‹ Innocent III: la croisade des AlbigeoisChapitre 17 sur 17 · A NOS LECTEURS · texte numérisé non relu

A NOS LECTEURS

DBPUis qu'ont été écrites les dernières grandes Histoires de France, depuis Henri Martin et Michelet, sur nos provinces et sur nos villes, sur les règnes et les institutions, sur les personnes et sur les événements, un immense travail a été accompli.

Le moment était venu d'établir le résumé de ce demisiècle d'études et de coordonner dans une œuvre d'ensemble les résultats de cette incomparable enquête.

Une pareille tâche ne pouvait être entreprise que sous la direction d'un historien qui fût en même temps un lettré. Nous nous sommes adressés à M. E. Lavisse, qui a choisi ses collaborateurs parmi les maîtres de nos jeunes Universités.

D'accord sur les principes d'une môme méthode, ils ont décrit les transformations politiques et sociales de la France, l'évolution des mœurs et des idées et les relations de notre peuple avec l'étranger, en s'attachant aux grands faits de conséquence longue et aux personnages dont l'action a été considérable et persistante.

Ils n'ont eu ni passions ni préjugés.

Le temps n'est pas encore lointain où l'histoire de l'ancienne France était un sujet de polémique entre les amis et les ennemis de la Révolution.

A présent tous les hommes libres d'esprit pensent qu'il est puéril de reprocher aux ancêtres d'avoir cru à des idées et de s'être passionnés pour des sentiments qui ne sont pas les nôtres. L'historien, sachant que, de tout temps, les hommes ont cherché de leur mieux les meilleures conditions de vie, essaie de ne les pas juger d'un esprit préconçu.

Pourtant Thistorien n*est pas — il n'est pas d'ailleurs souhaitable qu'il soit — un être impersonnel, émancipé de toute influence, sans date et sans patrie. L'esprf* ^^ son temps et de son pays est en lui; il a soii décrire aussi exactement que possible la vie de ancêtres comme ils l'ont vécue; mais à mesure < se rapproche de nos jours il s'intéresse de préfér( aux questions qui préoccupent ses contemporains.

S'il étudie le règne de Louis XIV, il s'arrête longtemps à l'effort tenté par Colbert pour réformi société française et faire de la France le grand ai et le grand marché du monde, qu'à l'histoire diplc tique et militaire de la guerre de Hollande, afl depuis longtemps close. On ne s*étonnera donc p£ Colbert — et ceci n'est qu'un exemple choisi e beaucoup — occupe dans notre récit une place grande que de Lionne ou Louvois.

Ainsi, à mesure que la vie générale se transforn que varie l'importance relative des phénomènes h riques, la curiosité de l'historien, emportée pa courant de la civilisation, se déplace et répond à sentiments nouveaux.

Les éditeurs de l'Histoire de France ont voulu doi à la génération présente la plus sincère image puisse lui être offerte de notre passé, glorieus toutes les gloires, traversé d'heures sombres, pai désespérées, mais d'où la France toujours est s( plus forte, en quête de destinées nouvelles et en nant les peuples vers une civilisation meilleure.

Us souhaitent avoir réussi.

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