FL-FFXICIS • VC COM ■ MAG • VTRQ. ■ MIL • PATR ■ ET ■ COS ■ ORD
L'original de cette note m'a été communiqué par M. Nivet-Fontaubert. de Limoges.
vécs Paris, 1838, p. 18.— Francis Pulszky, Catalogue of the Fejervàry ivories in the muséum of J. Mayer, esq.,. . . preceded by an Essay on antique ivories, Liverpool, 1856, p. 6. — Texier, Recueil des inscript, du Limousin, p. 110. — Ghabouillet, Catalogue général des camées et pierres gravées de la bibliothèque impériale, suivi de la description des autres monuments exposés dans le cabinet des médailles antiques, Paris, 1858, in-8, p. 559. — Ghabouillet, Description sommaire des monuments exposés dans le département des médailles et antiques à la bibliothèque impériale, Paris 1867, p. 109, n° 4644. — Ghabouillet, Le diptyque consulaire de Saint-Junien, dans Revue des Soc. savantes, 5e série, t. VI, 1873 (tiré à part). — Arbellot, Bull, de la Soc. histor. et archéol. du Limousin, t. XXII, p. 200.
Fl(aviï) (Constantii) Felicis v(iri) cQarissimi), com(itis) ac mag(istri) utr(iiis)q(ue) milil(iae) , palr(icii) et co(n)s(ulis) ord(inarii).
(De la part de) Flavius Constantius Félix, personnage clarissime, comte et maître des deux milices, patrice et consul ordinaire.
Mabillon, n'a décrit le diptyque de Saint-Junien que d'une façon incidente et à la suite du diptyque de Compiègne. Il suppose qu'il est relatif au Flavius Félix qui fut consul pour l'Occident l'an 511 de notre ère (1).
Banduri (2), Passeri (3), et plus tard Texier sont aussi du même avis. Mais Hagenbuch(4)a le premier émis l'idée que ce diptyque était relatif au Flavius Félix qui fut consul en 428, et cette opinion, qui paraît la plus vraisemblable, est celle qui a généralement cours depuis 1747. Les raisons qui
(1) « Alterum diptychon Comodoliacense (Saint-Junien) exhibet, dit-il, duplicem « Flavii Felicis consulis effigiem, forte ejus qui cum Secundino consulatum gessit « anno dxt, idemque cornes ac magister utriusque militiae, patricius et consul « ordinarius, ut inscriptio refert. »
(2) Antiquitates imperii Orientis, éd. de Paris de 1711, t. II, p. 492.
(3) Préface du Thésaurus diptychorurn veterum, 1759, t. I, p. xvn.
(4) Epistolae epigraphicae, ïlkïï, t. I, p. 296.
militent en faveur de cette attribution sont ainsi développées par M. Chabouillet aux pages 7 et 8 du tirage à part de son étude sur le diptyque consulaire de Saint-Junien :
« Il [y a eu] deux consuls du nom de Flavius Félix : [l'un consul en 428, l'autre consul en 511]; ce qui reste en question, c'est de savoir pour lequel des deux a été fabriqué le diptyque de Saint- Junien. J'incline à croire qu'il faut reconnaître sur ce monument le plus ancien de ces deux personnages, non seulement par des motifs tirés de l'appréciation de sa fabrique, mais aussi en raison des notions que l'histoire, consultée avec plus d'attention, va nous fournir sur le consul de l'an 428, tandis que jusqu'à présent on ne sait de celui de 511 que l'inscription de son nom sur les Fastes...
