‹ Inscriptions de la cite des LemovicesChapitre 80 sur 129 · D-M ET M ANNI IOLA ANA III VS P · texte numérisé non relu

D-M ET M ANNI IOLA ANA III VS P

DIS MA MEMORI M-ATVII A

Maurice Ardant : d . m . et , m . anni . iola . ana . iiivir . vs . p .

— dus manibvs ladanus et noma vivi posvervnt, « sans abréviations » .

— dis m an . et memori . M . atvi a « peut-être Augustalis ».

Descr. — « Les trois pierres qui portent ces inscriptions sont à peu près de même grandeur, de forme pyramidale, et d'environ 16 pouces de haut sur 20 de côté, à la base, et 12 au sommet » (Allou).

Hist. — « En 1757, dit M. de Lépine, cité par Nadaud, en fouillant les murs de clôture du futur palais épiscopal, on trouva des inscriptions de l'antiquité la plus reculée pour notre province, entassées dans l'endroit où elles étoient enterrées, pêle-mêle avec des chapiteaux et des bases de colonnes d'ordre dorique, des morceaux de corniche, sur l'un desquels on voyoit un dauphin en bas-relief.

On prétend que vers l'endroit où elles ont été trouvées il y avoit une porte appelée St-Esprit (peut-être étoit-ce celle qui fut nommée depuis du Jeu-d'amour) ». Gippes et chapiteaux entrèrent dans les fondations de l'évêché. Beaumesnil profita de l'occasion pour donner comme découvertes dans ces fouilles, d'abord quelques inscriptions de son crû, ensuite quelques obscénités révoltantes qui ont pu faire, croire « qu'il y avait eu en ce lieu un temple de Priape ou de la Bonne-Déesse» (Allou) (1).

Ce sont celles que je rapporte plus loin parmi les monuments apocryphes.

Bibl. — Nadaud, Mémoires, t. I [pages disparues]. — Legros, Essais historiques sur Limoges, p. 48. — Beaumesnil, 2e cah., p. 33. — Allou, Description des monum. des différents âges, p. 82. — Texier, Recueil des inscript, du Limousin, pp. 88 et 89. — Maurice Ardant, Bull, de la Soc. archéol. du Limousin, t. III, p. 132.

D(iis) m(anibus). La[d]anus (?) et Noma(?)y vivi, posaerunt.

Aux dieux Mânes. Ladanus et N orna se sont fait construire (ce tombeau) de leur vivant.

D(iis) m(anibus) et m(emoriae)Anniola[e]. Anai[U]us(?)p(ater) [ou p(osuit)].

Aux dieux Mânes et à la mémoire d'Anniola. Anaillus son père? (lui a fait construire ce tombeau).

Di(i)s ma[n(ibus) et] memori[ae] Atul

Aux dieux Mânes et à la mémoire de

Nadaud avait proposé de lire :

« Diis manibus et Memoriae Annii Jola Ana (triumvir sacrorum) ou /ilius posuit.

Diis manibus Lavanus (ou peut-être plutôt Ladanus) et Noma vivi posuerunt.

Diis manibus memoriae Matuii Aupiculi (ou M. Atuii alumnï).

(1) L'ancien évêché fut démoli en 1757, lorsque Monseigneur du Coëtlosquet, appelé 18 ans avant au siège épiscopal de Limoges, se décida à faire bâtir un nouveau palais. Chargé par Louis XV de l'éducation des princes, ses petits-fils, Monseigneur du Coëtlosquet laissa à son successeur et parent, Monseigneur d'Argentré, le soin de poser la première pierre de cet édifice. La cérémonie eut lieu en 1766; le palais ne fut terminé que 21 ans plug tard.

L'abbé Texier a reproduit les traductions d'AUou :

Ladanus et Noma, de leur vivant, ont consacré cette pierre aux dieux Mânes.

Aux dieux Mânes et à la mémoire d* Annius ; Jola Annia, triumvir, ja consacré cette pierre.

Aux dieux Mânes et à la mémoire de Marcus Atvius ou Atulius, ses amis ou ses élèves.

Ces lectures, la seconde surtout, sont complètement inadmissibles. Le cognomen Anaillus, que j'ai restitué à la troisième ligne de la seconde inscription, est justifié par d'autres exemples (1).

lime paraît plus probable que la lecture «. . .an(nis) III. [Vi(v)]us p(ater) », qu'on pourrait lui substituer.

Anniola, Anaillus, Ladanus et Noma semblent être des noms serviles. Use pourrait que le dernier dût être corrigé en Nonia(2) ou Nomas (3).

ÏVSTINÏ SIBI ET SVIS POSVE RVNT

DVX CRVC

Copie de Legros (Essais), reproduite par Allou.

(1) C. /. L., t. XII, 5686, 42.

(2; Id., t. VIII.

(3) Id.. t. XII, 3323.

