‹ Inscriptions antiques (volume 4)Chapitre 94 sur 276 · R. IC V · texte numérisé non relu

R. IC V

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a. Fragment (coll. Artaud). — Comarmond, Descript., p. 134, n° 81 1 (CIIIILM). C. /. L., 5686, 923 ci. — b. Fragment provenant de Sainte-Colombe. — c. Sainte-Colombe. C. I. L., 5686, 924 d. 1. — d. Sainte-Colombe. C. /. L., 5686, 924 d.

CL Verrius Achillaeus était le maître du domaine où existait la fabrique et Mascuricus le fabricant.

Estampilles sur poterie rouge.

On considère la poterie rouge à couverte lustrée comme la vaisselle de table la plus généralement en usage dans l'Occident romain pendant les trois premiers siècles de notre ère. Les vases appartenant à ce genre de céramique sont remarquables non seulement par la qualité de la terre employée, par leur forme élégante ou les ornements dont ils sont parfois décorés, mais encore et surtout par leur brillante couverte rouge dont l'éclat et la finesse ont été souvent et justement comparés à la belle laque de Chine ou à la cire à cacheter.

Les vases et les innombrables débris exhumés des remblais du chantier de Trion ne diffèrent en rien de ceux découverts sur d'autres points de la France, en Espagne, en Angleterre, dans les Pays-Bas ou en Allemagne; un simple examen montre la parfaite conformité de fabrication, de forme, de décoration et de vernissage de ces produits, qui portent fréquemment les mêmes marques et sortent des mains des mêmes fabricants. On est bien vite amené à reconnaître, en dépit de toute objection et de toute apparence de preuves contraires, que cette poterie n'était pas ordinairement un produit de l'industrie de la région où on la découvre, mais provenait de quelque grand centre de fabrication d'où elle s'exportait dans toutes les directions par les voies ordinaires du commerce.

Les frais considérables de transport et les risques de tous genres

firent bientôt naître des compagnies d'artisans voyageurs ou de potiers nomades, qui parcouraient les provinces en fabriquant sur place d'après des procédés à eux propres et dont ils gardaient le secret ; nous devons à ces derniers l'établissement des nombreuses officines dont les restes ont été retrouvés dans différentes parties de notre territoire, et surtout dans les départements de la Lozère, du Puy-de-Dôme et de l'Allier.

Les vases sans ornements sont ordinairement estampillés à l'intérieur, sur la partie centrale du fond ; deux fragments seulement se trouvent marqués à l'extérieur et font exception. Il n'en est pas de même des vases décorés, qui souvent portent des inscriptions plusieurs fois répétées au milieu des figures et des ornements. Les différences existant entre ces deux manières de procéder est facile à comprendre : la première, de beaucoup la plus ordinaire et très certainement la plus ancienne, consiste à marquer séparément chaque pièce avant la cuisson ; la seconde, à poinçonner le moule lui-même. Cette dernière méthode a été en général assez peu employée.

Les noms figurant sur ces estampilles sont : tantôt au nominatif, tantôt au génitif; dans le premier cas, le mot fecit peut être sousentendu ; dans le second , on a le choix entre ojficina et manu ; un très grand nombre de marques offre concurremment l'une ou l'autre de ces variantes.

Les noms au nominatif se trouvent souvent suivis du mot fecit; ceux au génitif se rencontrent plus fréquemment encore accompagnés de leur complément ojficina ou manu, inscrit d'une façon plus ou moins abrégée.

Les abréviations les plus fréquentes sont les suivantes, abstraction faite des ligatures et des lettres de forme archaïque.

Officina — O — OF — OFIC — OFF — OFFI — OFFIC — placé indifféremment avant ou après le nom.

Manu — M — MA — MN — MAN — toujours placé après le nom.

Fecit — F — FF — FC — FFC — FFCI — ordinairement à la suite du nom. — FECIT est aussi inscrit sans abréviation sur quelques estampilles.