« A notre époque on a fait de grands progrès dans la science délicate de la classification des monuments par époques : aussi, en ce qui concerne la fixation de la date du diptyque de Saint-Junien, suis-je presque assuré de ne pas m 'égarer, surtout si l'on songe à la bonne et nombreuse compagnie qui me précède. L'intervalle de près d'un siècle qui sépare les consulats de 428 et de 511 est tellement considérable qu'on peut, sans trop de témérité, dire avec les auteurs du Trésor de numismatique qu'il n'est pas probable que le diptyque de Saint-Junien soit du même temps que celui de Dijon ou d'Areobindus, qui date de l'an 506 (1). Le dernier de ces diptyques est très richement orné ; le consul est désigné par tous ses noms, qui sont nombreux, comme il était d'usage à cette époque : au contraire, le diptyque de Saint-Junien est d'une grande sobriété, le dessin en est sévère. Ce sont là des indices d'antiquité relative qui ne trompent guère. Il y en a d'autres encore, par exemple le petit nombre des noms du consul, et surtout l'omission de son gentilicium, que nous ferons connaître plus loin. En effet, non seulement la décoration des diptyques fut plus simple à l'origine que dans les bas temps, mais, dans le principe, les inscriptions furent généralement très brèves. Les longues énumérations de noms, devenus avec le temps de plus en plus nombreux, étaient inutiles au moment où le consul envoyait
(1) « Au reste, cet intervalle (82 ans) avait suffi pour faire subir à l'art une rénovation assez sensible pour qu'il fût facile à un œil quelque peu exercé de reconnaître que le diptyque de Dijon était postérieur à oeluide Saint-Junien. » (Voy. Trésor de numismatique, Rec. général des bas-reliefs , etc., IIe partie, p. 6, col. 1.)
les diptyques aux sénateurs : aussi d'abord se contentait-on d'y inscrire les noms sous lesquels il était désigné d'ordinaire, parfois môme un seul comme sur le diptyque d'Aoste, mais, comme il arrive habituellement, on se relâcha bientôt de cette simplicité, et, en 513, on inscrivait quatre ou peut-être cinq noms sur le diptyque de FL. Taurus Clementinus Armonius Cïementinus (1), et nous en lisons six et même sept sur deux autres des années 517 et 518. »
Des arguments historiques viennent à l'appui des considérations archéologiques si minutieusement exposées par M. Ghabouillet. Une inscription de Rome, publiée en 1570 par Panvinius, qui la copia dans la basilique de Saint-Jean de Latran, est en effet conçue de la façon suivante (2) :
AVLA DEI HAEC SIMILIS SYNAI SACRA IVRA FERENTI VT LEX DEMONSTRAT HIC QVAE FVIT EDITA QVONDAM LEX HINC EXIVIT MENTES QVAE DVCIT AB IMIS ET VVLGATA DEDIT LVMEN PER CLIMATA SECLI FLAVIVS CONSTANTIVS FELIX V • C • MAGISTER VTRIVSQVE MILITIAE PATRICIVS ET CON - ORD ET PADVSIA EIVS INL • FOEMINA VOTI COMPOTES DE PROPRIO FECERVNT
« A l'exception du titre de comte, omis dans les transcriptions de l'inscription de Saint-Jean de Latran, nous retrouvons dans ce texte, dit M. Ghabouillet, tous les titres donnés au consul FL Félix sur notre diptyque. C'est donc, selon toute vraisemblance, du même personnage qu'il est question dans ces deux monuments et dans la Chronique de Prosper d'Aquitaine (3). Si je ne l'affirme pas, c'est
(1) Voy. Gori, t. I, p. 229, pl. IX et X, et Pulszky, ouvrage cité, p. 12.
(2) Onuphrius Panvinius, De praecipuis basilicis urbis Romae, 1570, in-8, p. 109; — Gruter (p. mlxxvi) et Muratori (p. cdiii) ont cité ce texte, mais en supprimant les quatre vers qui précèdent le mot flavivs ; - Cf. également Marini, Scriptorum veterum nova colLestio e Vaticanis codicibus édita ab Angelo Maio, lib. Vatie. praef», t. V, p. 82.
(3) Le passage dont parle M. Chabozillet est ainsi conçu : « Aetius Felicem
uniquement parce qu'une partie de ma démonstration repose sur l'appréciation du style du monument, et que Ton peut ne pas partager ma manière de voir à cet égard; mais, soutenu par l'assentiment de la plupart de ceux qui ont parlé de ce diptyque depuis Mabillon, j'ai cependant quelque espoir de la voir adopter. En effet, comme on l'a déjà fait observer, il est assez difficile de supposer que le consul Fl. Félix de l'an 511, absolument inconnu jusqu'à présent, ait eu précisément les titres que nous voyons à celui de l'an 428 sur le diptyque et dans l'inscription de Saint-Jean de Latran.
