‹ Inscriptions romaines de BordeauxChapitre 32 sur 156 · XII-XIII >i<BYRDEGYLLAO Tête à droite · texte numérisé non relu

XII-XIII >i<BYRDEGYLLAO Tête à droite

R* *MVMMLEHY.-w

Croix ancrée.

Les deux exemplaires d'après des moulages (Cabinet des Médailles).

XIV *BVRDEGVLLïo

Têie barbare à droite.

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D'après un moulage (Cabinet des Médailles).

*MYMMOLuri.

Croix ancrée.

I^ >ïtMYMMOLEN

Croix grecque sous un oméga renversé.

D'après une copie de d'Amkcourt (collection du même, antea Feuardent).

925 XV *BYRDEGAL

Tête dîadémée à droite.

Sa?icfi(s Stefan us.

. STKPHANSC », Cartier : I" Renie de ISiO, p. 238, n° 770; 2° Tailes rto 1856, p. 174. n- 290, et p. 223 ; — . STEFANS . , iiecamfron, p. 48, n' 1566;— . STEFANSC », Goillemot, p. 11. n° 218;— .STEPHaNS., DE Bi.rtb4le.<<y, Manuel a- 2*7 et p. 39.

On possède deux monnaies de Bordeaux au nom de l'église Saint- Étienne (Sci Stefan. .- Sancti Stefani). Le type ne présente rien de particulier; la légende seule est remarquable.

On sait qu'il existait à Bordeaux une chapelle de Saint-Etienne et qu'elle était située près de Saint-Seurin, presque à l'angle formé par les rues Rodrigue s -Pereire (autrefois Tronqueyre) et Saint-Etienne (cf. Drou;^Ti, p. 346). Suivant une tradition qui paraît assez ancienne, l'église de Saint-Étienne serait l'église primitive de Bordeaux (en tout cas, c'est une très vieille église, ce qu'indique son vocable, qui est celui des plus \àeilles basiliques); ses droits et son titre de cathédrale auraient plus tard été transmis à sa voisine Saint-Seurin (cf. p. 19), et ce n'est que tardivement qu'ils auraient enfin passé à Saint-André, (cf. p. 33). Cette tradition a été vivement combattue par le Chapitre

de cette dernière église, rivale éternelle de Saint-Seurin (cf. p. 33), et 926 Lopes s'est fait l'énergique interprète de ses droits {L'Église métropolitaine, éd. Callen, t. I, p. 242). La vieille querelle s'est ranimée de nos jours, et MM. Cirot de La Ville et Callen viennent de briser les dernières lances sur la question, le premier en faveur des basiliques de Saint- Seurin et de Saint-Etienne {Histoire de Saint-Seurin, p. 79 et s., p. 131 et s.), le second en faveur de Saint-André {l. c, l, p. 256 et s.). M. Cirot a, on le pense bien, tiré un grand parti de la monnaie mérovingienne ; M. Callen l'a vivement combattu à ce propos. Quel argument notre monnaie apporte-t-elle dans le débat?

Jusqu'à preuve du contraire, la présence d'une monnaie mérovingienne de Bordeaux au nom de l'église de Saint-Etienne me paraît être précisément une preuve que cette église n'était pas au vii« siècle la Cathédrale de Bordeaux. Nous avons déjà vu (p. 81) que lorsque les monnayeurs avaient à mentionner l'église cathédrale d'une cité, ils inscrivaient seulement le mot « Ecclesia » suivi du nom de la cité; nous avons vu que dans la langue de l'époque mérovingienne, c'est de cette manière, « Ecclesia Burdegalensis », qu'on désigne l'église épiscopale de Bordeaux, et que jamais on ne la nomme par son vocable. En d'autres termes, les monnaies qui sont de notre Cathédrale sont uniquement celles qu'a frappées (n°^ 902-903) Betto avec la légende Ecclesiae Burdegalensis.