DE LA CITÉ DES LEMOVICES 183 Une autre copie de Legros (Recueil d'inscriptions) est ainsi conçue :

J VSTINI SIBI ET SVIS POSVE- RVNT DVX CRVCEM APOSVIT. AN. M. D. CC. I

Var. — Nadaud :

I VSTINI SIBI ET SVIS P O S V E RVNT

DVX. CRVC. APPOSVIT AN. MDCCI

Texier :

I VSTINI SIBI ET SVIS POSVE RV NT

DVX - CRVC -POS- AN -MDCCI

Maurice Ardant :

D-M-IVSTINI-SIBI-ET-SVIS-POSVERVNT

Descr. et Hist. — « A quatre-vingts pas au nord de l'église cathédrale s'élève l'ancienne église paroissiale de Saint-Maurice. Au commencement du xvuic siècle, on trouva diverses tombes romaines dans le jardin du presbytère. M. le Duc, curé de cette paroisse, fit d'un de ces tombeaux le piédestal d'une croix placée sur la porte de son habitation. C'est ce qui explique le rapprochement, assez embarrassant au premier abord, de ces deux inscriptions. Cette tombe a disparu » (Texier). « Sur quoi il faut remarquer, avait déjà dit l'abbé Legros en parlant de cette inscription, que ces deux derniers mots dvx. crvc. n'y ont été gravés que vers le commencement de ce siècle. Lorsque M. [Gilles] le Duc, curé de Saint-Maurice, fit placer

cet acerra sur la porte de son dit presbytère, il fit mettre une croix au-dessus, laquelle ne s'y voit plus maintenant. Ainsi, le sens de ces deux derniers mots est donc dux crucem posuit » (Essais).

Bibl. — Nadaud, Mémoires, t. I [pages disparues]. — Legros, Essais historiques sur Limoges, p. 22, et Recueil d'inscriptions , p. 5o. — Feuille hebdomadaire de i 78 /, p. 89. — Allou, Descript. des monum. des différents âges, p. 83. — Texier, Recueil des inscript, du Limousin, p. 92. — Maurice Ardant, Bull, de la Soc. arch. du Limousin, t. III, p. 131.

D(iis) m(anibus) Justini; sibi et suis posuerunt. Aux dieux Mânes de Justinus. Tombeau construit pour lui-même et pour les siens.

Legros avait proposé de lire :

« D. M. Justini sibi et suis posuerunt. Dux crucem apposuit an. MDCCI.

Après lui, Allou et Texier ont proposé la même interprétation sous cette nouvelle forme :

« La famille des Justins a consacré cette pierre aux dieux Mânes pour elle et pour les siens. (M. le Duc a élevé cette croix Van 1 70 i).

Il n'est pas admissible qu'il puisse en être ainsi , car, si par amour de la correction grammaticale on lisait Justini(i) posuerunt, on arriverait à une rédaction bien plus défectueuse encore que celle que j'ai proposée. L'épitaphe omettrait de mentionner le défunt, et les auteurs du tombeau seraient les membres d'une famille pris collectivement, ce qui, sans être tout à fait impossible, serait du moins assez rare. Il s'agit tout simplement d'une personne désignée par un seul nom de forme non gentilice, Justinus, qui, de son vivant, s'est fait construire, ou à qui l'on a fait construire un tombeau. Dans le premier cas, posuerunt serait mis pour posuit; dans le second, il faudrait restituer l'un des mots filii ou parentes que l'abbé Legros peut avoir omis.

MEMORISE. G. L. M. D. LV.

CAETAVRI. CAET. VELOX. FILI.

ET SIBI VIVVI POSVERVNT.

Copte de Nadaud reproduite par Legros :

Var. — Beaumesnil et Allou, reproduits par Texier (d'après la copie de Legros) :

MEMO RIA E GLMDLV CAETAVRI CAET VELOX FIL ET SIBI VIVVI POSVERVNT

Maurice Ardant ne divise pas les lignes et met un point après chaque mot.

Descr. — « Pierre en forme de prisme triangulaire, très allongé, d'environ 1 pied de haut sur 3 pieds 4 lignes de large à la base,, et 2 pieds 1/2 par le haut, sur 20 pouces d'épaisseur. Beaumesnil observe que cette pierre, taillée en dos d'âne, devait être une couverture de tombeau, et diffère beaucoup des acerra » (Allou).

Hist. — D'après Legros et Beaumesnil, cette inscription aurait été découverte en 1757, lors des fouilles qui furent faites pour la construction de Pévêché de Limoges. La pierre aurait été utilisée dans les fondations de cet édifice.

Bibl. — Nadaud, Mémoires, t. I [pages disparues (173 à 176).] — Legros, Essais historiques sur Limoges, p. 41. — Beaumesnil, 2« cah., p. 33. — Allou, Descript. des monum. des différents âges, p. 83. — Texier, Recueil des inscript, du Limousin, p. 90. — Maurice Ardant, Bull, de la Soc. archéol. du Limousin, t. III, p. 132.

Cette inscription a été sûrement mal transcrite. Peut-être faut-il la lire :

[D{iis) m(anibus) et] memoriae [C]l[au]d(iae) Luc[ï]ae, Taurica et Velox, fil(ii), et sibi, vivi, posuerunt.

Aux dieux Mânes et à la mémoire de Claudia Lucia. Taurica et Velox, ses enfants, ont, de leur vivant, fait construire (ce tombeau) pour eux-mêmes (et pour leur mère).

L'abréviation du gentilice Claudius ne se composait, en général, que des deux premières lettres du mot, mais les exemples de la forme clavd ne manquent pas. Une inscription découverte dans l'Isère, à Romagnieux, est relative à une Claud(ia) Albina (1).

Lucia était un cognomen très répandu ; Velox et Taurica sont connus, mais paraissent avoir été bien plus rares.

Nadaud, et après lui Allou et l'abbé Texier ont proposé l'interprétation que voici :

« A la mémoire de Lucius Cœtaurus, décurion de la cité municipale des Limousins, (grati Leraovicum municipi decurionis), Cœtaurus Velox, et ses fils, ont consacré cette pierre, de leur vivant, et pour eux-mêmes. »

Maurice Ardant a préféré la suivante :

« Memoriae grati Lemovicum municipii decuriones, Lucius Velox ».

Je ne les cite que pour mémoire, car elles ne sauraient en aucune façon convenir.

86 MOUTIER-D'AHUN.

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