« Ainsi nous possédons maintenant d'importantes notions sur ce consul FI. Félix de l'an 428, que l'on croyait entièrement oublié par l'histoire. Nous savons qu'il fut assez riche pour avoir pu embellir de ses deniers la mère des églises de la ville et du monde, urbis et orbis; qu'il joua un rôle assez considérable pour avoir fait ombrage au puissant Aétius lui-même, qui le fit mourir avec sa femme, nommée Padusia, et que la fin tragique des deux époux eut lieu en 430, deux ans après la date de notre diptyque ».
La question est évidemment résolue : le diptyque de Saint-Junien est relatif à Flavius Constantin* Félix, et M. le chanoine Arbellot, qui avait un moment contesté cette attribution, l'admet aujourd'hui complètement (1).
Le nombre de diptyques datés que l'on connaît n'est pas très considérable, et ne dépasse guère 28 se rapportant à 16 consuls différents. La plupart d'entre eux se trouvent décrits, soit, pour ceux qui étaient alors connus, dans
« cum uxore Padusia et Granitura diaconum, quura eos sibi insidiari praesensisset, « interemit ». (Chronic. Prosperi Aquitan., anno 430.)
Dans un autre passage, le même chroniqueur s'exprime ainsi à l'année 429 : « Felice ad patriciam dignitatem provecto, Aetius magister militum factus est ». Il y a là une erreur du chroniqueur ou une faute matérielle de copiste, et ce n'est pas parce que le titre de patrice se trouve en 428 sur le diptyque de Saint-Junien qu'il faut rejeter l'identification si nettement soutenue par M. Chabouillet. On ne doit se servir des chroniques qu'en admettant à priori qu'elles contiennent des erreurs, et il ne faut jamais s'étonner outre mesure des contradictions ou des défauts de concordance qu'il est parfois facile de découvrir.
(i) Bullet. Soc. arch. du Limousin, t. XXII, 2e livr., p, 210.
Sur le consul Flavius Félix, Cf. de RosdJ nscriptioneschriHianœ urbis Romœ, t. I, pp. 284, 283 et 580.
l'ouvrage classique de Gori, publié au dernier siècle (1), ou dans celui du père Àllegranza (2), soit dans les recueils modernes de Pulszky (3), Westwood (4) et Meyer (5).
M. Héron de Villefosse a fait paraître, il y a quelques années, une feuille de diptyque conservée au musée du Louvre (6), signalée par Gori, mais perdue pendant 80 ans, jusqu'en 1863, et celui des diptyques de Limoges que je rapporterai ci-après (7). Il a donné la liste suivante de ces intéressants objets :
(1) Thésaurus veterum diptychorum consularium et ecclesiasticorum, tum ejusdem auctoris cum aliorum lucubrationibus illustratus ac in très tomos divisus; opus posthumum ; adcessere lo. Bapt. Passerii additamenta et praefationis. In-fol., 1759, 3 vol.
(2) Opuscoli eruditi latini del P. M. Giuseppe Allegranza, raccolti e pubblicati dal P. D. lsidoro Bianchi, Cremona, 1781, in-4°.
(3) Fr. Pulszky, Catalogué of the Fejervari ivories in the muséum of Joseph Mayer, preceded by an essay on antique ivories. Liverpool, 1856, in-8.
(4) J. 0. Westwood, A descriptive catalogue of the fictile ivories in the South Kensington muséum with an account of the continental collections, of classica and mediaeval ivories. London, 1876, in-8.
(5) Wilhelm Meyer, Zwei antike Elfenbeintafeln der K. Staats- Bibliothek in Munchen, 1879, in-4°. (Extrait des Abhandlungen der Kœnig. Bayer, Akademie der Wisse?ischaften, l, cl. xv, b. 1, pp. 62 et suiv.
(6) Gazette archéologique. Paris, 1884, in-4° (tiré à part).
(7) Bullet. archéol. du Comité des travaux historiques. Paris, 1884, in-8, p. 305 (tiré à part).