‹ Inscriptions de la cite des LemovicesChapitre 19 sur 129 · IVL. AVITAE · texte numérisé non relu

IVL. AVITAE

CONIVGIS.

EIVS.

Texier :

ET. MEMORIAE IVL. ATIOLI. ET IVL. AVITAE CONIVGIS EIVS

h. m. n. n. Hœredes monumentum nostrum nêsciant. ou mieux h. h. n. n. Hœredes nepotes?

Les copies de M. de Gessac et de Florian Vallentin sont à peu près exactes. Quelques points seulement y sont omis ou mal placés.

Descr. — Gippe sans ornements ayant 1 m. 40 de haut, 0 m. 82 de large et 0 m. 42 d'épaisseur. La pierre avait autrefois 0 m. 80 d'épaisseur, mais elle a été dédoublée.

Hist. — On lit dans le Mémorial de la Creuse du 20 juillet 1813 : « M. Richard, contrôleur ambulant des droits réunis, et membre [correspondant] de la Société des Antiquaires de France, a découvert à Bonnat deux pierres dont l'une porte en relief un sabre et un bouclier dans le goût antique, et la seconde, de trois pieds six pouces de hauteur, deux pieds six pouces de largeur et six pouces d'épaisseur, l'inscription [ci-dessus].

« Cette pierre, découverte parmi les décombres de l'ancienne église que l'on démolissait, recouvrait, à ce qu'on lui a assuré, un tombeau en briques dans lequel on a trouvé des ossements que l'action de l'air a réduits en poussière et de petites bouteilles en terre cuite que l'on a laissé prendre à des enfants et dont il ne reste, par conséquent, aucun fragment. »

« A l'époque de sa découverte, dit Bonnafoux, un habitant de Bonnat, qui en devint l'acquéreur, la fit dédoubler dans toute son épaisseur et plaça la partie qui porte l'inscription sur le seuil de la porte de sa maison. C'est là que cette intéressante page d'histoire était exposée à l'intempérie des saisons et à l'injure des passants, dont chaque pas emportait une parcelle de ses lettres, lorsque, par l'entremise toute bienveillante et le zèle chaleureux de M. Leyraud, député de notre arrondissement, et après des difficultés sans nombre, nous en avons enfin pris possession au nom de notre Société. Parmi les conditions que nous avons dû subir.... le propriétaire a exigé que nous fissions graver, sur la partie inférieure qui, ainsi que nous l'avons dit, en avait été détachée, les lettres qui constituent la véritable inscription.... »

La pierre est aujourd'hui au musée de Guéret; elle est placée dans la cour, sous un petit hangar qui ne l'abrite que très insuffisamment des gelées et de la pluie.

Bibl. — Richard, Mémorial de la Creuse, 26 juillet 1813. — Joullietton, Histoire de la Marche, t. I, p. 51. — Bonnafoux, Mém. de la Soc. des sciences de la Creuse, t. II, 6e bull., 1847, p. 73. — Texier, Recueil des inscript, du Limousin, p. 107. — De

Cessac, Les divers modes de sépultures employés à V époque gallorom. sur le territoire actuel de la Creuse, Mém. lu à la Sorbonne en 1869, et reproduit dans Bull, monum., 1873, p. 162, tiré à part, et, avec la reproduction de l'article du Mémorial de la Creuse, dans Mém. de la Soc. des sciences nat. de la Creuse, t. IV, 2e bull., 1873, p. 244. — Florian Vallentin, Bull, épigr. de la Gaule, t. I, 1881, p. 134, reproduit dans Mém. de la Soc. des sciences nat. de la Creuse, t. V, 2ebulL, 1883, p. 148.

Bonnafoux en a donné une très exacte copie :

DM

ET-MEMORIAE IVL-ATTIOLI-ET IVL-AVITAE CONIVGIS EIVS

D(iis) m(anibus) et memoriae Jul(ii) Attioli et Jul(iae) Avitae, eoniugis eius...

Aux dieux Mânes et à la mémoire de Julius Attiolus et de Julia Avita, son épouse...

Attiolus est un cognomen qui paraît avoir été assez rare. Une inscription de Nîmes a donné sa forme féminine Âttiola(l). Le cognomen Avitus, et sa forme féminine Avita, ont été, par contre, très répandus (2).

D'après Léon Renier, cité par Florian Vallentin, les sigles finales devraient se traduire par heredum nostrorum. « Cette épitaphe, dit Florian Vallentin, faisait sans doute partie d'un monument funéraire de famille qui permettait de comprendre la signification de cette abréviation. » 11 est vrai

(1) C. I. L., XII, n°5912.

(2) Ibid., p. 887.

que les lettres redoublées indiquent en général le pluriel, mais il est alors à peu près d'usage qu'elles ne soient pas séparées par des points, et je croirais assez qu'il faut chercher quelque autre signification.

« Les sigles qui le terminent, a dit l'abbé Texier en parlant de ce texte, seraient une formule équivalente à celle de nos tombeaux modernes : « Concession perpétuelle. »

Avant lui, Bonnafoux avait proposé de lire : « h^iredes nepotes. »

« ... Quoique [cette épitaphe] ne porte aucun caractère chrétien, ajoutait-il, le nom d'Avita, qui y figure, porterait à penser qu'elle pourrait bien ne remonter qu'au ve siècle, époque à laquelle figuraient dans l'Auvergne deux grandes familles, celle d'Avitus, empereur d'Occident, né au commencement du ve siècle, et celle de Saint Avit (Avitus), qui florissait dans le même pays et vers le milieu du même siècle, et à l'une desquelles notre Avila, vu la proximité des lieux, aurait pu avoir été attachée par des liens de parenté. »

Au ve siècle, Julia Avita était morte depuis bien longtemps, et il y aurait quelque témérité à vouloir en faire une aïeule de saint Avit.

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