VI
Estampille incomplète à gauche. — Sainte-Colombe (Rhône).
Inscriptions tracées à la pointe avant la cuisson
AcU
Sur la panse. — Le Chàtelet (Ardèche). — Morel. le Temple du Chàtelet d ' Andance, p. 55. — C. /. L., 6029, b-
Sur un culot. Lettres de 45 mill. de haut. — Sainte-Colombe.
(1 à 27 ) Estampilles sur terrines ou tèles.
Ces vases sont en terre jaunâtre, grise ou rougeâtre, mais toujours non vernie. Leur forme est celle d'un cône renversé à parois épaisses et très inclinées, tronqué à son sommet. Ils sont pourvus d'un large rebord présentant une dépression formant un déversoir dont l'extrémité se projette en saillie et près duquel sont imprimées parallèlement deux ou plusieurs estampilles, disposées sur chacun des côtés, l'inscription de l'une complétant ou répétant l'inscription de l'autre.
Les musées du midi de la France possèdent un assez grand
nombre de ces terrines dont l'usage n'est pas encore bien déterminé; l'opinion la plus généralement admise en fait des espèces de jattes disposées pour cailler le lait. Un vase du même genre a été trouvé à Pompéi dans la boutique d'un pharmacien.
Le peu d'étendue du rayon où se trouvent les mêmes marques donne à penser que ces vases étaient de fabrication régionale. Les fabricants qui les produisaient étaient souvent des hommes à trois noms, et, lorsqu'ils ne sont désignés que par leurs surnoms, ce sont ordinairement des surnoms latins.
49?-i a GA1LIVS —
b — PRIMVS-F
C(aius) Atilius Primus F(ecit). — a. Vienne (coll. Chavernod). Comarmond, Descript., p. 120, n° 714 (C1R1VS). — b. Deux exemplaires mutilés. Sainte-Colombe.
Un exemplaire, autrefois dans la collection Chavernod, offrait la marque complète OÂILIVS— PRIMVS-F.
2 GATISIVS — SABINVS
G(aius) Atisius Sabinus). — Deux exemplaires. — Lyon, fouilles de Trion, 1885. — Allmex et Dissard, Trion, n° 148.
3 G-ATISIVS — SABINVS
Sainte-Colombe. C. /. L., 5685, 4 c.
Artaud, dans son Lyon souterrain, assure avoir découvert les ruines de la fabrique de ce céramiste sur l'emplacement d'une maison située dans la rue Saint-Joseph, à l'angle de la rue Sala. Voici les observations consignées par cet archéologue :
« Lorsque le docteur Dittmar a fait creuser dans son jardin pour agrandir sa maison, il a trouvé, à une certaine profondeur, quantité de lampes, des vases d'argile, des amphores, des contre-poids et
plusieurs autres objets en terre cuite, qui avaient été entièrement vitrifiés par un incendie. Les traces de cet embrasement se sont manifestées d'une manière plus sensible dans un autre local, où le même propriétaire a déterré des cubes ou dés en pierre, placés de distance en distance, dont la concavité conservait encore une partie des montants brûlés qui avaient soutenu la toiture d'un hangar. C'était là qu'était l'atelier de Sabinus Gatisius. Le gisement de cette manufacture considérable a été reconnu par plusieurs amas de différentes terres rougeâtres, par des ouvrages fictiles imprimés du sceau de ce potier; entre autres par un plat à large rebord terminé par un bec. Il est évident que ce personnage avait sa fabrique placée sur les bords du canal, dans la direction de la rue Sainte-Hélène; que chez lui il pouvait embarquer sa marchandise pour être transportée à Vienne et dans les autres villes du midi qui bordent le Rhône. »