sctubles dans l’eau et Per se trouveraient dans le loha artérieur.

Quant à l’action sur le cœur Cyon, Garnier et Beco pensent que l'hormone agit en stimulant le nerf vague au cœur, tandis que d’après Clerghorn, Headon et Aller. l'extrait agirait directement sur le muscle cardiaque

Quelques auteurs pensent avec Hering que l'extrait agit

pas l’intermédiaire du système nerveux végétatif.

Parmi les effets produits par l'extrait d’hypophyse, il faut mentionner l’action diurétique du lobe posté’icur (Magnus et Schäffer). Quant à effet hypertonisant de l'extrait du lobe postérieur sur l'utérus, la vésicule bi. liaire et les bronches, il a été mis en évidence par Houssay. Cette propriété a été employée en thérapeutique pour combattre l’atonie utérine post-partumi l'extrait augmente en effet le tonus utérin et excite les contcistions pendant le travail. Dans les expériences faites sur les lapines on a constaté l'augmentation des contractions de l’utérus gravide ou puerpueral, tandis que l’utérus vierge se relâche sous l’action de l'extrait.

L'extrait hypophysaire produit également les contractions de l’æsophage et de l’estomac (Houssay ei Ibanez).

D'après Thomson et Johnson l’extrañt hypophysaire produit une augmentation de l'élimination de l'azote et de phosphore par l'urine et une diminution du poids de l'animal.

= Les animaux nourris avec du lobe antérieur de l'hypo-, physe présentent une rétention de phosphore, tandis que

a je ceux nourris avec di lobe postérieur présentent une perte de phosphore (Malcolm).

. D'après Borchard, l'injection de l'extrait total produirait de l’hyperglycémie et une glycosurie légère, mais æt..effet n'est pas constant, certains auteurs même ne l’ont jxmais constaté (Falta et Bernstein).

Bosc, Cushing et Mouret ont trouvé que l'extrait à une action hyperthermique qui, d’après Cushing, serait due exclusivement au lobe postérieur.

L'extrait hypophysaire total modérerait l’excitabilité psychique et favoriserait le sommeil léthargique (Borchard, Renon, Sandri, Salmon, Delille). |

D'après Gemelli, Cushing et Gœtsch, l’'hypophyse jouerait un rôle important dans le phénomène de l’hibernation de la marmotte et de quelques autres animaux.

Comme il résulte de ce court aperçu historique, l'ac- Uon des extraits de l’hypophyse a été étudiée exclusivement en introduisant cet extrait dans la circulation générale, soit directement soit indirectement.

Nous avons voulu examiner l'effet produit directement sur les centres nerveux en introduisant dans le ventricule latéral les extraits soit du lobe antérieur, soit du lobe postérieur, soit de l'extrait total de l'hypophyse, soit la pituiglandol d'Hoffmann La Roche.

Dans la majorité des cas, nous nous sommes limités à l'observation des phénomènes se manifestant immé- diatement après et pendant les vingt-quatre premières heures qui suivirent l'injection.

Le nombre de nos injections étant trop grand, nous nous contenterons d’en rapporter quelques exemples types et nous résumerons sous forme de tableau, les autres résultats, la méthode opératoire étant la même dans toutes ces recherches nous renonçons à la décrire de nouveau à propos de chaque expérience.

Injections intraventriculaires d’Extrait d'Hypohyse

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