VIIII......LXTIII
Nous ne savons trop comment interpréter ces chiffres, si ce sont des chiffres; cf. le n° 379.
D'apres l'original.
Graffito, haut de 0,013, tracé sur l'anse d’une lagena à anse, haute de 0,193. — Elle a été trouvée dans les fondements de la Faculté des Lettres et Sciences (cf. p. 430, R) et est aujourd’hui conservée, dans le bâtiment, par l'Agence des travaux. :
Cette lettre tenait lieu peut-être de numéro d'ordre destiné à classer la Zagena dans la boutique du marchand ou dans la cave du propriétaire. Voyez Schœne, Corpus, IV, p. 172.
Dans les chapitres de son Histoire naturelle que Pline consacre aux objets fabriqués en terre cuite (livre 35), il rappelle que les premières statues de dieux que connurent les Romains étaient faites en argile: c'étaient, dit-il, fcéiles di. De notre temps, ajoute-t-il, cet usage se conserve en maint endroit : Durant plerisque in locis talia simulacra ($ 158).
C'est peut-être dans cette Gaule dont la civilisation rappelle à tant d'égards celle de l'Italie ancienne, que l'usage des statuettes en terre cuite ou fcéilia sigilla a été le plus répandu au temps de l'empire romain. À Bordeaux, nous en avons trouvé partout, aussi bien dans le cimetière de Terre-Nègre que dans les débris d'habitations. Ce sont généralement de toutes petites figurines, mesurant 10 à 20 centimètres de hauteur. Les divinités (1) représentées sont presque toujours les mêmes : c'est d'abord celle qu'on est convenu d'appeler « la déessemère », assise dans un fauteuil en paille tressée, allaitant un ou deux jumeaux; c'est ensuite celle qu'on nomme « Vénus Anadyomène », debout, toute nue, aux cheveux longs; c'est en plus petit nombre que nous rencontrons les autres types, comme celui du jeune dicu drapé, de la femme tenant un mouton. du coq, etc., du dieu à la barbe bouclée (n° 391). Je ne sais quelle déesse représente la figurine dont nous donnons le dessin (p. 471); mais j'incline à croire que c'est aussi une déesse-mère. Une classe à part est celle des coquilles montées sur pied et dont la cavité présente, en relief, la scène connue sous le nom de « toilette de Vénus » (n° 390). Ces statuettes, dit Marquardt (2), servaient soit à faire de petits présents le jour des Saturna-
() Voyez, sur les décsses des figirines de fabrication gauloise, MoNtTrAtcoN, l'Antiquité eæpliquée, 1. V, p.192; Dom Manrix, Religion des Gaulois, (. If, p. 254; JOUANNET, Acadéinie, 1831, p. 16); bE CAUMONT,
Abéridaire, 1810, p. 583; Du MÈGE, Archéologie ryrénéenne, . 11, p. 264. (2) Das Priratieben der Ramer (1892), jr. 622.
383 el s.
JSJ «ls.
les, soit à amuser les enfants, soit à décorer les appartements. Je crois qu'on peut ajouter qu'elles servaient aussi et surtout à l'exercice du culte domestique : celles que nous avons trouvées à Bordeaux dans les ruines des habitations étaient placées, je n'en doute pas, dans la chapelle, dans le Zarariuin de la maison, et on allumait des lampes auprès d'elles, pour honorer la divinité qu'elles représentaient. C’est également dans une intention religieuse qu'elles étaient mises dans les cimetières: divinités protectrices, tutelles ou génies du défunt, elles devaient l'accompagner au tombeau.
Ces figurines étaient fabriquées à l’aide de moules également en terre cuite (1). On a, dit-on (cf. Jouannet, Acad., 1831, p. 160), trouvé de ces moules à Bordeaux près de la porte Médoc. Quelques particuliers en possèdent des fragments dans leur collection. On peut conclure de ces faits qu'on fabriquait, à Bordeaux même, de ces figurines en terre cuite.
Des deux grandes fabriques que nous font connaître les estampilles, celle de Julius Allusa et celle de Pistillus, la première seule me paraît bordelaise.
Marques de Allusa.
Les produits de Allusa sont signés tantôt A//usa simplement (n°° 385, 387, 388 et 389), tantôt Julius Allusa (383 et 384), une fois Sabinus cé Allusa (n° 386), ce qui donne à penser que Allusa a été un instant associé avec un nommé Sabinus.
Allusa fabriquait uniquement des « déesses-mères », en argile blanche presque toujours, parfois (n° 388) en terre rougcâtre. La signature est imprimée à l'aide du même moule qui a servi à faconner la figurine, en lettres à demi cursives et en relicf (une seule fois en creux, n° 387); elle est placée sur le dos et au bas ou au milieu du fauteuil de la déesse. Par exception elle se trouve sur le devant (n° 389), au-dessus de la divinité. sur le bandeau d'une niche qui l'encadre.