Les noms inscrits sont presque toujours des surnoms latins Albinus, Crispus, Félix, Firmus, Licinianus, Modestus, Paternus, Sabinus, etc. — Les artisans qu'ils rappellent étaient donc des hommes de condition libre et nous en trouvons la preuve dans quelques marques où des fabricants sont désignés par leurs noms et prénoms : Marais Antonius ; Cnacus Aieius ; Publias Atlius; Caius Aufitstiits ; Lucius Brinnius; Luciits Gellius; Lucius Senipronius ; Caius Sentius ; Caius Tigranius; Marais Volusius, etc.

D'autres sont encore désignés par les tria nomina, c'est-à-dire le prénom, le nom et le surnom, comme par exempie : Cnacus Ateius Xantbus; Sextus Avillius Mani....; Lucius C. ... Celsus; Lucius Cosius Virilis; Lucius Gellius Qiiadratus ; Titus Flavius Secuudus; Caius Iulius Albinus ou Albauus ; Titus Iulius Apa....; Qjiiutus Iulius Habilis ou Habilus; Titus Malins Fortuuatus; Lucius S.... Sabinus ou Sabinianus ; Lucius Sentius S....; Lucius Tcttius Samia ; Caius Valerius Albauus ; Sextus Varias Niger ; Aulus Vibius Venicus, affranchi d'Aldus.

Un assez grand nombre d'estampilles offrent des noms gaulois. Nous trouvons parmi ceux-ci : Adgatus ; Aniuta ; Andegciuis; Atepomarus ; Bonoxus ; Cabusa ; Catussa ; Cobnertus ; Cricirus ; Crucuro; Dagomarus; Divicatus; Divixtus ; Docnibo; Giamillus; Gracuna ; Indercillus ; Imprito ; Maccirilla ; Matugenus ; Moxsius ; Ritogenus; Suobnil/us ; Uxsopillus.

Quelques noms enfin sont tirés de la géographie et semblent indiquer le pays d'origine de certains céramistes, tels sont : Africanus; Aquitanus ; Asiaticus; Biturix; Cadurcus; Gallican us ; Germanus ; Senonius, etc.

D'autres remarques sont à faire au sujet de certains noms qui ont conservé leur forme archaïque; c'est ainsi que nous trouvons

Cesorinus, Decmus, Flans et Pitdes, pour Censorinus, Decimus, Flavits et Pudens.

On trouve également Fourius pour Furius, ainsi que différents noms où la lettre U est remplacée par un 0 : Annios, Apronios, Seiwnios, pour Aimi/is, Apronins, Senonius, etc.

Le K remplace quelquefois le C et cette dernière lettre est fréquemment mise à la place du G : Karns pour Carus, Ciamillus pour Giamillus, etc. La lettre S est assez souvent supprimée à la fin de certains noms, parmi ceux-ci on peut citer Eginit, Primu, Regain, Salvetu et quelques autres.

Au point de vue de la paléographie, l'étude de ces estampilles est des plus instructives. On constate, tout d'abord, l'absence presque complète d'inscriptions ou de lettres grecques, tandis qu'on remarque, au contraire, que quelques lettres appartenant à l'ancien alphabet latin sont très fréquemment employées et souvent même concuremment avec celles d'une forme moins ancienne; ces lettres, ainsi que le D barré, dont nous avons quelques exemples, ne sont pas rares sur les monnaies gauloises contemporaines de la conquête.

Une autre observation intéressante à consigner, c'est que, par la forme des lettres, les estampilles paraissent appartenir aux trois premiers siècles de notre ère et même ne pas descendre jusqu'aux dernières années du troisième. Les lettres sont quelquefois mal faites, mais sans offrir pour cela les déformations caractéristiques des époques suivantes. Elles sont toujours, à quelques exceptions près, imprimées en relief dans un petit cartel en retraite, à extrémités carrées ou arrondies, on en trouve aussi en forme de fleur épanouie, de sandale, etc. Une feuille de lierre, une palmette, une couronne, un caducée accompagne parfois le nom du fabricant.

497"1 OFI-A

Of(f)i(cina) A — Marque incomplète à droite.

Sainte-Colombe.

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