PT D
Sans doute, nous ne parlons pas de guérison du tabes. Mais ne semble-t-il pas que nous soyions en droit de préconiser, dans les cas graves, l'emploi des injections intra-rachidiennes de sels de mercure ? C’est assez rapidement que Carrieu obtint chez des malades traitées antérieurement d’une façon intensive, des améliorations notables. C’estimmédiatement que nous obtenons chez notre malade une sédation des douleurs fulgurantes. Nous signalons ces faits sans vouloir en tirer une déduction qu’on ne pourrait admettre qu'après avoir observé des malades pendant plusieurs années.
C’est tout récemment que l’on a commencé à traiter les méningites aiguës syphilitiques par la voie sous-arachnoïdienne, et nous ne connaissons guère sur ce point que les observations de Claisse et Joltrain, d'Œttinger et Hamel.
Les méningites aiguës syphilitiques peuvent apparaître soit à la période secondaire, soit à la période tertiaire de la maladie.
Les formes tardives sont des formes localisées. Elles apparaissent en général de sept à neuf ans après le chancre. Leur début est des plus variables : C’est la céphalalgie, pouvant précéder de plusieurs semaines et même de quelques mois les autres phénomènes, qui domine l’ensemble symptomatique. Des vomissements, des vertiges peuvent se
montrer à la même époque. E
À la période d'état, les symptômes sont poly-
Lie
morphes. Mais la céphalée, les troubles moteurs paralytiques ou convulsifs traduisent la localisation du processus méningé.
Des troubles psychiques coexistent fréquemment. Ce sont soit des phénomènes délirants,
comme chez le malade de Claisse et Joltrain,
soit des phénomènes de dépression, suivis de coma.
Les réflexes sont ou exagérés cu abolis. L’inégalité pupillaire est de règle, le signe d’Argyll Robertson ést fréquent.
Mais les signes généraux de réaction méningée, le Kernig, ia raideur de la nuque manquent dans la plupart des cas. |
Fort différent est le tableau des méningites aiguës diffuses. Celles-ci sont les formes précoces. Elles peuvent même parfois précéder l’apparition de la roséole (1). Ce sont des méningites aiguës syphilitiques secondaires, où l’on observe le
syndrome de la réaction méningée.
Parfois précédés de longs prodromes, qui consistent en malaises vagues et répétés et surtout en céphalée intense, elles ne présentent pas toutefois à la période d'état la triade symptomatique au complet : La céphalée est pourtant de règle, elle est soit localisée à la moitié gauche (2), à
de Be et Pierre Weill. Méningite syphilitique secondaire aiguë : Méningite précoce, préroséolique. (Presse méd., 19 oct. 1907, n° 85.) Fe
2. Brissaud et Brécy. Méningite aiguë guérie par le Traï tement anti-syphilitique. (Soc. méd. des Hôp., 12 juin 1902.)
TR
l'occiput (1), soit diffuse, et c’est le cas le plus fréquent.
Les vomissements cérébraux manquent assez souvent.
La constipation peut être remplacée par la diarrhée.
Fréquemment le malade est couché'en chien de fusil ; le signe de Kernig est souvent observé, ainsi que la raideur de la nuque.
Les pupilles sont inégales ; les réflexes tendiueux des plus variables.
La température, en général au-dessus de la normale, subit des variations considérables, et peut tomber de 4o à 36 degrés pour remonter ensuile.
Le liquide céphalo-rachidien est habituellement clair ; la lymphocytose est abondante : il y à une notable hypertension.
Le traitement mercuriel n’a pas d'influence prophylactique surl’apparition des phnomènes méningés ; et il est un fait digne au contraire d’être noté, c’est que dans plusieurs cas, la méningite survint à la suite de traitements récents.
Debove et Castaigne (2) rapportent l’observation d’un malade chez lequel la méningite survint
1. Widalet Le Sourd. Méningite aiguë ; Guérison par le Traitement anti-syphilitique. Lymphocytose. (Bulletin de la. S'oc. méd.des Hôpitaux, 1902, p. 127) à