(t) Voyez Broxcxianr, Traïté des arts réramiques (fre &liL., 1844; 2° 6, 4854), atlas. pl. XXX, ue 2 A el B; BLUMNER, Technologie un& Terminologie der Gerxerhe und Kfnste bei Griechen und Rœmeïn, 1. 11 (1879,
Leipzig), p. 104 cts.
Toutes les statuettes signées de Allusa ont été trouvées dans les ruines d'habitations : aucune des « déesses-mères » et en général des figurines du cimetière de Terre- Nègre n'est signée ni de Allusa ni d'un autre nom. J'inclinerais donc à croire les produits de Allusa comme ceux de Pistillus postérieurs à Antonin et antérieurs à Constantin.
Le nom de AZlusa est d'origine celtique (cf. p. 269 et 270). Allusa habitait et travaillait à Bordeaux; car je ne me rappelle pas avoir va ses figurines signalées ailleurs.
IULIUS - ALLUSAF/
D'après l'original (collection Combes).
Var. — IVLIVS ALLVSAE chez DE MENSIGNAC.
Descr. — Lettres de 0,006, en relief, étroites et grêles, en caractères à demi cursifs.
Figurine en terre cuite blanche, haute de 0,15, représentant une déesse-mère assise et allaitant un nourrisson. — L'inscription est au dos et en bas du fauteuil.
Hist. — Trouvée en 1880, maison Camau, n° 125 du cours d'Alsace-et-Lorraine (LE MENSIGNAC), dans les ruines d’une habitation romaine; cf. p. 430, O'.
Bibl. — DE MENSIGNAC, Soc. arch., t. VI, p. 93.
Julius Allusa ffecit).
Il JU-ALLUS-F-MAN
D'après l'original (collection de Puifferrat).
Descr. — Lettres de 0,006 et 0,007, en relief, présentant le même caractère que les précédentes.
Figurine semblable, haute de 0,15. La tête manque. La déesse allaite deux jumeaux. La figurine a été fortement noircie par la fumée. — L'inscription occupe la même place.
Hist. — Mème origine.
Ju{lius) Allus{aj fiecit) manu).
TL ALLVSAE-MAN V//
D'après l'original (collection Combes). - Var. — ALLVSAE.MAN. chez DE MENSIGNAC.
Descr. — Lettres de 0,008, plus soignées que les précédentes, également en relief.
383 ls.
Figurine semblable, haute de 0,17. La déesse allaite un seul enfant. L'inscription est toujours au bas et au dos du fauteuil.
Hist. — Même origine.
Bibl. — DE MENSIGNAC, Société archéologique, t. VI, p. 93.
Allusae manu.
IV SABINEI-ALLUSA
D'aprës l'original (collection de Puifferrat).
Var. — SABINEI ALLVSA chez DE MENSIGNAC.
Descr. — Lettres de 0,007, voisines de la cursive, en relief, allongées, peut-être plus anciennes que les précélentes.
Figurine semblable. La déesse n'a qu'un nourrisson. Hauteur : 0,16. — L'inscription est sur le dos, mais en haut du fauteuil, à la différence des trois qui précèdent.
Hist. — \Méme origine.
Bibl. — DE MENSIGNAC, Soc. arch., t. VI, p. 93.
Sabin{us) et Allusa.
V ULV///
D'après l'original (collection Combes).
Descr. — Lettres de 0,015, plus soirnées que les précédentes, gravées en creux.
Fragment de statuette semblable aux précédentes. La déesse n’allaite qu'un enfant. L'inscription est au bas et au dos du fauteuil.
Hist. — Je crois que cette figurine est celle qu'on trouva en 1878 rue Porte- Dijeaux, 51 (cf. p. 428 G), et que DE MENSIGNAC (Soc. arch., IV, p. 56) a signalée en mentionnant, au bas du fauteuil, « quelques lettres tracées à la pointe ».
[A jllul sa].
VI JALLVS//
D'après l'original (collection (‘ombes).
Descr. — Lettres de 0,006, en relief.
Figurine semblable, mais en terre rouge très grossière. La déesse allaite un seul enfant; sa tête a disparu. — L'inscription occupe le milieu du fauteuil.
Hist. — Provenant de la rue de Grassi, n° 12; cf. ici, p. 128, 1.
Allus[a].
VII ALLVSAE-MAN
D'après la copie de RoBErrt et le dessin de DROUYN, qui reproduit le monument avec ses dimensions réelles et que nous donnons ici :
Hist. — Trouvée en 1851, sur l'emplacement du numéro 14 de la rue Saige (cf. p. 427 C), d’après DROUYN, et conservée chez MIALHE, architecte, rue d’Aviau (d’après ROBERT). M. Mialhe et moi l’avons vainement cherchée. .
Bibl. — DROUYN, texte et dessin dans les Archives historiques de la Gironde, t. 1, p. 425. — ROBERT, apud RENIER, fiches ms.
