OBSERVATION IV
Arthrite sèche de l'épaule droite.
Le 30 juin 1905, le docteur Rochet conduit à la clinique de la rue de Ballon le nommé Valentin S..., âgé de 59 ans, forgeron, demeurant au Mans.
Cet homme qui n'avait jamais été malade antérieurement souffre beaucoup de l'épaule droite depuis la fin du mois de mai. Malgré les révulsifs les plus énergiques, les douleurs ressenties ne font qu’augmenter, et le 27 juin le malade doit définitivement abandonner son travail.
: Les mouvements passifs sont très douloureux, ils permettent de percevoir de gros craquements articulaires. Quant aux mouvements actifs, ils sont presque abolis tant ils sont douloureux et de plus très limités.
ls n'y a pas d’atrophie des muscles de l'épaule.
Injection dans l’articulation scapulo-humérale de 6 centi-
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mètres cubes d’huile de vaseline stérile au moyen d'une iongue aiguille et d’une seringue de Luër.
L'injection peut se faire sans anesthésie, et le malade la tolère très bien.
Sitôt après, on imprime quelques mouvements passifs et Valentin S.., abondonné à lui-même, se met à exécuter seul et sans douleur tous les mouvements possibles à une articulation saine.
Trois jours après, malgré l'avis du médecin, il reprend son dur métier de forgeron, ses douleurs reviennent, mais huit massages en ont raison.
À la suite de ces huit massages, Valentin S... reprend son travail. Un mois après, on peut constater que l’opéré se sert parfaitement de son bras. Il forge comme avant sa maladie et n’a plus eu depuis l'injection la moindre souffrance ni la moindre gêne.