MELLINI PROTÈGE LES INTÉRÊTS DE LA FRANCE À MADRID
Et, le 22 septembre, il ajoute qu'à propos de l'ordre du roi, que les navires espagnols aient à saluer les premiers les français, on lui a dit que le maréchal de Yivonne a reçu l'ordre de se rendre avec toute l'armée navale dans les eaux de Gênes, pour obliger l'escadre des galères d'Espagne à rendre le salut et faire exécuter ainsi Tordre du roi. Mais, le P"" décembre, il lui annonce:
La Republica di Genova si dice che liabbia fatto rispondere al Rè che è pronta à ricevere nella darsina di quel porto la squadra délie galère di Francia nel modo istesso che è solita di ricevere le galère di Spagna délia squadra del Duca di Tursi; ma faceva sapere à S. M.*^ che le galère di Tursi per le conventioni fatte col B.è di Spagna sono comandate da capitani, e governate da piloti, ed altri offitiali Genovesi; che in caso di guerra délia Republica sono obligate à servirla; che entrando nella Darsina ne sono esclusi tutti i scldati Spagnuoli che in tal caso sogliono prender quartiere nel Finale ; e per ultime che quando dette galère di Tursi sono dentro la darsina si ripongono i remi nei maganzeni délia Republica. Le quali cose riflettesse la M.*»- Sua come potessero praticarsi con questa squadra di Francia. Per tali rimostranze par sospesa la risolutione già presa di mandar dette galère da Marsiglia à Genova. Ma in brève si vedrà il partito che questa Corte prenderà.
L'Espagne et la France
On venait de signer la paix entre la France et l'Espagne, mais la reprise régulière des rapports diplomatiques entre les deux rois n'eut lieu que plus tard. En attendant, c'est aux bons offices du Saint-Siège que le gouvernement de Paris fit appela à propos de la capture de quelques navires français de la part des Espagnols.
Le 18 janvier 1679, Mellini informe Cybo que l'abbé Lauri, internonce à Paris, lui a transmis deux écritures que lui consigna Mgr de Pomponne, touchant des captures de na-
vires marchands français a Portolongone, en Catalogne et à Bilbao, et cela malgré qu'ils fussent en possession de passeports livrés par Yillahermosa, selon que cela avait été fixé à Nimègue; que Lauri, en lui envoyant copie de ces plaintes, le chargeait de faire des démarches pour avoir les réparations nécessaires contre ces contraventions, afin de ne pas troubler la paix. « J'ai pu parler, écrit-il, avec don Gerolamo d'Eguja, qui ignorait l'affaire, mais me donna sa parole que^ si on trouvait que tout cela était vrai, on accorderait la réparation, parce que ce serait contre les accords, et la volonté de S. M. est qu'ils soient observés. » Et, le 22, Cybo lui avait communiqué les plaintes de l'ambassadeur touchant les contraventions de sujets du roi catholique, à cause des passeports, car ils naviguaient comme des marchands français; et il engage le nonce à faire des remontrances à don Juan afin que la paix ne soit pas troublée. » Mais, le 5 février, Mellini lui annonçait déjà que S. M. avait ordonné la restitution à leurs propriétaires légitimes d'une barque capturée à Portolongone et d'une autre en Catalogne. Le 12 avril, Mellini écrit de nouveau que Lauri lui envoya huit feuilles de dépositions prouvant la capture de six bateaux français par des vaisseaux et armateurs espagnols, alors que la suspension d'armes ou la paix était déjà conclue; ces feuilles l'abbé Lauri les avait reçues de Pomponne pour les lui transmettre. « Je les ai envoyées à don Gerolamo, qui les a soumises au Conseil ; que toutefois on a reconnu que quelques vaisseaux ont été capturés avant la paix et d'autres sans passeports, et que S. M. avait donné l'ordre de restituer tous les navires capturés avec passeports livrés avant la paix. » Et, le 10 mai, il lui transmet les copies des lettres reçues de don Pietro d'Aragon et de Colonna, touchant les navires. Dans un de ces billets il y a que le vice-roi de Naples déclare qu'à Portolongone un navire a bien été capturé et qu'on le garde ; et le second contient les ordres de S. M. a