Allusae manu].
Marques de Pistillus.
Les deux figurines signées Pistillus représentent également «la toilette de Vénus » et sortent certainement du même moule. Elles paraissent en revanche ne pas être de fabrication bordelaise. Cette signature de Pistillus s'est rencontrée en effet sur tous les points de la France, à Sens (de Caumont, Abécédaire, éd. de 1870, p. 590), en
Lozère, dans le Poitou, à Paris, à Autun (Schuermans, n°° 4330-4331), et non pas seulement sur des figurines en terre cuite blanche représentant la toilette de Vénus, mais encore sur des statuettes analogues à celles que fabriquait Allusa, mais même sur des poteries samiennes (Mowat, Znscr. de Paris, p. 80). Pistillus était donc un fabricant en grand, dont les produits s’exportaient par toute la Gaule. Les signatures que j'ai vues me paraissent assez mal gravées, et de lettres assez peu élégantes.
| PISTILLYSFECIT Il P////T//LLNSFECIT
D'après l'original (collection Dubois). D’après l'original (collection Mialhe).
Descr. — Les deux signatures sont gravées en creux, en lettres à demi-cursives, hautes de 5 à 8 millimètres. — Elles appartiennent à deux objets entièrement semblables, et également en terre cuite blanche: c’est une coquille (un pecten), dont le creux porte en relief la figure de Vénus toute nue, couchée, ayant près d’elle un coffret : devant elle un amour tient un miroir. La coquille est portée sur un pied. Sur Ja partie convexe ge trouve la signature. Hauteur: 0,15. — La figurine de la collection Dubois a été décrite par FARINE et dessinée par BERNÈDE (Soc. arch., t. III, p. 52, et pl. XIV, n° 5).
Hist. — Toutes deux proviennent des fouilles faites rue Petite-de-l'Intendance, dans la maison Vène, n° 14. Il est question de ces fouilles, ici, p. 427 C. L'une de ces statuettes revint à COUDERT, dont hérita DuBois; l’autre à MIALHE.
D'après l'original (collection Combes).
Descr.— Ces lettres, cursives, hautes de 0,006, ont été gravées en creux et dans la pâte encore molle, à l’intérieur et sous la gorge d’une tête en terre cuite : cette tête appartenait à un buste entièrement creux, dont il ne reste aujourd’hui que ce fragment, haut de 0,10 ; il représentait, semble-t-il, un dieu aux cheveux frisés et à la barbe bouclée.
Hist. et bibl. — DE MENSIGNAC, Soc. arch., t. III, p. 158, signale, parmi les objets trouvés dans les ruines d’une habitation romaine en 1877, maison Marly, cours d’Alsaceet-Lorraine, n° 123 (cf. p. 429, O), un buste d'homme, qui est visiblement le nôtre. « La face postérieure de la poitrine, qui a malheureusement été brisée par les ouvriers, porte quelques lettres tracées à la pointe ; peut-être le nom du mouleur ou celui du personnage représenté ».
Aleïxandri??] ou Allulsae?].
L'inscription est certainement la signature de l'artiste.
Toutes les figurines à inscriptions que nous venons de citer proviennent de ruines d'habitations particulières. C'est également dans les débris de maisons romaines qu'on trouva « les petites statues » dont parle Bernadau (Annales, p. 234), et cette déesse-mère qui a jadis fait partie de la collection Caïla et dont Lacour nous a conservé le dessin, souvent reproduit (Bull. polymath., VI, p. 136; Musée d'Aquitaine, II, p. 146; Archives historiques, t. 1, p. 426). Elles furent toutes trouvées dans les fondements de la porte Médoc, les premières en 1778, la dernière en 1786. Elles semblent avoir été toutes anépigraphes. On rencontra aussi place du Grand-Théâtre, en 1789, une déesse-mère en terre blanche (Soc. arch., VII, p. 11).
D'autres statuettes, également sans inscription, ont été trouvées cours d'Alsace-et-Lorraine et dans le cimetière de Terre-Nègre : ces dernières ont été décrites par Jouannet. Il mentionne : deux déessesmères, l’une allaitant un, l’autre deux nourrissons; — six fragments de déesses nues, la tête à demi voilée; — une femme assise, tenant un mouton entre ses bras; — un jeune homme vêtu d’une tunique et d’un manteau à capuchon. Tous ces débris se trouvent au Musce d'armes (Jouannet, Académie, 1831, p. 160 et pl. VIIT).
Barry publia dans la Revue d'Aquilaine (t. VI) une étude intitulée Lampes romaines de provenance Aquitanique. Moins heureux que Barry, nous n'avons trouvé aucune lampe qui soit fabriquée à Bordeaux ou dans l’Aquitaine, sauf peut-être celle (n° 400) qui est marquée de la lettre Æ ou E. Les autres sont parmi les plus répandues que l'on connaisse et n'offrent rien de remarquable.
an fu — camera