‹ Inscriptions antiques (volume 4)Chapitre 224 sur 276 · C ... ,ra. — Lucioliis l(iberatus · texte numérisé non relu

C ... ,ra. — Lucioliis l(iberatus

Thrèce et Mirmillon combattant; à l'exergue, une palme. Trouvé à Lyon, en 1727, dans un jardin situé au quartier d'Ainay, non loin du couvent des religieuses de Sainte-Claire.

Laine, Mémoire lu à l'Académie de Lyon, en 1728. — Caylus, Recueil d'antiquités, t. VI, p. 338, pi. CVII. — Artaud, La Cèramie, manuscrit appartenant à la bibliothèque de l'Académie de Lyon, p. 100, pl.LXXXVI. — Comarmond, Descript., p. 42, n°2ii, pi. IL — De Boissieu, Inscriptions antiques, pp. 463 à 465, gravé.

2. — Fragment de vase à couverte rouge pâle présentant un médaillon circulaire bordé d'une moulure. — Diamètre 0,07.

[Amor] incendia riits .

L'Amour incendiaire arrêté, jugé et mis au pilori, est le sujet représenté sur ce curieux médaillon. — Le coupable se voit une première fois dans la partie inférieure de la composition, désarmé et conduit vers la gauche par un Génie qui fait l'office de sbire et lui tient les mains liées sur le dos; deux autres Génies plus petits viennent immédiatement après, portant sur leurs épaules un trophée formé des dépouilles du prisonnier ; un autre Génie, remplissant les fonctions d'appariteur, précédait le cortège, mais ce dernier a presque complètement disparu par suite d'une légère fracture. La partie supérieure est séparée de l'autre par une ligne figurant le sol, on y voit encore le coupable, mais attaché cette fois à un poteau fixé sur une plateforme placée vers la gauche et servant de pilori; on y accède par une échelle au sommet de laquelle est un Génie qui en descend portant un objet difficile à déterminer.

Du côté opposé, c'est-à-dire sur la droite, deux colombes s'échappent d'une cage dont un Génie, juché sur le sommet, est en train de soulever la trappe; un autre Génie, placé au pied de l'échelle, se tourne vers le pilori en ouvrant les bras et semble leur montrer le patient. Dans le haut, séparé par une ligne légèrement cintrée, se trouve le tribunal présidé par une figure assise, aux contours féminins, tenant un sceptre et faisant de la main droite un geste de commandement ; dix autres figures, beaucoup moins grandes, disposées en deux groupes et debout, sont rangées à ses côtés; devant elle est un escalier en charpente sur la première marche duquel un Génie semble solliciter la grâce du coupable.

Lyon, fouilles de Trion, 1885. — Allmer et Dissard, Trion, n° 1387. — Georges Lafaye, L'Amour incendiaire, dans les Mèl. d'archèol. et d'hist., publiés par l'École française de Rome, t. X.

3. — Fragment de vase à couverte rouge orangé, portant un médaillon incomplet à gauche.

Au centre: génisse tournée à droite, au repos sur ses pieds et la

tête haute. De longues gouttelettes projetées de sa bouche, ou peut-être plutôt des effluves ardentes de son souffle, sont reçues dans une vasque à pied étroit, placée à terre devant elle. Au-dessus, un Génie, dont il ne reste que la tête et le bras droit portant un flambeau allumé, fend les airs en se dirigeant à droite. Au bord du cercle d'encadrement, devant la tête de l'animal, une tresse de feuilles de laurier. A l'exergue, séparé par un trait, un distique en cinq lignes incomplètes des premières lettres, pour lequel notre collègue M. Allmer a proposé la restitution suivante :

lust rai ' A m. O R. • T A V R V S • L A T E T

in n O Q V E-FVRTA-TON un lis -ô- M I R A N D V M • AN 'MOS-FVNDERE vacc A- PoT EST

[Lustra]t Amor, taurus latet [Iun]oqite flirta Ton[antis. O] miranditm, an[i]nios fundere \yacc\a potest !

« Amour éclaire la scène ; aucun taureau ne paraît, et Junon « aussi se tient à l'écart et voit les amoureux larcins de son « époux. C'est chose bien merveilleuse qu'une vache puisse « enflammer le cœur du maître du tonnerre. »

11 s'agit, comme on le voit, de la passion de Jupiter pour Io, que la vengeance de Junon métamorphosa en vache. On sait la fable : Io était prêtresse de Junon, qui, pour la soustraire aux obsessions de Jupiter, la changea en vache et la confia à la garde d'Argus. Selon quelques mythologues, Jupiter lui-même opéra cette métamorphose pour dérober son amante aux poursuites de la reine des dieux. Mais le stratagème ne lui réussit pas. La jalouse Junon, remarquant la beauté de cette vache, devina Io sous cette nouvelle forme, la demanda à son confiant mari et, l'ayant obtenue, la fit garder par Argus, qui l'attacha à un olivier dans le bois de Mycènes. Mercure, envoyé par Jupiter, tua le vigilant gardien d'un coup de

pierre ou, selon une autre tradition, l'endormit par les doux accents de sa flûte, lui coupa la tête et délivra Io. Junon, irritée, envoya une Furie, d'autres disent l'ombre d'Argus, d'autres un taon, persécuter cette malheureuse princesse. Io. ainsi poursuivie, traversa la mer à la nage, parcourut l'Illyrie, les cols de l'Hémus, la Scythie, la Cimmérie, et, après avoir erré dans d'autres contrées, s'arrêta enfin sur les bords du Nil, où Jupiter, ayant apaisé Junon, lui rendit sa forme première. Devenue l'épouse de Télégone, elle éleva à Cérès une statue que les Égyptiens adorèrent sous le nom d'Isis.

11 y a, paraît-il, dans cette fable bizarre, simplement une allégorie astronomique. Io n'est autre que la lune, assimilée à une vache à cause de ses cornes pendant ses premières et dernières phases. Il est à remarquer que loh est le nom de la lune en cophte ou ancien égyptien, et que chez les Argiens, qui étaient d'origine égyptienne, la lune portait également le nom d'Io. Quant à Argus aux cent yeux, c'est le ciel parsemé d'étoiles.

Dans le haut du médaillon, entre la tête du Génie et l'extrémité du flambeau, on aperçoit encore la partie inférieure d'un segment circulaire, reste probable d'un o et alors du nom d'io, qui devait figurer à cette place.

La fable d'Io est la contre-partie de l'enlèvement d'Europe, à propos duquel Martial (Ep., XIV, 180), faisait cette judicieuse réflexion : « Excellent père des dieux », dit-il en s'adressant à Jupiter métamorphosé en taureau, « c'eût été bien plus opportunément le cas lorsque Io, transformée en vache, était votre amante ».

Lyon, fouilles de Trion. 1885. — Allmer, Revue épigr., t. IL pp. in, 112 et 122 et Découverte de monuments funéraires, etc.. pp. 41 et 42. — Allmer et Dissard, Trion, n° 1382.

4. — Fragment de la partie gauche d'un médaillon à couverte rouge orangé.

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