On connaît un assez grand nombre de monnaies mérovingiennes qui portent le nom d'une église. — Les unes sont frappées dans des vici ou des castra, comme celles de Saint-Julien à Brioude, de Saint-Denis près Paris, de scta flvka à Saint-Flour, et bien d'autres ; dans celles-là, l'église mentionnée est l'église principale du lieu, ou souvent même l'unique église du village, l'église dont l'importance est telle dans la localité que le bourg ou le village ne compte pas à côté d'elle, et qu'elle finira par lui donner ou lui imposer son nom, comme à Saint-Denis, à Saint-Flour, comme un instant même à Brioude. — Les autres de ces monnaies sont frappées dans des chefs-lieux de civitates ou de diocèses, par exemple sci martini à Tours, sci medardi à Soissons (ou à Nojon?), SCI MARTiALis à Lîmoges. Eh bien! autant que j'ai pu vérifier la chose, les églises ainsi mentionnées sur les monnaies ne sont pas des églises cathédrales. C'est le cas de Saint-Médard de Soissons, construite après la mort du saint (arrivée en 545; cf. Longnou, p. 394). C'est celui de la

926 basilique de Saint-Martial de Limoges (la Cathédrale s'appelle Saint- Étienne). C'est celui enfin de la célèbre basilique de Saint-Martin de Tours, qui, il est vrai, laissait dans l'ombre et l'oubli la Cathédrale de cette ville (appelée Saint-Maurice, puis Saint-Gatien au xrv« siècle), mais enfin qui ne la remplaçait pas.

Bemarquons en outre l'emplacement des basiliques dont nous venons de parler : Saint- Médard est près, mais hors de la ville de Soissons {juxta u?'bem, Grégoire de Tours, In gloria confessorum, § 93); la basilique de Saint -Martin fut bâtie à 550 pas hors des remparts de Tours {a civitatc passus dl, Grégoire de Tours, H. Fr., 2, 14; cf. le plan donné par Lougnon, p. 245). De même Saint-Étienne de Bordeaux est à la distance de 540 mètres du rempart de l'époque mérovingienne. Or une basilique située hors des murs ne pouvait guère, semble-t-il, servir de cathédrale : malgré toute sa popularité, elle ne pouvait être qu'une église suburbaine.

Nous croyons donc, précisément parce que le nom de Saint-Etienne apparaît sur une monnaie mérovingienne de Bordeaux, que cette église n'était pas la Cathédrale.

Cette Cathédrale est YEcdesia Bicnlegaïensîs du monnayeur Betto; il ne faut la chercher ni à Saint-Pierre, ni à Saint-Martin, ni à Saint- Seurin, puisque Grégoire de Tours appelle ces trois églises de leur nom (cf. p. 39, 10, 19), mais près de l'emplacement du plus ancien cimetière chrétien que nous ayons trouvé ici même (p. 33), c'est-à-dire à l'endroit même oii s'élevait au ix^ siècle, où s'élève aujourd'hui, où s'est donc toujours élevée l'église cathédrale de Bordeaux.

|-|| S<BVRa..nALA

Tête diadémce à droite.

1^ SCISTEEAN

Croix ancrC-e sur un globule.

Un exemplaire d'après un moulage (Cabinet des Médailles) [cf. pi. III, n° 7]; l'autre d'après d'Améchurt (collection du même).

■Var. — Il faut lire STEFAN, le F ayant la forme de E — très légèrement raccourci en bas — se trouve fréquemment sur les monnaies mérovingiennes (cf. la pièce qui suit), comme sur les inscriptions chrétiennes de la Gaule (Le Bl.\nt, Manuel, p. 35 et 41).

Bibl. — CONBROUSE : 1° Monnaies nationales, pi. 158 A, n" 17 et I, III, i, p. 15, n" 200 bis; 2° Monétaires, pi. 17, n" 17. = Le Bas, France, Dictionnaire encyclopédique, III, p. 120. = JouANNET, Académie, 1841, p. 95. = De Ponton d'Amécourt, Essai,

p. 66. = CiROT DE La Ville, Histoire de Saint-Seurin, p. 79 (avec figure). ;= Callen, 926

réimpr. de Lopes, 1. 1, p. 259 (avec figure). =CAnDÉRAN, Saint Léonce, p. 213. = Ajoutez Cartier, le Décaméron, Guillejiot, de Barthélémy, loc. cit.

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